Vigna angularis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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1, rameau en fruits ; 2, fleur ; 3, graine. Source: PROSEA

Vigna angularis (Willd.) Ohwi & Ohashi


Protologue: Journ. Jap. Bot. 44(1) : 29 (1969).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

  • Phaseolus angularis (Willd.) W.Wight (1909).

Noms vernaculaires

  • Haricot adzuki (Fr).
  • Adzuki bean, azuki bean (En).
  • Feijão adzuki (Po).

Origine et répartition géographique

L’origine exacte du haricot adzuki est inconnue ; on trouve des types sauvages au Népal, dans le sud-est de la Chine, à Taïwan, en Corée et au Japon. On sait qu’il est cultivé depuis l’antiquité du nord de la Corée à la Chine et au Japon. Il a été introduit dans de nombreux pays du monde. En Afrique, des plantations expérimentales ont été effectuées en R.D. du Congo, au Kenya et en Angola, mais on ne dispose d’aucune information récente. Il a également été signalé à Madagascar et aux Seychelles.

Usages

Les graines séchées sont consommées, soit cuites entières soit transformées en farine pour être utilisées dans des soupes, des gâteaux, des sucreries et des crèmes glacées. Le haricot adzuki est particulièrement prisé en Chine, à Taïwan, en Corée et au Japon (“azuki an”), où les graines rouges revêtent une valeur culturelle liée à la naissance, au mariage et à la mort. Les graines immatures et les graines germées sont consommées comme légume. On peut faire éclater les graines comme des grains de maïs, les utiliser pour remplacer le café ou les confire et les manger.

Le haricot adzuki est également cultivé comme plante fourragère, comme engrais vert et pour la conservation du sol. La farine est aussi employée dans les shampooings, les crèmes de beauté et comme ingrédient dans les milieux de culture. En Chine, les graines servent à traiter les problèmes rénaux, la constipation, les abcès, certaines tumeurs, les risques de fausse couche, la rétention placentaire, l’absence de sécrétion de lait ainsi qu’à améliorer la circulation sanguine et la miction. Les feuilles feraient baisser la fièvre et les germes sont utilisés pour prévenir les risques d’avortement causés par des blessures.

Production et commerce international

Il n’existe pas de statistiques sur la production mondiale de haricot adzuki. Les principaux producteurs sont la Chine (670 000 ha), le Japon (60 000 ha), la Corée du Sud (25 000 ha) et Taïwan (15 000 ha). Le Japon en produit quelque 100 000 t/an et en consomme environ 140 000 t/an ; il en importe de Chine, de Taïwan, des Etats-Unis, de Thaïlande et du Canada. La moyenne des exportations depuis la Chine dans les années 1990 s’élevait à 25 000–40 000 t/an. Tant les graines que la farine de graines constituent d’importants articles du commerce sur les marchés orientaux.

Propriétés

Les graines mûres et crues contiennent par 100 g de partie comestible : eau 13,4 g, énergie 1377 kJ (329 kcal), protéines 19,9 g, lipides 0,5 g, glucides 62,9 g, fibres alimentaires 12,7 g, Ca 66 mg, Mg 127 mg, P 381 mg, Fe 5,0 mg, Zn 5,0 mg, vitamine A 17 UI, thiamine 0,46 mg, riboflavine 0,22 mg, niacine 2,6 mg, vitamine B6 0,35 mg, folates 622 μg et acide ascorbique 0 mg. La composition en acides aminés essentiels par 100 g de partie comestible est la suivante : tryptophane 191 mg, lysine 1497 mg, méthionine 210 mg, phénylalanine 1052 mg, thréonine 674 mg, valine 1023 mg, leucine 1668 mg et isoleucine 791 mg. Les principaux acides gras par 100 g de partie comestible sont : acide linoléique 113 mg et acide oléique 50 mg (USDA, 2005). Les graines de haricot adzuki ont un goût sucré de noisette.

Des fractions de graines résistantes aux enzymes ont montré des effets hypocholestérolémiques chez les rats. Des extraits à l’eau chaude ont montré des propriétés hypoglycémiques et antitumorales in vivo. Des extraits aqueux du tégument ont révélé une activité hépato-protectrice.

Description

  • Plante herbacée annuelle, généralement buissonnante et érigée, atteignant 90 cm de haut, parfois grimpante ou prostrée et s’enracinant aux nœuds ; racine pivotante de 40–50 cm de long.
  • Feuilles alternes, 3-foliolées ; stipules petites, peltées, souvent bifides avec des appendices basaux ; stipelles lancéolées ; folioles lancéolées à ovales, de 5–10 cm × 5–8 cm, acuminées, entières à 3-lobées.
  • Inflorescence : fausse grappe axillaire, à 2–20 fleurs ; pédoncule long sur les nœuds inférieurs à très court sur les nœuds supérieurs.
  • Fleurs papilionacées, bisexuées ; pédicelle court, portant un nectaire extra-floral à la base ; bractéoles plus longues que le calice ; calice campanulé, à dents courtes ; corolle de 15–18 mm de long, jaune clair, étendard orbiculaire, ailes oblongues, carène tournée vers la droite, avec un éperon en forme de corne sur le côté gauche ; étamines 10, dont 9 soudées et 1 libre ; ovaire supère, brièvement poilu, style brusquement recourbé dans la partie supérieure, poilu sur un côté près de l’extrémité, stigmate latéral, discoïde.
  • Fruit : gousse cylindrique de 5–13 cm × 0,5 cm, pendante, légèrement comprimée entre les graines, presque glabre, jaune pâle, noirâtre ou marron, à 2–14 graines.
  • Graines cylindriques à bouts arrondis, aplaties, de 5–7,5 mm × 4–5,5 mm, lisses, rouge bordeaux, quelquefois chamois, crème, noires ou marbrées.
  • Plantule à germination hypogée ; feuilles primaires simples, opposées, cordées.

Autres données botaniques

Le genre Vigna comprend environ 80 espèces et se recontre dans tous les tropiques. Vigna angularis appartient au sous-genre Ceratotropis, qui inclut également Vigna radiata (L.) R.Wilczek (haricot mungo), Vigna umbellata (Thunb.) Ohwi & H.Ohashi (haricot riz), Vigna mungo (L.) Hepper (haricot urd) et Vigna aconitifolia (Jacq.) Maréchal (haricot mat). Les formes cultivées de Vigna angularis ont été classées comme var. angularis, les formes sauvages comme var. nipponensis (Ohwi) Ohwi & H.Ohashi. Le haricot adzuki sauvage présente un port de croissance indéterminée avec de fines tiges volubiles, de petites feuilles, des gousses courtes et fortement déhiscentes, noires à grises et des graines mouchetées de noir. De nombreux cultivars ont été décrits au sein de Vigna angularis qui se distinguent par la longueur de leur cycle, la couleur des graines et le port de la plante. Des types intermédiaires, à mi-chemin entre les plantes sauvages et cultivées, qualifiés de types adventices, ont été trouvés au Japon.

Les graines de haricot adzuki conservent leur viabilité pendant au moins 5 ans lorsqu’elles sont entreposées à environ 13% de taux d’humidité, à 15% d’humidité relative. La germination nécessite une température du sol supérieure à 6–10°C, la température optimale étant de 30–34°C. La levée nécessite 7–20 jours. La croissance est lente par rapport à celle d’autres légumes secs. La floraison dure 30–40 jours et peut se répéter jusqu’à 3 fois lorsque le semis a lieu tôt dans la saison. L’autogamie est prédominante, mais il y a un peu d’allofécondation. Le cycle de croissance est de (60–)80–120(–190) jours. Des niveaux de fixation d’azote atteignant 100 kg N/ha ont été observés, le montant dépendant de l’humidité du sol et du pH. Le haricot adzuki nodule efficacement avec les bactéries Bradyrhizobium.

Ecologie

Le haricot adzuki pousse mieux sous les climats subtropicaux et tempérés chauds. Il lui faut des températures moyennes de 15–30°C pour une croissance optimale. Il tolère de fortes températures mais est sensible au gel. Sous les tropiques, il est plus adapté à des altitudes élevées. Il pousse dans des régions où la pluviométrie annuelle moyenne est de 500–1750 mm. C’est une plante de jours courts à réaction quantitative, mais il existe des cultivars indifférents à la longueur du jour. Il peut être cultivé sur une large gamme de sols (pH 5–7,5), à condition qu’ils soient bien drainés.

Gestion

La multiplication du haricot adzuki se fait par graines. Le poids de 1000 graines est de 50–200 g. Il existe une grande variété de pratiques de semis mais généralement, les graines sont semées en lignes à 2–3 cm de profondeur, la distance interligne étant de 30–90 cm et l’espacement sur la ligne de 10–45 cm ; parfois il est semé à la volée. La densité de semis fluctue énormément (8–70 kg/ha). En raison de sa croissance relativement lente, la lutte contre les mauvaises herbes est très importante, notamment entre la germination et la floraison. Les apports d’engrais varient considérablement. On a signalé une culture d’adzuki dont le rendement atteignait 2160 kg/ha et dont l’absorption était de 74 kg N, 18 kg P et 50 kg K. La plante n’est généralement pas irriguée. En Chine, elle est souvent intercalée avec du maïs, du sorgho et du mil. Au Japon, le haricot adzuki est cultivé en rotation avec de nombreuses cultures (comme le riz, le blé, la patate douce, l’igname). Les graines peuvent être semées directement, en grosses quantités, au milieu des chaumes de riz pour réduire les problèmes de mauvaises herbes. On connaît un grand nombre de champignons et de bactéries responsables de maladies chez l’adzuki, en particulier l’oïdium (Erysiphe polygoni, synonyme : Erysiphe betae), la pourriture brune de la tige (Cephalosporium gregatum, synonyme : Phialophora gregata) et la brûlure bactérienne (Xanthomonas campestris). Plusieurs insectes ravageurs, tels que le ver de la gousse (Matsumuraeses phaseoli), la pyrale (Ostrinia scapulalis pacifica) et la noctuelle (Spodoptera litura) attaquent la plante. La bruche (Callosobruchus chinensis) détruit les graines stockées. En général, les gousses ne s’égrènent pas facilement et la récolte peut être effectuée à la faucheuse ou à la moissonneuse. Traditionnellement, les plantes sont coupées à la main et laissées sur le sol où elles fanent pendant plusieurs jours avant d’être mises en meules pour sécher. Le séchage est terminé lorsque le taux d’humidité des graines est d’environ 16% ; alors le battage peut commencer. Parfois les cosses sont très fines et, en cas d’humidité, les graines peuvent germer dans la gousse. Pour le foin, le haricot adzuki doit être ramassé lorsque les gousses sont à moitié mûres. En production de graines, les plantes sont coupées lorsque toutes les gousses sont mûres. Des rendements en graines jusqu’à 3500 kg/ha ont été obtenus. Sur une plantation expérimentale au Kenya, ils ont atteint 500–600 kg/ha.

Ressources génétiques

D’importantes collections de ressources génétiques de haricot adzuki sont détenues en Chine (Institute of Crop Germplasm Resources (CAAS), Beijing, plus de 3700 entrées) et au Japon (Tokachi Agricultural Experiment Station, Hokkaido-ken, environ 2500 entrées).

En Chine, au Japon, en Corée et à Taïwan, la sélection a permis d’obtenir des cultivars plus productifs et localement adaptés, comme ‘Baihong No 1’ (Chine), ‘Erimo’ (Japon), ‘Chungwonpat’ (Corée) et ‘Kaohsiung No 3’ (Taïwan). Rien qu’au Japon, plus de 300 cultivars, variétés traditionnelles et lignées de sélection ont été enregistrés. Des plantes in vitro d’adzuki sont couramment obtenues en utilisant des épicotyles comme explants. Un système de transformation génétique a été établi grâce au transfert par Agrobacterium. Une carte de liaison génétique a été élaborée à l’aide des marqueurs moléculaires (RAPD, RFLP) et morphologiques.

Perspectives

Le haricot adzuki est une plante adaptée aux régions subtropicales et tropicales de haute altitude. Il ne faut pas négliger pour autant son potentiel dans la lutte contre l’érosion. Il faudrait étudier les possibilités qu’il offre dans les régions de haute altitude en Afrique tropicale.

Références principales

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  • Zong, X.X., Kaga, A., Tomooka, N., Wang, X.W., Han, O.K. & Vaughan D., 2003. The genetic diversity of the Vigna angularis complex in Asia. Genome 46: 647–658.

Autres références

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Sources de l'illustration

  • van Oers, C.C.C.M., 1989. Vigna angularis (Willd.) Ohwi & Ohashi. In: van der Maesen, L.J.G. & Somaatmadja, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 1. Pulses. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 67–69.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Jansen, P.C.M., 2006. Vigna angularis (Willd.) Ohwi & H.Ohashi. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 14 avril 2019.


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