Vepris lanceolata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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branche en fleurs
fleur
infrutescence

Vepris lanceolata (Lam.) G.Don


Protologue: Gen. hist. 1: 806 (1831).
Famille: Rutaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 72

Synonymes

  • Vepris undulata (Thunb.) I.Verd. & C.A.Sm. (1951), nom. illegit.

Noms vernaculaires

  • Bois patte poule, patte poule sans piquant (Fr).
  • White ironwood (En).

Origine et répartition géographique

Vepris lanceolata est présent sur la côte du Kenya à l’Afrique du Sud, et par ailleurs à la Réunion, à Maurice et à Rodrigues.

Usages

Le bois sert à la fabrication de solives, de manches d’outil et d’ustensiles. Il se prête à la construction lourde, aux revêtements de sol, à la construction navale, aux chassis de véhicules, à l’ébénisterie, à la fabrication de meubles, d’étais de mine, d’articles de sport, de jouets, de bibelots, de matériel de précision, à la sculpture, aux cuves et au tournage.

En Tanzanie, les décoctions de feuilles et de racines sont utilisées pour traiter le paludisme, mais à fortes doses elles peuvent provoquer des ulcères gastro-duodénaux. En Afrique du Sud, les racines servent à traiter la stérilité féminine et la ménorragie. Les racines sont également utilisées en médecine traditionnelle pour traiter les douleurs cardiaques, les coliques et la grippe. Les feuilles réduites en poudre s’emploient en usage externe contre les maux de tête. A la Réunion et à Maurice, les décoctions et les infusions de feuilles s’utilisent pour laver les plaies et les écorchures, contre les infections pulmonaires, les douleurs rhumatismales, la fièvre, la grippe, les maux d’estomac et l’aménorrhée, ainsi que pour leurs vertus astringentes. Les décoctions de racine et de tige servent de calmant pour les femmes pendant l’accouchement. Sur l’île de la Réunion, l’arbre est planté pour ses qualités ornementales et pour réhabiliter les milieux dégradés.

Propriétés

Le bois de cœur est blanc à brun verdâtre pâle, et se démarque indistinctement de l’aubier, qui atteint 12,5 cm de large. Le fil est généralement droit, le grain est fin et régulier. Les cernes sont distincts.

C’est un bois assez lourd à très lourd, avec une densité de ( 740–)820–900(–1060) kg/m³ à 12% d’humidité. Il est dur, résistant et élastique. Il doit être séché à l’air lentement pour éviter les gerces importantes. Le taux de retrait du bois vert à anhydre est de 5,5% radialement et de 9,3% tangentiellement. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 134–139 N/mm², le module d’élasticité de 16 300–17 000 N/mm², la compression axiale de 64–67 N/mm², le cisaillement de 18–19 N/mm², la dureté Janka de flanc de 11 030–11 200 N et la dureté Janka en bout de 12 320–12 450 N.

Le bois est relativement difficile à scier en raison de sa dureté ; il est recommandé de le scier avant séchage. Il se travaille et se rabote facilement, et donne un fini lisse. Les propriétés de collage et de tournage sont satisfaisantes. Le bois n’est pas durable.

Les feuilles et les branches contiennent des alcaloïdes et des limonoïdes. Des extraits de feuilles et d’écorce de racine ont fait ressortir une activité antiplasmodium modérée in vitro. Les extraits aqueux de feuille et de tige manifestent une activité antibactérienne et antifongique modérée.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne, sempervirent, atteignant 20(–24) de haut, mais souvent bien plus petit ; fût des grands arbres droit et cylindrique, atteignant 150 cm de diamètre ; surface de l’écorce grise à gris violacé, habituellement lisse ; cime arrondie ; rameaux glabres.
  • Feuilles alternes, 3-foliolées ; stipules absentes ; pétiole de 1–5(–7) cm de long, mince ; folioles sessiles, étroitement elliptiques, de (3–)5–12 cm × (1–)1,5–3,5 cm, cunéiformes à la base, aiguës ou obtuses à l’apex, bord souvent ondulé, glabres, à nombreux points glandulaires, pennatinervées à nombreuses nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule terminale atteignant 12 cm de long.
  • Fleurs unisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle de 1–3(–7) mm de long ; sépales soudés à la base, d’environ 0,5 mm de long ; pétales libres, obovales ou elliptiques, d’environ 2 mm × 1 mm, jaune verdâtre ; fleurs mâles à (7–)8 étamines plus courtes que les pétales et ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à ovaire supère, globuleux, 4-loculaire, à stigmate sessile en forme de disque, étamines rudimentaires.
  • Fruit : drupe légèrement déprimée globuleuse de 4–8 mm de diamètre, légèrement 4-lobée, noire lorsque mûre, ponctuée de glandes, généralement à 4 graines.
  • Graines légèrement trigones, de 2–3 mm de long, noires.

Autres données botaniques

Vepris lanceolata a une croissance moyennement rapide. En Afrique australe, les arbres fleurissent en décembre–mars et les fruits mûrissent quelques mois après la floraison. En Afrique du Sud, les porcs-épics mangeraient l’écorce, ce qui peut tuer l’arbre. Les fruits sont consommés par les oiseaux qui dispersent les graines.

Le genre Vepris comprend environ 80 espèces, la plupart sur le continent africain, environ 30 endémiques de Madagascar, et 1 en Inde.

Ecologie

Vepris lanceolata est présent dans les fourrés côtiers sempervirents ainsi que sur le sable des plages et sur les dunes. En Afrique du Sud, on le trouve plus à l’intérieur des terres dans les forêts sèches sempervirentes, où il atteint ses dimensions les plus importantes. Dans les forêts des régions méridionales d’Afrique du Sud, Vepris lanceolata est par endroits un arbre dominant de la canopée. Aux Mascareignes, il est présent dans les forêts de basse terre.

Gestion

Vepris lanceolata peut se multiplier par graines. Les semis se repiquent sans difficulté. Les arbres peuvent être gérés par élagage. Les grumes doivent être sorties de la forêt peu après l’abattage car elles ont tendance à se fendre sévèrement.

Ressources génétiques

Vepris lanceolata ne semble pas menacé d’érosion génétique dans l’immédiat en raison de sa grande adaptabilité à divers milieux. Mais dans les régions où les arbres atteignent une grande taille, ce qui est le cas dans certaines régions d’Afrique du Sud, il a fait autrefois l’objet d’une surexploitation. Cela peut signifier que les génotypes particulièrement supérieurs d’arbres à bois d’œuvre sont menacés.

Perspectives

Vepris lanceolata donne un bois d’œuvre de bonne qualité, mais des recherches sont nécessaires pour mieux comprendre le développement de l’arbre en lien avec ses conditions de croissance. Il est prometteur comme arbre ornemental.

Références principales

  • Behr., K., 2004. Vepris lanceolata. [Internet] South African National Biodiversity Institute, Cape Town, South Africa. http://www.plantzafrica.com/ planttuv/ veprislan.htm September 2007.
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Autres références

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Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2008. Vepris lanceolata (Lam.) G.Don. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands.Consulté le 8 mars 2020.


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