Valériane à grosses tiges (Potager d'un curieux, 1899)

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Valériane d'Alger
Potager d'un curieux, Introduction
Voandzou


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Nom accepté : Centranthus macrosiphon


VALÉRIANE À GROSSES TIGES


Centranthus macrosiphon Boiss.


Fam. des Valérianées.



Espagne. Plante annuelle, entièrement glabre. Tige épaisse, fistuleuse, ramifiée, de 0m,25 à 0m,30 de hauteur. Feuilles ovales, épaisses, d'un vert luisant : les inférieures brièvement pétiolées, entières ou dentées, obtuses ; les supérieures sessiles, profondément incisées. Fleurs petites, mais très nombreuses, en corymbe. Corolle à tube grêle, trois fois plus long que l'ovaire, qui, lui, est trois fois plus long que l'éperon de la corolle.

Dans leur livre, Les Fleurs de pleine terre, MM. Vilmorin-Andrieux et Cie enseignent le mode de culture applicable à la Valériane à grosses tiges, considérée comme plante ornementale. Nous renvoyons le lecteur à cet ouvrage.

La plante a été recommandée comme une succédanée des Mâches. Elle peut, en effet, les remplacer, mais elle leur est, à notre avis, très inférieure. La dégustation à laquelle nous nous sommes livrés ne lui a pas été favorable.

Telle n'est pas l'opinion de M. Charton, qui, dans la


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Revue horticole, 1872, page 259, sous le titre de: Une bonne salade trop peu connue, a publié la Note que voici :

« Nous ne manquons pas de salades ; nous en avons, Dieu merci, d'excellentes, au point que l'on peut dire que l'embarras est dans le choix des espèces et variétés ; mais, comme dit le proverbe, abondance de biens ne nuit pas, et nous ne doutons pas que, malgré les richesses que nous possédons en ce genre, plus d'un lecteur de la Revue horticole sera enchanté de connaître celle-ci, qui diffère assez sensiblement de toutes les salades cultivées jusqu'à présent, et comme aspect, et l'on peut dire aussi comme goût.
La plante dont nous voulons parler appartient à la famille des Valérianées ; elle est très proche parente des Mâches, dont elle a le goût, la douceur un peu grasse, avec une légère amertume qui la rend un peu moins fade, un peu moins insipide que les Mâches, auxquelles elle sera, pour ces raisons, préférée par quelques amateurs.
Cette plante est la Valériane macrosiphon, ou Centranthus macrosiphon, déjà bien connue dans les jardins, où elle se cultive pour ses jolis bouquets de fleurs roses, et regardée, à juste titre, comme une des plus jolies plantes ornementales.
Pour obtenir un beau développement foliacé et une production successive de septembre jusqu'aux gelées, nous engageons à en semer les graines sur place, absolument comme s'il s'agissait de Mâches, mais en recouvrant un peu moins la graine, qui est bien plus fine, et cela depuis juin et pendant tout le mois de juillet.
Si les lecteurs veulent nous croire, ils ne couperont pas la plante trop jeune ; s'ils lui laissent prendre un certain développement, ils en seront récompensés par


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une production plus abondante, par des feuilles plus amples et plus charnues.
Les jeunes tiges sont elles-mêmes très tendres et très comestibles, et si, dès la première fourchetée, on est un peu surpris par la légère amertume de cette salade, on sera tout étonné de la trouver plus agréable à mesure qu'on en mangera davantage, et finalement on sera convaincu que c'est une salade excellente en même temps qu'elle est excessivement inoffensive, et on pourrait ajouter une des plus saines et des plus hygiéniques, puisqu'elle appartient à la famille des Valérianées. »