Tylosema fassoglense (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Tylosema fassoglense (Schweinf.) Torre & Hillc.


Protologue: Bol. Soc. Brot., ser. 2, 29 : 38 (1955).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 52

Synonymes

  • Bauhinia fassoglensis Schweinf. (1868),
  • Bauhinia kirkii Oliv. (1871).

Noms vernaculaires

  • Bauhinia rampant (Fr).
  • Sprawling bauhinia, creeping bauhinia (En).

Origine et répartition géographique

On trouve Tylosema fassoglense dans la nature depuis le Soudan et l’Ethiopie jusqu’en Namibie, au Mozambique et en Afrique du Sud.

Usages

Les graines de Tylosema fassoglense sont fréquemment consommées, par exemple en R.D. du Congo, en Ethiopie, en Tanzanie, au Malawi et en Afrique du Sud. Les graines immatures et mûres peuvent être mangées crues, mais elles sont en général cuites ou grillées. Les gousses sont également consommées crues ou cuites. Les graines remplacent le café.

Les feuilles et les jeunes rameaux de Tylosema fassoglense sont pâturés. Au Kenya, les Massaïs et les Kipsigis fabriquent des cordages à partir des tiges ainsi que des objets tressés avec les jeunes tiges ou les fibres. Les fibres conviennent aussi à la fabrication de tissus. Le tubercule procure de l’eau dans les zones arides, et est parfois transformé en bouillie. Le jus des pousses peut servir d’eau potable. Les racines permettent d’obtenir une teinture marron. En Ethiopie, les graines, après avoir été durcies au-dessus d’un feu, sont montées en colliers et en bracelets.

En médecine traditionnelle africaine, les décoctions de racines de Tylosema fassoglense servent à soigner les troubles gastro-intestinaux dans plusieurs pays. Elles traitent aussi l’anémie, la fièvre et la pneumonie, et sont employées pour cicatriser l’utérus après l’accouchement. La poudre de tubercule se prend dans le traitement des maladies vénériennes. Le jus des feuilles est appliquée contre les inflammations de l’oreille moyenne. On prescrit des infusions de poudre de fleurs en cas de jaunisse et d’hypertension. Une décoction de racines et de fleurs permet de traiter l’impuissance. On encourage les enfants à manger les gousses, car on pense qu’elles sont bonnes pour l’estomac. En médecine vétérinaire, on administre des décoctions de racines de Tylosema fassoglense aux vaches comme galactagogue avant le vêlage, et comme breuvage en cas de rétention placentaire.

Propriétés

La composition de graines de Tylosema fassoglense par 100 g de partie comestible est la suivante : eau 7,5 g, énergie 1888 kJ (451 kcal), protéines 43,5 g, lipides 32,6 g, glucides 14,6 g, fibres 4,2 g, Ca 80 mg, P 200 mg et Fe 40 mg (Malaisse & Parent, 1985). Des graines récoltées en R.D. du Congo et au Burundi ont donné 24–30 g d’huile par 100 g, et les principaux acides gras étaient l’acide linoléique (36–43%), l’acide oléique (33–35%), l’acide palmitique (12–16%), l’acide stéarique (3–5%), l’acide béhénique (3–5%) et l’acide arachidique (2–4%). La farine de tourteau dégraissée contient, par 100 g, 59 g de protéines avec un taux très élevé de tyrosine (7–9 g par 100 g de matière sèche) et des concentrations relativement importantes de lysine et de proline (3–4 g et 4–5 g par 100 g de matière sèche, respectivement). La farine de tourteau contient des quantités considérables d’inhibiteurs de trypsine (295 TUI/mg) et du phytate (3,5 g par 100 g de matière sèche), mais aucun hétéroside cyanogénique n’a été détecté. Pour la consommation humaine ou animale du tourteau, l’élimination ou l’inactivation des inhibiteurs de trypsine est recommandée. Récemment, un cyanoglucoside (le lithospermoside) a été isolé à partir des racines. Lors de la saison des pluies, la racine tubérisée peut contenir 86% d’eau.

Description

  • Plante herbacée vivace ou arbuste, à racine tubérisée ; tige prostrée et rampante ou grimpante, atteignant 6 m de long, herbacée ou ligneuse à la base, les jeunes organes tomenteux ou poilus de couleur rouille, avec des vrilles axillaires fourchues de (2–)3–6,5(–9,5) mm de long.
  • Feuilles alternes, simples ; stipules de 2–4 mm × 2 mm, persistantes ; pétiole de (2–)3–10(–20) cm de long ; limbe bilobé sur un tiers (parfois sur la moitié) de sa longueur, de (5–)7–13(–20) cm × (4–)8–15(–24) cm, base profondément cordée, lobes ovales à obovales, parfois arrondis, presque glabres à dense pubescente de coleur rouille au-dessous. Inflorescence : grappe latérale de 5–45 cm de long ; pédoncule de (2–)4–12(–18) cm de long.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères, hétérostylées ; pédicelle de (1,5–)2–4,5(–6) cm de long ; sépales de 1–1,5(–2,5) cm × 3–4 mm, les 2 supérieurs complètement soudés et les 3 autres libres ; pétales inégaux, dont 4 (les plus gros) obovales-circulaires, de (1,5–)2–4(–4,5) cm × 1–3 cm et s’atténuant en un onglet basal, le supérieur beaucoup plus petit, jaunes, virant quelquefois au rose ; étamines 2, libres, avec un filet de 10–18 mm de long, staminodes 8, avec un filet de 3–6 mm de long ; ovaire supère, de 5–6 mm de long, 1-loculaire, pubescent, style allongé, stigmate petit.
  • Fruit : gousse obovoïde à oblongue-ovoïde de 5–12 cm × 3–7,5 cm, aplatie, ligneuse, à 1–2 graines.
  • Graines ellipsoïdes à globuleuses, légèrement comprimées, de 1,5–3 cm × 1–2 cm, châtain à noires.

Autres données botaniques

Le genre Tylosema comprend 5 espèces et est présent en Afrique australe et orientale. Certains taxinomistes ne considèrent pas Tylosema comme un genre distinct, mais l’incluent dans Bauhinia. Tylosema fassoglense est extrêmement variable, en particulier par son indumentum, la taille de ses feuilles et de ses inflorescences.

Tylosema fassoglense a une croissance rapide, ses pousses s’allongeant de 5 cm par jour. En Afrique australe, Tylosema fassoglense fleurit d’octobre à mars. Après les incendies, la régénération est rapide. Tylosema fassoglense ne forme pas de nodules racinaires et dépend de l’azote du sol.

Ecologie

Tylosema fassoglense se rencontre jusqu’à 2100 m d’altitude en savane boisée et herbeuse, quelquefois en zones cultivées. Il pousse bien sur des sols pauvres, sablonneux, mais on peut le trouver également sur des sols rocailleux ou argileux. Il tolère modérément la submersion et la sécheresse.

Gestion

Tylosema fassoglense est récolté dans la nature. On a signalé des tubercules frais pesant jusqu’à 78 kg. Pour préparer de la bouillie à partir du tubercule, on l’épluche, puis on le râpe, on l’écrase ou on le pile, et enfin on le moud en une farine fine que l’on fait cuire.

Ressources génétiques

Aucune collection importante de ressources génétiques de Tylosema fassoglense ne semble exister. Le Plant Genetic Resources Unit, Agricultural Research Council, à Pretoria, en Afrique du Sud, détient 1 entrée. Tylosema fassoglense est considéré comme n’étant ni rare ni menacé.

Perspectives

Tylosema fassoglense a des propriétés intéressantes, telles que la tolérance aux sols pauvres et à la sécheresse, des graines à taux de protéines et de lipides élevés, et des racines tubérisées capables de stocker l’eau. C’est pourquoi il est certainement justifié de mener des recherches sur le potentiel de la plante et les possibilités de sa mise en culture.

Références principales

  • Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.
  • Castro, S., Silveira, P., Coutinho, A.P. & Figueiredo, E., 2005. Systematic studies in Tylosema (Leguminosae). Botanical Journal of the Linnean Society 147(1): 99–115.
  • Dubois, M., Lognay, G., Baudart, E., Marlier, M., Severin, M., Dardenne, G. & Malaisse, F., 1995. Chemical characterisation of Tylosema fassoglensis (Kotschy) Torre and Hillc. oilseed. Journal of the Science of Food and Agriculture 67(2): 163–167.
  • Dubois, M., Malaisse, F., Buyck, B., Lognay, G., Severin, M. & Marlier, M., 1994. A propos de Tylosema fassoglensis (Kotschy) Torre et Hillc. : une plante méconnue. Cahiers Agricultures 3(5): 323–328.
  • Ross, J.H., 1977. Fabaceae, subfamily Caesalpinioideae. In: Ross, J.H. (Editor). Flora of southern Africa. Volume 16, part 2. Botanical Research Institute, Department of Agricultural Technical Services, Pretoria, South Africa. 142 pp.

Autres références

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  • Grobbelaar, N. & Clarke, B., 1975. A qualitative study of the nodulating ability of legume species: list 3. Journal of South African Botany 41(1): 29–36.
  • Huxham, S.K., Schrire, B.D., Davis, S.D, & Prendergast, H.D.V., 1998. Dryland legumes in Africa: food for thought. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 84 pp.
  • Lock, J.M., 1989. Legumes of Africa: a check-list. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 619 pp.
  • Malaisse, F. & Parent, G., 1985. Edible wild vegetable products in the Zambezian woodland area: a nutritional and ecological approach. Ecology of Food and Nutrition 18: 43–82.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Tabuti, J.R.S., Lye, K.A. & Dhillion, S.S., 2003. Traditional herbal drugs of Bulamogi, Uganda: plants, use and administration. Journal of Ethnopharmacology 88: 19–44.
  • Thulin, M., 1989. Fabaceae (Leguminosae). In: Hedberg, I. & Edwards, S. (Editors). Flora of Ethiopia. Volume 3. Pittosporaceae to Araliaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 49–251.
  • van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2006. Tylosema fassoglense (Schweinf.) Torre & Hillc. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 25 avril 2019.


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