Triumfetta pilosa (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Triumfetta pilosa Roth


Protologue: Nov. Pl. Sp. : 223 (1821).
Famille: Tiliaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 64

Synonymes

  • Triumfetta abyssinica K.Schum. (1892).

Noms vernaculaires

  • Hairy ropebark (En).

Origine et répartition géographique

Triumfetta pilosa, répandu en Afrique tropicale, a une aire qui part du sud du Soudan, de l’Ethiopie et de l’Erythrée et va vers le sud jusqu’au Zimbabwe, au Mozambique et à Madagascar. Il est également présent en Afrique du Sud et au Swaziland ainsi qu’en Asie tropicale.

Usages

L’écorce de tige est très utilisée pour fabriquer de la corde et de la ficelle. Les chasseurs-cueilleurs de la R.D. du Congo en font de l’étoffe d’écorce. En Inde, on fait de la toile et des voiles avec la fibre partiellement rouie, en raison de sa durabilité en conditions humides.

A Madagascar, l’infusion de feuilles se boit pour traiter les coliques et la diarrhée, et en Afrique de l’Est l’extrait de feuille se boirait comme purgatif. En Afrique du Sud, la macération de feuilles s’emploie en œillère pour traiter les problèmes oculaires. En Inde, l’écorce et la feuille fraîche s’utilisent en traitement de la diarrhée, la feuille et la fleur en traitement de la lèpre, et une pâte de feuilles et de rameaux broyés s’applique sur les plaies.

Propriétés

Les fils des fibres, longs de 25–40 cm, sont blancs et très mous. Chaque cellule des fibres fait en moyenne 1,5 mm de long et 11,3 μm de large. La fibre contient environ 85% de cellulose, 14% de lignine et 1% de cendres.

La graine contient 12% d’huile. Les principaux acides gras sont l’acide palmitique (17%), l’acide stéarique (11%), l’acide oléique (20%) et l’acide linoléique (43%). L’huile contient également des acides gras cyclopropénoïdes, à savoir l’acide malvalique (2%) et l’acide sterculique (7%), connus pour provoquer des réactions physiologiques anormales chez les animaux. Les graines sont donc impropres à la consommation tant qu’elles n’ont pas été débarrassées de ces acides cyclopropénoïdes.

Description

Plante herbacée vivace ou arbuste atteignant 3 m de haut, le plus souvent à tiges peu robustes, et zigzaguant ou grimpant ; tige cylindrique, de 4–7 mm de diamètre, moyennement revêtue de poils rougeâtres rigides atteignant 1,5 mm de long et possédant, vers la base de la tige, des bases noires qui prennent l’aspect d’aiguillons, rarement à poils étoilés sans base épineuse. Feuilles alternes, simples ; stipules triangulaires, atteignant 8 mm de long, brun foncé, densément revêtues de poils brunâtres, souvent persistantes ; pétiole cylindrique, atteignant 6 cm de long, densément revêtu de poils brunâtres ; limbe ovale à lancéolé, non lobé, de 3–13(–20) cm × 1–7(–9,5) cm, base obtuse à cordée, apex aigu à acuminé, bord grossièrement denté, face inférieure velue, face supérieure à poils plus courts et plus disséminés. Inflorescence terminale de 5–35 cm de long, comportant des feuilles légèrement réduites, nœuds espacés de 1–3,5 cm, chacun à 1–4(–5) cymes, cyme à (1–)3 fleurs ; pédoncule atteignant 1 cm de long, poilu comme le pétiole ; bractées étroitement triangulaires-ovales, de 2–4(–6) mm de long. Fleurs bisexuées, régulières ; pédicelle atteignant 5 mm de long ; sépales 5, libres, étroitement lancéolés, légèrement panduriformes, de 5–10 mm de long, densément couverts de poils étoilés, parfois glabrescents, à corne atteignant 1 cm de long ; pétales 5, arrondis-oblongs, de 5–7(–11) mm × 1,5–3(–4) mm, jaunes, à onglet basal, base de l’onglet à bord densément poilu ; étamines 9–11(–15) ; ovaire supère, 3–4-loculaire. Fruit : capsule globuleuse déhiscente de (12–)15–27 mm de diamètre (soies comprises), à 72–100 soies rigides brun foncé atteignant 10(–11) mm de long, densément revêtue de longs poils simples, rarement glabre, apex des soies crochu, surmonté d’un unique poil terminal. Graines d’environ 3 mm de long.

Triumfetta est un genre pantropical d’environ 100 espèces. La classification des espèces est principalement basée sur les caractéristiques du fruit. Triumfetta pilosa se confond facilement avec Triumfetta tomentosa Bojer, dont il se distingue toutefois par son fruit plus gros à soies fortement crochues à l’extrémité. En l’absence de fruits, les deux espèces sont plus difficiles à distinguer, mais le limbe de Triumfetta tomentosa est habituellement plus large, parfois 3-lobé, et possède un indument plus dense et plus court, la tige étant quant à elle dépourvue des bases noires épineuses des poils qu’on trouve souvent chez Triumfetta pilosa.

Triumfetta pilosa est une espèce extrêmement variable, et plusieurs variétés ont été distinguées :

– var. effusa (E.Mey. ex Harv.) Wild : limbe ovale allant de pubescent à quelques poils étoilés à densément couvert de poils étoilés-tomenteux, en particulier au-dessous ; soies des fruits glabres ou avec quelques poils près de la base ; présent au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Swaziland.

– var. glabrescens Sprague & Hutch. : limbe oblong-lancéolé ou elliptique, de 8–14 cm × 1,5–6 cm, souvent seulement clairsemé de poils étoilés ; calice glabrescent ; présent en Ouganda, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe et au Mozambique.

– var. pilosa (synonyme : Triumfetta pilosa var. nyasana Sprague & Hutch.) : limbe lancéolé, de 6,5–18 cm × 1–7 cm, poilu au-dessous, poils simples pour la plupart ; calice plus ou moins densément couvert de poils étoilés ; présent en Afrique tropicale et en Asie.

– var. tomentosa Szyszyl. ex Sprague & Hutch. : limbe ovale, de 6–12 cm × 3–7,5 cm, à poils étoilés denses et courts au-dessus, plus denses au-dessous ; soies des fruits velues ; présent au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Swaziland.

Ecologie

Triumfetta pilosa est présent à 1000–2550(–2750) m d’altitude en forêt, forêt claire et savane herbeuse, sur les bords de marécages ou les berges des cours d’eau, le long des routes, dans les jachères et comme adventice. Dans la région d’Amhara en Ethiopie, la présence de Triumfetta pilosa indique une amélioration de la fertilité des terres humides, et son apparition incite les agriculteurs à remettre une jachère en culture. Les graines s’accrochent aux animaux, qui les dispersent.

Gestion

La tige produit environ 7% de fibres.

Ressources génétiques

En raison de sa vaste répartition, de la diversité de son milieu et de sa présence comme adventice dans les cultures, Triumfetta pilosa n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Triumfetta pilosa est une utile source locale de fibres, très utilisée en Afrique ainsi qu’en Asie. Les précisions sur les propriétés de ses fibres sont cependant peu abondantes, ce qui complique l’évaluation des perspectives de cette espèce.

Références principales

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  • CSIR, 1976. The wealth of India. A dictionary of Indian raw materials & industrial products. Raw materials. Volume 10: Sp–W. Publications and Information Directorate, Council of Scientific and Industrial Research, New Delhi, India. 591 pp.
  • Hosamani, K.M. & Ramesh, H.S., 2003. Industrial utilization of Triumfetta pilosa, Roth seed oil: a moderate source of oil and cyclopropenoid fatty acids. Industrial Crops and Products 17(1): 53 56.
  • Whitehouse, C., Cheek, M., Andrews, S. & Verdcourt, B., 2001. Tiliaceae & Muntingiaceae. In: Beentje, H.J. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 120 pp.
  • Wild, H., 1984. Tiliaceae. In: Leistner, O.A. (Editor). Flora of southern Africa. Volume 21, part 1. Botanical Research Institute, Department of Agriculture, Pretoria, South Africa. 44 pp.

Autres références

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Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 8 mars 2020.


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