Tetrorchidium didymostemon (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Tetrorchidium didymostemon (Baill.) Pax & K.Hoffm.


Protologue: Engl., Pflanzenr. IV, 147, 14: 53 (1919).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes: n = 33

Synonymes

  • Tetrorchidium minus (Prain) Pax & K.Hoffm. (1919).

Noms vernaculaires

  • Arbre à savon du Gabon (Fr).
  • Pau branco, pau gamela (Po).

Origine et répartition géographique

Tetrorchidium didymostemon est présent depuis la Guinée Bissau jusqu’en Ouganda et vers le sud jusqu’en Tanzanie et en Angola.

Usages

Dans toute son aire de répartition, le latex de l’écorce de tige est utilisé en collyre pour traiter la filariose et s’applique aussi sur les abcès, les plaies lépreuses et les œdèmes glandulaires. Le jus des feuilles s’applique sur les plaies pour ses vertus hémostatiques. Le jus de feuilles dans de l’eau ou du rhum, ou l’écorce de tige en décoction, se prennent couramment pour leurs vertus purgatives ou fébrifuges. Pour traiter la constipation ou la dilatation de la rate chez les bébés, on applique le jus de feuilles sur les tétons des mères allaitantes ou sur des scarifications. L’infusion d’écorce de tige se frictionne sur les membres douloureux souffrant de rhumatismes, sur les reins douloureux et pour traiter les œdèmes. Au Gabon, l’écorce de tige battue se prend en bain de bouche pour traiter les maux de dents. Au Congo et en R.D. du Congo, les feuilles, broyées avec de l’écorce de tige de Cola ballayi Cornu ex Hack., s’appliquent en embrocation sur les membres brisés pour traiter les œdèmes. Les jeunes feuilles, coupées et cuites avec du poisson, se consomment pour traiter la dilatation de la rate. Le jus des feuilles ou le latex de l’écorce de tige, parfois avec des bananes ou dans du vin de palme, se prend pour traiter les maux d’estomac, la gonorrhée, les vers intestinaux, les quintes de toux et les intoxications alimentaires. Des copeaux d’écorce s’appliquent en lavement pour traiter le paludisme et le mal de dos. La macération de l’écorce de tige s’applique en lotion pour traiter la hernie et les infections urinaires. Le latex de rameau ou de l’écorce de tige mélangé à de l’huile de palme s’applique aussi en lotion pour traiter la rougeole. La décoction de racine se boit pour ses vertus émétiques. Les cendres de l’écorce de tige ou de l’écorce de racine mélangées à de l’huile de palme s’emploient pour tuer les poux. L’extrait d’écorce se frictionne sur le corps comme répulsif contre les moustiques. Le latex d’écorce s’applique sur les morsures de serpent. La décoction d’écorce de tige se boit comme émétique et sert d’antidote contre les empoisonnements à Erythrophleum suaveolens (Guill. & Perr.) Brenan lors des épreuves d’arbitrage au poison. On donne du jus de feuilles avec du sel aux vaches pour accroître leur production de lait.

Le bois s’utilise comme bois de feu et pour faire du charbon de bois. Les tiges servent de poteaux pour fabriquer des huttes et parfois aussi en menuiserie. Au Gabon, le bois est utilisé dans la production de contreplaqué. En Afrique de l’Ouest, les ramilles servent de bâtonnets à mâcher. Au Bénin, au Gabon et au Congo, l’écorce de tige battue s’emploie comme savon pour laver les vêtements.

Propriétés

Un essai de criblage préliminaire des feuilles et de l’écorce de tige de Tetrorchidium didymostemon a révélé la présence de saponines et des traces d’alcaloïdes.

Le bois est rosé, tendre à moyennement dur et périssable.

Description

Liane, arbuste ou petit arbre, dioïque, sempervirent, glabre, atteignant 12 m de haut, parfois arbre de taille moyenne atteignant 25 m de haut, à branches pendantes ; latex habituellement blanc, parfois rougeâtre ou incolore ; écorce lisse ou finement fissurée, brune ; rameaux légèrement en zigzag, à cicatrices très prononcées aux nœuds. Feuilles alternes sur les pousses fleuries, opposées sur les autres rameaux ; stipules petites ; pétiole de 0,5–1 cm de long, cannelé ; limbe obovale à elliptique-oblancéolé ou elliptique, de (4–)7–12(–17) cm × (2–)3–6(–8) cm, base cunéiforme, apex brusquement acuminé, bords entiers ou parfois superficiellement dentés à dents espacées, fermement papyracé, pennatinervé à 5–9 paires de nervures latérales. Inflorescence axillaire à opposée aux feuilles, inflorescence mâle constituée d’un épi densément fleuri de 2,5–8 cm de long, inflorescence femelle constituée d’une fausse ombelle de 1–1,5 cm de long à 3–5 fleurs ; pédoncule de 0,5–1 cm de long. Fleurs unisexuées, 3-mères, pétales absents ; fleurs mâles sessiles, sépales largement ovales, d’environ 0,7 mm de long, finement frangées, jaune verdâtre, étamines courtes ; fleurs femelles à pédicelle de 2–4 mm de long, sépales triangulaires-ovales, d’environ 1 mm de long, finement frangés, verdâtres, glandes du disque pétaloïdes, triangulaires-ovales, atteignant 1 mm de long, vert jaunâtre, ovaire supère, presque globuleux, de 1,5–2 mm de diamètre, 3-loculaire, lisse, styles 3, formant une coiffe d’environ 1 mm de diamètre. Fruit : capsule 3-lobée d’environ 5 mm × 6 mm, lisse, verte virant au vert brunâtre, à 3 graines. Graines ellipsoïdes comprimées, de 4–5 mm × 3–4 mm, rouge orangé, crevassées.

Autres données botaniques

Le genre Tetrorchidium comprend environ 25 espèces, dont 5 sont présentes en Afrique tropicale et les autres en Amérique tropicale. Plusieurs autres Tetrorchidium spp. sont également utilisés comme plantes médicinales en Afrique centrale.

Tetrorchidium congolense

Au Congo, le latex de l’écorce de Tetrorchidium congolense J.Léonard, présent au Gabon, au Congo et en R.D. du Congo, se prend dans du vin de palme pour traiter la diarrhée.

Tetrorchidium oppositifolium

Tetrorchidium oppositifolium (Pax) Pax & K.Hoffm. est présent dans la région des forêts d’Afrique de l’Ouest, du Cameroun et du Gabon. Au Liberia, l’infusion d’écorce se prend comme fébrifuge. Au Gabon, on masse les régions douloureuses dues aux rhumatismes avec des copeaux d’écorce mélangées à de huile de palme. L’infusion d’écorce sert de collyre pour traiter les affections oculaires.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; (12 : contour des vaisseaux isolés anguleux) ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; (65 : présence de fibres cloisonnées) ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 68 : fibres à parois très fines ; 69 : fibres à parois fines à épaisses. Parenchyme axial : 76 : parenchyme axial en cellules isolées ; 77 : parenchyme axial en chaînettes ; 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale ; 94 : plus de huit cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (100 : rayons avec des parties multisériées aussi larges que les parties unisériées) ; 108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : (144 : présence de macles) ; (145 : macles dans les cellules du parenchyme des rayons) ; (148 : macles dans les cellules cloisonnées).
(D. Louppe, P. Détienne & E.A. Wheeler)

Ecologie

Tetrorchidium didymostemon est commun dans les forêts secondaires, en lisière de forêt ou le long des rivières, sur les berges des lacs et dans les marécages, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1700 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Les graines sont disséminées par les oiseaux qui se nourrissent des fruits.

Récolte

Les feuilles, l’écorce de tige et le latex de Tetrorchidium didymostemon se récoltent au fil des besoins.

Traitement après récolte

Les parties végétales récoltées s’emploient généralement fraîches.

Ressources génétiques

Tetrorchidium didymostemon a une vaste aire de répartition et est commun ; il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Tetrorchidium didymostemon a de nombreux usages médicinaux locaux, mais on ne sait pratiquement rien de ses composés chimiques ou de la pharmacologie des diverses parties de la plante ; cela justifie par conséquent un approfondissement des recherches.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • CE-FAO, 1999. Données statistiques des produits forestiers non-ligneux du Cameroun. Rapport technique. Programme de partenariat CE-FAO (1998–2001), Rome, Italy. 36 pp.
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  • Latham, P., 2004. Useful plants of Bas-Congo province, Democratic Republic of the Congo. DFID, London, United Kingdom. 320 pp.
  • Masiala, M.I., 2002. Ethnophytothérapies des Yombe de la réserve de biosphère de Luki Bas - Fleuve (R.D.C.). Rapport final UNESCO. 108 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Radcliffe-Smith, A., 1987. Euphorbiaceae (part 1). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 407 pp.
  • Raponda-Walker, A., 2005. Rites et croyances des peuples du Gabon. Deuxième édition révisée, Editions Raponda-Walker, Libreville, Gabon. 377 pp.
  • Toirambe, B.B., 1989. Les plantes antipaludiques de Kisangani (Haut-Zaïre). Mémoire inédit, Faculté des Sciences, Université de Kisangani, Kisangani, DR Congo. 112 pp.
  • Wome, B., 1985. Recherches ethnopharmacognosiques sur les plantes médicinales utilisées en médecine traditionnelle à Kisangani (Haut-Zaïre). PhD thesis, Faculty of Sciences, University of Brussels, Brussels, Belgium. 561 pp.

Autres références

  • Adjanohoun, E.J., Ahyi, A.M.R., Aké Assi, L., Baniakina, J., Chibon, P., Cusset, G., Doulou, V., Enzanza, A., Eymé, J., Goudoté, E., Keita, A., Mbemba, C., Mollet, J., Moutsamboté, J.-M., Mpati, J. & Sita, P. (Editors), 1988. Médecine traditionnelle et pharmacopée - Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques en République Populaire du Congo. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 606 pp.
  • Léonard, J., 1962. Euphorbiaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 8, 1. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. 214 pp.
  • Noumi, E., 2004. Animal and plant poisons and their antidotes in Eseka and Mbalmayo regions, Centre Province, Cameroon. Journal of Ethnopharmacology 93: 231–241.
  • Stäuble, N., 1986. Etude ethnobotanique des Euphorbiacées d’Afrique de l’Ouest. Journal of Ethnopharmacology 16: 23–103.
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  • Yamada, T., 1999. A report of the ethnobotany of the Nyindu in the eastern part of the former Zaire. African Study Monographs 20(1): 1–72.

Sources de l'illustration

  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome deuxième. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 341 pp.

Auteur(s)

  • B. Toirambe, Laboratoire de Biologie du bois et Xylarium, Musée Royal pour l’Afrique Centrale, Leuvensesteenweg 13, 3080 Tervuren, Belgium

Citation correcte de cet article

Toirambe, B., 2008. Tetrorchidium didymostemon (Baill.) Pax & K.Hoffm. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 18 avril 2019.


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