Terminalia superba (PROTA)

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Terminalia superba Engl. & Diels


Protologue: Engl., Monogr. afrik. Pflanzen-Fam. 4: 26, t. 14B (1900).
Famille: Combretaceae

Noms vernaculaires

Limba, fraké, noyer du Mayombe (Fr). Limba, white afara, shinglewood, white mukonja, Congo walnut (En). Limbo (Po). Mwalambe (Sw).

Origine et répartition géographique

Terminalia superba est répandu en Afrique de l’Ouest et centrale, depuis la Guinée-Bissau jusqu’en R.D. du Congo et à Cabinda (Angola). Il a été planté dans de nombreux pays tropicaux en dehors de son aire naturelle en tant qu’essence de plantation prometteuse, comme en Ouganda, en Tanzanie, au Zimbabwe, à Madagascar, en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, aux îles Salomon et Fidji, en Australie, au Brésil et en Argentine.

Usages

Le bois, généralement commercialisé sous les noms de “limba”, “afara”, “ofram” ou “fraké”, est apprécié pour les menuiseries intérieures, les montants de portes et les panneaux, les moulures, les meubles, les équipements de bureau, les cageots, les allumettes, et notamment pour le placage et le contreplaqué. Il convient pour la construction légère, la parqueterie légère, la construction navale, les boiseries intérieures, la charronnerie, les articles de sport, les jouets, les articles de fantaisie, les instruments de musique, les récipients alimentaires, les cuves, le tournage, les panneaux de fibres ou de particules et la pâte à papier. Localement, il sert à la construction de maisons temporaires et à la fabrication de madriers, de bardeaux, de canoës, de pagaies, de cercueils, de caisses et d’ustensiles domestiques. Il convient pour la production de pâte à papier, même si le papier produit est de qualité moyenne. Il sert également de bois de feu et pour la production de charbon de bois.

L’écorce renferme un colorant jaune qui sert traditionnellement à teindre les fibres utilisées pour la confection de nattes et de vannerie. Elle est également utilisée pour teindre les textiles en noir. Les décoctions et les macérations d’écorce sont employées en médecine traditionnelle pour traiter les plaies, les lésions, les hémorroïdes, la diarrhée, la dysenterie, le paludisme, les vomissements, la gingivite, la bronchite, les aphtes, les œdèmes et les affections ovariennes, comme expectorant et antalgique. Les feuilles servent de diurétique, les racines de laxatif. En Côte d’Ivoire, Terminalia superba est planté de temps à autre comme arbre d’ombrage dans les plantations de cacaoyers et de caféiers, et en R.D. du Congo dans les plantations de caféiers, de cacaoyers et de bananiers.

Production et commerce international

Terminalia superba était l’un des principaux bois d’œuvre d’Afrique. Dans les années 1960, le Congo exportait en moyenne 210 000 m³ de grumes par an, chiffre qui a baissé pour atteindre 60 000 m³ en 1973 et seulement 5000 m³ en 1983. D’autres pays ont également connu cette envolée des exportations dès le début des années 1970, suivie plus tard d’un fléchissement, comme en Côte d’Ivoire où elles sont passées de 50 000 m³ en 1973 à 132 000 m³ en 1983 puis à 2300 m³ en 1996, et au Cameroun où de 3600 m³ en 1960, elles sont passées à 221 000 m³ en 1997 puis à 71 000 en 2003. Terminalia superba fournit toujours un important bois d’œuvre d’exportation avec en 2005 une valeur totale sur le marché international d’au moins US$ 25 millions. Actuellement, les principaux pays exportateurs sont la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Cameroun. En 2005, la Côte d’Ivoire a exporté 21 000 m³ de sciages à un prix moyen de US$ 439/m³, et le Ghana 24 000 m³ de sciages au prix de US$ 286/m³ et 3000 m³ de contreplaqué au prix de US$ 328/m³. En 2006, le Ghana a exporté 20 000 m³ de sciages à un prix moyen de US$ 311/m³ et 6000 m³ de contreplaqué à un prix moyen de US$ 454/m³. En 2005, le Cameroun a exporté 17 000 m³ de grumes à un prix moyen de US$ 128/m³, 15 000 m³ de sciages à un prix moyen de US$ 237/m³ et 3000 m³ de contreplaqué à un prix moyen de US$ 256/m³. En 2006, ce même pays a exporté 22 000 m³ de grumes à un prix moyen de US$ 211/m³, 13 000 m³ de sciages à un prix moyen de US$ 311/m³ et 1000 m³ de contreplaqué à un prix moyen de US$ 228/m³.

Certes, le Congo et la R.D. du Congo exportent eux aussi des quantités considérables de Terminalia superba, mais l’approvisionnement s’est tari. En 1995, le Congo a exporté 10 000 m³ de grumes et la R.D. du Congo 3000 m³ de grumes et 1000 m³ de sciages. En 2003, le Congo exportait toujours 1000 m³ de sciages à un prix moyen de US$ 265/m³. On ne dispose pas de statistiques plus récentes concernant ces deux pays.

Propriétés

Le bois de cœur est gris à jaune pâle ou blanc rosé, fonçant au brun rougeâtre pâle, et présente parfois une partie interne presque noire. Il ne se distingue pas nettement de l’aubier qui mesure 12–15 cm de large. Le fil est droit à légèrement contrefil, le grain est moyennement grossier.

C’est un bois moyennement léger à moyennement lourd, avec une densité de (370–)430–730 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air rapidement avec peu d’altération. Les taux de retrait sont modérés : de l’état vert à anhydre, ils sont de 2,0–6,4% dans le sens radial et de 4,4–8,7% dans le sens tangentiel. Une fois sec, il est stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 50–133(–157) N/mm², le module d’élasticité de (3625–)4700–14 300(–16 660) N/mm², la compression axiale de 26–67 N/mm², la compression transversale de 8–12 N/mm², le cisaillement de 4,5–10 N/mm², le fendage de 7,5–23,5 N/mm, la dureté Janka de flanc de 3020 N, la dureté Janka en bout de 3420 N et la dureté de flanc Chalais-Meudon de (0,4–)0, 8–4,2.

C’est un bois facile à scier et à travailler tant à la main qu’à la machine ; le désaffûtage des lames de coupe est léger. Le bois se finit bien, mais l’emploi d’un enduit bouche-pores est nécessaire. Il tient bien les clous et les vis, mais est sujet aux fentes. Il se colle assez bien. On peut obtenir des placages de bonne qualité par tranchage et par déroulage. En revanche, les caractéristiques de cintrage à la vapeur sont médiocres.

Le bois n’est pas durable car il est sujet aux attaques de scolytes, de vrillettes, de capricornes, de termites et de térébrants marins. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de préservation alors que l’aubier ne l’est que moyennement. Les éclats de bois peuvent provoquer une grave inflammation cutanée, et la sciure des allergies de la peau et des voies respiratoires chez les professionnels du bois. Les qualités papetières sont satisfaisantes, même si la qualité du papier produit est moyenne, notamment en ce qui concerne la résistance à la déchirure.

Le bois contient 40–45% de cellulose, 28–35% de lignine, 14–17,5% de pentosane, 0,9–3,4% de cendres et de très faibles quantités de silice. La solubilité est de 1,5–4% dans l’alcool-benzène, de 2,4–8% dans l’eau chaude et de 14,6–21% dans une solution à 1% de NaOH.

Un extrait au méthanol de l’écorce de la tige a montré des effets vaso-relaxants sur une aorte de rat isolée. Des extraits de l’écorce de la tige ont également mis en évidence une activité antidiabétique lors d’essais sur des rats atteints de diabète induit à la streptozotocine. Des extraits à l’éthanol de racine et de tige ont fait ressortir une nette activité trypanocide contre des souches de Trypanosoma congolense et de Trypanosoma brucei à la fois résistantes et sensibles à plusieurs médicaments. L’écorce contient de l’acide gallique et du gallate de méthyle qui ont révélé une importante activité inhibitrice de la glucosidase.

Description

Arbre caducifolié de taille moyenne à grande atteignant 45(–50) m de haut ; fût dépourvu de branches sur 30(–35) m de haut, généralement rectiligne et cylindrique, jusqu’à 120(–150) cm de diamètre, à gros contreforts assez épais, semblables à des madriers, atteignant 5(–8) m de haut ; surface de l’écorce lisse et grise chez les jeunes arbres, mais superficiellement sillonnée et à écailles allongées gris brunâtre, écorce interne tendre-fibreuse, jaune pâle ; cime étagée à branches verticillées, étalée ; jeunes ramilles brun-roux couvertes d’une pubescence courte, rameaux à nettes cicatrices arrondies à l’emplacement des feuilles tombées. Feuilles disposées en spirale, groupées à l’extrémité des rameaux, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de (1,5–)3–6(–7) cm de long, à 2 glandes près de l’apex ; limbe obovale, de (4–)6–17(–20) cm × (2,5–)4–10 cm, cunéiforme à la base, courtement acuminé à l’apex, finement coriace, glabre, pennatinervé à 4–7 paires de nervures latérales. Inflorescence : épi axillaire de 7–20 cm de long, mince ; pédoncule de 1–4 cm de long, courtement poilu. Fleurs bisexuées ou mâles, régulières, généralement 5-mères ; réceptacle fusiforme, de 1,5–3 mm de long ; sépales triangulaires, d’environ 1,5 mm de long ; pétales absents ; étamines généralement 10, libres, de 1,5–3 mm de long ; disque annulaire, à poils denses et pelucheux ; ovaire infère, 1-loculaire, style de 2–2,5 mm de long, à pubescence clairsemée. Fruit : nucule ailée, à contour transversalement oblong-elliptique, de 1,5–2,5 cm × 4–7 cm avec l’aile, nucule d’environ 1,5 cm × 7 mm, brun doré, glabre, indéhiscente, renfermant 1 seule graine. Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 3–4 cm de long, épicotyle de 1,5–2 cm de long ; cotylédons foliacés, étalés ; 2 premières feuilles opposées.

Autres données botaniques

Terminalia est un genre pantropical qui comprend près de 200 espèces, dont une trentaine est spontanée dans les régions tropicales du continent africain, et environ 35 à Madagascar.

Anatomie

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; (31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses) ; 43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; (58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur).
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale ; 94 : plus de huit cellules par file verticale.
  • Rayons : 96 : rayons exclusivement unisériés ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; (115 : 4–12 rayons par mm) ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : 131 : canaux intercellulaires d’origine traumatique.
  • Inclusions minérales : (151 : cristaux styloïdes ou allongés).

(E. Uetimane, H. Beeckman & P.E. Gasson)

Croissance et développement

La croissance est rythmique, ce qui donne des feuilles groupées et des branches verticillées. Des taux de croissance annuelle de 2,5 m en hauteur ont été enregistrés pendant les 10 premières années qui ont suivi la plantation, alors qu’au Ghana des arbres ont atteint 14 m de haut et 22 cm de diamètre de fût à l’âge de 4 ans. Lorsque de bonnes conditions sont réunies, des arbres plantés peuvent atteindre 50 cm de diamètre de fût en 20 ans. En forêt naturelle de Centrafrique, un accroissement annuel moyen en diamètre du fût de 9,5 mm a été signalé, contre 11 mm au Cameroun. On a estimé l’accroissement annuel moyen en volume de bois de cœur sur des plantations à 14,5 m³/ha.

Les arbres perdent naturellement leurs branches, ne tardant pas à présenter de longs fûts sans défaut qui peuvent atteindre 16 m de long à 12 ans. Ils sont défeuillés pendant 2–3 mois durant la saison sèche. Les nouvelles feuilles et fleurs apparaissent au début de la saison des pluies. Les arbres peuvent commencer à fleurir lorsqu’ils ont atteint 30 cm de diamètre de fût, ce qui peut être le cas au bout de 6 ans. Les fleurs sont visitées dans la seconde partie de la journée par des insectes tels que les mouches et les abeilles. L’âge de la première fructification varie entre 15 et 25(–37) ans. Les fruits, qui mûrissent 6–9 mois après la floraison en saison sèche, sont dispersés par le vent. En général, l’arbre en produit chaque année en grandes quantités. En Centrafrique, ce sont les éléphants qui retirent souvent l’écorce des arbres.

Ecologie

Terminalia superba est très commun en forêt semi-décidue humide, mais on peut également le rencontrer en forêt sempervirente. On le trouve jusqu’à 1000 m d’altitude. Il est très commun en forêt perturbée. Il se rencontre dans les régions où la pluviométrie annuelle est de (1000–)1400–3000(–3500) mm, où la saison sèche peut durer 4 mois et où les températures annuelles moyennes sont comprises entre 23–27°C. Terminalia superba préfère les sols alluviaux, fertiles, bien drainés dont le pH est d’environ 6,0, mais il tolère une large gamme de types de sols, allant des sols sablonneux aux sols argileux-limoneux et latéritiques. Il ne tolère pas l’asphyxie racinaire prolongée, mais supporte les inondations occasionnelles. Il est sensible aux incendies. Terminalia superba se rencontre souvent en association avec Triplochiton scleroxylon K.Schum.

Multiplication et plantation

Terminalia superba est classé comme espèce pionnière. Il se régénère généralement bien après l’exploitation de la forêt. Les semis sont souvent abondants en bord des routes et dans les clairières moyennes de la forêt. On compte 5000–7000 fruits, et près de 8000–10 000 nucules sans aile par kg. Les graines montrent une certaine dormance. Une fois ramassés, les fruits doivent être séchés au soleil pendant quelques jours. Fraîches et après avoir séché en plein soleil, les graines ont un taux de germination qui peut atteindre 90%, mais qui chute à moins de 50% si elles sont entreposées pendant un an. Cependant, si elles sont conservées entre 2–4°C, elles peuvent encore atteindre un taux de germination de 40–60% après 2 ans. Des essais menés au Ghana ont révélé que c’est dans des sachets en polyéthylène à 0–2°C que les graines se conservent le mieux, avec un taux de germination de 45% après 15 mois de stockage. C’est l’immersion dans de l’acide sulfurique concentré pendant 15 minutes suivie par un rinçage de 15 minutes sous l’eau qui a donné les meilleurs résultats de germination, l’immersion dans l’eau pendant 24 heures ayant également été assez concluante.

Les graines doivent être recouvertes d’une fine couche de sable. La germination débute 1,5–3(–4) semaines après le semis. Etant sensibles à la sécheresse, les semis doivent être arrosés quotidiennement. En pépinière, ils sont placés en général dans un endroit légèrement ombragé jusqu’à ce qu’ils aient 2 mois. L’inoculation d’endomycorhizes accélère la croissance des semis d’environ 25% après 10 semaines. Lors d’essais menés au Nigeria, on a découvert qu’un apport de sulfate d’ammonium à 100 ppm et de NPK 15:15:15 à 50–100 ppm améliorait considérablement la croissance en hauteur des semis.

Au bout de 6–7 semaines et lorsqu’ils ont atteint 5–8 cm de haut, les semis sont repiqués en planches de pépinière à un espacement de 20 cm × 50 cm. Cette opération doit être menée avec le plus grand soin afin d’éviter d’endommager la racine pivotante. En fait, ils restent souvent en pépinière pendant au moins un an, le temps qu’ils mesurent environ 2 m de haut. Des stumps issus de plants de 18 mois peuvent être utilisés pour la plantation. Ils doivent mesurer 1 m de long et avoir un diamètre de tige d’au moins 10 mm, la racine pivotante devant quant à elle mesurer au moins 40 cm de long et ne pas être tordue pour la plantation. En Guinée et en Côte d’Ivoire, on préfère le semis direct dans des récipients, ce qui permet aux plantes d’être prêtes à être replantées au bout de 3–4 mois ; ainsi, on réduit d’autant le stress qui suit la plantation et la croissance initiale est plus rapide. La plantation doit intervenir au début de la saison des pluies. Les trous de plantation doivent mesurer 40 cm × 40 cm × 40 cm. Des taux de succès de plus de 80% ont été signalés. Des boutures herbacées issues des rejets vigoureux produits par le recépage de jeunes arbres ont pris racine en l’espace de 2 semaines sous brumisation et avec 50% d’ombre, avec un pourcentage d’enracinement de 11–100%, en fonction du degré de régénération. Des méthodes de multiplication végétative par greffage ont été mises au point. L’emploi de greffons physiologiquement juvéniles et de jeunes arbres semble prometteur pour le clonage d’arbres matures.

Les arbres sont plantés à des espacements allant de 3 m × 3 m à 12 m × 12 m. Au Nigeria, on estime que le meilleur espacement est de 4–5 m × 4–5 m.

Gestion

En forêt naturelle du Cameroun, on a enregistré une densité moyenne de 0,4–3,5 d’arbres de Terminalia superba ayant un diamètre de fût minimum de 60 cm par ha, avec un volume moyen en bois de 3–28 m³/ha. En Côte d’Ivoire, 22 000 ha de plantations de Terminalia superba ont été mises en place entre 1967 et 1994, et quelque 6500 ha en 1975 au Congo. On effectue généralement des coupes à blanc de la forêt naturelle, on la brûle et on la débarrasse de toute la végétation restante, ce qui permet de planter les semis en pleine lumière. La densité ultérieure est habituellement de 12 m × 12 m, et parfois les plantations sont mises en place dès le début selon cet espacement, ce qui évite par la suite de pratiquer des éclaircies. Lorsqu’on réduit d’emblée l’espacement, la première éclaircie doit être pratiquée après 4–6 ans quand les arbres ont atteint environ 10 m de haut, la deuxième à environ 15 m de haut et la troisième à 20 m.

Terminalia superba peut être planté en peuplements purs ou mélangés avec d’autres essences à bois d’œuvre tels que Terminalia ivorensis A.Chev., Milicia excelsa (Welw.) C.C.Berg et Triplochiton scleroxylon K.Schum., ou encore sur des sols fertiles avec Khaya et Entandrophragma spp. Un essai mené au Congo a fait ressortir que les adventices influaient sur la croissance des arbres uniquement au cours de la première année, et que la méthode taungya qui consiste à les associer à l’arachide, au maïs, au pois cajan et au soja a permis de réduire les mauvaises herbes qui ainsi n’avaient plus d’incidence néfaste sur la croissance des arbres. Le paillage pratiqué pendant la première année qui a suivi la plantation a permis de lutter contre les mauvaises herbes et d’améliorer d’autant la croissance de Terminalia superba. Au Congo, planté avec des bananiers, Terminalia superba a donné de bons résultats, en revanche lorsqu’il a été associé à des cacaoyers, les résultats de production ont été médiocres tant pour les uns que pour les autres.

Maladies et ravageurs

De jeunes plantations en Côte d’Ivoire et au Nigeria ont été défoliées par les larves du papillon Epicerura spp. et par le criquet Zonocerus variegatus, qui peuvent provoquer une baisse considérable du rendement. Des pulvérisations d’insecticides, tels que la décaméthrine et l’hydrogénoxalate de thiocyclame, à des concentrations de 900 g et de 300 g de principe actif par ha, respectivement, ont permis d’obtenir de bons résultats, mais une maladie virale s’attaquant au ravageur a également été identifiée. Les fûts sur pied sont souvent la proie des scolytes du genre Doliopygus, qui font de petits trous noirs dans le bois. Les stumps récemment plantés peuvent être attaqués par les termites, mais on peut y remédier en traitant la base avec des insecticides.

Récolte

Au Liberia et au Ghana, le diamètre minimum de fût pour l’abattage a été fixé à 70 cm, au Gabon et au Congo à 60 cm. Le cycle de rotation qui est souvent pratiqué en plantations est de 40 ans, mais il peut être écourté à 20–25 ans lorsque les conditions sont optimales. Le fût des spécimens âgés présente souvent un cœur mou.

Rendement

En plantation, le volume total de bois de Terminalia superba récolté à 20–25 ans est estimé à 330 m³/ha. Cependant, les rendements obtenus en plantation vont de 6 m³/ha à 25 m³/ha par an. En forêt naturelle, un arbre dont le diamètre de fût est de 60 cm fournit 3,3–4,0 m³ de bois, un arbre de 90 cm de diamètre de fût 8,2–10,2 m³ et un de 120 cm de diamètre de fût 15,5–20,2 m³.

Traitement après récolte

Les grumes fraîchement abattues doivent être débardées immédiatement, ou bien écorcées et traitées avec des fongicides et des insecticides pour éviter les attaques de champignons et d’insectes xylophages. Comme elles flottent dans l’eau, elles peuvent être transportées par flottage.

Ressources génétiques

En tant qu’espèce pionnière à régénération abondante et à vaste aire de répartition, Terminalia superba n’est guère sujet à l’érosion génétique. Néanmoins, il s’agit de l’une des essences à bois d’œuvre les plus exploitées d’Afrique, à tel point que localement les approvisionnements se sont amenuisés, et que l’on signale le déclin de peuplements en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria, au Cameroun et au Congo. Cette situation n’est qu’en partie compensée par la mise en place de plantations. Son aptitude à coloniser les terres agricoles abandonnées et les forêts qui font l’objet d’une exploitation intense permet à Terminalia superba d’être moins sensible à la destruction des forêts que bien d’autres espèces.

Des provenances ont été étudiées en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Congo, concernant notamment les taux de croissance et les caractéristiques du bois. Plusieurs provenances d’Afrique tropicale ont été plantées dans d’autres pays tropicaux, par ex. 13 d’entre elle ont été essayées en Equateur et ont donné de grandes disparités de résultats. On a évalué la variabilité génétique de Terminalia superba à l’aide d’échantillons en provenance de Côte d’Ivoire, du Cameroun, de Centrafrique et du Congo. Les échantillons provenant de Côte d’Ivoire étaient considérés comme représentant un groupe distinct.

Sélection

La sélection clonale est l’un des axes de recherche du programme d’amélioration génétique de Terminalia superba ; elle s’est avérée utile dans des essais menés au Congo. Nul n’ignore qu’il existe d’importantes différences clonales dans la formation du bois, pour ce qui est par ex. du taux de croissance et des dimensions transversales des vaisseaux, des fibres et du parenchyme.

Perspectives

Terminalia superba est l’une des principales espèces d’essence à bois d’œuvre d’Afrique tropicale. Toutefois, tout indique que les approvisionnements en provenance des forêts naturelles déclinent dans plusieurs pays, et tout porte à croire qu’elles déclineront bientôt dans d’autres pays. Certes, la mise en place de plantations est un bon choix pour cette espèce dotée de taux de croissance élevés, mais il faudrait la faire sur une bien plus grande échelle que ce qui se fait actuellement pour compenser le déclin de la production issue des forêts naturelles. D’après des études menées en R.D. du Congo, Terminalia superba se prête à la plantation dans des systèmes agro-forestiers en tant qu’arbre d’ombrage associé à une production de bois d’œuvre. On a découvert au Nigeria que Terminalia superba pourrait très bien permettre de mettre au point des technologies agroforestières de systèmes intégrés de polyculture-élevage (ovins et caprins) reposant sur le rendement en fourrage et sur les concentrations de protéines brutes, de fibres au détergent neutre, des fibres au détergent acide et de lignine.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Sosef, M.S.M., Boer, E., Keating, W.G., Sudo, S. & Phuphathanaphong, L., 1995. Terminalia L. In: Lemmens, R.H.M.J., Soerianegara, I. & Wong, W.C. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(2). Timber trees: Minor commercial timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 474–492.

Auteur(s)

  • V. Kimpouni, E-mail: kimngoma@yahoo.fr, Congo

Citation correcte de cet article

Kimpouni, V., 2009. Terminalia superba Engl. & Diels. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 mars 2020.


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