Strychnos nux-vomica (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Strychnos nux-vomica L.


Protologue: Sp. pl. 1: 189 (1753).
Famille: Loganiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 24, 44

Noms vernaculaires

  • Vomiquier, noix vomique, vomique officinale, pomme de voutac (Fr).
  • Crow fig, nux-vomica tree, poison nut, snake-wood, strychnine plant (En).
  • Noz vômica, carimão (Po).

Origine et répartition géographique

Strychnos nux-vomica est originaire d’Inde et d’Asie du Sud-Est et s’est introduit et naturalisé dans certains endroits d’Afrique tropicale. Il est cultivé au Ghana et au Soudan.

Usages

Les usages médicinaux de Strychnos nux-vomica en Afrique sont limités. Au Ghana, les graines se consomment pour traiter l’anémie. Les graines, l’écorce, le bois et les racines ont de nombreuses applications en médecine traditionnelle en Asie, en Europe et aux Etats-Unis. En Inde, le fruit est employé tant en médecine ayurvédique que unani, et il est jugé âcre, piquant, amer, toxique et chauffant. Il s’utilise pour ses vertus apéritives, toniques, astringentes, aphrodisiaques et antipyrétiques et on le dit apte à guérir les leucodermites, les maladies du sang, les démangeaisons, la teigne, les hémorroïdes, les ulcères, l’anémie, la jaunisse, les fuites urinaires, les douleurs articulaires, les lumbagos et les états de faiblesse des membres. En Europe, on trouve une description des usages médicinaux de Strychnos nux-vomica remontant à 1540 après J.-C. On y avait recours en particulier pour traiter les problèmes nerveux et les affections des organes digestifs et de l’appareil respiratoire. De nos jours il s’emploie en phytothérapie surtout pour traiter les troubles digestifs, les douleurs abdominales, la constipation, la gueule de bois, les remontées gastriques, l’insomnie, les problèmes circulatoires, la dépression, la migraine, les maladies nerveuses, les problèmes liés à la ménopause et les maladies respiratoires.

En Inde, les graines servent à teindre les étoffes en brun clair. Elles sont en outre un ingrédient de boissons alccolisées. Le bois, dur et résistant aux termites, sert à fabriquer des meubles, des roues de chariot et des ustensiles agricoles. Les feuilles font office d’engrais vert.

Production et commerce international

La production annuelle de graines de Strychnos nux-vomica en Inde a été estimée à 2000 t au début des années 1970. En 1965–1971, la production moyenne de strychnine et de brucine issues de graines de Strychnos nux-vomica en Inde était de 18 000 kg/an. La plupart des alcaloïdes sont exportés aux Etats-Unis et en Europe.

Propriétés

Toutes les parties végétales de Strychnos nux-vomica contiennent des alcaloïdes indoliques, mais ce sont les graines qui ont les concentrations les plus élevées. Elles renferment 1–3% d’alcaloïdes, principalement de la strychnine et son dérivé diméthoxylé, la brucine. Les autres parties de la plante contiennent plusieurs autres dérivés de strychnine, dont la concentration totale atteint 1% : 12-hydroxy-strychnine, 15-hydroxy-strychnine, α -colubrine, β-colubrine, icajine, 11-méthoxy-icajine, novacine, vomicine, pseudostrychnine, pseudobrucine, pseudo-α-colubrine, pseudo-β-colubrine, N-méthyl-sec-pseudo-β-colubrine et isostrychnine. On a aussi isolé un alcaloïde bisindolique, la longicaudatine ; son activité s’apparente à celle de la réserpine.

La strychnine est très toxique, et les doses létales chez l’homme peuvent débuter à environ 0,4 mg/kg. Elle peut provoquer de l’anxiété, de l’agitation, des convulsions douloureuses du corps, des difficultés respiratoires et même la mort par suffocation ou épuisement. De plus, une prise de petites quantités de strychnine à long terme peut entraîner des lésions hépatiques. La strychnine augmente la tension artérielle, et on s’en sert en médecine pour stimuler le système nerveux ; c’est en outre un anesthésiant fiable. La brucine est environ 50–100 fois moins toxique que la strychnine. Les extraits de graines manifestent à un niveau significatif une activité analgésique, anti-inflammatoire, anti-ulcère, cytotoxique, antioxydante et stimulante de l’utérus. Les activités analgésique et anti-inflammatoire sont le fait de la brucine et de la brucine N-oxyde.

L’analyse des effets cytotoxiques de la brucine, de la brucine N-oxyde, de la strychnine et de l’isostrychnine sur les cellules de l’hépatome humain a montré que la brucine avait les effets toxiques les plus forts.

Des galactomannanes et des galactanes sont également présents dans les graines. L’extrait de graines est efficace dans la coagulation-floculation de colloïdes hydrophobes (comme une suspension d’argile), mais c’est un floculant médiocre face à des colloïdes hydrophiles (comme les bactéries). Les feuilles ont de puissantes propriétés allélopathiques.

Description

Arbre de taille moyenne atteignant 25 m de haut ; fût atteignant 100 cm de diamètre ; rameaux légèrement poilus, à poils courts. Feuilles opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 5–15 mm de long ; limbe orbiculaire à largement elliptique ou ovale, de 5–18 cm × 4–13 cm, base arrondie à cordée, apex courtement acuminé ou aigu, glabre et brillant sur le dessus, finement poilu en particulier sous les nervures, à 3–5 nervures partant de la base. Inflorescence : thyrse axillaire de 3–7 cm de long, à nombreuses fleurs. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; lobes du calice ovales, densément poilus à l’extérieur ; corolle à mince tube d’environ 1 cm de long, s’évasant brusquement à la gorge, glabre à l’extérieur, intérieur garni de poils laineux disséminés dans la partie inférieure, lobes étroitement ovales, d’environ 3 mm de long, bord épaissi et finement poilu, blanc verdâtre à blancs ; étamines insérées à la gorge de la corolle, exsertes ; ovaire supère, ovoïde, glabre, style atteignant 1 cm de long, stigmate capité. Fruit : baie globuleuse de 2–4(–6) cm de diamètre, orange, glabre, à 1–4 graines. Graines lenticulaires à orbiculaires ou ellipsoïdes, de 20–23 mm × 18–20 mm × environ 4 mm, à poils soyeux.

Autres données botaniques

Le genre Strychnos comprend environ 200 espèces : environ 60 en Asie, 65 en Amérique et 75 en Afrique. Strychnos nux-vomica appartient à la section Strychnos.

Ecologie

Dans son milieu naturel, Strychnos nux-vomica est présent à la lisière des forêts denses, au bord des rivières et sur les rivages, principalement sur sols limoneux ou limono-sableux, mais on le trouve aussi sur sols latéritiques et sur les limons argileux. La pluviométrie annuelle varie de 1200–3500 mm.

Gestion

Strychnos nux-vomica se multiplie par graines et par rejets. Les graines mettent 70–120 jours à germer. En Inde, on les sème en pépinière et on repique les plants au champ. On est parvenu à régénérer des plants de Strychnos nux-vomica à partir de cultures de tissus.

La fructification débute 10–15 années après la plantation. Les fruits se cueillent habituellement sur l’arbre. Les fruits tombés sont considérés de qualité inférieure. Après la récolte, on nettoie les graines et on les fait sécher au soleil. Les graines séchées se conservent longtemps en sacs en jute sans perdre leur teneur en alcaloïdes, mais il faut les maintenir à l’abri de l’humidité pour empêcher qu’elles soient endommagées par les champignons. Elles font ensuite l’objet d’un traitement industriel pour extraire la strychnine et la brucine. En médecine traditionnelle chinoise, on fait généralement chauffer les graines dans de l’huile pour diminuer leur toxicité. Ce procédé réduit considérablement la teneur en strychnine et en brucine et augmente les quantités d’isostrychnine, d’isobrucine, de strychnine N-oxyde et de brucine N-oxyde.

Ressources génétiques

Strychnos nux-vomica est répandu sur son aire de répartition d’origine en Inde, en Indochine et en Thaïlande et n’est pas menacé d’érosion génétique. En Afrique, on ne sait pratiquement rien sur sa répartition et sa variabilité génétique.

Perspectives

L’utilisation de Strychnos nux-vomica à des fins médicinales a diminué au fil des ans. L’utilisation de la strychnine a été supplantée en raison de sa toxicité élevée. Certains des autres alcaloïdes peuvent jouer un rôle dans le développement de nouveaux médicaments anticancéreux ou antipaludiques. Un approfondissement des recherches sur la composition chimique et les activités pharmacologiques de ces composés semble justifié. En Inde, où les graines sont couramment utilisées en médecine traditionnelle, il est nécessaire de mettre au point des cultivars à haut rendement et riches en alcaloïdes.

Références principales

  • Cai, B.C., Wang, T.S., Kurokawa, M., Shiraki, K. & Hattori, M., 1998. Cytotoxicities of alkaloids from processed and unprocessed seeds of Strychnos nux-vomica. Acta Pharmacologica Sinica 19(5): 425–428.
  • Iwu, M.M., 1993. Handbook of African medicinal plants. CRC Press, Boca Raton, Florida, United States. 464 pp.
  • Leeuwenberg, A.J.M. (Editor), 1980. Angiospermae: Ordnung Gentiales. Fam. Loganiaceae. Die natürlichen Pflanzenfamilien. Second Edition. Band 28 b-1. Duncker & Humblot, Berlin, Germany. 255 pp.
  • Mshana, N.R., Abbiw, D.K., Addore-Mensah, I., Ekpere, J.A., Enow-Orock, E.G., Gbile, Z.O., Noamessi, G.K., Odei, M.A., Odunlami, H., Oteng-Yeboah, A.A., Sarpong, K., Sofowora, A. & Tackie, A.N., 2000. Traditional medicine and pharmacopoeia. Contribution to the revision of ethnobotanical and floristic studies in Ghana. Organisation of African Unity / Scientific, Technical and Research Commission. 920 pp.
  • Purwaningsih, 1999. Strychnos L. In: de Padua, L.S., Bunyapraphatsara, N. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(1). Medicinal and poisonous plants 1. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 467–472.

Autres références

  • Yin, W., Wang, T.-S., Yin, F.-Z. & Cai, B., 2003. Analgesic and anti-inflammatory properties of brucine and brucine N-oxide extracted from seeds of Strychnos nux-vomica. Journal of Ethnopharmacology 88(2–3): 205–214.
  • Bisset, N.G., 1989. Arrow and dart poisons. Journal of Ethnopharmacology 25: 1–41.
  • Bisset, N.G. & Leeuwenberg, A.J.M., 1968. The use of Strychnos species in Central African ordeal and arrow poisons. Lloydia 31: 208–222.
  • Cai, B., Nagasawa, T., Kadota, S., Hattori, M., Namba, T. & Kuraishi, Y., 1996. Processing of nux vomica. VII. Antinociceptive effects of crude alkaloids from the processed and unprocessed seeds of Strychnos nux-vomica in mice. Biological and Pharmaceutical Bulletin 19(1): 127–131.
  • Corsaro, M.M., Giudicianni, I., Lanzetta, R., Marciano, C.E., Monaco, P. & Parrilli, M., 1995. Polysaccharides from seeds of Strychnos species. Phytochemistry 39(6): 1377–1380.
  • Deng, X., Yin, F., Lu, X., Cai, B. & Yin, W., 2006. The apoptotic effect of brucine from the seed of Strychnos nux-vomica on human hepatoma cells is mediated via Bcl-2 and Ca2+ involved mitochondrial pathway. Toxicological Sciences 91(1): 59–69.
  • Yin, W., Wang, T.-S., Yin, F.-Z. & Cai, B., 2003. Analgesic and anti-inflammatory properties of brucine and brucine N-oxide extracted from seeds of Strychnos nux-vomica. Journal of Ethnopharmacology 88(2–3): 205–214.

Auteur(s)

  • P. Oudhia, SOPAM, 28-A, Geeta Nagar, Raipur, 492001, C.G., India

Citation correcte de cet article

Oudhia, P., 2008. Strychnos nux-vomica L. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 8 mars 2020.


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