Striga gesnerioides (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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plante en fleurs (www.doacs.state.fl.us)

Striga gesnerioides (Willd.) Vatke


Protologue: Österr. Bot. Zeitschr. 25 : 11 (1875).
Famille: Scrophulariaceae (APG: Orobanchaceae)
Nombre de chromosomes: n = 20

Synonymes

  • Striga orobanchoides (R.Br.) Benth. (1836).

Noms vernaculaires

  • Striga (Fr).
  • Witchweed, cowpea witchweed (En).
  • Kichawi nke (Sw).

Origine et répartition géographique

Striga gesnerioides est répandu dans toute l’Afrique tropicale, dans les îles de l’océan Indien et en Asie tropicale. Il a été introduit en Floride.

Usages

Le jus de Striga gesnerioides sert à teindre les peaux en bleu-noir au Mali. Au Kenya, le jus des racines est utilisé pour colorer les doigts en bleu indigo. Les fleurs donnent une couleur rose utilisable en peinture. En tant que fourrage, Striga gesnerioides n’a aucune valeur ; le bétail ne le pâture pas et seuls les chameaux le broutent en renâclant lorsqu’ils n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent. Au Botswana, la tige serait utilisée comme brosse à dents. En médecine traditionnelle, on saupoudre les blessures de poudre de la plante ou bien on en fait une pâte avec de la matière grasse que l’on applique sur le cou en cas d’hypertrophie ganglionnaire.

Propriétés

Les propriétés tinctoriales peuvent provenir, comme c’est le cas pour la cytotoxicité de la plante, de la présence de glucosides iridoïdes, qui ont été isolés et caractérisés chez d’autres espèces de Striga. Un extrait éthanolique de toute la plante de Striga gesnerioides a montré des effets anti-fertilité chez les rats mâles. Des extraits éthanoliques et aqueux ont révélé une activité antihistaminique et stabilisante des mastocytes chez les rats. Des flavones, l’apigénine et la lutéoline, isolés à partir de Striga gesnerioides, ont montré des activités anti-inflammatoires et antispasmodiques.

Description

  • Plante herbacée annuelle succulente, jaune verdâtre, atteignant 35 cm de haut, généralement ramifiée à partir de la base, glabre ou très peu pubérulente ; chaque plante comportant un seul grand haustorium primaire tubérisé de 1–3 cm de diamètre, et de nombreuses racines adventives émergeant d’écailles souterraines ; tige carrée mais à angles obtus.
  • Feuilles opposées, apprimées contre la tige, en écailles, de 5–10 mm × 2–3 mm.
  • Inflorescence : épi terminal pourvu de bractées.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères, sans odeur, sessiles ; calice en tube à 5 dents à l’apex, de 4–6 mm × 2 mm ; corolle en tube, bilabiée, jusqu’à 15 mm de long, inclinée dans la partie supérieure du tube, bleu pâle à violet foncé, lobes supérieurs 2, soudés, brusquement recourbés, jusqu’à 2,5 mm de long, lobes inférieurs 3, étalés, d’environ 3 mm de long ; étamines 4, dont 2 longues et 2 courtes ; ovaire supère, tubulaire, 2-loculaire, style cylindrique, stigmate 2-fide.
  • Fruit : capsule ovoïde de 1–2 mm × 3 mm, contenant de nombreuses graines.
  • Graines très petites, comme de la poussière, à côtes saillantes en cercle.

Autres données botaniques

Striga compte une quarantaine d’espèces réparties dans les régions tropicales et subtropicales de l’Ancien Monde et des introductions occasionnelles ailleurs. Au moins 11 espèces de Striga s’attaquent aux cultures, y compris toutes les céréales tropicales importantes (telles que le maïs, le sorgho, le mil, l’éleusine, le riz pluvial), la canne à sucre ainsi que de nombreuses graminées fourragères. Actuellement, 4 espèces posent de graves problèmes en agriculture tropicale : Striga hermonthica (Del.) Benth. dans les céréales, Striga asiatica (L.) Kuntze dans les céréales, Striga gesnerioides dans un certain nombre de dicotylédones (par ex. le niébé) et Striga aspera (Willd.) Benth. dans les céréales et les graminées, et elles sont toutes répandues en Afrique tropicale. La plupart des espèces de Striga sont utilisées en médecine traditionnelle, et de temps à autre en teinture ; par exemple, Striga asiatica sert de mordant à Cochlospermum tinctorium Perr. ex A.Rich., Striga aspera est employé au Nigeria comme colorant noir pour le visage, et Striga hermonthica est utilisé comme teinture, mais aussi comme mordant dans la teinture à l’indigo pour en renforcer la couleur.

Striga gesnerioides est un parasite obligatoire des racines qui a une activité photosynthétique réduite. Ses graines germent en réponse à des stimulants de germination spécifiques exsudés par les racines de l’hôte. Après la germination, un haustorium se forme dans la racine de la plante hôte par différenciation de l’apex de la racine. Une connection vasculaire est établie par la suite entre les 2 plantes, permettant ainsi au parasite d’absorber l’eau et les nutriments essentiels à son développement. Il est difficile de venir à bout de ce parasite du fait de l’intime association entre la mauvaise herbe parasite et son hôte. Striga gesnerioides dans son ensemble a une variété très étendue d’hôtes. C’est un des principaux ravageurs du niébé qui en parasite les racines et en diminue souvent considérablement tant la croissance que le rendement. Dans la nature, il parasite les mauvaises herbes légumineuses, en particulier Tephrosia et Indigofera en Afrique de l’Ouest, mais aussi des Convolvulaceae (par ex. au Soudan Merremia, Ipomoea et Jacquemontia) ainsi que des Euphorbiaceae. En raison de sa nature autogame, nombre de souches différentes ont évolué qui peuvent attaquer peu d’espèces ou une seule. La morphologie de ces souches varie et leurs aires de répartition se chevauchent souvent. En Afrique de l’Ouest, il existe au moins cinq différentes souches qui parasitent le niébé et chacune d’elles peut attaquer un nombre de cultivars différents. Le tabac et la patate douce sont quelquefois attaqués. Les souches qui attaquent le tabac au Zimbabwe ne touchent pas le niébé. Le voandzou n’est pas infesté ; les témoignages relatifs à l’apparition de Striga gesnerioides sur l’arachide sont contradictoires. La culture de plantes comme le niébé en monoculture, sans jachère ni rotation, ne fait qu’accélérer et favoriser le développement de Striga qui, sur les sols pauvres, peut réduire le rendement de plus de 50%.

Ecologie

On trouve Striga gesnerioides dans les savanes herbeuses, dans les savanes arborées, sur les collines rocailleuses et le plus souvent comme adventice dans les cultures.

Ressources génétiques

En tant que plante parasite répandue, Striga gesnerioides n’est pas exposée à l’érosion génétique, et les travaux de sélection se concentrent sur des plantes hôtes résistantes. Striga gesnerioides est très variable et comprend de nombreuses souches morphologiquement identiques, mais comme chacune d’elles est adaptée à des cultivars spécifiques de niébé, la lutte est très difficile et la recherche compliquée. Toutefois, d’importants travaux de recherche sont en cours, et des résultats prometteurs ont été obtenus dans la sélection de cultivars de niébé résistants, le développement de produits chimiques qui forcent les graines de Striga à germer, ou qui les en empêchent, et la mise au point de méthodes de lutte biologique, par ex. au moyen d’insectes qui se nourrissent de Striga (comme les larves du papillon Junonia orithya qui mangent les tiges et les fruits, et celles du charançon Smicronyx umbrinus qui se nourrissent des fruits).

Perspectives

En tant que source de teinture, Striga gesnerioides conservera une importance de second plan. Tous les efforts de la recherche sont axés sur les moyens d’endiguer les dégâts qu’il cause aux récoltes. Des résultats encourageants ont vu le jour dans la mise au point de procédés de lutte biologique.

Références principales

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  • Musselman, L.J. & Hepper, F.N., 1986. The witchweeds (Striga, Scrophulariaceae) of the Sudan Republic. Kew Bulletin 41(1): 205–221.
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  • Philcox, D., 1990. Scrophulariaceae. In: Launert, E. & Pope, G.V. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 8, part 2. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. 179 pp.

Autres références

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  • Reiss, G., 1996. Striga gesnerioides parasitising cowpea: mechanisms of infection and resistance. PhD thesis, University of Bristol, Bristol, United Kingdom.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Jansen, P.C.M., 2005. Striga gesnerioides (Willd.) Vatke. In: Jansen, P.C.M. & Cardon, D. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 5 avril 2025.


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