Streblus dimepate (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, rameau avec inflorescences mâles ; 2, partie de l’inflorescence femelle ; 3, rameau avec infrutescences. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
fût
tranche
bois

Streblus dimepate (Bureau) C.C.Berg


Protologue: Proc. Kon. Ned. Akad. Wetensch., C, 91(4) : 358 (1988).
Famille: Moraceae

Synonymes

  • Pachytrophe dimepate Bureau (1873),
  • Pachytrophe obovata Bureau (1873).

Origine et répartition géographique

Streblus dimepate est endémique de Madagascar, où il est confiné aux parties est et nord-ouest du pays.

Usages

Le bois (nom commercial : dipaty) sert à produire des montants destinés à la construction des maisons en raison de sa haute durabilité en contact avec le sol ; on l’utilisait autrefois pour les traverses de chemin de fer. Il n’a guère d’autres usages car il est difficile à travailler. Cependant, il convient à la construction lourde (notamment les ponts et les portes d’écluse), les revêtements de sol lourds, les charpentes, les châssis de véhicules, la sculpture, le tournage et les placages tranchés. Le bois est également utilisé comme bois de feu et pour la production de charbon de bois. L’infrutescence est comestible. En médecine traditionnelle, l’infusion d’écorce et de feuilles se boit contre la jaunisse.

Propriétés

Le bois de cœur, qui est brun, fonce fortement à l’exposition, et se démarque nettement de l’aubier beige grisâtre. Le fil est droit, parfois ondulé, le grain est très fin. Le bois a une belle figure à veines noires.

Le bois est lourd, avec une densité de 800–990 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air lentement, avec un léger risque de déformation. Des planches de 2,5 cm d’épaisseur mettent 3–4 mois à sécher. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont de 3,5%–6,4% radialement et de 6,3–11,5% tangentiellement. Le bois séché n’est pas stable en service.

Le bois est très dur. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 169–236 N/mm², le module d’élasticité de 15 000–20 000 N/mm², la compression axiale de 61–94 N/mm², le cisaillement de 7 N/mm², le fendage de 11–17 N/mm, et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 5,3–12,7. Il est difficile à travailler en raison de sa dureté. Il prend généralement un beau poli et donne une bonne finition. Il se colle facilement, mais le clouage est très difficile et on recommande des avant-trous. Il est très durable, étant très résistant aux attaques fongiques et possédant une bonne résistance contre les termites. Le bois de cœur résiste à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier étant quant à lui perméable.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne, dioïque, sempervirent ou caducifolié, atteignant 30 m de haut, à latex blanc ; rameaux glabrescents.
  • Feuilles alternes, distiques, simples et entières ; stipules soudées, de 2–6(–9) mm de long, peu à densément poilues ; pétiole de 3–15(–20) mm de long ; limbe elliptique à oblong ou obovale, de (1–)2–10(–16) cm × (0,5–)1, 5–6 cm, base aiguë à obtuse, apex acuminé ou obtus, bord souvent plus ou moins révoluté, coriace, glabre, pennatinervé à 5–12(–16) paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : chaton, habituellement en paires à l’aisselle des feuilles ; inflorescence mâle de 0,5–5 cm de long y compris le pédoncule de 1–5 mm de long, à nombreuses fleurs ; inflorescence femelle de 0,5–2,5 cm de long y compris le pédoncule de 2–15 mm de long, à 2–14 fleurs.
  • Fleurs unisexuées, sessiles, proches les unes des autres, périanthe de 1,5–2 mm de long ; fleurs mâles à périanthe 4-partite, membraneux, poilu, étamines 4, infléchies, ovaire rudimentaire, carré, d’environ 5 mm de long ; fleurs femelles à 4 tépales libres, relativement épais, glabres à poilus, ovaire supère, globuleux à ovoïde, style très court, stigmates 2.
  • Fruit : drupe à 1 graine, de 5–8 mm × 6–7 mm, à périanthe rougeâtre charnu et renflé.
  • Graines de 4–5 mm de long.

Autres données botaniques

Le genre Streblus comprend environ 20 espèces, et est présent en Afrique, en Asie et dans le Pacifique.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23? : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; (47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré) ; 56 : thylles fréquents.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 98 : rayons couramment 4–10-sériés ; (103 : rayons de deux tailles différentes) ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; (108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées) ; 114 : 4 rayons par mm ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; 141 : cristaux prismatiques dans les cellules non cloisonnées du parenchyme axial.
(H. Beeckman & P. Détienne)

Croissance et développement

La floraison semble avoir lieu toute l’année, avec un pic en septembre–mars.

Ecologie

Streblus dimepate est présent jusqu’à 1000 m d’altitude dans les forêts ou fourrés secs à humides, souvent le long des cours d’eau ou en bord de mer.

Gestion

Le bois de Streblus dimepate ne semble pouvoir s’obtenir que sur les arbres sauvages et il n’existe aucune information sur sa sylviculture ou ses techniques de plantation.

Ressources génétiques

Streblus dimepate est confiné à Madagascar, mais on ignore s’il est menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Le bois de Streblus dimepate est beau et très durable, mais difficile à travailler. Il ne semble utilisé à l’heure actuelle qu’en construction, mais il pourrait avoir un potentiel en parqueterie, en sculpture et en tournage. Cela lui donnerait une valeur à l’export, mais il est difficile d’en déterminer le potentiel, car il y a trop peu d’informations sur la disponibilité des arbres sauvages et la possibilité de domestiquer l’espèce.

Références principales

  • Berg, C.C., 1977. Revisions of African Moraceae (excluding Dorstenia, Ficus, Musanga and Myrianthus). Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 47(3–4): 267–407.
  • Berg, C.C., 1988. The genera Trophis and Streblus (Moraceae) remodeled. Proceedings of the Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen, Series C, Biological and Medical Sciences 91(4): 345–362.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.

Autres références

  • Guéneau, P. & Guéneau, D., 1969. Propriétés physiques et mécaniques des bois malgaches. Cahiers scientifiques No 2, Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 51 pp.
  • Novy, J.W., 1997. Medicinal plants of the eastern region of Madagascar. Journal of Ethnopharmacology 55: 119–126.
  • Perrier de la Bâthie, H. & Leandri, J., 1952. Moracées (Moraceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 55. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 76 pp.
  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.

Sources de l'illustration

  • Perrier de la Bâthie, H. & Leandri, J., 1952. Moracées (Moraceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 55. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 76 pp.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Streblus dimepate (Bureau) C.C.Berg. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 19 avril 2019.


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