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Herniaire (Cazin 1868)

8 octets supprimés, 7 octobre 2017 à 15:12
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hernies ; d'où lui vient son nom. On a avancé, d'après Matthiole, que, contuse et appliquée sur les hernies, elle les guérissait radicalement, en en donnant en même temps la décoction ou la poudre. Personne, aujourd'hui, ne parviendra à réduire la hernie la plus simple par un semblable moyen.
Mais faut-il conclure avec Spielmann, Bergius, Murray, Mérat et Delens, que cette plante doit être regardée comme nulle, et que l'on peut sans inconvénient l'éliminer de la matière médicale ?... Non. Herpain, de Mons (1)<ref>''Journal de médecine et de chirurgie pratiques'', t. XXVI, p. 315 et suiv., 1855.</ref>, a démontré par la puissance des faits que la herniaire est un de nos diurétiques les plus puissants et les plus certains ; et, malgré les critiques exagérées de Spielmann, de Bergius et de Peyrilhe, dit ce médecin, elle n'en restera pas moins un remède précieux, autant par la fidélité de ses résultats que par la facilité avec laquelle on se la procure. « Administrée à un homme sain, dit Herpain, la herniaire favorise sensiblement la sécrétion urinaire sans produire de changement appréciable dans les fonctions respiratoires et de la circulation, et sans donner lieu à des phénomènes nerveux sensibles. Ses effets se manifestent assez promptement, trente à soixante minutes environ après son ingestion, et ils persistent plusieurs heures sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à de nouvelles doses du médicament. Dans les expériences que nous avons entreprises sous l'égide de M. le médecin principal Van Denbrouk, qui se sert de cette substance depuis plus de vingt ans, nous avons fait prendre la herniaire en infusion à la dose de 30 gr. par litre d'eau, et, chaque fois, elle a occasionné une grande abondance d'urine claire et limpide. Nous employons la herniaire dans différentes maladies ressortissant toutes d'un type qui est l'anasarque... Les résultats que nous avons obtenus sont des plus encourageants, et ils nous autorisent à employer exclusivement ce diurétique, à la dose de 30 à 60 gr. dans les vingt-quatre heures, contre les affections de la nature de celles dont nous parlons. Quelques ascites survenues chez des sujets anémiques ont promptement disparu sous l'influence de ce remède. » (Zeissl (2)<ref>''Journal de médecine, de chirurgie et de pharmacologie de Bruxelles'', juillet 1863.</ref> unit la herniaire à l'ambroisie (4 gr. de chaque pour 300 gr. d'infusion) et s'en loue dans le traitement des catarrhes vésicaux aigus ou chroniques. Il est porté à penser que, dans ces cas, ce n'est pas seulement comme diurétique que ce mélange agit ; il lui attribue une légère action calmante.)
Ainsi, la herniaire, comme tant d'autres plantes indigènes dont les anciens avaient exalté les vertus, et que les modernes ont trop légèrement exclue, vient reprendre dans la matière médicale le rang dû à ses propriétés réelles. L'indifférence et le préjugé ne la condamneront-ils pas de nouveau à l'oubli ?
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