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Romarin (Cazin 1868)

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<center>'''ROMARIN'''. ''Rosmarinus officinalis''. L.
''Rosmarinus hortensis, angustiore folio''. C. Bauh., Tourn. — ''Rosmarinum coronarium''. Matth. — ''Libanotis''. Thill.
Cet arbuste croît en abondance sur les rochers et les plages maritimes des contrées méridionales de l'Europe ; il croît également dans nos départements maritimes du Midi. On le cultive dans nos jardins.
'''Description'''. — Racine ligneuse, fibreuse, brune en dehors, blanche en dedans. — Tige d'environ 1 mètre de hauteur, à rameaux nombreux, anguleux, articulés et de couleur cendrée. — Feuilles opposées, sessiles, étroites, alternativement disposées en croix, d'un vert foncé en dessus, blanchâtres en dessous. — Fleurs d'un bleu pâle, disposées en verticilles touffus au sommet des rameaux (mars-avril). Calice peu velu, tubulé, à deux lèvres, dont l'intérieur bifide. — Corolle à deux lèvres, la supérieure relevée et bifide, l'inférieure trifide et réfléchie. — Deux étamines à filets longs et à anthères simples. — Un style à stigmate pointu. — Un ovaire quadrilobé. — Fruits : Quatre akènes nus et ovales au fond du calice persistant.
'''Parties usitées'''. — Les feuilles et les sommités fleuries.
J'emploie le romarin pour aromatiser les vins médicinaux toniques. L'infusion de sommités fleuries de cette plante m'a été fort utile dans divers cas de fièvres mucoso-adynamiques, que l'on désigne aujourd'hui par le nom assez vague de fièvres typhoïdes, appliqué sans distinction à des variétés que l'on est ensuite obligé de distinguer par le mot forme. Selon que les symptômes muqueux, bilieux, adynamiques ou ataxiques prédominent, on dit fièvre typhoïde forme muqueuse, bilieuse, etc., ce qui charge la nomenclature sans rien ajouter à la science.
L'usage du romarin dans les fièvres pernicieuses, adynamiques et ataxiques m'a été suggéré par une circonstance qui se rencontre souvent à la campagne, savoir : la pénurie des moyens ordinairement employés. J'étais au village de Verlinethun ; on me prie de visiter un malheureux qui, me dit-on, est sur le point de mourir. Je trouve, dans une chaumière située sur le bord d'un marais, un homme de quarante ans environ, malade depuis huit heures, couché sur une paillasse, occupant une place éclairée par un carreau fixé à demeure, où l'air n'est jamais renouvelé, et dans laquelle deux personnes ne peuvent se mouvoir sans se coudoyer. Un état complet d'immobilité, la face décolorée, les yeux à demi ouverts, un délire taciturne, un pouls faible, petit, concentré, mais peu fréquent, la langue dans son état naturel, la respiration courte, mais sans gêne, sont autant de symptômes qui me font croire, chez ce malheureux, à l'existence d'un accès de fièvre intermittente pernicieuse. Demander de l'ail pour appliquer, non à la plante des pieds qui est dure et calleuse, mais sur les genoux ; aller dans le ''jardinet'' à la recherche de quelque plante excitante, cueillir des sommités de romarin, en préparer une infusion concentrée, en administrer immédiatement au malade, tout cela ne fut que l'affaire d'un instant : ''necessitas medicinam invenit, experientia perfecit'' (Baglivi).
J'avais annoncé que si l'on parvenait par ces moyens à se rendre maître de l'accès, le malade serait beaucoup mieux ; mais qu'un second accès, beaucoup plus dangereux, aurait lieu si on ne se hâtait de le prévenir par le moyen du sulfate de quinine, que je promis de remettre à la personne qui devait venir, le lendemain de bonne heure, me donner connaissance de l'état du malade. N'ayant vu personne, je le crus mort. Cependant, quatre jours après on vint me dire qu'il allait beaucoup mieux ; mais que l'intervalle que j'avais annoncé n'ayant pas eu lieu, on s'était contenté de continuer l'usage de l'infusion de romarin. Je me transportai de suite près de ce malade, que je trouvai dans un état satisfaisant. Il avait recouvré son intelligence, le pouls était mou, développé ; une chaleur halitueuse de la peau, quelques instants de sommeil, une soif modérée, le jeu naturel et activé de toutes les sécrétions, annonçaient le résultat d'une réaction salutaire et le rétablissement prochain de la santé.
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