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Rue (Cazin 1868)

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[[File:Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes (Pl. XXXV) (6459827335).jpg|thumb|PLANCHE XXXV : 1. Roquette. 2. Rosage. 3. Roseau aromatique. 4. Rue. 5. Sabine.]]
 
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<center>'''RUE'''. ''Ruta graveolens''. L.
''Ruta hortensis latifolia''. C. Bauh., Tourn. — ''Ruta hortensis''. Mill. — Ruta. Off.
La rue, plante vivace (Pl. XXXV), croît spontanément dans les départements méridionaux de la France. On la rencontre aussi dans les environs de Paris (coteaux de Beauté, parc de Vincennes). On l'appelle rue sauvage. On la cultive dans les jardins.
'''Description'''. — Racine forte, fibreuse, blanchâtre, à radicules nombreuses. -Tiges droites, dures, cylindriques, rameuses dès la base, d'environ 1 mètre de hauteur.— Feuilles alternes, pétiolées, d'un vert glauque, à folioles ovales, épaisses, obtuses,décurrentes à la base. — Fleurs jaunes, pédonculées, disposées en corymbe terminal(juin-juillet-août). — Calice étalé, à quatre ou cinq divisions aiguës. — Corolle à quatre ou cinq pétales ovales, à bords relevés. — Huit ou dix étamines saillantes à anthères jaunes ; ovaire surmonté d'un style court et d'un stigmate simple. — Fruit : capsule globuleuse, polysperme, à quatre ou cinq lobes obtus, contenant des graines réniformes et s'ouvrant par la partie supérieure en autant de valves.
'''Parties usitées'''. — Les feuilles, les semences.
['''Culture'''. — La rue, autrefois cultivée dans les jardins, l'est peu aujourd'hui. Onla cultive encore beaucoup à Naples et dans d'autres localités de l'Italie. Elle exige une bonne exposition et un terrain sec et même pierreux. On la propage de graines, ou d'éclats de pieds.]
La rue est tellement stimulante, qu'étant appliquée sur la peau elle y détermine la rubéfaction ; introduite dans le canal digestif, elle y exerce une vive excitation, qui se transmet bientôt à tous les organes et donne lieu à divers phénomènes consécutifs, dont la thérapeutique a su tirer parti. A haute dose, elle détermine l'inflammation des voies gastro-intestinales et accélère le mouvement circulatoire. Elle a toujours été considérée, en outre, dès la plus haute antiquité, comme agissant puissamment sur le système nerveux en général et sur l'utérus en particulier, ce qui l'a fait employercontre l'épilepsie, la chorée, l'hystérie, et comme emménagogue dans l'aménorrhée et les désordres de la menstruation. Dans ces derniers cas, il est bien essentiel d'apprécier l'état de la malade avant de lui administrer un tel médicament. Si l'aménorrhée, par exemple, était due à un excès de sensibilité de l'utérus, à un état de pléthore, soit locale, soit générale, il est bien certain que l'usage de la rue ne pourrait être que très-dangereux. J'ai vu une métrorrhagie active, avec douleurs violentes à l'utérus, causée par l'emploi imprudent de cette plante, chez une jeune femme d'un tempérament sanguin avec prédominance utérine. Une forte saignée du bras, des bains tièdes, des boissons nitreuses et émulsives, des lavements de décoction de mauve et de laitue, suffirent pour dissiper ces accidents. Je suis convaincu que si l'hémorrhagie n'avait pas eu lieu, l'inflammation de l'utérus eût été la funeste conséquence de l'ingestion de la rue.
(Beau<ref>''Union médicale'', 1er semestre 1859, p. 100.</ref> ne partage pas les craintes répandues sur l'usage de la rue ; pour lui, c'est un agent spécial, excitant l'utérus comme le seigle ergoté. Il l'unit souvent à la sabine. Ce sont des toniques qui déterminent les contractions de la matrice en réveillant la tonicité des fibres de cet organe. Ils sont indiqués dans le cas de métrorrhagie entretenue par un produit pathologique tel qu'un fragment de placenta ou des débris de fœtus. Dans l'état de vacuité de l'utérus, la rue pourra aussi réussir dans les pertes de sang, compliquant ou non les règles, qui peuvent se rattacher à l'anémie.)
Comme antispasmodique, la rue a été recommandée contre l'hystérie et l'épilepsie par Alexandre de Tralles, Valeriola, Boerhaave, Cullen, etc. Haller la comparait à l’''assa fœtida'' et l'administrait en lavement dans l'hystérie. Bodart l'a proposée comme succédanée de cette dernière substance.
La rue est un anthelminthique trop négligé. Wauters propose, d'après Cartheuser, de substituer sa semence au semen-contra. Je l'ai employée avec succès dans trois cas d'affection vermineuse. Je suis parvenu, au moyen de lavements de décoction de feuilles fraîches de rue, à détruire de nombreux ascarides vermiculaires qui causaient depuis dix ans un prurit anal insupportable. L'huile d'olive, de noix ou d'œillette, dans laquelle on fait infuser les feuilles de rue, peut servir en embrocations sur le bas-ventre,comme vermifuge chez les enfants. On emploie aussi de la même manière l'onguent de rue composé. (Voyez ''Préparations pharmaceutiques''.)
Les propriétés antisyphilitiques attribuées à la rue n'ont pas été confirmées par l'expérience. Ses vertus antivénéneuses doivent être reléguées au rang des fables, ainsi que tout ce qu'on a avancé sur son efficacité contre la peste. Le fameux antidote de Mithridate, dont Pompée trouva la formule dans la gazette de ce prince, était composé, dit-on, de vingt feuilles de rue contuses, de deux noix sèches, de deux figues et d'un peu de sel. Quand on se représente, dit Chaumont, le roi de Pont avalant chaque matin un semblable mélange, avec la ferme conviction d'être à l'abri de tout empoisonnement pendant le jour, pourrait-on s'empêcher de rire, si l'on ne réfléchissait que l'ignorance et la crédulité figurent honorablement parmi les nobles qualités des héros ?
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