Nom accepté : ''[[:en:Anacardium occidentale|Anacardium occidentale]]'' L.
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Rheede et Rumphius avaient aussi indiqué cet arbre dans l'Asie méridionale. Le premier le dit commun au Malabar <sup>7</sup>. L'existence d'une même espèce tropicale arborescente en Asie et en Amérique était si peu probable qu'on a soupçonné d'abord quelque différence spécifique ou au moins de variété, qui ne s'est pas confirmée. Divers arguments, historiques et linguistiques, m'avaient démontré une origine étrangère à l'Asie. D'ailleurs Rumphius, toujours exact, parlait d'une introduction
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2. Tussac, ''Flore des Antilles'', 3, p. 55 (où se trouve une excellente figure, pl. 13), dit que c'est une espèce des Indes orientales, aggravant ainsi l'erreur de Linné, qui l'avait crue d'Amérique et d'Asie.
7. Rheede, ''Malabar'', 3, pl. 54.
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L'indigénat en Afrique est encore plus contestable, et il est aisé d'en montrer la fausseté. Loureiro <sup>3</sup> avait vu l'espèce sur la côte orientale de ce continent, mais il la supposait d'origine américaine. Thonning ne l'a pas vue en Guinée, et Brown ne l'indiquait pas au Congo <sup>4</sup>. Il est vrai que l'herbier de Kew a reçu des échantillons de ce dernier pays et des îles du golfe de Guinée, mais M. Oliver parle de l'espèce comme cultivée <sup>5</sup>. Un arbre dont l'habitation est vaste en Amérique, et qui s'est naturalisé dans plusieurs régions de l'Inde depuis deux siècles, existerait dans une grande étendue de l'Afrique intertropicale s'il était indigène dans cette partie du monde.
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1. Rumphius, ''Herb. Amboin.'', 1, p. 177, 178.