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Sindoropsis letestui (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Sindoropsis letestui (Pellegr.) J.Léonard


Protologue: Mém. Acad. Roy. Belg., Cl. Sci. sér. 2, 30(2) : 82 (1957).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Synonymes

Copaifera le-testui (Pellegr.) Pellegr. (1947).

Origine et répartition géographique

Sindoropsis le-testui a une petite aire de répartition qui se limite à la Guinée équatoriale et au Gabon.

Usages

Le bois, connu sous le nom de “ghéombi”, convient pour la construction, la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, les étais de mines, la construction navale, la charronnerie, le mobilier, les jouets, les bibelots, les caisses et les cageots, les placages et le contreplaqué.

La décoction d’écorce est utilisée en médecine traditionnelle ; elle s’applique en lavement pour soigner les problèmes intestinaux et en externe pour traiter les maux de tête et comme stimulant, alors qu’elle est administrée par voie orale comme vermifuge. La gale se traite avec des frictions de poudre d’écorce. Les extraits d’écorce ont été utilisés pour noircir les fibres de Raphia. L’huile des graines s’utilise comme produit cosmétique pour la peau et comme parfum.

Production et commerce international

Le bois est vendu en petites quantités sur le marché international des bois d’œuvre. En 1997, le Gabon a exporté presque 4000 m³ de grumes, mais en 1999 la quantité avait chuté à environ 500 m³, et à 100 m³ en 2001. Cependant, elle a augmenté de nouveau à 2750 m³ en 2005.

Propriétés

Le bois de cœur, brun rosé à brun rougeâtre, fonce à l’exposition avec un brillant cuivré et des stries légèrement plus sombres ; il se démarque nettement de l’aubier blanchâtre et de 8–10 cm de large, qui vire au grisâtre ou au brun pendant le séchage. Le fil est droit à légèrement contrefil, le grain est moyen à grossier et régulier. Le bois contient un exsudat résineux. C’est un bois moyennement lourd à assez lourd, avec une densité de 630–810 kg/m³ à 12% d’humidité, et assez dur. Il sèche à l’air relativement bien mais lentement, avec une certaine tendance à développer des déformations et des gerces. Il est recommandé de le sécher à l’air jusqu’à 15–20% d’humidité avant le séchage au four, notamment pour les planches minces. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre ils sont de 3,0–4,8% radialement et de 5,5–9,0% tangentiellement. Une fois sec, le bois est modérément stable à instable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 115–201 N/mm², le module d’élasticité de 10 700–20 200 N/mm², la compression axiale de 55–70 N/mm², le cisaillement de 7,5–12,5 N/mm², le fendage de 13–24 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 4,5–8,8.

Le bois se scie et se travaille bien tant à la main qu’à la machine, mais avec un léger effet d’usure sur les dents de scies et les lames de coupe ; il est indiqué d’utiliser des lames de scies stellitées et des outils tranchants au carbure de tungstène. La présence de résine risque d’encrasser les lames de scies et les outils tranchants. Le bois se rabote pour obtenir une finition lisse sauf en présence de contrefil. Les propriétés de clouage et de vissage sont bonnes, avec une tenue satisfaisante. La résine dans le bois peut compromettre le polissage et la peinture. Le bois se colle bien. Les caractéristiques de déroulage et de tranchage sont satisfaisantes après un traitement à la vapeur. Le bois de cœur est modérément durable, car il est moyennement résistant aux attaques des champignons, des termites, des foreurs et des térébrants marins. L’aubier est sensible aux attaques de Lyctus. Le bois de cœur est moyennement rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier quant à lui est perméable.

La résine serait très inflammable.

Description

Arbre de taille moyenne à très grande, atteignant 60 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 30 m, droit et cylindrique, jusqu’à 130(–200) cm de diamètre, épaissi à la base ou muni de contreforts arrondis ; surface de l’écorce assez lisse mais finement fissurée, gris foncé, écorce interne modérément épaisse, fibreuse, brun rougeâtre, avec un peu d’exsudat résineux foncé ; rameaux courtement poilus, devenant glabres. Feuilles alternes, composées imparipennées à 6–11 folioles ; stipules absentes ou précocement caduques ; pétiole et rachis mesurant ensemble 8–10 cm de long ; pétiolules d’environ 0,5 cm de long ; folioles alternes, oblongues à ovales ou elliptiques, de 4–6 cm × 2–3 cm, normalement arrondies à la base, courtement acuminées à l’apex, coriaces, glabres, à nombreux points translucides, pennatinervées à nombreuses nervures latérales, munies d’une glande à proximité du point de fixation du pétiolule et d’une autre glande à l’extrémité distale de la nervure médiane et au-dessous. Inflorescence : grappe axillaire jusqu’à 10 cm de long, à courte pubescence dense et brun jaunâtre. Fleurs bisexuées, zygomorphes, blanches ; pédicelle de 5–7 mm de long, articulé à la base ; sépales 4, oblongs-lancéolés, inégaux, de 5–7 mm de long, l’un légèrement plus court que les 3 autres, à pubescence courte ; pétale 1, elliptique, jusqu’à 5 mm de long, glabre ; étamines 10, toutes soudées mais 1 libre, jusqu’à 1 cm de long mais longue et courte en alternance ; ovaire supère, obliquement ovoïde, poilu aux bords, courtement stipité, style mince, glabre. Fruit : gousse aplatie, oblongue à lancéolée, de 7–10 cm de long, distinctement pointue à l’apex, glabre, lisse, déhiscente par 2 valves finement coriaces, courtement stipitée, à 1–2 graines. Graines oblongues aplaties, noir brillant. Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 8–10 cm de long, épicotyle de 4–5 cm de long, finement poilu ; 2 premières feuilles opposées, à 4 folioles.

Autres données botaniques

Les arbres fleurissent à la fin de la saison sèche et les fruits mûrissent vers janvier, s’ouvrant subitement en disséminant les graines sur de courtes distances.

Le genre Sindoropsis est monotypique. Il est apparenté aux genres Sindora et Tessmannia, qui se différencient par la présence de 1 pétale et 2 étamines fertiles, ou 5 pétales et 10 étamines fertiles, respectivement.

Ecologie

Sindoropsis le-testui est présent dans la forêt pluviale de basses terres jusqu’à 700 m d’altitude, souvent disséminé mais parfois abondant par endroits en forêt primaire.

Gestion

Le diamètre de fût minimum permis pour l’abattage est de 70 cm au Gabon. Les grumes fraîchement abattues doivent être débardées rapidement de la forêt ou traitées avec des produits de conservation car elles sont sensibles aux attaques des champignons et des insectes. Elles coulent dans l’eau et ne peuvent donc pas être transportées par flottage fluvial. La résine verte, présente dans le bois, risque d’entraîner des difficultés pendant le sciage en encrassant les dents de scies.

Ressources génétiques

Sindoropsis le-testui a une petite aire de répartition, principalement en forêt non perturbée, ce qui l’expose facilement à l’érosion génétique. Le suivi des peuplements est recommandé.

Perspectives

Sindoropsis le-testui donne un bois d’œuvre d’usage courant d’assez bonne qualité, la présence de résine étant le seul inconvénient. Cependant, les quantités disponibles dans sa petite aire de répartition sont probablement trop limitées pour offrir des perspectives pour une exploitation commerciale soutenue. On ne dispose pas d’information sur les taux de croissance et la régénération.

Références principales

  • Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • CIRAD Forestry Department, 2009. Gheombi. [Internet] Tropix 6.0. http://tropix.cirad.fr/ africa/ gheombi.pdf. March 2012.
  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
  • Sallenave, P., 1955. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux de l’Union française. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 129 pp.

Autres références

  • Aubréville, A., 1970. Légumineuses - Césalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Cameroun. Volume 9. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 339 pp.
  • Christy, P., Jaffré, R., Ntougou, O. & Wilks, C., 2003. La forêt et la filière bois au Gabon. Projet Aménagement Forestier et Environnement, Libreville, Gabon. 389 pp.
  • Maisonneuve, J.F. & Manfredini, M.L. (Editors), 1988. Ghéombi. Les bois du Gabon. Département de Sciences Naturelles, Institut Pédagogique National, Ministère de l’éducation nationale, Libreville, Gabon. pp. 60–61.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
  • Tailfer, Y., 1989. La forêt dense d’Afrique centrale. Identification pratique des principaux arbres. Tome 2. CTA, Wageningen, Pays-Bas. pp. 465–1271.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
  • White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2012. Sindoropsis le-testui (Pellegr.) J.Léonard. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 4 avril 2025.


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