Shirakiopsis elliptica (PROTA)

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Shirakiopsis elliptica (Hochst.) Esser


Protologue: Kew Bull. 56: 1018 (2001).
Famille: Euphorbiaceae

Synonymes

  • Sapium ellipticum (Hochst.) Pax & K.Hoffm. (1912),
  • Shirakia elliptica (Hochst.) Kruijt (1996).

Origine et répartition géographique

Shirakiopsis elliptica est présent depuis le Sénégal jusqu’en Ethiopie, au Kenya et en Afrique du Sud.

Usages

En Côte d’Ivoire et au Congo, Shirakiopsis elliptica a la réputation d’être très toxique et on le considère comme un purgatif radical. La décoction de rameaux feuillés se prend exceptionnellement par voie orale pour traiter la lèpre et l’ascite, de la même façon que les extraits d’Excoecaria grahamii Stapf. En usage externe, l’extrait s’applique sur les plaies causées par le ver de Guinée. La décoction de feuilles se prend pour traiter l’éléphantiasis. L’extrait de feuille s’applique sur l’abdomen contre le gonflement du ventre et sert en collyre contre les maladies oculaires. En Tanzanie, les Shambaas mettent une pâte confectionnée à partir de rameaux séchés, réduits en poudre et mélangés à de l’eau sur les plaies infestées d’asticots. Des préparations de feuilles s’emploient pour traiter les douleurs à la poitrine, aux épaules, au dos et à la tête. En Centrafrique, les Lissongos utilisent la décoction d’écorce en bain de bouche pour traiter la stomatite et le scorbut. En R.D. du Congo, la décoction d’écorce sert de lavement puissant pour traiter les douleurs abdominales. L’infusion d’écorce de tige se prend pour traiter la gale et l’eczéma. Au Burundi, la décoction de feuilles ou d’écorce de tige est un traitement contre l’anémie et les maux de tête persistants, et sert également comme émétique. Le latex d’écorce s’ajoute au poison de flèche obtenu avec Acokanthera schimperi (A.DC.) Schweinf. La décoction de racine se boit pour faire mûrir les abcès. Les racines réduites en pâte dans de l’eau sont un remède contre le bégaiement. Le jus de feuilles ou de racine se prend pour traiter la fièvre, la toux et les rhumes ; les feuilles ou l’écorce de racine se prend en décoction ou en infusion pour soigner la colique. La décoction de feuilles ou de racines, ou encore les cendres, s’appliquent sur les endroits du corps atteints de rhumatismes. Au Kenya, la décoction de racines se prend contre la toux. En Ouganda, les feuilles et les racines broyées s’emploient pour soigner les oreillons. La décoction de racine, laxative, se boit pour traiter le paludisme et les vers intestinaux. En Zambie, les racines râpées bouillies servent à fabriquer un cataplasme chaud qui s’applique aux jeunes enfants souffrants d’une dilatation de la rate.

Les fruits sucrés se consomment au Nigeria et en Tanzanie. Mais comme le latex de la plante est considéré toxique, la prudence s’impose dans la consommation des fruits. Le bois est blanc et dur. Il s’utilise en construction, mais pas en toiture car il n’est pas durable et il est facilement la proie des insectes foreurs et des champignons. Il sert aussi à confectionner des manches d’ustensiles, des outils agricoles, des greniers à maïs, des pilons, des cuillers, des bols, des tasses et des tambours, et comme bois de feu et pour faire du charbon de bois. Riches en protéines, les feuilles servent de fourrage au bétail, en particulier en Afrique de l’Est. Shirakiopsis elliptica est parfois utilisé comme arbre d’ombrage et d’ornement. En R.D. du Congo, un champignon comestible pousse sur les troncs qui pourrissent. Le latex des jeunes rameaux est poisseux et caustique. Il sert de glu à oiseaux et pour faire des dessins sur le corps.

Propriétés

On ne sait pratiquement rien sur la chimie et la pharmacologie de Shirakiopsis elliptica. Des essais préliminaires portant sur la plante entière ont montré la présence de tanins et d’alcaloïdes. Des extraits bruts d’écorce ont fait ressortir une activité bactéricide modérée in vitro contre Campylobacter jejuni.

Les fruits contiennent des carotènes et de l’acide ascorbique.

Description

Arbuste ou petit arbre monoïque, fortement ramifié, atteignant 15(–40) m de haut ; fût atteignant 100 cm de diamètre, dépourvu de branches sur 12 m au plus, souvent cannelé ; surface de l’écorce brun pâle, rougeâtre à presque noire, lisse à rugueuse, écorce interne d’un jaune sale à orange ou brune ; jeunes rameaux légèrement poilus, vite glabres, renfermant un latex laiteux. Feuilles alternes, simples ; stipules triangulaires-ovales, d’environ 2,5 mm de long, tombant rapidement ; pétiole atteignant 1,5 cm de long, canaliculé au-dessus ; limbe elliptique, elliptique-oblong à oblancéolé, de 4–17 cm × 1,5–7,5 cm, base cunéiforme à arrondie à 2–4 glandes, apex arrondi à aigu ou acuminé, bord faiblement denté, brillant et vert foncé au-dessus, brun rougeâtre à l’état jeune virant au rouge à la chute, glabre ou légèrement poilu sous les nervures. Inflorescence : grappe spiciforme axillaire ou terminale sur des pousses latérales, atteignant 12 cm de long, à nombreuses fleurs mâles et 1–3 fleurs femelles à la base. Fleurs unisexuées, régulières, pétales absents, disque absent ; fleurs mâles à pédicelle de 1–1,5 mm de long, sépales 2–3, largement ovales, d’environ 0,5 mm de long, vert pâle, étamines 2(–3), libres, brièvement exsertes ; fleurs femelles à pédicelle de 1,5–4 mm de long, s’allongeant chez le fruit jusqu’à 1–2 cm, sépales 2–3, triangulaires-ovales, de 1–1,5 mm de long, jaunâtres, ovaire supère, 2-lobé, d’environ 1,5 mm de long, lisse, 2-loculaire, styles 2(–4), de 2–3 mm de long, fusionnés à la base, spiralés, verts, persistants. Fruit : drupe 2-lobée et comprimée latéralement, de 8–15 mm × 6–8 mm, surmontée par les styles, lisse, verte, virant au jaunâtre puis au violet ou au noir, légèrement charnue, à 2 graines. Graines ellipsoïdes à presque globuleuses, de 5–5,5 mm de diamètre, lisses, brun jaunâtre.

Autres données botaniques

Le genre Shirakiopsis appartient à la tribu des Hippomaneae et comprend 6 espèces, 3 en Asie du Sud-Est et 3 en Afrique tropicale. Il est fondé sur des espèces qui figuraient auparavant dans le genre Sapium et qui par la suite ont été transférées dans le genre Shirakia. On a découvert que certains Shirakia spp. africaines étaient congénériques aux espèces asiatiques de Shirakiopsis. Les espèces africaines diffèrent surtout des espèces asiatiques par leurs fruits, beaucoup plus petits et 2-loculaires.

Shirakiopsis aubrevillei

Shirakiopsis aubrevillei (Leandri) Esser (synonymes : Sapium aubrevillei Leandri, Shirakia aubrevillei (Leandri) Kruijt) est présent de la Sierra Leone au Ghana. Il figure sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN dans la catégorie “vulnérable”, car son milieu s’est réduit. La décoction de racine se prend en Côte d’Ivoire comme aphrodisiaque.

Shirakiopsis trilocularis

La troisième espèce africaine, Shirakiopsis trilocularis (Pax & K.Hoffm.) Esser est endémique du Kenya et figure aussi sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN dans la catégorie “vulnérable”.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; (56 : thylles fréquents).
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; (68 : fibres à parois très fines) ; 69 : fibres à parois fines à épaisses. Parenchyme axial : 76 : parenchyme axial en cellules isolées ; 77 : parenchyme axial en chaînettes ; 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 96 : rayons exclusivement unisériés ; 105 : rayons composés de cellules dressées et/ou carrées ; 109 : rayons composés de cellules couchées, carrées et dressées en mélange ; 115 : 4–12 rayons par mm ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 159 : présence de corpuscules siliceux ; 160 : corpuscules siliceux dans les cellules des rayons.
(D. Louppe, P. Détienne & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

Dans la région du Sahel, Shirakiopsis elliptica fleurit au début de la saison sèche ; en Afrique de l’Est, il fleurit en avril et en mai et fructifie de juillet à septembre.

Ecologie

Shirakiopsis elliptica est présent dans les savanes et les forêts secondaires ouvertes, les forêts sempervirentes, les forêts-galeries et les forêts marécageuses, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2200 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Shirakiopsis elliptica peut être multiplié par sauvageons ou par graines. On récolte les fruits mûrs et on les casse pour en extraire les graines. On sème directement au champ, car le repiquage est difficile ; aucun traitement préalable n’est nécessaire. Les graines peuvent se conserver longtemps dans un récipient à l’abri de la chaleur et de l’humidité, sans perte de viabilité.

Gestion

Shirakiopsis elliptica peut se conduire en taillis, en têtard ou en émondage.

Maladies et ravageurs

Les graines de Shirakiopsis elliptica sont souvent endommagées dans les fruits par les insectes. Les fruits sont parfois atteints de galles.

Ressources génétiques

Shirakiopsis elliptica a une répartition dispersée et irrégulière en Afrique tropicale, et dans certaines régions il s’est raréfié suite à la dégradation de son milieu, mais rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Malgré sa toxicité, Shirakiopsis elliptica a de nombreux usages médicinaux locaux sur toute son aire de répartition. Comme on ne sait pratiquement rien de sa chimie et de sa pharmacologie, il semble justifié de procéder à des recherches pour évaluer son potentiel. Il est nécessaire d’approfondir aussi les recherches concernant la toxicité ou la comestibilité des fruits, dont la consommation par les humains pourrait être risquée.

Références principales

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Autres références

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  • Yamada, T., 1999. A report of the ethnobotany of the Nyindu in the eastern part of the former Zaire. African Study Monographs 20(1): 1–72.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2007. Shirakiopsis elliptica (Hochst.) Esser. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 avril 2019.


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