Sesamum angolense (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Médicinal | |
Sécurité alimentaire | |
Sesamum angolense Welw.
- Protologue: Apont. : 588 (1859).
- Famille: Pedaliaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 32
Synonymes
Noms vernaculaires
Mlenda (Sw).
Origine et répartition géographique
On trouve Sesamum angolense en R.D. du Congo, au Rwanda, au Burundi, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, en Angola, au Zimbabwe et au Mozambique.
Usages
Les feuilles de Sesamum angolense se récoltent dans la nature ; une fois fanées, on les fait cuire seules ou mélangées à des haricots, des pois, des arachides ou de l’amarante et on les sert avec un aliment de base. On les vend parfois sur les marchés locaux. Les feuilles cuites donnent un produit très gluant. Au Malawi, Sesamum angolense se mange souvent avec de la bouillie au son et les femmes l’apprécient tout particulièrement. Ce plat est souvent donné aux bébés et aux invalides.
On boit une décoction ou une infusion de feuilles ou de racines contre les vomissements, la toux, le rhume, la constipation, la diarrhée et les empoisonnements. En externe, elle sert à soigner les blessures et les affections de la peau comme la rougeole et les plaies, et pour écourter les saignements consécutifs aux extractions dentaires. Jadis au Malawi, on pilait les feuilles avec de l’eau et on versait le liquide dans les yeux et sur les oreilles, le nez et la bouche pour soigner la variole. Au Malawi, on boit une infusion de racines pendant l’accouchement pour hâter la délivrance. Une infusion de feuilles dans l’eau sert aussi de shampoing pour nourrir et raidir les cheveux et c’est également un substitut au savon. Les feuilles peuvent être séchées et conservées en vue d’un usage ultérieur, soit entières, soit en poudre.
Propriétés
Il n’existe pas de données sur la composition nutritionnelle des feuilles de Sesamum angolense, mais elle est probablement comparable à celle des feuilles de Sesamum indicum L. (le sésame cultivé), qui par 100 g de partie comestible est la suivante : eau 85,5 g, énergie 188 kJ (45 kcal), protéines 3,4 g, lipides 0,7 g, glucides 8,6 g, fibres 2,4 g, Ca 77 mg, P 203 mg, riboflavine 0,3 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). Les graines de Sesamum angolense produisent 24% d’une huile fixe verte, qui contient 9% d’un phénylpropanoïde, la sésamine. Bien que le rendement en huile représente à peine la moitié de celui du sésame du commerce, sa forte teneur en sésamine permet d’envisager l’utilisation de l’huile comme synergique des insecticides du groupe des pyréthrines. Il est possible que les propriétés hémostatiques des racines soient causées par la présence de glucosides iridoïdes (sésamoside, phlomiol, pulchelloside-I et 6-β-hydroxy-ipolamide) ou d’un hétéroside phénylpropanoïde, le verbascoside.
Botanique
Plante herbacée annuelle ou vivace, érigée, atteignant 3 m de haut, à mauvaise odeur, à tige simple ou ramifiée, légèrement carrée. Feuilles opposées, simples, sans stipules, sessiles ou à court pétiole ; limbe oblong, elliptique à oblancéolé, de 2–11 cm × 0,5–4 cm, base cunéiforme, apex tronqué, rétus ou aigu et généralement mucroné, bord entier, plus ou moins enroulé, glabrescent au-dessus, blanc tomenteux et densément glanduleux au-dessous. Fleurs solitaires à l’aisselle des feuilles, bisexuées, zygomorphes, 5-mères ; calice campanulé, à lobes lancéolés atteignant 1 cm × 2 mm, pubescent, persistant sur le fruit ; corolle obliquement campanulée, atteignant 7 cm de long, 2-labiée, rose, rouge, violette ou mauve pâle parcourue de marques plus profondes, pubescente ; étamines 4, filets sortant d’une bande de poils située près de la base du tube de la corolle ; disque annulaire, régulier ; ovaire supère, à poils blancs, 2-loculaire, style filiforme, stigmate 2-lobé. Fruit : capsule légèrement quadrangulaire de 2–3 cm × 5–7 mm, à 4 sillons, se rétrécissant peu à peu en un court bec aplati, densément pubescente mais glabrescente, à déhiscence longitudinale, contenant de nombreuses graines. Graines aplaties obconiques, d’environ 2 mm × 1,5 mm, non ailées, légèrement rugueuses.
Le genre Sesamum comprend environ 20 espèces, dont la plupart sont indigènes en Afrique tropicale. Sesamum angolense appartient à la section Aptera, ainsi que par ex. Sesamum angustifolium (Oliv.) Engl., Sesamum calycinum Welw. et Sesamum radiatum Thonn. ex Hornem. Cette section se caractérise par des feuilles entières et des graines non ailées et est étroitement apparentée au genre Ceratotheca. Sesamum angolense se reconnaît aisément à ses feuilles d’un blanc tomenteux au-dessous et ses grandes fleurs.
Description
Autres données botaniques
Croissance et développement
Ecologie
Sesamum angolense est commun dans la savane herbeuse, la savane boisée, le long des routes et dans les champs abandonnés, sur les sols limoneux noirs ou rouges, à 400–2400 m d’altitude.
Multiplication et plantation
Ressources génétiques
Sesamum angolense est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Sesamum angolense restera un légume secondaire, important seulement lorsque les autres légumes font défaut. Ses propriétés médicinales sont prometteuses et méritent qu’on y prête davantage attention, outre les recherches sur la composition nutritionnelle des feuilles. Avec ses grandes fleurs attrayantes, souvent visitées par les abeilles, Sesamum angolense pourrait devenir une plante ornementale de jardin et une plante mellifère.
Références principales
- Bedigian, D. & van der Maesen, J., 2003. Slimy leaves and oily seeds: distribution and use of Sesamum spp. and Ceratotheca sesamoides (Pedaliaceae) in Africa. In: Schmelzer, G.H. & Omino, E.A. (Editors). Proceedings of the first PROTA international workshop 23–25 September 2002, Nairobi, Kenya. Plant Resources of Tropical Africa (PROTA) Foundation, Wageningen, Netherlands. pp. 271–274.
- Bruce, E.A., 1953. Pedaliaceae. In: Turrill, W.B. & Milne-Redhead, E. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 23 pp.
- Ihlenfeldt, H.-D., 1988. Pedaliaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 8, part 3. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 86–113.
- Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
- Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.
Autres références
- Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
- Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
- Potterat, O., Msonthi, J.D. & Hostettmann, K., 1988. Four iridoid glucosides and a phenylpropanoid glycoside from Sesamum angolense. Phytochemistry 27(8): 2677–2679.
- Tredgold, M.H., 1986. Food plants of Zimbabwe. Mambo Press, Gweru, Zimbabwe. 153 pp.
- Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
Auteur(s)
- P.C.M. Jansen
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 3 avril 2025.
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