Les témoins (cookies) nous aident à fournir nos services. En utilisant nos services, vous acceptez notre utilisation des témoins.

Senna sophera (PROTA)

Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Senna sophera (L.) Roxb.


Protologue: Fl. ind. ed. 1832, 2: 347 (1832).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 28

Synonymes

  • Cassia sophera L. (1753).

Noms vernaculaires

  • Pepper-leaved senna, senna, African senna (En).
  • Cassia coromandeliana (Po).

Origine et répartition géographique

Senna sophera est originaire d’Amérique tropicale, mais il est aujourd’hui pantropical. Présent à travers toute l’Afrique tropicale, il est commun en Afrique de l’Ouest, mais probablement rare en Afrique de l’Est et à Madagascar.

Usages

En Afrique de l’Ouest, l’infusion de feuilles se boit pour traiter la fièvre et le paludisme. Aux Comores, la décoction de feuilles sert en bain oculaire pour soigner la conjonctivite. La décoction de racines se boit pour soulager les menstruations douloureuses et se donne aux enfants pour stimuler leur système nerveux. En Indonésie, des extraits de toutes les parties de la plante servent à traiter l’épilepsie. Aux Philippines, les graines sont utilisées pour traiter la fièvre. En Inde, le jus des feuilles s’applique contre la teigne, tandis qu’il est aussi employé comme expectorant, comme vermifuge et comme remède pour les fièvres rhumatismales et inflammatoires. Outre ces emplois, en Thaïlande, les feuilles s’utilisent pour cicatriser les plaies et comme antipyrétique.

La poudre de feuilles sèches s’utilise traditionnellement au Ghana pour lutter contre les insectes ravageurs des grains et des légumes secs stockés. Il est prouvé que le fait de planter Senna sophera en rangées protectrices dans les cultures de légumes réduit les dégâts provoqués par l’escargot terrestre géant d’Afrique (Achatina fulica). Les jeunes feuilles se consomment comme légume à Madagascar. Les graines et les feuilles grillées servent de substitut au café. Senna sophera est beaucoup cultivé comme plante ornementale.

Propriétés

Selon certaines sources, Senna sophera contiendrait des anthraquinones, dont du chrysophanol et de l’émodine.

Les feuilles séchées ont des propriétés répulsives et insecticides, et permettent de lutter contre les ravageurs des greniers, surtout la bruche du niébé (Callosobruchus maculatus) et le charançon du riz (Sitophilus oryzae). Senna sophera, Senna occidentalis (L.) Link, Senna tora (L.) Roxb. et Chamaecrista mimosoides (L.) Greene s’utilisent presque indistinctement en médecine.

Description

Arbuste érigé atteignant 2(–3) m de haut, presque glabre. Feuilles disposées en spirale, composées paripennées à 4–10 paires de folioles ; stipules largement triangulaires, rapidement caduques ; pétiole de 3–5 cm de long, pourvu d’une glande 5–10 mm au-dessus de l’articulation du pétiole, rachis atteignant 11 cm de long, sans glande ; folioles lancéolées, de 2–7 cm × 1–2 cm, celles du haut étant les plus grandes, base arrondie, apex aigu à acuminé. Inflorescence : corymbe axillaire atteignant 2,5 cm de long, à 1–4 fleurs. Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères ; sépales ovales, de 5–8 mm de long, garnis de poils clairsemés à l’extérieur ; pétales obovales, de 10–14 mm × 6–8 mm, jaunes ; étamines 10, dont 2 plus longues et à filets de 5–7 mm de long et anthères de 5–6 mm de long, 4 plus courtes à filets de 2 mm de long et anthères de 5 mm de long, 4 staminodes ; ovaire supère, poilu, style mince, glabre. Fruit : gousse comprimée de 6–10 cm × 0,5–1 cm, à 30–40 graines. Graines comprimées, ovoïdes à arrondies, de 3–4 mm de long.

Autres données botaniques

Jusqu’au début des années 1980, le genre Cassia était considéré comme un très vaste genre comptant environ 550 espèces ; par la suite il a été subdivisé en 3 genres : Cassia s.s. comportant une trentaine d’espèces, Chamaecrista comportant environ 250 espèces, et Senna avec environ 270 espèces. Senna ressemble beaucoup à Cassia, mais il s’en distingue par la possession de 3 étamines adaxiales, courtes et droites, et des pédicelles dépourvus de bractéoles.

Senna sophera s’apparente étroitement à Senna occidentalis (L.) Link. Les deux espèces sont souvent confondues, mais les gousses de la dernière sont circulaires en section transversale, non comprimées, et elles possèdent deux rangées de graines. Les mentions de Senna sophera en altitude comme au Rwanda et en Ouganda sont douteuses, et il se peut qu’elles désignent Senna occidentalis.

Senna sophera fleurit toute l’année, mais plus abondamment après les pluies.

Ecologie

Senna sophera est présent dans les milieux secondaires tels que bords de routes et terrains vagues, à basse altitude.

Gestion

Senna sophera, qui parfois est une adventice, est un hôte du virus de la mosaïque nécrotique commune du haricot (BCMNV), du nématode à galle javanais (Meloidogyne javanica) et des thrips des fleurs (Megalurothrips sjostedti), et il est recommandé de le surveiller dans les cultures de légumes secs.

Ressources génétiques

On trouve couramment Senna sophera en Afrique et en dehors, et il n’est menacé ni d’extinction ni d’érosion génétique.

Perspectives

Avec ses vertus médicinales variées et sa valeur ornementale, Senna sophera est une véritable plante polyvalente.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • ILDIS, 2005. World database of Legumes, Version 10,01. International Legume Database & Information Service. [Internet] http://www.ildis.org/. September 2006.
  • Irwin, H.S. & Barneby, R.C., 1982. The American Cassinae: a synoptical revision of Leguminosae, tribe Cassieae, subtribe Cassinae in the New World. Memoirs of the New York Botanical Garden 35(1): 1–454.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Toruan-Purba, A.V., 1999. Senna Miller. In: de Padua, L.S., Bunyapraphatsara, N. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(1). Medicinal and poisonous plants 1. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 442–447.

Autres références

  • Adjanohoun, E.J., Aké Assi, L., Ali Ahmed, Eymé, J., Guinko, S., Kayonga, A., Keita, A. & Lebras, M. (Editors), 1982. Médecine traditionelle et pharmacopée - Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques aux Comores. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 217 pp.
  • Alemayehu, G., Abegaz, B. & Kraus, W., 1998. A 1,4-anthraquinone-dihydroanthracenone dimer from Senna sophera. Phytochemistry 48(4): 699–702.
  • Belmain, S.R., Neal, G.E., Ray, D.E. & Golob, P., 2001. Insecticidal and vertebrate toxicity associated with ethnobotanicals used as post-harvest protectants in Ghana. Food and Chemical Toxicology 39(3): 287–291.
  • Decary, R., 1946. Plantes et animaux utiles de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 54e année, 6e série, 4e volume, 1er et dernier fascicule. 234 pp.
  • Kestenholz, C., 2001. Repellent properties of Cassia sophera L. (Caesalpiniaceae) against the rice weevil Sitophilus oryzae L. (Coleoptera; Curculionidae) and the bruchid beetle Callosobruchus maculatus F. (Coleoptera; Bruchidae). Antenna 25(1): 53–56.
  • Luckow, M., 1996. The cultivated species of Cassia, Senna and Chamaecrista (Leguminosae). Baileya 23: 195–242.
  • Raut, S.K. & Barker, G.M., 2002. Achatina fulica Bowdich and other Achatinidae as pests in tropical agriculture. In Barker, G.M. (Editor). Molluscs as crop pests. CAB International, Wallingford, United Kingdom. pp. 55–114.
  • Sengooba, T.N., Spence, N.J., Walkey, D.G.A., Allen, D.J. & Femi Lana, A., 1997. The occurrence of bean common mosaic necrosis virus in wild and forage legumes in Uganda. Plant Pathology 46(1): 95–103.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2007. Senna sophera (L.) Roxb. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 5 avril 2025.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.
Lire dans une autre langue