Schotia brachypetala (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Schotia brachypetala Sond.


Protologue: Linnaea 23: 39 (1850).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Noms vernaculaires

Weeping schotia, weeping boerbean, fuchsia tree, African walnut (En).

Origine et répartition géographique

Schotia brachypetala se rencontre à l’est du Botswana, au Zimbabwe, au sud du Mozambique, à l’est de l’Afrique du Sud et au Swaziland.

Usages

Le bois est utilisé pour le mobilier, la parqueterie, les lattes des wagons et la sculpture. Les graines grillées se consomment. On mastique parfois les fleurs qui produisent du nectar en abondance. Des préparations à base d’écorce, parfois de racine et de feuilles, servent en médecine traditionnelle. La décoction et l’infusion d’écorce se prennent comme émétique, pour soigner les aigreurs d’estomac, la gueule de bois, la nervosité, les troubles mentaux, la dépression de la fontanelle chez les nouveau-nés et s’appliquent sur les œdèmes. L’écorce et les racines servent à traiter la diarrhée, l’écorce est utilisée dans des mélanges comme tonique. Les feuilles pulvérisées s’appliquent comme pansement sur les ulcères, et on inhale la fumée de feuilles brûlées contre le saignement de nez. L’écorce a servi jadis au tannage et comme teinture brun rougeâtre. Schotia brachypetala est planté comme arbre d’ornement dans les jardins et les parcs en raison de son feuillage lustré et de ses fleurs d’un rouge éclatant.

Propriétés

Le bois de cœur est brun foncé à presque noirâtre, souvent teinté de verdâtre, et se distingue nettement de l’aubier rosé, qui vire au brun jaunâtre à l’air. Le grain est fin. Le bois est lourd et dur. Il n’est que moyennement durable, mais assez résistant aux termites. On rapporte que la sciure pourrait provoquer des réactions allergiques aux yeux.

Les propriétés médicinales de l’écorce pourraient être dues à la présence de tanins. Des acides gras ayant une action antibactérienne sur Bacillus subtilis et sur Staphylococcus aureus, et dans une moindre mesure sur Escherichia coli et sur Klebsiella pneumoniae, ont été isolés des feuilles. Des extraits d’écorce ont montré une nette inhibition de la monoamine oxydase-B, ce qui vient étayer l’usage de l’écorce en médecine traditionnelle pour soigner les troubles mentaux. Des poly-hydroxystilbènes ont été isolés du bois de cœur ; le principal composé est le 3,3’,4,5,5’-penta-hydroxystilbène.

Description

Arbre de petite taille atteignant 15 m de haut, sempervirent ou brièvement caducifolié ; fût jusqu’à 60 cm de diamètre ; surface de l’écorce lisse avec des marques en anneaux, brun rougeâtre chez les jeunes individus, devenant rugueuse et brun grisâtre à brun rougeâtre chez les arbres âgés ; cime arrondie, à branches étalées ; rameaux à poils courts lorsque jeunes. Feuilles alternes, composées paripennées à (3–)4–6(–7) paires de folioles ; stipules étroitement triangulaires, d’environ 5 mm de long, caduques ; pétiole de 1–2 cm de long, rachis de 3,5–17,5 cm de long, sillonné ; folioles opposées, elliptiques à rhombiques-ovales, de 2–6,5 cm × 1–3 cm, cunéiformes à arrondies et souvent asymétriques à la base, arrondies à légèrement émarginées à l’apex, bord entier à légèrement ondulé, à pubescence clairsemée ou glabres, pennatinervées. Inflorescence : panicule congestionnée atteignant 13 cm de long, généralement sur les branches âgées. Fleurs bisexuées, zygomorphes, rouge foncé ; pédicelle de 3–5 mm de long, s’épanouissant en un hypanthium de 3–5 mm de long ; lobes du calice 4, largement ovales, d’environ 1 cm de long, inégaux, à points glandulaires ; pétales souvent ligulés et atteignant 3 mm de long ou absents, mais parfois 1–4 pétales présents, étroitement obovales et mesurant 2 cm de long ; étamines 10, soudées à la base, jusqu’à 2 cm de long ; ovaire supère, étroitement elliptique, aplati, d’environ 1 cm de long, avec un stipe d’environ 3 mm de long soudé à l’hypanthium, style d’environ 1 cm de long. Fruit : gousse oblongue, aplatie, de 6–17 cm × 3, 5–5 cm, épaissie le long de la suture supérieure, glabre, à déhiscence tardive, renfermant plusieurs graines. Graines largement elliptiques à rhombiques, aplaties, de 1,5–2 cm × 1–1,5 cm, lisses, brun pâle, arille jaune en coupe à la base.

Autres données botaniques

Schotia brachypetala a une croissance généralement lente qui, s’il est planté dans des sols profonds et sablonneux, peut être rapide ; un arbre planté a atteint 12 m de haut, 17 ans après avoir été planté comme bouture. L’arbre est habituellement sempervirent, mais dans des zones froides d’Afrique du Sud, il est caducifolié pour une courte période. Les jeunes feuilles sont roses à rouges, virent peu à peu au cuivré et au vert clair, et s’accompagnent souvent de fleurs rouge foncé. Les arbres fleurissent en général en septembre–octobre. Le nectar est souvent si abondant qu’il s’égoutte des fleurs ; elles sont visitées non seulement par les souimangas, mais aussi par des insectes comme les abeilles, et par les singes. Les fruits mûrissent 6 mois environ après la floraison. Ce sont surtout les oiseaux, attirés par les arilles jaunes, qui dispersent les graines.

Le genre Schotia comprend près de 4 espèces et se limite à l’Afrique australe. Les affinités du genre sont encore incertaines.

Schotia afra

Schotia afra (L.) Thunb., arbuste ou arbre de petite taille atteignant 7 m de haut, se rencontre dans le sud de la Namibie et en Afrique du Sud. Le bois, brun rougeâtre, sert à la confection de jougs et de jantes, et comme bois de feu ; il est dur et durable. Les graines grillées sont consommées. Le feuillage est brouté par le bétail. Schotia afra est un arbre d’ornement attractif. L’écorce a servi au tannage.

Schotia capitata

Schotia capitata Bolle, arbuste ou arbre de petite taille atteignant 7 m de haut, est présent au Zimbabwe, au sud du Mozambique, à l’est de l’Afrique du Sud et au Swaziland. Le bois est parfois utilisé pour le mobilier. Schotia capitata est quelquefois planté comme arbre d’ornement.

Schotia latifolia

Schotia latifolia Jacq., arbre de petite taille atteignant 10(–15) m de haut, est endémique d’Afrique du Sud, mais a récemment été signalé aussi dans le sud du Mozambique. Son bois blanchâtre, résistant, sert à la fabrication des poteaux de clôture. On consomme les graines grillées. La décoction d’écorce est prescrite en cas de maux d’estomac. L’écorce de Schotia latifolia est couramment utilisée en Afrique du Sud pour soigner les maladies transmises par les tiques chez le bétail. L’écorce a été employée comme colorant verdâtre et pour le tannage. Schotia latifolia est planté à l’occasion comme arbre d’ornement.

Ecologie

Schotia brachypetala se rencontre dans la savane boisée et dans les fourrés jusqu’à 1350 m d’altitude. On le trouve souvent sur les termitières et en bordure de rivières. L’arbre résiste à la sècheresse et tolère légèrement le gel.

Gestion

La multiplication peut se faire par graines ou par boutures de souchets. C’est lorsque les arbres sont plantés dans des sols profonds sablonneux, enrichis avec du compost bien décomposé, qu’ils poussent le mieux.

Ressources génétiques

Rien n’indique que Schotia brachypetala soit menacé d’érosion génétique. Toutefois, l’écorce est très appréciée localement et massivement prélevée, ce qui pourrait avoir de graves conséquences sur les peuplements locaux de l’espèce.

Perspectives

Les fûts de Schotia brachypetala et autres Schotia spp. sont généralement trop petits et trop mal formés pour avoir un quelconque intérêt commercial en tant que bois d’œuvre. Cependant, les Schotia spp. sont recherchés en tant qu’arbres à usages multiples, notamment comme arbres d’ornement et pour leur utilisations médicinales. Certaines activités pharmacologiques connues méritent plus d’attention de la part de la recherche, comme l’inhibition de la monoamine oxydase-B qui pourrait s’avérer intéressante pour la mise au point de nouveaux médicaments contre la maladie de Parkinson et d’Alzheimer. Les arbres de Schotia sont également une source non négligeable de nourriture pour la faune sauvage.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2010. Schotia brachypetala Sond. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 16 août 2021.


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