Schefflera attenuata (Rollet, Antilles)

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Oreopanax dussii
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Schefflera morototoni


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Planche 16 : ARALIACEAE. III. Schefflera attenuata. A. Rameau fleuri B. Fruits. C. Écorce (coupe transversale). IV. Schefflera morototoni. D. Feuille. E. Fleurs. F. Fruits. G. Rameau feuillé.
tranche

Schefflera attenuata (Sw.) Frodin


Basionyme : Panax attenuata Sw., Prodr. : 54 (1788).

Synonymes : Didymopanax attenuatus (Sw.) Marchal (1878).

Noms vernaculaires : Fr : Trompette à canon, Mapou blanc (Guadeloupe) ; Aralie-montagne (Martinique) ; Aralie, Aralie montagne (Dominique). A : Matchwood ; White fig (Montserrat). Esp : Yagrumo macho (litt. Cecropia mâle).

Description : Petit arbre atteignant 13 m de haut et 15 cm de diamètre ; également épiphyte d’où le nom vernaculaire aralie qui désigne p.p. le lierre. Pied : pas de pattes. Écorce : épaisseur totale 5 mm pour un diamètre de 10 cm. Aspect externe : marron à gris, rugueuse par les lenticelles, 2 mm de diamètre, en chaînettes verticales plus ou moins sinueuses anastomosées. Rhytidome : très mince. Écorce vivante : tranche molle, blanc verdâtre, odeur d’eau de Cologne ; en section transversale 3 zones : la plus externe, celle des rayons dilatés confluents, blanche ; la moyenne : rayons dilatés séparant des secteurs de phloème, empilement de petits massifs tangentiels marrons ; l’écorce interne est grise, très fibreuse, humide, devient vineuse. Aubier : blanc à jaune clair ; en tangentielle : rayons bien visibles en chicane ; cœur marron. Feuilles : alternes, composées palmées à 5 folioles acuminées, marge crénelée, 8-15 × 5-10 cm ; pétiole engaînant long de 20 cm environ ; pétiolule long de 4-6 cm. Odeur intermédiaire entre citron et gommier rouge (Bursera). Folioles plus grandes (24 cm de long) et en plus grand nombre sur jeune rameau. Fleurs : inflorescences terminales en grappes d’ombelles portées par pédoncule atteignant 20 cm de long ; blanches, 6-10 par ombelle. Fruits : noirs, subglobuleux, env. 4 mm de diamètre. Phénologie : sempervirent. Fleurs presque toute l’année (DUSS). Habitat : assez commun, entre 300 et 1400 m (surtout en altitude) ; vers la limite supérieure il devient rabougri (ex. : 2 m de haut à la base du cône de la Soufrière, Guadeloupe, 1200 m) ; dominant, avec Clusia mangle, vers 1000-1200 m mais moins abondant que ce dernier.


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Tempérament : héliophile, pionnier sur le cône de la Soufrière (Guadeloupe). Plantule : Type I. Les dents foliaires peu nombreuses, la petitesse relative de la première feuille épicotylaire, la forme et la dimension des cotylédons très légèrement épaissis, leur nervation pennée peu hiérarchisée permettent de distinguer cette espèce des autres Araliaceae.

Usages : Bois peu durable brun pâle. Caisserie, allumettes, jouets, intérieurs, pli central pour contreplaqué (LONGWOOD).

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : St-Barthélemy, St Kitts, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade.

Matériel examiné : BT : BARRIER 2424, Trace des Crêtes, 500 m (GUAD) ; DUSS 49, cône Soufrière, 1000-1400 m (P) ; JÉRÉMIE 174, Piton Pointe Noire, 650 m (P) ; QUENTIN 491, cône Soufrière, 1300 m (P) ; RODRIGUEZ 4539, partie supérieure Bains Jaunes (P) ; ROLLET 249, Bains Jaunes, 960 m (GUAD) ; ROLLET 438, pied Cône Soufrière, 1100 m (GUAD) ; ROLLET 1155, Morne Mazeau, 570 m (GUAD) ; STEHLÉ 7409, cône Soufrière, 1200 m (P). D : EGGERS 625, Laudat, 600 m (P). NICOLSON and al. citent plusieurs spécimens récoltés entre 350 et 1350 m. M : BÉLANGER 977, Morne Calebasse (P) ; HAHN 361, Piton Champflore (P) ; JÉRÉMIE 483, Pelée, 1200 m (P) ; PRIVAULT 182, s.loc. (P). Gr : EGGERS 6185, Mount St Catherine, 840 m (P).

Bibliographie : (* Iconographie). BEARD 1944, 1949 ; FOURNET 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HOWARD* 1989 ; LONGWOOD 1961 ; NICOLSON and al. 1991.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)

(Schefflera attenuata, Schefflera morototoni :)

  • Bois parfait blanchâtre ou un peu grisâtre non différencié de l’aubier, tendre et léger (0,35 à 0,55 g/cm3 et jusqu’à 0,65 g/cm3 pour S. attenuata dont le bois est plutôt beige à cœur), à grain fin, à maille relativement fine mais bien visible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 10 à 20 par mm2, peu ou pas distincts à l’œil nu (diamètre moyen égal ou inférieur à 100 μm chez S. attenuata, de 130 à 150 μm chez S. morototoni). Perforations des éléments vasculaires en majorité uniques, quelques-unes en grille avec 1 à 5-(8) barreaux ; ponctuations intervasculaires très grosses, de 12 à 18 μm de diamètre.
  • Parenchyme rare et peu visible, limité à quelques cellules juxtavasculaires. Files de cellules composées de 4 éléments en général.
  • Rayons 3- à 5-sériés, au nombre de 3 ou 4 par mm, de structure sub-homogène à très peu hétérogène : cellules couchées au centre et 1, parfois 2, rangées de cellules carrées aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires souvent plus allongées que les intervasculaires. Présence de petits canaux ne déformant pas les rayons qui les contiennent. Cristaux très rares ou absents.
  • Fibres fréquemment cloisonnées, à ponctuations simples.