Romaine du Pamir (Potager d'un curieux, 1899)

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Romaine Gigogne
Potager d'un curieux, Introduction
Safran comestible



Nom accepté : Lactuca sativa

ROMAINE DU PAMIR
O SOUNE. ROMAINE ASPERGE.


Dans le sachet de graines d’O Soune que nous avons reçu de la Société impériale d'Acclimatation de


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Russie (1), nous avons trouvé, en mélange avec les graines blanches de la Romaine Gigogne, des graines

Fig. 73. — Romaine du Pamir.

brunes qui nous ont donné une plante très distincte et très intéressante (fig. 73). Nous la considérons comme

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(1) Voir Romaine Gigogne, p. 536.


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identique à celle qui figure sous le nom de Romaine Asperge dans l'ouvrage intitulé « Les plantes potagères », 2e éd., p. 361, publié par la maison Vilmorin-Andrieux et Cie, mais elle n'est pas comprise dans le catalogue de cette maison.

Elle n'est pas hâtive. Semée dans les premiers jours de mars, elle n'est à point qu'à la fin de juin.

Des semis successifs permettent de la récolter jusqu'à la fin de septembre.

Elle ne pomme pas. Sa tige atteint la hauteur de 50 centimètres, dont la partie comestible, réduite à 30 centimètres environ, dépouillée de son écorce, cuite pendant une demi-heure dans un jus léger, constitue un plat de légume de belle apparence et d'un excellent goût.

Dans nos familles, l'usage est de faire cuire simplement les tiges dans du bouillon, en laissant ainsi au légume sa saveur naturelle. Rien de plus aisé, on le voit ; mais les cordons bleus de notre village ne s'en tiennent pas là, et l'on cite notamment une préparation à la crème et au fromage qui a beaucoup de succès.

En 1892 et en 1893, nous avons imprudemment donné à l’O Soune, le nom de Romaine-Asperge qui a induit les consommateurs à faire cuire à l'eau les tiges et à les manger à la sauce blanche. Elles n'avaient plus de goût et le nom a failli tuer la plante ; nous l'avons changé en celui de Romaine du Pamir.

Il faut avertir les jardiniers que notre Romaine ne pomme pas. Plusieurs l'ont arrachée en se figurant qu'on s'était moqué d'eux.

Les tiges de Romaines paraissent être en grand usage en Chine. M. Maurice de Vilmorin a reçu de Shang-Haï des semences de quatre variétés de cette espèce


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et nous a obligeamment attribué une part de chacune d'elles.

Ces sachets étaient étiquetés : Ou Sen, Romaine dont on mange les tiges.

L'un deux portait ces mots : Ou Sen odoriférant.

Ces semences n'ont pas germé.

Une autre variété, présentée comme hâtive, nous a paru négligeable.

Nous considérons comme fort intéressantes deux variétés, l'une rouge, l'autre blanche.

La rouge est plus hâtive que la Romaine du Pamir. Ses tiges s'élèvent moins haut. On en mange 20 centimètres. Elles sont très tendres et d'une saveur très forte. Elles répandent beaucoup d'odeur dans la cuisine.

Il est probable qu'elles pourraient être blanchies avant d'être accommodées. Cuites dans le bouillon, elles sont bonnes.

La variété blanche est tardive. Elle a le mérite d'être très blanche, de s'entourer de petites Romaines adventives comme la R. Gigogne, de fournir par conséquent une jolie salade, et, finalement, de donner des tiges tendres, de saveur assez forte, qu'on peut employer sur une longueur de 20 centimètres.

Nos jardins sont donc aujourd'hui en possession de trois variétés d'une Romaine oubliée ou inconnue jusqu'ici, que tous nos amis font servir sur leur table et dont ils se montrent très satisfaits. Nous en recueillons tous les jours de nouveaux témoignages.