Rhodognaphalon schumannianum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Rhodognaphalon schumannianum K.Schum.


Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 33: 263 (1963).
Famille: Bombacaceae (APG: Malvaceae)

Synonymes

  • Bombax rhodognaphalon K.Schum. (1895).

Noms vernaculaires

  • East African bombax, wild kapok tree (En).
  • Msufi mwitu, msufi pori (Sw).

Origine et répartition géographique

Rhodognaphalon schumannianum est réparti au Kenya, en Tanzanie, au Malawi et au Mozambique. Il est parfois planté.

Usages

Le bois est utilisé par endroits pour les toitures, les portes, les placages et le contreplaqué bon marché destiné aux caisses d’emballage. Le fût sert traditionnellement à faire des pirogues monoxyles. Le bois convient aux meubles de basse qualité, aux articles de sport, aux allumettes, aux panneaux durs, aux panneaux de particules et à la laine de bois. Il convient également à la fabrication de pâte à papier et de charbon de bois.

Les graines torréfiées se consomment comme des cacahuètes et elles se pilent et se cuisent avec des légumes ou de la viande. La filasse des fruits servait jadis au rembourrage des oreillers, des coussins et des matelas. L’écorce produit un colorant brun-rouge et des fibres pour la confection de cordes. Les racines s’emploient pour traiter l’asthme, la toux et la diarrhée, l’écorce est un remède traditionnel contre la diarrhée et le paludisme, et les feuilles sont utilisées dans les rituels de purification. Rhodognaphalon schumannianum sert d’arbre d’ombrage et d’alignement.

Production et commerce international

Les graines sont vendues sur les marchés locaux.

Propriétés

Le bois de cœur est brun rosé, pâle à foncé, à bandes foncées diffuses ; il ne se démarque qu’indistinctement de l’aubier à la coupe, mais au séchage l’aubier, large de 7,5 cm, prend une teinte ivoire. Le fil est droit, le grain moyen à moyennement grossier. Des vaisseaux gommeux noirs sont parfois présents.

La densité du bois est de (420–)465–480(–580) kg/m³ à 12% d’humidité. Le séchage est rapide et provoque quelques gerces et déformations de surface, et parfois un effondrement. Les taux de retrait du bois vert au bois à 12% d’humidité sont de 2,0% radialement et de 3,5% tangentiellement. Des fentes rayonnantes se développent au séchage. Une fois sec, le bois est relativement stable en service.

Le bois est fragile et tendre. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 47 N/mm², le module d’élasticité de 6100 N/mm², la compression axiale de 31 N/mm², le cisaillement de 6 N/mm², le fendage radial de 44 N/mm et le fendage tangentiel de 53 N/mm, et la dureté Janka de flanc de 2000 N.

Le bois vert et le bois sec se scient facilement tous les deux. Le bois se travaille facilement à la main et aux machines-outils. Il prend bien les clous, mais sa capacité de rétention est faible. Il se déroule facilement. Ses propriétés d’imprégnation par la peinture, la teinture et la laque sont médiocres. Les placages sèchent rapidement, avec un retrait élevé, et ils tendent à être cassants.

Le bois a une faible durabilité, car il est sensible aux attaques de champignons du bleuissement, aux térébrants marins et aux termites. L’aubier est sensible aux attaques des insectes foreurs de type Lyctus. Le bois de cœur est extrêmement rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation.

Les fibres du bois ont une longueur moyenne de 1,9 mm, et un diamètre de 25,4 μm. La composition chimique est la suivante : cellulose 50%, pentosanes 8%, lignine 35% et cendres 1%. La solubilité dans l’eau froide est de 1%, dans l’eau chaude 2%, dans l’alcool-benzène 4%, et 16% dans une solution de NaOH à 1%. Des essais de fabrication de papier menées dans les années 1950 ont débouché sur des papiers de faible résistance.

Des extraits de l’écorce de racine à l’éthanol, à l’éther de pétrole et à l’acétate d’éthyle ont manifesté une activité antipaludique in vitro.

Description

  • Arbre de taille moyenne à assez grande, atteignant 40 m de haut ; fût cylindrique, dépourvu de branches sur 21 m, atteignant 150 cm de diamètre, à contreforts atteignant 3 m de haut ; surface de l’écorce lisse, jaune-vert, sur arbres âgés parfois écailleuse et grise.
  • Feuilles alternes, composées digitées, à (3–)5–7(–8) folioles, foliole centrale plus grande que les autres ; stipules caduques ; pétiole de 3,5–12,5 cm de long ; pétiolules de 0,5–2 cm de long ; folioles elliptiques ou obovales, de 3–14 cm × 2–6 cm, cunéiformes ou décurrentes à la base, acuminées à l’apex, bord entier, glabres ou à poils étoilés, pennatinervées à 7–22 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : fascicule axillaire à 2–5 fleurs, ou fleurs solitaires.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 6–25 mm de long, glabre ou à poils étoilés ; calice campanulé, tronqué ou légèrement lobé, de 6–14 mm × 7–11 mm, glabre ou à poils étoilés à l’extérieur, à poils soyeux à l’intérieur ; pétales de 5–11 cm × 1–6 cm, obtus à aigus à l’apex, rouges, jaune pâle ou blancs, poilus sur les deux faces ; étamines nombreuses, de 4,5–7 cm de long, soudées aux pétales à leur base, réunis à leur base en 5 bouquets, rouges ; ovaire supère, ovoïde, de 2–4 mm de long, poilu, 5-loculaire, style de 5–11 cm de long.
  • Fruit : capsule ellipsoïde à obovoïde de 5–13 cm × 2,5–4,5 cm, déhiscente à 5 valves, poilue ou glabrescente, brune, contenant de nombreuses graines.
  • Graines globuleuses ou anguleuses, de 8–11 mm de diamètre, glabres, brunes, enveloppées d’une filasse brun rougeâtre.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Rhodognaphalon comprend 3 espèces, toutes en Afrique tropicale. Il figurait jadis dans le genre Bombax, mais il est aujourd’hui considéré comme un genre distinct qui diffère de Bombax par l’absence d’épines, ses graines plus grosses, son unique verticille d’étamines et son calice persistant.

Au sein de Rhodognaphalon schumannianum on distingue 2 variétés :

  • var. schumannianum (synonymes : Bombax rhodognaphalon K.Schum. var. rhodognaphalon, Rhodognaphalon tanganyikense A.Robyns), aux feuilles et aux pédicelles glabres ; présente au Kenya, en Tanzanie et au Mozambique ;
  • var. tomentosum A.Robyns (synonymes : Bombax rhodognaphalon K.Schum. var. tomentosum A.Robyns ; Bombax mossambicense A.Robyns ; Bombax stolzii Ulbr., Rhodognaphalon mossambicense (A.Robyns) A.Robyns ; Rhodognaphalon stolzii (Ulbr.) A.Robyns), aux feuilles et pédicelles à poils étoilés clairsemés à denses ; présente au Mozambique.

La croissance initiale de Rhodognaphalon schumannianum est relativement rapide. Trois ans après le semis, les plants peuvent atteindre 2–3 m de haut. En Tanzanie, les fruits mûrissent en octobre–décembre. Les graines sont dispersées par le vent, mais la plupart ne dépassent pas un rayon de 100 m autour de l’arbre.

Ecologie

Rhodognaphalon schumannianum se rencontre en savane arborée, en forêt claire et en forêt, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1100 m d’altitude. La pluviométrie annuelle moyenne de l’aire de répartition n’est en principe pas inférieure à 1000 mm.

Gestion

Rhodognaphalon schumannianum se multiplie facilement par graines. Le poids de 1000 graines est d’environ 270 g. Les graines fraîches germent bien habituellement, la levée prenant 4–21 jours. Elles se conservent jusqu’à 4 mois, mais sont sensibles aux attaques d’insectes et de champignons. Les plants se repiquent lorsqu’ils ont environ 1 an et font 60–120 cm de haut. Les arbres sauvages sont protégés dans certains endroits. Au Mozambique, le diamètre minimum d’abattage est de 50 cm, en Tanzanie de 55 cm.

Ressources génétiques

On ne sait pas exactement dans quelle mesure Rhodognaphalon schumannianum est menacé d’érosion génétique. Il est signalé comme peu menacé / de préoccupation mineure et n’est pas inscrit sur la Liste rouge de l’UICN.

Perspectives

Rhodognaphalon schumannianum est un arbre polyvalent, qui non seulement produit du bois, mais qui est aussi source de nourriture, de fibre et de remèdes traditionnels. Mais le bois se caractérise par une résistance et une durabilité médiocres, et Rhodognaphalon schumannianum a peu de chance de prendre de l’importance comme source de bois d’œuvre.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Rhodognaphalon schumannianum A.Robyns. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 12 novembre 2020.


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