Ravenala madagascariensis (PROTA)

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Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Ornemental Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Ravenala madagascariensis Sonn.


Protologue: Voy. Indes orient. Ed. 1, 2 : 223, t. 124–126 (1782).
Famille: Strelitziaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Noms vernaculaires

  • Arbre du voyageur (Fr).
  • Traveller’s palm, traveller’s tree (En).
  • Palmeira do viajante (Po).
  • Árbol del viajero (Sp).

Origine et répartition géographique

L’arbre du voyageur est endémique de Madagascar, et naturalisé dans les îles Mascareignes. Il est planté amplement comme arbre ornemental dans toutes les régions tropicales.

Usages

L’arbre du voyageur est planté très couramment à des fins ornementales. Les feuilles sont disposées sur 2 rangs, donnant l’impression d’un éventail géant. Les noms vernaculaires indiquent un usage présumé par les voyageurs, qui étaient censés boire l’eau de pluie accumulée dans la coupe basale des pétioles et dans les bractées florales. Cependant, cette eau est souvent rendue non-potable par l’infestation de larves de moustique et la contamination par des détritus. Ravenala madagascariensis est économiquement important localement le long de la côte est de Madagascar, où les feuilles sont utilisées pour la couverture des toits, les pétioles pour la construction de murs, et l’écorce comme plancher des maisons. Dans certaines parties de l’Inde, le tronc est utilisé dans la construction des maisons, les feuilles comme matériau d’emballage et pour les toitures, et les rachis et les pétioles pour les murs des huttes.

Du sucre peut être extrait de la sève du tronc. Les graines sont comestibles mais farineuses, et les arilles sont comestibles mais sans goût. L’huile de la graine est parfois utilisée pour cuisiner, et aurait des propriétés antiseptiques. La moelle du tronc est parfois utilisée comme fourrage pour le bétail.

Propriétés

La teneur en huile des graines et des arilles est respectivement de 4% et de 68%. Les huiles ont une composition en acides gras intermédiaire entre l’huile de palme et le beurre de cacao (acide oléique 39% et acide palmitique 34–42%) et peuvent constituer une source secondaire de beurre végétal. L’analyse de la fraction des stérols de l’huile de la graine a révélé 7 stérols, principalement du β-sitostérol (65%), tandis que 12 stérols ont été isolés de l’huile d’arille, principalement du stigmastérol (18%), du 24-méthyl-5α-cholest-7-en-3-β-ol (16%), du α-spinastérol (28%) et du Δ-7-avenastérol (19%).

Description

  • Arbre sempervirent de taille moyenne, jusqu’à 20(–30) m de haut; racines rhizomateuses; tronc solitaire ou ramifié à la base, cylindrique, ligneux, portant des cicatrices annulaires, vert olive et lisse ou gris et craquelé, le tiers apical revêtu par les bases des feuilles; couronne en forme d’éventail, avec 20 feuilles ou plus.
  • Feuilles alternes, disposées de manière distique, simples; pétiole long de 3–6 m, solide, canaliculé, avec des canaux aérifères, inséré à 45º par rapport à l’axe, la base en forme de coupe, à gaine large et se chevauchant; limbe oblong, de 2,5–4(–5) m × 0,8–1,5 m, base et apex arrondis, entier mais souvent déchiré aux nervures, glabre, vert mat, nervure médiane sillonnée, pâle, avec des nervures serrées, parallèles.
  • Inflorescence: thyrse axillaire, portant des bouquets de fleurs cincinnés, enclos dans de grandes bractées blanchâtres, raides, en forme de bateau, disposées de manière distique, longues de 20–25(–30) cm.
  • Fleurs bisexuées, légèrement zygomorphes, 3-mères, sous-tendues par des bractéoles carénées, toutes les parties florales blanc crème; sépales libres, lancéolés, subégaux, jusqu’à 20 cm de long, longs-acuminés; pétales libres, lancéolés, jusqu’à 15 cm de long, le pétale postérieur plus court que les 2 autres; nectaires à nectar abondant; étamines 6, en 2 verticilles de 3, jusqu’à 16 cm de long, anthères basifixes, déhiscentes par fentes longitudinales; ovaire infère, 3-loculaire, style long, droit, stigmate avec des protubérances en forme de doigt.
  • Fruit: capsule oblongue, ligneuse, loculicide, de 2–4 cm de long, portant de nombreuses graines.
  • Graines ovoïdes, d’environ 0,5 cm de long, glabres, brunes, avec un albumen abondant, entourées par un arille bleu à pourpre, lacinié-lobé.
  • Plantule à germination hypogée, avec un seul cotylédon, massif, l’apex restant dans le tégument en tant qu’organe absorbant.

Autres données botaniques

Le genre monotypique Ravenala est l’un des 3 genres de Strelitziaceae, les autres étant le genre monotypique Phenakospermum des marais d’Amérique du Sud et Strelitzia avec 5 espèces du sud de l’Afrique. Strelitziaceae est très proche de Musaceae, Heliconiaceae et Lowiaceae.

Dans l’est de Madagascar, 4 formes de Ravenala madagascariensis ont été observées sur les versants des collines, depuis le niveau de la mer jusqu’à une altitude de 1000 m. La première forme, localement appelée “malama”, est plutôt rare et pousse dans les sous-étages des forêts pluviales non-détériorées de submontagne. La phase juvénile est caractérisée par une disposition en spirale secondaire des feuilles, un limbe long-décurrent, l’absence de pétiole, et la disposition des feuilles formant un torus; la phase adulte a une couronne en éventail. La seconde forme, “hiranirana”, est plus abondante dans les clairières des forêts et dans les forêts primaires détériorées, et la phase juvénile est plus similaire à l’habituelle forme en éventail, avec des pétioles bien développés et un limbe foliaire relativement large, et une disposition des feuilles légèrement et régulièrement alterne, persistant dans la phase adulte. La troisième forme, “bemavo”, est la forme la plus commune, poussant sur des versants déboisés entre 300–600 m d’altitude, et formant des forêts de Ravenala; toutes les phases présentent une couronne en éventail. Cette forme est principalement utilisée à des fins de construction. La quatrième forme, “horonorona”, pousse dans des plaines déboisées, aussi bien sur des terrains pauvrement ou bien drainés, et diffère des 3 autres du fait qu’elle reste assez petite et développe de nombreux drageons. C’est la forme la plus couramment cultivée.

Croissance et développement

Les feuilles à la base d’une nouvelle pousse sont souvent constituées uniquement de gaines. Chaque nouvelle feuille se développe à l’intérieur de la gaine de la précédente, le limbe étant fortement enroulé. Une feuille totalement déployée présente souvent des côtés légèrement inégaux, ou une base asymétrique. Il faut attendre jusqu’à 10 ans avant la première floraison, mais comme l’arbre du voyageur est planté pour son feuillage, cela ne diminue pas sa valeur ornementale.

Tous les 2–3 jours, une nouvelle fleur s’ouvre dans une inflorescence, le nombre total de fleurs ouvertes étant variable; on en a compté jusqu’à 29. Les fleurs s’ouvrent généralement durant la nuit. La production de nectar est abondante, avec un maximum de production à minuit. A Madagascar, l’arbre du voyageur est pollinisé principalement par plusieurs espèces de lémuriens, par ex. le lémur nonette (Varecia variegata) et le lémur noir (Eulemur macaco). Les lémuriens semblent fortement dépendants du nectar de l’arbre du voyageur durant certaines périodes de l’année. Dans des régions hors de son aire de répartition naturelle, les fleurs sont souvent visitées par de grandes chauves-souris, comme Pteropus alecto gouldii et Macroglossus lagochilus, tout comme par des oiseaux mangeurs de miel (Megaphagidae) en Australie. Les 2 pétales abaxiaux sont liés par des papilles entrecroisées pour former un tube autour des anthères. Lors de l’anthèse, ils se séparent dans une explosion qui expulse le pollen sur un pollinisateur potentiel. Des essais d’autopollinisation ont révélé que Ravenala madagascariensis est une plante autogame facultative.

Ecologie

L’arbre du voyageur préfère des zones abritées, chaudes, humides et perhumides à proximité de la côte, entre le niveau de la mer et des altitudes de 450 m, mais on peut le trouver jusqu’à 1000 m d’altitude.

Multiplication et plantation

La multiplication s’effectue par graines et drageons. Il vaut mieux semer la graine dans un sol humide, sableux, à une température de 20ºC. Les plants de 2–6 mois sont plantés en plein soleil dans un sol riche, profond, limoneux, auquel on incorpore de la matière organique lors de la plantation pour éviter le dessèchement des racines. Les drageons poussent à intervalles irréguliers, à proximité du tronc parental. Les drageons enracinés sont séparés au début de la saison des pluies, et sont directement plantés dans un sol fertile pour une croissance rapide.

Maladies et ravageurs

Ravenala madagascariensis est un hôte du champignon Colletotrichum gloeosporioides, qui provoque la maladie des taches foliaires sur, par exemple, l’aréquier (Areca catechu L.) en Inde. Dans ce pays, les racines de l’arbre du voyageur sont aussi attaquées par le nématode à galles des racines (Meloidogyne incognita).

Ressources génétiques

Comme Ravenala madagascariensis est planté à grande échelle dans toutes les régions tropicales, il semble qu’il n’y ait pas de risque d’érosion génétique, bien que la diversité génétique des plantes en culture soit inconnue. On ne connaît pas de collections de ressources génétiques.

Perspectives

Comme l’arbre du voyageur est un arbre ornemental populaire qui est largement cultivé, le développement de cultivars à ports différents pourrait être une bonne option commerciale. Comme la déforestation à Madagascar s’effectue à une allure alarmante, une protection de cet arbre contre un abattage incontrôlé pourrait bientôt s’avérer nécessaire.

Références principales

  • Blanc, P., Rabenandrianina, N., Hladik, A. & Hladik, C.M., 1999. Les formes sympatriques et allopatriques du genre Ravenala dans les fôrets et les milieux ouverts de l’est de Madagascar. Revue d’Ecologie la Terre et la Vie 54(3): 201–223.
  • Huxley, A. (Editor), 1992. The new Royal Horticultural Society dictionary of gardening. Volume 3. MacMillan Press, London, United Kingdom. 790 pp.
  • Kress, W.J., Schatz, G.E., Andrianifahanana, M. & Morland, H.S., 1994. Pollination of Ravenala madagascariensis (Strelitziaceae) by lemurs in Madagascar: evidence for an archaic coevolutionary system? American Journal of Botany 81(5): 542–551.
  • Rabarisoa, I., Bianchini, J.P. & Gaydou, E.M., 1981. Composition des huiles extraites du fruit de Ravenala madagascariensis. Canadian Journal of Plant Science 61(3): 691–695.

Autres références

  • Andersson, L., 1998. Strelitziaceae. In: Kubitzki, K. (Editor). The families and genera of vascular plants. Volume 4. Flowering plants - monocotyledons, Alismatanae and Commelinanae (except Gramineae). Springer-Verlag, Berlin, Heidelberg, Germany. pp. 451–455.
  • Calley, M., Braithwaite, B.W. & Ladd, P.G., 1993. Reproductive biology of Ravenala madagascariensis Gmel. as an alien species. Biotropica 25(1): 61–72.
  • CSIR, 1969. The wealth of India. A dictionary of Indian raw materials & industrial products. Raw materials. Volume 8: Ph–Re. Publications and Information Directorate, Council of Scientific and Industrial Research, New Delhi, India. 394 pp.
  • Dorr, L.J. & Parkinson, P.G., 1990. Proposal to conserve the spelling 1320 Ravenala (Strelitziaceae). Taxon 39(1): 131–132.
  • Kirchoff, B.K., 1991. Homeosis in the flowers of the Zingiberales. American Journal of Botany 78(6): 833–837.
  • Marais, W., 1983. Musacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 171–176. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 7 pp.
  • Perrier de la Bâthie, H., 1946. Musacées (Musaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), familles 45–48. Imprimerie Officielle, Tananarive, Madagascar. 9 pp.
  • Piepenbring, M. & Napp-Zinn, K., 1992. Comparative anatomical studies on foliar organs of Ravenala madagascariensis Sonn. Beiträge zur Biologie der Pflanzen 67(3): 367–386.

Sources de l'illustration

  • Andersson, L., 1998. Strelitziaceae. In: Kubitzki, K. (Editor). The families and genera of vascular plants. Volume 4. Flowering plants - monocotyledons, Alismatanae and Commelinanae (except Gramineae). Springer-Verlag, Berlin, Heidelberg, Germany. pp. 451–455.
  • Petersen, O.G., 1889. Musaceae. In: Engler, A. & Prantl, K. (Editors). Die natürlichen Pflanzenfamilien 2. Band. 6. Wilhelm Engelman, Leipzig, Germany. pp. 1–10.
  • Perrier de la Bâthie, H., 1946. Musacées (Musaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), familles 45–48. Imprimerie Officielle, Tananarive, Madagascar. 9 pp.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 14 juillet 2021.


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