Pouteria pallida (Rollet, Antilles)

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Pouteria multiflora
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Pouteria semecarpifolia
Planche 229 : SAPOTACEAE. VI. Pouteria pallida. A. Rameau fleuri. B. Rameau fructifié. C. Feuille. D. Plantules. E. Écorce (coupe transversale).

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Pouteria pallida (Gaertn. f.) Baehni Candollea 9 : 352 (1942).

Basionyme : Lucuma pallida, C. Gaertner, suppl. Carp. 2 : 130, t. 204 (1807).

Synonymes : Oxythece hahnianum Pierre (1897) ; Oxythece fabrilis Pierre (1904) ; Pouteria fabrilis (Pierre) Stehlé (1943) ; Pouteria hahniana (Pierre) Stehlé (1943) ; Oxythece pallida (C. Gaertner) Cronquist (1946) ; Planchonella pallida (C. Gaertner) Baehni (1965).

Noms vernaculaires : Fr : Balate (Guadeloupe) ; Balate (Dominique) ; Sapotiller bâtard (Guadeloupe) ; Balata blanc (Guadeloupe) ; Balata chien (Ste-Lucie) ; Balata laité (Grenade) ; Baraque, Balata blanc (Balata rouge ?) désigneraient cette espèce en Guadeloupe ; Baraque en Martinique. A : White Bullet (St Vincent).

Description : Grand arbre atteignant 30 m de hauteur et dépassant 40 cm de diamètre. Pied : variable ; pas de pattes (diamètre 18 cm) ; ou avec trois contreforts aliformes, 0,7 m de haut (diamètre 19 cm) ; contreforts aliformes décurrents jusqu’à 1,5-2 m (diamètre 41 cm) ; ou racines aériennes jusqu’à 0,6 m de haut (ROLLET 1550). Écorce : épaisseur totale 3 mm pour un diamètre de 10 cm ; 6 mm pour un diamètre de 18 cm. Aspect externe : marron, sublisse, rugueuse par les lenticelles en boutonnière à axe vertical sans ordre ; sous le liège : orange avec points carmin correspondant aux lenticelles. Aubier : jaune d’or ; parenchyme en fines bandes serrées parallèles ; cœur pourpre foncé. Rameaux : nervillés, bourgeon roux. Feuilles : alternes, obovales ; grande variabilité : feuilles de lumière d’env. 9 × 5 cm, presque orbiculaires, épaisses, coriaces, nervures secondaires peu nombreuses bien marquées ; feuilles d’ombre beaucoup plus grandes, env. 15 × 8 cm, nombreuses nervures secondaires, consistance de cuir mais peu épaisses ; feuilles de lumière dressées, sur axes orthotropes ; face supérieure gris verdâtre ; face inférieure glauque ; pas d’acumen. Fleurs : groupées par 2-10 à pédicelles de 10-15 mm. Fruits : grosseur d’une datte, ellipsoïdes (3-4 × 1-1,5 cm) renfermant chacun une graine brune à hile basilaire. Phénologie : sempervirent. Fleurs en février, juin, août. Fruits en janvier-février, juillet. Habitat : assez commun en forêt dense et d’altitude entre 100 et 850 m d’altitude. Tempérament : hygro-sciaphile ; aussi en forêt semi-décidue (moins hygrophile que Micropholis et les Pouteria). Plantule : Type X. Deux gros cotylédons succulents, nus, sont séparés à la base de l’axe aérien. L’axe épicotylé brun, porte des feuilles dont la face inférieure pubescente et satinée apparaît vert-jaune ou blanchâtre lorsque les feuilles vieillissent. Les nervures sont visibles et saillantes à la face inférieure des feuilles. La face supérieure est sombre. La plantule contient un latex blanc.

Usages : Bois brun rouge (d = 0,96), dur ; peu durable dans le sol ; usinage difficile ; construction, planchers. Abondant et utilisé à Ste-Lucie. Le fruit est mangé par les enfants (HODGE & TAYLOR). Bois utilisé par les Caraïbes.

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie. Fraser ajoute St Vincent, Grenade, mais non cités par HOWARD.

Matériel examiné : BT : DUSS, s.n., Hauteurs Pigeon (P) ; DUSS 3493, s.loc. (P) ; HUC 1363, Baie Mahault, 0 m (GUAD) ; ROLLET 116, Trace des Contrebandiers, 300-400 m (GUAD) ; ROLLET 187, Maison de la Forêt, route de la Traversée, 250-280 m (GUAD) ; ROLLET 869, Forêt de Sarcelle, 150 m (GUAD) ; ROLLET 907, Mamelle Petit-Bourg, 650 m (GUAD) ; ROLLET 1034, Trace des Crêtes, 550 m (GUAD) ; ROLLET 1303, Maison de la Forêt, route de la Traversée, 250-280 m (GUAD) ; ROLLET 1300, 1323, 1594, Morne Mazeau, 570 m, 450 m, 570 m (GUAD) ; ROUSTEAU 579, Morne Bois d’Inde, 400 m (GUAD) ; TANDY 67, 69, Forêt de Sarcelle, 200m (GUAD) ; TANDY 117, Morne Bois d’Inde, 270 m (GUAD). D : IMRAY s.n., s.loc. (P). NICOLSON and al. citent 9 autres spécimens. M : DUSS 253, 254, Fond Denis, Camp Belot (P) ; HAHN s.n, s.loc. (P) ; HAHN 1365, s.loc. (P) ; ROLLET 522, Plateau Concorde, 600 m (GUAD) ; ROLLET 1550, Rivière Le Lorrain, 200 m (GUAD) ; ROLLET 1683, Route Traversée, Deux Choux, 600 m (GUAD) ; ROLLET 2023, montée Grand Plateau Fonds St Denis, 450 m (GUAD) ; ROUSTEAU 174, Morne Rose (GUAD).

Observations : BT : Marolles, 200 m ; Sofaia, 300 m ; Douville, 200 m ; Moreau, 200 m ; chutes du Carbet, 570 m ; Trace Victor Hugues, 800-850 m (ROLLET). SL : Piton Flore, 420 m ; Quilesse, 450 m ; Dennery waterworks Res., 300 m ; Chassin 300 m et Barre de l’Isle, 300 m (ROLLET) ; peu commun (FRASER). SV : South River (ROLLET) ; peu commun (FRASER). Gr : rare (FRASER).

Bibliographie : (*Iconographie, **couleur) : BEARD 1944, 1949 ; Cirad-Forêts 1990** ; DUSS 1897 ; FOURNET 1978 ; FRASER 1957 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; Lang 1954 ; NICOLSON and al. 1991.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)

Pouteria multiflora, Pouteria pallida, Pouteria sapota, Pouteria semecarpifolia :

  • Bois parfait brun rose terne à brun rougeâtre (celui de P. sapota est beige rosé), peu différencié de l’aubier gris beige rosé, grain fin, maille imperceptible, très dur et très lourd, de 0,90 à 1,15 g/cm3 (de 0,60 à 0,85 g/cm3 pour P. sapota).
  • Pores tendant à former de courtes files radiales, isolés ou accolés radialement par 2 à 4-(8), au nombre de 6 à 12 par mm2, difficilement perceptibles à l’œil nu (diamètre de 100-130 μm), souvent obstrués par des thylles. Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de 7 à 9 μm.
  • Parenchyme en lignes tangentielles finement sinueuses, 5 ou 6 par mm dans P. pallida et P. semecarpifolia, plutôt en courtes chaînettes rassemblées en lignes (P. multiflora) ou en fines chaînettes nombreuses et irrégulièrement espacées (P. sapota). Files de cellules composées de 8 à 14 éléments contenant parfois un corpuscule siliceux.
  • Rayons 1- ou 1-2- ou 2-sériés, au nombre de 12 à 15 par mm, de structure hétérogène : 1-sériés composés de cellules carrées et dressées, 2-sériés avec des cellules couchées au centre et 2 à 10 rangées de cellules carrées et dressées aux extrêmités. Ponctuations radiovasculaires grosses, rondes à étirées. Corpuscules siliceux, fins à gros, toujours présents et abondants.
  • Fibres à ponctuations simples.