Pouteria aningeri (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût; 2, rameau feuillé; 3, fleur; 4, fruit; 5, graines. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
base du fût
écorce
écorce et tranche
feuilles et fruits

Pouteria aningeri Baehni


Protologue: Candollea 9: 289 (1942).
Famille: Sapotaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 28

Synonymes

  • Aningeria robusta (A.Chev.) Aubrév. & Pellegr. (1935).

Noms vernaculaires

  • Aningré blanc, aniégré blanc (Fr).
  • Aningeria (En).

Origine et répartition géographique

Pouteria aningeri se rencontre dans la zone forestière depuis la Guinée-Bissau jusqu’au Cameroun.

Usages

Le bois (noms commerciaux : aningré, aniégré, anigré, asanfena, asanfona) est particulièrement recommandé pour les placages tranchés de haute qualité. Il est également employé pour les charpentes légères, les menuiseries intérieures, les meubles de haute qualité et les moulures. La pulpe du fruit est comestible.

Production et commerce international

L’exploitation commerciale du bois d’aningré a débuté vers 1965. Pouteria aningeri est exporté de Côte d’Ivoire et du Ghana sous forme de sciages et de placages en quantités considérables, en lots mélangés avec Pouteria altissima (A.Chev.) Baehni. En 2001, les exportations de placages d’ “aniégré” de Côte d’Ivoire ont été de 15 000 m³, à un prix moyen de US$ 769/m³. Du Ghana, il a été exporté 19 000 m³ de placages d’ “asanfena” en 2002 (prix moyen US$ 923/m³), 14 000 m³ en 2003 (prix moyen US$ 1243/m³), et 13 000 m³ en 2004 (prix moyen US$ 1164/m³). Le Cameroun a exporté 1000 m³ de placages d’ “anigré” en 2003, à un prix moyen de US$ 1864/m³.

Propriétés

Le bois de cœur est blanc crémeux à brun rosé pâle, et n’est pas nettement distinct de l’aubier qui a 3–6 cm de large. Le fil est droit, parfois légèrement contrefil, le grain est fin. Le bois est lustré.

Le bois est moyennement léger, avec une densité de 540–590 kg/m³ à 12% d’humidité. Le séchage ne pose généralement pas de problème, mais il y a un léger risque de déformation et de fentes et une tendance au bleuissement, notamment aux premiers stades du séchage à l’air. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre 3,9–4,1% dans le sens radial et 6,7–7,6% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 93–130 N/mm², le module d’élasticité de 11 100 N/mm², la compression axiale de 52–57 N/mm², le cisaillement de 6,8–9,5 N/mm², le fendage de 16 N/mm, et la dureté Chalais-Meudon de 2,6.

Le bois contient environ 0,3% de silice, et en conséquence l’effet de désaffûtage des scies et des outils tranchants est important. Il est recommandé d’employer des dents de scie stellitées et des outils au carbure de tungstène. Les propriétés de clouage et de vissage sont bonnes et le bois se teinte, se peint et se colle bien. Les caractéristiques de tranchage sont bonnes, et on peut obtenir d’excellents placages. Le bois n’est pas durable, et il est sujet aux attaques de champignons, de termites et de scolytes du bois sec. Il est assez perméable aux produits d’imprégnation.

Falsifications et succédanés

Le bois de certains Chrysophyllum spp. (par ex. Chrysophyllum giganteum A.Chev.) ressemble étroitement à celui de Pouteria, et est parfois commercialisé sous le même nom, par ex. “aniégré” en Côte d’Ivoire.

Description

  • Grand arbre atteignant 40 m de haut ; fût jusqu’à 150 cm de diamètre, libre de branches jusqu’à 25 m, rectiligne et cylindrique, à contreforts triangulaires, souvent ailés et ramifiés, jusqu’à 3 m de haut ; surface de l’écorce grise avec des taches blanchâtres, fissurée, écorce interne fibreuse, brun rougeâtre, exsudant du latex ; cime dense, vert foncé ; jeunes rameaux densément poilus.
  • Feuilles disposées en spirale, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole d’environ 1 cm de long, à poils soyeux ; limbe elliptique à ovale-oblong, de 8–15 cm × 4–6 cm, légèrement cunéiforme à arrondi à la base, arrondi à très courtement acuminé à l’apex, à pubescence dense brun rougeâtre sur la face inférieure, à points glandulaires translucides, pennatinervé à (10–)15–20 paires de nervures latérales.
  • Fleurs groupées en fascicules à l’aisselle des feuilles tombées, bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle d’environ 3 mm de long ; sépales libres, ovales, d’environ 4 mm de long, pubescents à l’extérieur ; corolle à tube d’environ 3 mm de long et lobes arrondis d’environ 1,5 mm de long, poilus sur les bords, blanc crémeux ; étamines insérées à la moitié du tube de la corolle, à l’opposé des lobes ; ovaire supère, globuleux, à longs poils, 5-loculaire, style d’environ 2 mm de long, stigmate 5-lobé.
  • Fruit : baie globuleuse de 1,5–2 cm de long, devenant rouge à maturité, finement poilue, renfermant 1 seule graine.
  • Graines ellipsoïdes, d’environ 1,5 cm × 1 cm, brun foncé, à très grande cicatrice.
  • Plantule à germination hypogée ; hypocotyle de 0,5–1 cm de long, épicotyle de 7–9 cm de long, poilu ; cotylédons épais et charnus ; deux premières feuilles opposées, les suivantes alternes.

Autres données botaniques

Pouteria est un genre pantropical, qui comprend quelque 320 espèces, dont environ 200 en Amérique tropicale, 120 en Asie tropicale, et seulement 6 en Afrique. Les espèces africaines étaient classées dans les genres Aningeria et Malacantha, mais ces deux genres ont été inclus dans le genre Pouteria. Pouteria a été subdivisé en 9 sections. Les espèces africaines appartiennent à la section Rivicoa, de même que certaines espèces américaines dont l’arbre fruitier bien connu Pouteria campechiana (Kunth) Baehni (canistel ou sapote jaune).

Le bois de Pouteria spp. est parfois confondu avec celui de Chrysophyllum spp., mais ce dernier genre diffère par l’absence de points translucides sur les feuilles, et des fruits renfermant plusieurs graines. Pouteria altissima diffère de Pouteria aningeri par ses feuilles qui sont glabres sur leur face inférieure. Cependant, les deux espèces sont souvent confondues et mélangées dans le commerce des bois.

Pouteria superba

Pouteria superba (Vermoesen) L.Gaut. (synonymes : Malacantha superba Vermoesen, Aningeria superba (Vermoesen) A.Chev.), décrit dans le sud-ouest de la R.D. du Congo (Bas-Congo), ressemble étroitement à Pouteria aningeri. Il a un fût rectiligne, libre de branches jusqu’à 25 m de haut et un diamètre atteignant 100 cm, avec de grands contreforts, et le bois est semblable à celui de Pouteria aningeri et est probablement aussi commercialisé internationalement en petites quantités.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23? : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; (33 : ponctuations radiovasculaires de deux tailles distinctes ou de deux types différents dans la même cellule du rayon) ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : (77 : parenchyme axial en chaînettes) ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; (87 : parenchyme axial en réseau) ; 92 : quatre ( 3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1– 3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; (108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées) ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : (159 : présence de corpuscules siliceux) ; (160 : corpuscules siliceux dans les cellules des rayons) ; (161 : corpuscules siliceux dans les cellules du parenchyme axial).
(P. Mugabi, A.A. Oteng-Amoako & P. Baas)

Croissance et développement

La germination demande 2–3 semaines, et la croissance initiale est lente. Dans la forêt de Mopri (Côte d’Ivoire), sur une période de 14 ans (1978–1992), la croissance annuelle en diamètre d’arbres de la classe de 10–70 cm de diamètre a été de 2,8 mm en forêt non perturbée, et 4,4 mm après éclaircie par agents chimiques. La croissance annuelle en diamètre a été plus rapide de 1–2 mm pour les arbres de la classe de 40–70 cm de diamètre que pour les arbres de diamètre moindre. En Côte d’Ivoire, Pouteria aningeri fleurit en février–avril, et on peut trouver des fruits mûrs en avril–mai. Au Ghana, les arbres ont une période sans feuilles en février–mars, la floraison ayant lieu dans la même période ; les fruits sont mûrs en mars–avril. Les fruits sont mangés par les oiseaux et les chimpanzés, qui peuvent disperser les graines. Pouteria aningeri se régénère abondamment.

Ecologie

Au Ghana, Pouteria aningeri se rencontre dans la forêt semi-décidue et est localement commun. En Côte d’Ivoire et au Cameroun, on indique qu’il est très abondant dans la zone de transition entre la forêt semi-décidue et la forêt sempervirente humide. Pouteria aningeri est sensible au feu ; après un feu dans une forêt en Côte d’Ivoire, 50% des arbres étaient morts dans un délai de 6 ans.

Multiplication et plantation

Les semis sont classés comme essence de lumière non pionnière. Bien qu’ils puissent être très abondants autour des arbres mères, leur développement ultérieur dépend de trouées dans le couvert. Le poids de 1000 graines est de 700–800 g.

Gestion

Le feu influe négativement sur la régénération de Pouteria aningeri; au Ghana, toutes les tailles d’arbres étaient plus abondantes en forêt non brûlée qu’en forêt soumise à des feux. Bien que les semis préfèrent des ouvertures dans le couvert pour se développer convenablement, les coupes à grande échelle dans la forêt ont une influence négative sur la régénération.

Traitement après récolte

Les grumes doivent être extraites de la forêt aussi rapidement que possible après l’abattage, ou traitées directement avec un produit d’imprégnation, étant sujettes au bleuissement. Des études au Ghana ont montré que les caractéristiques mécaniques des branches de Pouteria aningeri se comparaient favorablement avec celles du bois de fût, et que les grosses branches (de 15–30 cm de diamètre), qui sont généralement considérées comme du déchet, peuvent être sciées pour en faire du bois de charpente. Des évaluations du taux de récupération de placages de grumes de Pouteria aningeri au Ghana ont montré un taux de récupération de 30–34%, ce qui signifie que les usines de placages produisent de grandes quantités de déchets. On a noté chez les ouvriers des cas d’asthme professionnel et d’urticaire de contact, causés par la sciure de Pouteria aningeri.

Ressources génétiques

Bien que Pouteria aningeri soit moins répandu que Pouteria altissima, il est localement commun en Afrique de l’Ouest, par ex. en Côte d’Ivoire et au Ghana, où il est plus commun que cette dernière espèce. Cependant, il est fortement exploité dans ces deux pays, et un suivi des populations est recommandé.

Perspectives

Au cours des dernières années, Pouteria aningeri est devenu une importante essence à bois d’œuvre, en particulier pour la production de placages, dans certains pays d’Afrique occidentale (Côte d’Ivoire, Ghana). Diverses caractéristiques (propriétés favorables du bois, bonne régénération) indiquent qu’il pourrait maintenir son importance s’il n’est pas trop intensivement exploité. La recherche doit par conséquent s’orienter vers des méthodes d’exploitation durable. Des études au Ghana ont montré qu’il y a encore des perspectives d’amélioration du rendement et de la qualité des placages et sciages de Pouteria aningeri grâce à l’utilisation du bois des branches et à des techniques de production optimales.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Aubréville, A., 1964. Sapotacées. Flore du Cameroun. Volume 2. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 143 pp.
  • Normand, D., 1970. Les aniégré, Sapotacées de Côte d’Ivoire et leurs bois. Bois et Forêts des Tropiques 134: 3–13.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Pouteria aningeri Baehni. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 11 avril 2019.


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