Portulaca quadrifida (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Médicinal | |
Ornemental | |
Fourrage | |
Sécurité alimentaire | |
Changement climatique | |
- Protologue: Mant. pl. 1 : 73 (1767).
- Famille: Portulacaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 48
Synonymes
Noms vernaculaires
Pourpier (Fr). Single-flowered purslane, small-leaved purslane, ten o’clock plant, chickenweed (En). Beldroega (Po). Kinyorwe (Sw).
Origine et répartition géographique
Portulaca quadrifida est largement réparti en Afrique et en Asie tropicale et il a été introduit dans les régions chaudes des Amériques. En Afrique, on le trouve dans tous les pays, généralement comme adventice, rarement cultivé (par ex. en R.D. du Congo et au Rwanda).
Usages
Les feuilles et les jeunes pousses de Portulaca quadrifida sont récoltées dans la nature et consommées crues. De saveur douce et agréable, elles sont fréquemment utilisées en salade. On les consomme également comme légume cuit. En Inde, les feuilles cuites à l’eau sont mélangées à la farine de sorgho ou de mil pour préparer une sorte de pain. Les plantes constituent un bon aliment pour les porcs, les poulets et autres volailles. Les types de grande taille sont parfois plantés comme plante ornementale (par ex. au Rwanda) ou comme plante fixatrice de sable pour empêcher l’érosion (par ex. au Kenya). Sur le plan médicinal, les usages de Portulaca quadrifida sont moins répandus, mais la plante a les mêmes applications médicinales que Portulaca oleracea L. La plante est généralement utilisée comme diurétique, pour traiter les rhumatismes et les maladies gynécologiques, comme sédatif, analgésique et cardiotonique, pour traiter la fièvre, les troubles des voies urinaires, les maladies causées par les vers, comme tonifiant et cholérétique, pour traiter la dysenterie et pour appliquer en externe sur les ulcères, l’eczéma et la dermatite.
Propriétés
La composition nutritionnelle de Portulaca quadrifida est probablement comparable à celle de Portulaca oleracea. Il se peut que Portulaca quadrifida contienne des oxalates en quantités toxiques, susceptibles d’entraîner la mortalité du bétail. Dans certains sols, il a aussi tendance à accumuler des nitrates, et de ce fait il doit être consommé en quantités modérées.
Botanique
Plante herbacée prostrée formant des tapis, annuelle ou pérenne à vie courte, pourvue de tiges charnues, articulées, étalées, fortement ramifiées, atteignant au moins 30 cm de long, s’enracinant librement à partir des nœuds, souvent teintées de rougeâtre ; nœuds munis d’un dense verticille de poils blanchâtres. Feuilles opposées, simples, sessiles, étroitement elliptiques à ovales, de 0,5–1,5 cm × 1–4 mm, apex obtus à subaigu, lisses, à nervures distinctes. Fleurs solitaires au bout de courts rameaux latéraux, entourées de 4 feuilles involucrales et de poils abondants, bisexuées ; sépales 2, ovales, de 3(–6) mm de long ; pétales 4, obovales, de 3,5–10 mm × 4 mm, généralement jaunes (rarement rosâtres) ; étamines 7–16, disposées en 1 verticille ; ovaire semi-infère, style habituellement à 4 bras. Fruit : capsule obovoïde de 2–3,5 mm de long, déhiscente près de la base et laissant juste un rebord persistant très mince, à nombreuses graines. Graines à contour semi-orbiculaire, d’environ 1 mm de diamètre, gris terne.
Le genre Portulaca comprend environ 150 espèces, dont 30 environ en Afrique tropicale, mais les opinions sur la délimitation des espèces diffèrent considérablement. En particulier, le groupe d’espèces à feuilles alternes présente des difficultés de taxinomie. Portulaca quadrifida est relativement unique avec son port en tapis, mais il est très variable, en particulier en ce qui concerne le nombre d’étamines et la taille des fleurs. En Afrique, seul Portulaca pilosa L. a le même port, mais il possède des feuilles alternes, 5 pétales et des étamines plus nombreuses.
Comme Amaranthus, le genre Portulaca se caractérise par une photosynthèse en C4, ce qui veut dire que la photosynthèse est importante losque l’intensité lumineuse et la température sont élevées. Les graines fraîches ont besoin de lumière pour germer, mais cette exigence disparaît chez les graines plus vieilles. La phase reproductive ne semble pas influencée par la photopériode. Les fleurs s’ouvriraient ponctuellement à dix heures du matin, d’où le nom anglais “ten o’clock plant”. Les graines de Portulaca quadrifida sont facilement dispersées par le vent, par l’eau, avec les graines des plantes cultivées ou par les déjections des oiseaux, et lorsqu’il s’introduit comme adventice, il est difficile à éliminer, parce qu’il se multiplie facilement à partir de petits fragments.
Description
Autres données botaniques
Croissance et développement
Ecologie
On trouve Portulaca quadrifida à l’état sauvage sur les emplacements dénudés et parmi les rochers, sur les sols sablonneux ou pierreux, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude. Il est souvent introduit involontairement par la main de l’homme et occupe volontiers les zones récemment perturbées, les tas de compost ou d’ordures et les champs. Dans certaines langues africaines, on le surnomme le “seigneur du tas d’ordures”. Il accepte toutes sortes de sols, mais il préfère le sable ou les limons sableux.
Récolte
Ressources génétiques
La vaste répartition et la grande variation de Portulaca quadrifida est la preuve de sa formidable flexibilité génétique, qui lui permet de s’adapter rapidement à des milieux nouveaux.
Perspectives
Portulaca quadrifida restera un légume secondaire, recherché seulement lorsque les autres légumes font défaut. Sa composition nutritionnelle et ses propriétés médicinales méritent davantage de recherches. Sa culture n’est pas recommandée, étant donné qu’il peut aussi se comporter comme une adventice envahissante.
Références principales
- Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
- Gilbert, M.G. & Phillips, S.M., 2000. A review of the opposite-leaved species of Portulaca in Africa and Arabia. Kew Bulletin 55: 769–802.
- Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
- Phillips, S.M., 2002. Portulacaceae. In: Beentje, H.J. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 40 pp.
- Susiarti, S., 1993. Portulaca L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 227–229.
Autres références
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- Gilbert, M.G., 2000. Portulacaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 249–258.
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- Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.
- Westphal, E., 1975. Agricultural systems in Ethiopia. Agricultural Research Reports 826. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 278 pp.
- Wild, H., 1961. Portulacaceae. In: Exell, A.W. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 1, part 2. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 362–372.
Auteur(s)
- P.C.M. Jansen
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 3 avril 2025.
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