Plumbago auriculata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Plumbago auriculata Lam.


Protologue: Encycl. 2 : 270 (1786).
Famille: Plumbaginaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 14, 16

Synonymes

  • Plumbago capensis Thunb. (1794).

Noms vernaculaires

  • Dentelaire du Cap (Fr).
  • Blue plumbago, Cape leadwort, Cape plumbago, skyflower (En).
  • Plumbago azul (Po).

Origine et répartition géographique

Plumbago auriculata est indigène d’Afrique du Sud et introduit en tant que plante ornementale dans la plupart des pays tropicaux et subtropicaux.

Usages

En Afrique australe, on consomme une décoction des parties aériennes ou des racines de Plumbago auriculata pour soigner la fièvre bilieuse hémoglobinurique. Une infusion de racines sert d’émétique. On met de la poudre de racines sur les verrues pour les faire disparaître et on l’utilise également comme poudre à priser pour soulager les maux de tête. On frictionne les scarifications liées aux fractures avec de la poudre de racines grillées pour en accélérer la guérison, et on s’en enduit le corps pour soigner les sutures. Toutefois, ces traitements ne sont pas sans danger lorsque des zones importantes sont traitées, puisque des cas de mort par irritation ont été signalés. L’extrait de racines agit également comme styptique en cas de scrofule.

Plumbago auriculata est cultivé dans les jardins tropicaux à la fois comme plante ornementale et comme haie vive ; dans les régions tempérées, il s’agit d’une plante en pot ou de serre. Il existe non seulement plusieurs cultivars à fleurs dans différents tons de bleu, mais aussi un cultivar blanc. En Afrique de l’Est, les fleurs et les feuilles de Plumbago auriculata servent de colorant pour les textiles : beige, jaune citron, jaune (en combinaison avec de l’alun) ou or (en combinaison avec du chrome). Le jus des racines est gris-bleu, et est utilisé pour les tatouages. La volaille et les moutons se régalent volontiers de feuilles, mais des cas d’empoisonnement ont été signalés.

Production et commerce international

Plumbago auriculata est produit et commercialisé comme plante ornementale aux quatre coins du monde.

Propriétés

Toutes les parties de Plumbago auriculata contiennent une naphtoquinone, la plumbagine (2-méthyl juglone), qui couvre la peau d’ampoules. La plumbagine possède un grand nombre d’activités pharmacologiques : antimicrobiennes, anticancérigènes, cardiotoniques et antifertiles. Elle a des propriétés insecticides en tant qu’anti-appétent et inhibiteur de la mue. La plumbagine est aussi un pigment jaune que l’on trouve sous une forme combinée incolore dans la plante et qui se libère par traitement acide. Plumbago auriculata contient une protéine antifongique qui inhibe la germination de spores chez Macrophomina phaseolina.

Description

Plante herbacée vivace ou petit arbuste pérenne atteignant 2(–3) m de haut ; tiges érigées, rampantes ou grimpantes, diffusément ramifiées. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole court à grandes auricules, amplexicaules à la base ; limbe obovale, elliptique, oblancéolé ou spatulé, de 2,5–9 cm × 2–6 cm, base longuement atténuée, apex aigu ou obtus, mucroné, vert jaunâtre clair. Inflorescence : grappe ou épi terminal compact, comportant de nombreuses fleurs, jusqu’à 10(–15) cm de long ; bractées lancéolées, petites ; pédoncule de 1–6 cm de long, densément poilu. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 0–1 mm de long ; calice tubulaire de 10–12 mm de long, à 5 côtes, comportant ça et là quelques poils courts et des glandes stipitées sur la partie supérieure ; tube de la corolle cylindrique, de 2–3(–4) cm de long, lobes largement obovales, de 10–15 mm de long, étalés, généralement bleu clair, quelquefois bleu foncé ou blanc ; étamines libres, exsertes ; ovaire supère, 1-loculaire, style filiforme, lobes du stigmate allongés. Fruit : capsule oblongue, membraneuse, jusqu’à 8 mm de long, se rétrécissant vers l’apex, enchâssée dans le calice persistant, déhiscente, à 1 graine. Graines oblongues, d’environ 7 mm de long, légèrement aplaties, marron foncé ou noires.

Autres données botaniques

Le genre Plumbago comprend environ 25 espèces et est présent presque partout dans le monde. En Afrique tropicale, il en existe près de 10 espèces. Plumbago auriculata fleurit toute l’année, sauf si la température baisse au-dessous de 10°C. Les fleurs attirent de nombreux papillons.

Ecologie

Plumbago auriculata préfère les sols fertiles, bien drainés, légèrement acides, sablonneux, bien exposés au soleil et une fois qu’il a pris racines, il se révèle résistant à la sécheresse. Il pousse mieux dans les régions où la saison sèche est bien marquée. Il supporte assez bien le gel et même si les parties aériennes sont tuées, il s’en remet d’habitude rapidement. Plumbago auriculata tolère le sel.

Gestion

Plumbago auriculata est multiplié par graines, par division de plantes plus âgées, par drageons ou par boutures à moitié mûres. Les graines sont semées dans des casiers de semis sur un sol léger qui doit ensuite rester humide. Les plantes sont souvent taillées en haie basse ou en bordure et on les fait parfois grimper sur des arceaux. Une taille périodique et sévère de même que l’exposition au soleil permettent d’obtenir une floraison prolifique. Dans les régions tempérées, Plumbago auriculata peut être cultivé en conteneurs et conservé en pépinière durant l’hiver.

Ressources génétiques

Plumbago auriculata est largement cultivé et n’est pas menacé d’érosion génétique. Il existe plusieurs cultivars ornementaux, comme ‘Imperial Blue’, ‘Royal Cape’ avec ses fleurs d’un bleu profond, ‘Blue Dark’ avec ses fleurs bleu nuit et ‘Alba’ avec ses fleurs blanches.

Perspectives

La plumbagine possède différentes activités pharmacologiques intéressantes, mais à cause de sa toxicité, l’emploi de Plumbago auriculata en médecine traditionnelle n’est pas dépourvu de risques. C’est pourquoi il y a lieu d’être extrêmement prudent lorsqu’on utilise des décoctions de parties de Plumbago auriculata en médecine locale.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • A. de Ruijter, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

de Ruijter, A., 2006. Plumbago auriculata Lam. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 12 novembre 2020.


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