Platycladus orientalis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Platycladus orientalis (L.) Franco


Protologue: Portugaliae Acta Biol., Sér. B, Sist. Julio Henriques : 33 (1949).
Famille: Cupressaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

  • Thuja orientalis L. (1753),
  • Biota orientalis (L.) Endl. (1847).

Noms vernaculaires

  • Cyprès chinois, thuya de Chine (Fr).
  • Chinese arbor-vitae, biota, eastern thuja (En).
  • Biota da China, tuia da China (Po).

Origine et répartition géographique

La répartition naturelle de Platycladus orientalis est obscurcie par un long passé de culture dans de vastes régions d’Asie. On suppose qu’il trouve son origine au nord et au nord-est de la Chine, en Corée et en Sibérie. Son aire de répartition s’étend jusqu’au Japon, à Taïwan et en Asie centrale, et il s’est naturalisé par endroits en Indochine. Il est cultivé en Europe depuis la première moitié du XVIIIe siècle. Dans les régions fraîches d’Afrique tropicale, il a été planté surtout comme ornemental.

Usages

Sur l’île de la Réunion, le principal usage de Platycladus orientalis est celui de remède contre les rhumatismes. On broie les cônes, que l’on met à tremper dans de l’alcool pendant 2–3 jours et on frictionne les articulations douloureuses avec l’extrait. Les petits rameaux s’utilisent dans une infusion qui se boit pour venir à bout des varices, des hémorroïdes et des troubles de la ménopause. Ils servent à améliorer la circulation, à faire tomber la fièvre et à soigner les ulcères gastriques. Sur l’île Maurice, une infusion de rameaux et de feuilles s’emploie pour soigner les inflammations de la gorge, la fièvre et la grippe.

En médecine traditionnelle chinoise, les feuilles ont la réputation d’avoir des propriétés stomachiques amères, rafraîchissantes, astringentes, diurétiques, toniques et antipyrétiques. La décoction ou le jus des feuilles servait autrefois à soulager toutes sortes de saignements, les ulcères gastriques, la blennorragie et les rhumes. Les graines se prescrivent comme sédatif, tranquillisant, antitussif et hémostatique. En Indochine, les feuilles broyées s’emploient en guise d’emménagogue et d’antitussif, les graines comme tonique, sédatif, tranquillisant et aphrodisiaque. La décoction de petits rameaux se prescrit pour traiter la dysenterie, les affections cutanées et la toux.

Au Zimbabwe, au Mozambique et en Afrique du Sud, Platycladus orientalis se cultive comme plante ornementale et n’a pas d’usages médicinaux documentés. Les huiles essentielles extraites des feuilles, des cônes et du bois ont de l’importance dans les produits de soins du corps utilisés en Occident.

Production et commerce international

Il existe un commerce de matériel végétal séché de Platycladus orientalis depuis l’Asie. Les prix de détail en 2001 s’élevaient à US$ 7 les 500 g de feuilles séchées, US$ 8,7 les 100 g de granules d’extraits de parties feuillées et US$ 12 les 100 g de granules d’extrait de parties feuillées carbonisées. Les huiles essentielles issues des feuilles, des cônes et du bois font également l’objet de commerce international.

Propriétés

Les feuilles et les cônes de Platycladus orientalis contiennent une huile essentielle riche en α-pinène, sabinène, 3-carène, limonène et cédrol. Dans du matériel provenant d’Egypte, c’est à partir des cônes frais qu’on en a récupéré le plus. Du pinusolide, diterpène de type labdane, ainsi que de l’acide pinusolidique ont été isolés d’extraits de feuilles. Le pinusolide est un puissant antagoniste du facteur d’activation plaquettaire (PAF). Les résultats d’essais menés sur des souris suggèrent que le pinusolide peut avoir une valeur thérapeutique dans le traitement de l’hypotension, et que les analogues du pinusolide peuvent éventuellement fournir de nouveaux antagonistes spécifiques du PAF. L’acide pinusolidique a une activité similaire.

L’administration orale chronique d’extrait de graines à des souris a corrigé les défaillances d’acquisition mémorielle et les troubles de rétention mémorielle avec effet dose-dépendant. Il y a d’autres effets prouvés des extraits de feuilles, notamment les propriétés hémostatiques, l’activité antitumorale in vitro et in vivo et une activité semblable à celle de la vitamine K. Lors d’un essai de criblage antibactérien, l’extrait de feuille aqueux a inhibé la croissance de bactéries gram-positives, et inhibé de façon significative la production d’aflatoxine d’Aspergillus parasiticus sur des produits tels que le riz, le blé, le maïs et l’arachide. L’extrait au méthanol de feuilles et de cônes a inhibé la croissance de Candida albicans. Une activité immunosuppressive a été observée chez des souris dont l’alimentation contenait 10% d’huile de graines.

Description

  • Arbuste ou arbre monoïque, de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut, formant souvent des tiges multiples en culture ; écorce mince, brun rougeâtre, s’écaillant en minces bandes longitudinales ; branches ascendantes.
  • Feuilles opposées décussées, écailleuses, celles des fines ramilles latérales d’environ 2 mm de long, étroitement apprimées.
  • Cônes mâles terminaux, de 2–3 mm de long ; cônes femelles axillaires, oblongs, de 20–25 mm × 10–18 mm, à 6–10 écailles charnues, chacune pourvue sous son extrémité d’une corne recourbée, 4 écailles centrales fertiles ayant 2(–3) graines.
  • Graines ovoïdes, aplaties, de 5–7 mm × 3–4 mm, non ailées.

Autres données botaniques

Le genre Platycladus ne comprend qu’une espèce et s’apparente étroitement au genre Thuja. Il s’en distingue facilement par la disposition de ses rameaux feuillés dans un plan vertical qui sont dépourvues d’odeur lorsqu’on les écrase, par les écailles des cônes fortement crochues et ses graines non ailées.

Ecologie

En Asie, Platycladus orientalis pousse habituellement sur les versants rocailleux et les falaises. Cela explique la réussite des plantations sur des sols pauvres et excessivement drainés, ainsi que la réussite des cultivars de petite taille dans les jardins de rocailles et de plantes grasses. Platycladus orientalis tolère également les sols à pH élevé. Il préfère l’ensoleillement direct mais tolère un ombrage partiel.

Gestion

Platycladus orientalis se multiplie facilement par boutures et par graines. Les cultivars se multiplient bien par boutures, mais on peut aussi utiliser la greffe en placage.

La croissance des semis est stimulée par une application de NPK 10:20:10, qui augmente nettement la croissance du diamètre de la tige. Un niveau élevé de P dans les mélanges de NPK augmente la longueur des racines et le nombre de rameaux. Le poids des feuilles fraîches et sèches se trouve considérablement accrû par une augmentation des niveaux de N et de P.

Après récolte, les parties feuillées peuvent se sécher et se conserver en vue d’une utilisation ultérieure. Les graines s’obtiennent en ouvrant les cônes séchés et s’utilisent fraîches. L’huile essentielle tirée des feuilles et des cônes peut être extraite par distillation à la vapeur.

Ressources génétiques

Platycladus orientalis possède une vaste aire de répartition et se cultive partout ; il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.

Il y a de nombreux cultivars référencés dans le commerce horticole, allant des types nains aux arbres, des types à feuilles jeunes aciculées, des types vert doré ou légèrement panachés, ou à branches filamenteuses.

Perspectives

Le potentiel de culture de Platycladus orientalis en Afrique tropicale est bon en altitude sous des climats pas trop chauds. Le pinusolide présente une activité intéressante en lien avec l’hypertension et l’antagonisme au PAF. Il sera nécessaire d’approfondir les recherches, mais le composé ou ses analogues (semi-)synthétiques pourraient d’ores et déjà avoir un potentiel dans la recherche médicale de demain.

Références principales

  • Aggarwal, S., 2001. Platycladus orientalis (L.) Franco. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 439–441.
  • Gurib-Fakim, A., Guého, J. & Bissoondoyal, M.D., 1996. Plantes médicinales de Maurice, tome 2. Editions de l’Océan Indien, Rose-Hill, Mauritius. 532 pp.
  • Lavergne, R. & Véra, R., 1989. Médecine traditionnelle et pharmacopée - Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques à la Réunion. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 236 pp.
  • Morgan, C.S., 1999. Platycladus orientalis: Cupressaceae. Curtis’s Botanical Magazine 16(3): 185–192.
  • Poynton, R.J., 1966. Cultivated Gymnosperms (Ginkgoaceae, Araucariaceae, Pinaceae, Taxodiaceae, Cupressaceae). In: Codd, L.E., de Winter, B. & Rycroft, H.B. (Editors). Flora of southern Africa. Volume 1. Botanical Research Institute, Department of Agricultural Technical Services, Pretoria, South Africa. pp. 51–53.

Autres références

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  • Da Graça Silva, M., 1983. Cupressaceae. In: Mendes, E.J. (Editor). Flora de Moçambique. No 3. Instituto de Investigação Científica Tropical, Lisbon, Portugal. pp 41–44.
  • Ezzat, S.M., 2001. In vitro inhibition of Candida albicans growth by plant extracts and essential oils. World Journal of Microbiology and Biotechnology 17(7): 757–759.
  • Farjon, A., 1998. World checklist and bibliography of conifers. Royal Botanical Gardens, Kew, United Kingdom. 298 pp.
  • Hassanzadeh, M.K., Rahimizadeh, M., Fazly Bazzaz, B.S., Emami, S.A. & Assili, J., 2001. Chemical and antimicrobial studies of Platycladus orientalis essential oils. Pharmaceutical Biology 39(5): 388–390.
  • Kim, K.A., Moon, T.C., Lee, S.W., Chung, K.C., Han, B.H. & Chang, H.W., 1999. Pinusolide from the leaves of Biota orientalis as potent platelet activating factor antagonist. Planta Medica 65(1): 39–42.
  • Lai, L.T., Naiki, M., Yoshida, S.H., German, J.B. & Gershwin, M.E., 1994. Dietary Platycladus orientalis seed oil suppresses anti-erythrocyte autoantibodies and prolongs survival of NZB mice. Clinical Immunology and Immunopathology 71(3): 293–302.
  • Nishiyama, N., Chu, P.J. & Saito, H., 1995. Beneficial effects of biota, a traditional Chinese herbal medicine, on learning impairment induced by basal forebrain-lesion in mice. Biological and Pharmaceutical Bulletin 18(11): 1513–1517.
  • Singh, P. & Sinha, K.K., 1986. Inhibition of aflatoxin production on some agricultural commodities through aqueous plant extracts. Journal of the Indian Botanical Society 65(1): 30–32.
  • Yang, H.O. & Han, B.H., 1998. Pinusolidic acid: a platelet-activating factor inhibitor from Biota orientalis. Planta Medica 64(1): 73–74.

Sources de l'illustration

  • Aggarwal, S., 2001. Platycladus orientalis (L.) Franco. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 439–441.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands.

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2008. Platycladus orientalis (L.) Franco. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 25 juillet 2021.


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