Piptadeniastrum africanum (PROTA)

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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, rameau en fleurs ; 3, fruit ; 4, graine. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
port de l'arbre
écorce
écorce et tranche
branches en fleurs
fruits et graines
graines germées
semis
planches
section transversale d'une grume
bois (face tangentielle)
bois (face radiale)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Piptadeniastrum africanum (Hook.f.) Brenan


Protologue: Kew Bull. 1955(2) : 179 (1955).
Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 26

Synonymes

  • Piptadenia africana Hook.f. (1849).

Noms vernaculaires

  • Dabéma (Fr).
  • Dabema, dahoma, African greenheart (En).
  • Musence (Po).

Origine et répartition géographique

Piptadeniastrum africanum se rencontre depuis le Sénégal jusqu’au sud du Soudan et à l’Ouganda, et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo et au nord de l’Angola.

Usages

Le bois (nom commercial : dabéma) est employé en construction, notamment pour la construction maritime et les ponts, la parqueterie, les traverses de chemins de fer, les étais de mine, la construction navale, la charronnerie, les boiseries intérieures, la menuiserie, le mobilier, notamment les meubles de jardin, l’ébénisterie, les articles de sport, le tournage, les panneaux de fibres, les panneaux de particules et la production de pâte à papier. Il sert traditionnellement à la fabrication de pirogues. En Europe, le bois est considéré comme un excellent substitut du chêne (Quercus spp.), à tel point qu’on l’appelle parfois “chêne africain”. Il est également employé comme bois de feu et pour la production de charbon de bois.

Piptadeniastrum africanum est couramment utilisé en médecine traditionnelle, principalement l’écorce, quelquefois aussi les racines et les feuilles. Les décoctions d’écorce sont administrées par voie interne contre la toux, la bronchite, les céphalées, les troubles mentaux, les hémorroïdes, les infections uro-génitales, les douleurs gastriques, la dysménorrhée et l’impuissance masculine, et comme antidote ; en application externe, elles servent à soigner la fièvre, les maux de dents, les pneumonies, les œdèmes, les affections cutanées et les rhumatismes, à expulser les vers, à chasser les puces, et comme purgatif et abortif. La décoction d’écorce entre aussi dans un traitement complexe de la lèpre. L’écorce est utilisée pour le poison de flèche, le poison d’épreuve et le poison de pêche ; additionnée de riz, elle sert de mort-aux-rats. Elle sert également de substitut au savon. Les Pygmées du Cameroun et de la R.D. du Congo emploient à la fois l’écorce de la racine et de la tige pour confectionner du poison de flèche. Les extraits de racines ou les macérations servent en cas de troubles psychiques, d’abortif et d’aphrodisiaque. Les feuilles pilées et les décoctions de feuilles sont prescrites en lavement pour soigner la gonorrhée et les douleurs abdominales. Les feuilles servent de mort-aux-rats.

L’arbre est planté ou maintenu lors des défrichages forestiers en tant qu’essence d’ombrage dans les plantations de caféiers, de cacaoyers et de bananiers. La fibre de l’écorce a été utilisée pour tisser des nattes. Des chenilles comestibles se nourrissent de ses feuilles, et ses fleurs sont une source de nectar pour les abeilles. Dans de nombreux pays, Piptadeniastrum africanum passe pour un arbre magique.

Production et commerce international

Selon l’OIBT, le Ghana a exporté 4000 m³/an de sciages de dabéma en 2003 et 2004, à un prix moyen de US$ 310/m³. La Côte d’Ivoire a exporté quant à elle 10 000 m³ de sciages en 2004, à un prix moyen de US$ 397/m³, et 4000 m³ en 2005, à US$ 439/m³. Le Cameroun a exporté 7000 m³ de grumes en 2005, à un prix moyen de 555 US$/m³, le volume étant en 2006 de 14 000 m³, à US$ 358/m³. D’après l’ATIBT (Association technique internationale des bois tropicaux), le Cameroun a exporté 400 m³ de sciages en 2003, 800 m³ en 2004, et 2000 m³ en 2006, alors que les exportations de grumes ont représenté 21 000 m³ en 2006. Le Gabon a exporté 950 m³/an de grumes en 2003 et 2004, et 15 000 m³ en 2005.

Propriétés

Le bois de cœur est brun pâle à brun doré, quelquefois brun foncé, avec un joli dessin de bandes sur les surfaces sciées sur quartier, et il se distingue nettement de l’aubier, de 5–15 cm d’épaisseur, rose pâle à rouge grisâtre. Il est contrefil, le grain est grossier. Le bois dégage une odeur désagréable d’ammoniaque lorsqu’il vient d’être coupé.

Le bois est moyennement lourd. A 12% d’humidité, la densité est de (480–)590–800(–900) kg/m³. Les taux de retrait au séchage sont modérés à élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 2,5–5,2% dans le sens radial et de 7,0–10,5(–13,4)% dans le sens tangentiel. Le bois sèche à l’air relativement lentement, avec un risque élevé de déformation et de gerces. Dans le sud de la Côte d’Ivoire, des planches de 29 mm d’épaisseur empilées horizontalement mettent 38 semaines à sécher, contre 61 semaines pour des planches de 50 mm d’épaisseur. Il est conseillé de les faire sécher à l’air avant de les mettre en séchoir. Après séchage, le bois est moyennement stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 80–178 N/mm², le module d’élasticité de 9300–16 500 N/mm², la compression axiale de 46–74 N/mm², le cisaillement de 7–18 N/mm², le fendage de 14–32 N/mm, la dureté Janka de flanc de 6400–6860 N et la dureté Janka en bout de 8100 N.

Le bois se scie et se travaille assez facilement, mais a tendance à émousser les lames de coupe, c’est pourquoi il est recommandé d’employer des lames de scie stellitées et des outils tranchants au carbure de tungstène. Un angle de coupe de 10–15° est préconisé pour le rabotage et le moulurage afin d’éviter le peluchage du fil. Le bois se finit bien, mais l’emploi d’un enduit bouche-pores est nécessaire. Il tient bien les vis et les clous, mais il est un peu sujet aux fentes. Les caractéristiques de collage sont satisfaisantes. Celles de cintrage à la vapeur sont moyennes. Le bois ne convient pas particulièrement pour le placage et le contreplaqué ; il doit être bien traité à la vapeur avant de pouvoir être déroulé. La sciure peut irriter la peau, la gorge et les yeux.

Le bois de cœur est moyennement durable. Il a montré une résistance modérée aux attaques fongiques, ainsi qu’à celles des foreurs du bois sec et des termites. Lors d’essais menés au Ghana, le bois n’a pas été endommagé après avoir été exposé aux termites Coptotermes formosanus dans des chambres d’essai, tous les termites étant morts en l’espace d’une semaine. Il est signalé comme résistant à l’eau douce. Si le bois de cœur n’absorbe pas les produits d’imprégnation, l’aubier n’est que moyennement rebelle. Cependant, pour que le bois puisse être utilisé pour les traverses de chemins de fer, il doit être traité. Le degré de résistance aux attaques fongiques dépend de la concentration des dihydroflavonols, qui est plus élevée dans la partie externe du bois de cœur que dans la partie interne, laquelle est par conséquent moins résistante.

Des essais de réduction en pâte Kraft ont fait ressortir les perspectives intéressantes qu’offrait le bois pour la production de pâte à papier. Au Ghana, le charbon de bois obtenu à partir du bois semblerait convenir à la préparation du charbon actif décolorant employé dans le raffinage du sucre.

Les racines et l’écorce de la tige contiennent des saponines, des tanins, des flavonoïdes et des leucoanthocyanes. L’écorce du tronc est hautement toxique, ce qui a été confirmé par des essais sur les rats. Elle a montré une activité modérée contre plusieurs bactéries pathogènes.

Falsifications et succédanés

Le bois de Cylicodiscus gabunensis Harms est similaire quoique légèrement plus lourd, et il est également commercialisé sous le nom de “African greenheart”.

Description

  • Arbre caducifolié ou sempervirent de grande taille atteignant 50 m de haut ; fût rectiligne et cylindrique, quoique quelquefois sinueux, dépourvu de branches jusqu’à 20(–30) m, atteignant 180(–300) cm de diamètre, pourvu à la base de grands contreforts minces atteignant 5(–8) m de haut, s’allongeant souvent à la surface en des racines en forme de planches ramifiées et sinueuses ; surface de l’écorce lisse, parfois annelée et à nombreuses petites lenticelles, chez les sujets âgés quelquefois légèrement fissurée, brun jaunâtre à brun grisâtre ou brun rougeâtre, écorce interne blanchâtre à jaune pâle ou brune, cassante ; cime étalée, plate ; jeunes rameaux densément couverts de poils bruns et courts.
  • Feuilles alternes, composées bipennées à 10–19 paires de pennes généralement alternes ; stipules linéaires, jusqu’à 9 mm de long, précocement caduques ; pétiole de 0,5–3 cm de long ; folioles opposées, en 25–60 paires par penne, sessiles, linéaires, de 1,5–8,5 mm × environ 1 mm, base asymétrique, apex obtus, poilues sur le bord. Inflorescence : fausse grappe axillaire ou terminale spiciforme de 11 cm de long, souvent en nombre à l’extrémité des rameaux, poilue, densément fleurie.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle d’environ 0,5 mm de long ; calice à tube d’environ 0,5 mm de long, denté ; pétales libres, oblongs à lancéolés, de 2,5–3 mm de long, blanchâtres ou jaunâtres ; étamines 10, soudées à la base, d’environ 4 mm de long, anthères avec une glande à l’apex ; ovaire supère, ellipsoïde, d’environ 2 mm de long, avec un stipe d’environ 1 mm de long, glabre, style mince.
  • Fruit : gousse aplatie, linéaire, de 12,5–36 cm × 1,5–3 cm, courtement stipitée à la base, brun foncé, veinée transversalement, déhiscente sur un côté, contenant jusqu’à 9 graines.
  • Graines oblongues, plates, de 3–9,5 cm de long y compris l’aile papyracée entourant la graine, d’un brun lustré, attachées au milieu.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 1–3 cm de long, épicotyle d’environ 3 cm ; cotylédons en forme d’éventail, d’environ 1 cm × 2,5 cm, légèrement charnus ; premières feuilles composées pennées à nombreuses folioles.

Autres données botaniques

Le genre Piptadeniastrum est monotypique et semble avoir une position assez isolée au sein de sa famille. On peut le confondre avec Newtonia, qui diffère par la présence de glandes sur les feuilles, par un ovaire poilu et par des graines attachées à l’apex.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; (42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm) ; 43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; (47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré) ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; (65 : présence de fibres cloisonnées) ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : (76 : parenchyme axial en cellules isolées) ; 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; (93 : huit (5–8) cellules par file verticale).
  • Rayons : 98 : rayons couramment 4– 10-sériés ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(E. Uetimane, H. Beeckman & P.E. Gasson)

Croissance et développement

Les semis sont souvent communs en forêt, même complètement à l’ombre. Toutefois, leur croissance est très médiocre à l’ombre, où ils risquent de ne pas dépasser 20–35 cm de haut à 3 ans, alors qu’ils peuvent atteindre 150 cm au bout de 4 ans dans des endroits moins ombragés de la forêt. Les jeunes plants et les jeunes arbres étant exigeants en lumière, on les trouve habituellement dans les petites trouées de la forêt. En Sierra Leone, on a enregistré des accroissements annuels moyens de diamètre de fût de 1,2 cm dans les 20 premières années suivant la plantation. En Côte d’Ivoire, l’accroissement annuel moyen était de 4,9 mm. Au Ghana, les accroissements annuels moyens étaient supérieurs dans les classes de diamètre de 30–49 cm et de 50–69 cm, avec 9,0 mm et 11,1 mm respectivement. Au Nigeria, un arbre a atteint 90 cm de diamètre de fût en 71 ans.

Les jeunes arbres ont une cime arrondie qui se développe en 2 couches distinctes, la couche inférieure disparaissant plus tard et la supérieure se développant horizontalement et finissant par se fragmenter. Les arbres adultes ont d’immenses cimes aplaties qui s’étalent dans l’étage supérieur de la forêt. Ils sont souvent brièvement caducifoliés, mais habituellement ne perdent pas toutes leurs feuilles en même temps. Les folioles se replient au coucher du soleil. En Sierra Leone, au Liberia et en Côte d’Ivoire, les arbres fleurissent généralement en mai–août et les fruits mûrissent en décembre–mars ; au Nigeria, on a noté que la floraison avait lieu en juin–septembre et la fructification en octobre–mars. Au Ghana, les fruits sont mûrs vers la fin de la saison sèche. En Ouganda, la floraison se produit principalement en juillet et août. Les graines ailées sont essentiellement dispersées par le vent, mais la dissémination par l’eau et les oiseaux est aussi possible. Piptadeniastrum africanum nodule avec des rhizobiums.

Ecologie

Piptadeniastrum africanum se rencontre en forêt sempervirente et semi-décidue des basses terres, jusqu’à 1200 m d’altitude. Au Ghana, il semble préférer la forêt sempervirente. Au Gabon, il est disséminé dans la forêt primaire, mais peut localement être plus abondant dans les vieilles forêts secondaires. On remarque une certaine préférence pour les collines et les terrains plats humides mais bien drainés en Sierra Leone, quoique Piptadeniastrum africanum soit aussi fréquent en ripisylve. En Ouganda, c’est une espèce commune et caractéristique de la forêt autour du Lac Victoria.

Multiplication et plantation

Les semences sont récoltées sur le sol de la forêt. Le poids de 1000 graines est d’environ 180 g. Elles perdent rapidement leur viabilité et ne peuvent être conservées plus d’un mois. Elles ne présentent pas de dormance, et germent en l’espace de 1–3 semaines. Au cours d’un essai, 96% des graines ont germé en 8 jours. Elles doivent être semées en planches de pépinière à l’ombre. Les semis ont une croissance lente et ils peuvent rester en pépinière plus d’un an avant la plantation. Les semis naturels sont parfois récoltés en vue de la plantation.

Gestion

En général, Piptadeniastrum africanum est assez disséminé dans la forêt. Au Gabon, le volume moyen de fût est de 0,6 m³/ha, mais dans le sud du Cameroun il est de 1,6–4,8 m³/ha pour des fûts dont le diamètre est supérieur à 60 cm. Dans certaines régions, Piptadeniastrum africanum pousse à de fortes densités, par ex. dans certaines forêts de la Sierra Leone, où il représente 10% de l’ensemble des arbres ayant un diamètre de fût supérieur à 60 cm. Au Liberia, on a enregistré une densité moyenne de 1 fût par ha ayant un diamètre supérieur à 60 cm. En Ouganda, Piptadeniastrum africanum a été installé en plantations expérimentales, ce qui a donné de bons résultats.

Récolte

Le diamètre minimal d’abattage est de 60 cm en Côte d’Ivoire, au Cameroun et en R.D. du Congo, de 80 cm au Liberia et en Centrafrique, et de 90 cm au Ghana. Les hauts contreforts qui se trouvent à la base du fût nécessitent la construction d’une plate-forme pour l’abattage. Les fûts ont tendance à se fendre lors de l’abattage.

Rendement

Des arbres ayant un diamètre de fût de 60, 90 et 120 cm ont un rendement en bois d’œuvre d’environ 3,1, 7,2 et 13,1 m³ respectivement.

Traitement après récolte

Les grumes fraîchement abattues coulent dans l’eau et ne peuvent donc pas être transportées par flottage.

Ressources génétiques

Piptadeniastrum africanum est répandu dans différents types de forêts d’Afrique de l’Ouest et centrale et il est commun dans de nombreuses régions. Ainsi donc, il ne semble pas menacé pour le moment. Cependant, il gagne apparemment du terrain en tant qu’essence à bois d’œuvre commerciale, et on assiste couramment à son écorçage, du moins partiel, pour des applications en médecine traditionnelle. Ce qui pourrait, à court terme, rendre Piptadeniastrum africanum sensible à l’érosion génétique.

Perspectives

Piptadeniastrum africanum est très demandé sur le marché international des bois d’œuvre, même si les applications de son bois sont un peu limitées en raison des taux élevés de retrait. Certes, une telle demande permet d’augmenter la commercialisation de l’espèce, toutefois force est d’approfondir les recherches sur les taux de croissance dans des conditions écologiques variées et de mettre au point des méthodes de gestion qui conviennent aux forêts dont il est un élément commun si l’on veut garantir à l’avenir une production durable.

Piptadeniastrum africanum a de nombreuses applications en médecine traditionnelle, pour autant la recherche ne s’est que très peu penchée sur sa phytochimie et sur ses propriétés pharmacologiques. Les recherches se justifient pour qu’on évalue les possibilités qu’il offre dans le cadre de l’élaboration de médicaments, tout en tenant compte des effets toxiques connus de l’écorce, qui est la partie de l’arbre la plus utilisée en médecine locale.

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Sources de l'illustration

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  • Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.

Auteur(s)

  • R.B. Jiofack Tafokou, Ecologic Museum of Cameroon, P.O. Box 8038, Yaoundé, Cameroon

Citation correcte de cet article

Jiofack Tafokou, R.B., 2008. Piptadeniastrum africanum (Hook.f.) Brenan. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 5 février 2019.


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