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Piper capense (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Piper capense L.f.


Protologue: Suppl. pl. : 90 (1782).
Famille: Piperaceae

Synonymes

  • Piper emirnense Baker (1878).

Noms vernaculaires

  • Poivrier du Cap (Fr).
  • Wild pepper (En).
  • Fía boba pequena (Po).
  • Mdeka (Sw).

Origine et répartition géographique

Piper capense se rencontre depuis la Guinée jusqu’en Ethiopie et vers le sud jusqu’en Angola, au Mozambique et en Afrique du Sud. Peu de documents témoignent de sa présence en Afrique de l’Ouest. Il est également présent dans les îles de l’océan Indien.

Usages

Les préparations à base de feuilles sont couramment utilisées pour traiter les troubles abdominaux, le kwashiorkor, les infections bactériennes de la peau et la polio. Un extrait à l’eau de feuilles et de tiges se donne en lavement aux femmes quelques jours après leur accouchement pour décoller le placenta. Au Cameroun, les parties aériennes servent à traiter les crises d’épilepsie. A Madagascar, l’infusion de feuilles est considérée comme l’un des meilleurs remèdes contre la fièvre bilieuse et l’hématurie.

On fait une pommade à partir des racines, qui s’applique sur la plante des pieds pour traiter la paralysie chez les malades souffrant d’hémorragie cérébrale. L’infusion de racine ou l’extrait de graines édulcorés se prend contre la toux. L’infusion de racine se prend aussi comme vermifuge. La racine crue ou cuite se consomme comme tonique aphrodisiaque. L’écorce est un ingrédient d’infusions administrées contre la stérilité. L’écorce en poudre mélangée à de la vaseline s’applique sur les plaies et contre les pertes vaginales, et la macération d’écorce se boit pour traiter les maux de bouche et de gorge, les douleurs à la poitrine et les maladies vénériennes. Le fruit infusé dans de l’eau ou de l’eau de vie se prend pour traiter les problèmes d’estomac, de cœur et de reins, ainsi que les flatulences ; il provoque sudation et somnolence. Les fruits se prennent en Afrique de l’Est comme antitussif, en Afrique du Sud comme vermifuge et diurétique, et en R.D. du Congo comme vermifuge et stomachique. Piper capense entre également dans des mélanges de plantes utilisées en médecine vétérinaire, par ex. contre le prolapsus rectal, la gastroentérite, la hernie, l’anaplasmose et la rage. Dans le sud de la Tanzanie, les feuilles s’appliquent sur les pattes enflées des vaches.

Les fruits s’utilisaient jadis comme épice en Ethiopie, en Tanzanie et en Afrique du Sud en raison de leur saveur piquante et épicée évoquant celle du clou de girofle. En Tanzanie, les feuilles servent de fourrage.

Production et commerce international

Piper capense est vendu seulement localement.

Propriétés

Les feuilles fraîches de Piper capense du Cameroun contiennent environ 0,2% d’huile essentielle et les graines 1,4%. Ces deux huiles essentielles, riches en hydrocarbures monoterpènes, contiennent surtout du α-pinène, du β-pinène, du camphène et du sabinène. Lors d’un essai in vitro, les propriétés antifongiques des huiles essentielles se sont avérées de faible puissance. Les parties aériennes de plantes originaires de São Tomé contenaient principalement des hydrocarbures monoterpènes et sesquiterpènes, dont du α -pinène, du β-pinène, de l’ester éthylique d’acide benzènepropanoïque, du β -caryophyllène et, en moindres quantités, du limonène, du β-phellandrène, du linalool, du germacrène-D, du (E)-nérolidol et du γ-muurolène. Un sesquiterpène, la capentine, ainsi que plusieurs néo-lignanes ont été isolés des racines. Un extrait brut de racine a montré une activité antibactérienne significative contre Staphylococcus aureus, Streptococcus pyogenes et Corynebacterium xerosis in vitro.

Les parties aériennes de la plante, qui servent couramment de nourriture aux animaux sauvages, contiennent 88% d’eau et 12% de matière sèche ; cette dernière contient par 100 g : protéines brutes 6 g, fibres détergentes neutres 51 g, fibres détergentes acides 34 g, lignine détergente acide 8 g, glucides hydrosolubles 12 g.

Description

Arbuste aromatique sempervirent ou parfois liane issue d’un rhizome tubéreux, atteignant 3 m de haut ou à tiges rampantes de 4(–5) m de long ; tiges cylindriques, peu fermes, verdâtres, glabres ou garnies de poils longs sur des nœuds renflés de 3 cm de diamètre. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules lancéolées, de 1–1,5 cm de long, adnées au pétiole et embrassant la tige, tombant rapidement ; pétiole de 0,5–5(–8,5) cm de long, cannelé au-dessus près de la base, glabre ou poilu ; limbe largement ovale à elliptique, de 5–18 cm × 2,5–15 cm, base cunéiforme, arrondie ou légèrement cordée, légèrement asymétrique, apex acuminé, vert foncé au-dessus, vert pâle ou grisâtre à glauque au-dessous, glabre ou poilu au-dessous, (3–) 5–11-palmatinervé, les 3 nervures médianes arrivant à l’apex. Inflorescence : épi solitaire terminal ou opposé aux feuilles, blanc crème ; pédoncule de 1–5 cm de long, glabre, rachis de 2,5–8,5(–10) cm de long. Fleurs minuscules, bisexuées ou mâles sur des épis distincts, ou fleurs mâles et bisexuées sur le même épi avec les fleurs mâles situées vers la base, sessiles ; périanthe absent ; étamines 2–3 ; ovaire supère, ovoïde, 1-loculaire, à style court et 2 stigmates recourbés. Fruit : drupe globuleuse-ovoïde de 2–4 mm de long, sessile, contenant 1 graine. Graines brunes, brillantes.

Autres données botaniques

Les estimations du nombre d’espèces que comprend le genre Piper vont de 1400 à plus de 2000 ; une quinzaine d’espèces sont originaires d’Afrique tropicale ou s’y sont naturalisées. Dans Piper capense, on reconnaît l’existence de 2 variétés : var. capense, présente dans toute l’aire de répartition de l’espèce, et var. brachyrhachis (C.H.Wright) Verdc., présente depuis le sud-ouest de la Tanzanie jusqu’en Zambie. Var. brachyrhachis se distingue par ses feuilles et ses pousses plus densément poilues et par ses épis plus courts (jusqu’à 2 cm de long).

Piper capense est étroitement apparenté à Piper nigrum L. d’Asie (poivrier noir).

Croissance et développement

En Afrique australe, Piper capense fleurit d’août à février et fructifie d’octobre à juin. Il peut fleurir toute l’année lorsqu’il y a assez d’eau.

Ecologie

Piper capense est présent dans le sous-étage de la forêt pluviale sempervirente, des forêts marécageuses et des ripisylves humides, mais aussi dans les bambouseraies mixtes, les maquis et les fourrés à proximité des cours d’eau, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2500 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Piper capense se multiplie essentiellement par graines, mais les boutures de tige donnent également de bons résultats.

Gestion

Piper capense n’est pas cultivé mais se récolte en forêt selon les besoins.

Ressources génétiques

Piper capense a une vaste aire de répartition et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Piper capense va sans doute conserver l’importance qu’il a en médecine traditionnelle, où son usage, répandu et courant, justifie un approfondissement des recherches, afin d’évaluer la totalité de son potentiel.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Immelman, K.L., 2000. FSA contributions 15: Piperaceae. Bothalia 30(1): 25–30.

Auteur(s)

  • C. Zimudzi, Department of Biology, National University of Lesotho, P.O. Roma 180, Lesotho

Citation correcte de cet article

Zimudzi, C., 2008. Piper capense L.f. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 4 avril 2025.


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