Pinus elliottii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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port de l'arbre (Plants of Hawaii)
branche feuillée (Plants of Hawaii)

Pinus elliottii Engelm.


Protologue: Trans. Acad. Sci. St. Louis 4(1) : 186–190, pl. 1–3 (1880).
Famille: Pinaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Noms vernaculaires

  • Pin d’Elliott, pin à aiguilles longues (Fr).
  • Slash pine, pitch pine, yellow pine (En).

Origine et répartition géographique

Pinus elliottii est présent à l’état naturel dans le sud-est des Etats-Unis (en Floride et dans les plaines côtières voisines). Il a été introduit dans de nombreuses régions de l’hémisphère Sud, notamment l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En Afrique, il est répertorié au Burundi, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe, à Madagascar, à l’île Maurice, à la Réunion, en Afrique du Sud et au Swaziland. Il est également présent à l’état subspontané.

Usages

Le bois des jeunes arbres, léger et tendre, est surtout utilisé pour la pâte à papier, et le bois des arbres âgés, plus lourd et plus dur, comme bois d’œuvre. La rectitude du fût le rend particulièrement indiqué pour les poteaux, les piliers et les produits en bois massif, mais un traitement avec des produits de conservation est souvent nécessaire. Le bois convient également à la construction, aux revêtements de sol, aux ossatures, à la menuiserie, aux boiseries intérieures, à la fabrication de meubles, à l’ébénisterie, à la construction navale, aux châssis de véhicules, aux jouets, au tournage, aux boîtes, aux caisses, aux placages, au contreplaqué et aux panneaux de particules. Il est utilisé comme bois de feu.

De l’oléorésine est extraite de l’arbre par gemmage et distillée pour obtenir de la térébenthine et de la colophane. La térébenthine est utilisée dans les industries de la peinture, et la colophane dans la production de papier, de savon et de colle.

Propriétés

Le bois de cœur, jaune à brun-rouge, ne se démarque pas nettement de l’aubier, blanc jaunâtre, large de 5(–15) cm. Le fil est droit, parfois spiralé, le grain est moyen. Les cernes sont distincts. La teneur en résine du bois est élevée. Le bois a une densité de 420–700 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche sans grande détérioration, mais il peut y avoir des gerces de surface et des fentes vers le cœur. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont de 4,2–5,5% radialement et de 7,9–8,5% tangentiellement. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 71–123 N/mm², le module d’élasticité de 7800–14 700 N/mm², la compression axiale de 37–59 N/mm², la compression transversale de 6 N/mm², le cisaillement de 8–9 N/mm², la dureté Janka de flanc de 2930–4630 N et la dureté Janka en bout de 3800–5920 N.

C’est un bois relativement difficile à travailler. La résine peut adhérer aux dents de scie et aux lames de coupe, mais le recours à des dents profondes réduit le problème. Le bois retient bien les clous et les vis, et il se colle, se finit et se peint de manière satisfaisante. Il est moyennement durable à non durable, étant sensible aux attaques des foreurs Anobium, des térébrants marins et des termites. L’aubier n’est pas sensible aux foreurs Lyctus. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier étant quant à lui perméable.

Les cellules des fibres du bois font 2,1–4,0 mm de long, avec un diamètre de 39–54 μm et une épaisseur de paroi des cellules de 4,2–6,5 μm. La composition chimique du bois anhydre est la suivante : holocellulose 57–73%, α-cellulose 36–42% et lignine 28–32%. La solubilité dans l’eau froide est de 1,4–3,3%, dans l’eau chaude de 1,9–4,7%, dans l’alcool-benzène de 0, 5–6,6%, et dans une solution de NaOH à 1% de 8,5–15,8%. Le procédé de fabrication de pâte au sulfate (kraft) donne un rendement de 40–51% de pulpe blanchie, avec un indice kappa de 23–56, donnant un papier ayant une résistance à la traction et à l’éclatement satisfaisante, mais une résistance à la déchirure relativement faible.

Au Zimbabwe, l’oléorésine fournit 12–13% de térébenthine, dont les principaux composés sont l’α-pinène (54,3%) et le β-pinène (34,0%). Les principaux composés de l’huile essentielle distillée des aiguilles de Pinus elliottii du Mozambique étaient l’α-pinène (43,0%), le β-pinène (27,1%) et l’α-terpinéol (9,6%).

Description

  • Arbre sempervirent, monoïque, de taille moyenne, atteignant 30(–40) de haut ; fût mince et droit, atteignant 90(–100) cm de diamètre ; écorce externe grisâtre et sillonnée chez les jeunes arbres, devenant rouge brunâtre à motifs semblables à des assiettes ; cime ovoïde.
  • Feuilles groupées à l’extrémité des rameaux, en bouquets de 2–3, en aiguille, de 17–30 cm de long, raides, vert foncé.
  • Cônes mâles en groupes denses, atteignant 6 cm de long.
  • Cônes femelles mûrs habituellement solitaires, sessiles, ovoïdes-coniques, de 7–15 cm de long, grisâtres ou brun rougeâtre, lustrés, à écailles munies d’un aiguillon grisâtre émoussé.
  • Graines d’environ 6 mm × 3 mm, à aile d’environ 25 mm de long, brun foncé marbré de noir.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

La croissance de Pinus elliottii est rapide au début, mais sur l’ensemble du cycle de rotation, elle ne l’est pas autant que celle de Pinus patula Schltdl. & Cham. En Zambie, des arbres âgés de 30 ans faisaient en moyenne 24 m de haut. Au Malawi, des arbres âgés de 30 ans dans une plantation éclaircie à une densité de 296 arbres/ha faisaient 30 m de haut et avaient un diamètre de fût moyen de 37 cm. A Madagascar, des arbres âgés de 40 ans faisaient en moyenne 31 m de haut avec un diamètre de fût de 41 cm. En Afrique du Sud, des arbres âgés de 20 ans (densité de 320 arbres/ha) faisaient 23 m de haut, avec un diamètre de fût de 22 cm, et des arbres âgés de 33 ans (densité 320 arbres/ha) faisaient 33 m de haut avec un diamètre de fût de 42 cm. Pinus elliottii est remarquable par la rectitude de son fût. L’auto-ébranchage est courant et donne lieu à une cime relativement courte. La pollinisation est effectuée par le vent. Les cônes femelles mûrissent en 3 ans, et l’arbre commence à porter des graines vers l’âge de 7–8 ans.

Pinus est un vaste genre comprenant plus de 110 espèces, presque toutes limitées à l’hémisphère Nord. De nombreuses espèces de Pinus sont cultivées en dehors de leur aire de répartition naturelle, dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées. Sous les tropiques, 2 espèces sont plus importantes que toutes les autres : Pinus caribaea Morelet dans les régions tropicales de basses terres et Pinus patula dans les régions tropicales et subtropicales de hautes terres, plus froides. Pinus elliottii est souvent confondu avec Pinus caribaea, et les 2 espèces se croisent.

Ecologie

Pinus elliottii est cultivé à (500–)700–2500 m d’altitude, dans des régions ayant une température annuelle moyenne de 15–24°C, une température maximale moyenne du mois le plus chaud de 23–32°C, une température minimale moyenne du mois le plus froid de 4–12°C, une pluviométrie annuelle moyenne de 650–2500 mm, et une saison sèche de 1–4 mois. On peut le cultiver sur toutes sortes de sols, mais il se plait surtout sur des sols acides profonds et bien drainés. Pinus elliottii est relativement tolérant au gel et aux vents salés. Les jeunes arbres sont assez sensibles aux dégâts des incendies jusqu’à ce qu’ils aient atteint 3–4,5 m de haut, mais ensuite l’écorce devient suffisamment épaisse pour protéger le cambium des températures élevées. C’est une essence de lumière qui concurrence bien les adventices.

Gestion

Pinus elliottii se multiplie habituellement par graines. Le poids de 1000 graines est de 25–50 g. Au Zimbabwe, les graines sont récoltées après séchage des cônes au soleil dans des hangars à ouvertures latérales et toiture plastique, parfois complété d’un séchage au four à une température maximale de 48°C. Les graines se conservent des années à l’abri de l’humidité, de la chaleur et en récipients hermétiquement clos. La germination met normalement 15–20 jours, et le taux de germination des graines fraîches est habituellement de 80–95%. La présence de mycorhizes est extrêmement bénéfique pour la survie et la croissance initiale, et il est recommandé de procéder à des inoculations de spores ou d’ajouter du sol prélevé d’arbres établis à proximité. Les semis peuvent être repiqués 4–8 mois après la germination, lorsqu’ils font environ 30 cm de haut. Les espacements habituels sont de 2,5 m × 2,5 m. La multiplication végétative est possible par greffage, marcottage aérien ou bouturage, mais les boutures de branches ne prennent pas facilement, surtout celles provenant d’arbres âgés. Des méthodes de régénération in vitro ont été mises au point par embryogenèse ou organogenèse.

Un désherbage est nécessaire au cours des 2 premières années suivant le semis. Il n’existe pas d’essais concluants sur l’application d’engrais. Les cycles de rotation dépendent de la production visée : la rotation optimale pour le bois de trituration est d’environ 25 ans, tandis que pour le bois scié on pratique des rotations plus longues ; il faut par ex. 45–55 ans pour obtenir des arbres d’un diamètre de fût d’environ 40 cm. En principe, on procède à des éclaircies. Dans des plantations au Malawi d’une densité initiale de 1250 arbres/ha, la première a lieu quand le diamètre moyen de fût est de 24 cm, afin que le bois des arbres abattus puisse être commercialisé, ce qui a lieu autour de la 13e année. Une deuxième éclaircie est effectuée lorsque les arbres sont âgés de 19 ans, et une troisième à 25 ans pour arriver à une densité finale de 270 arbres/ha. Pour la production de bois scié, il faut procéder à des élagages à intervalles de 5–10 ans à partir de 8–12 ans, mais même pour une production de bois de trituration, l’élagage jusqu’à 2 m de haut est recommandé lorsque les arbres font 6 m de haut, pour réduire les risques d’incendie. Pinus elliottii recèperait bien.

De tous les pins, Pinus elliottii a la réputation d’être le plus résistant à l’important pathogène fongique du pin qu’est Sphaeropsis sapinea (synonyme : Diplodia pinea) qui est à l’origine d’un flétrissement ou d’un dépérissement. La maladie la plus grave est la rouille fusiforme provoquée par Cronartium fusiforme. Au Malawi, Pinus elliottii est sensible à l’armillaire (Armillaria sp.), surtout en dessous de 1300 m d’altitude. Dans les pépinières, il peut y avoir une fonte des semis. Au Zimbabwe, le criquet Mecostibus pinivora fait partie des ravageurs. Pinus elliottii est également attaqué par le scolyte Dendroctonus frontalis.

En raison de sa croissance lente, les rendements en bois de Pinus elliottii sont plus faibles que ceux de Pinus patula. Cependant, Pinus elliotti peut avoir des rendements en bois de trituration plus élevés en raison de sa plus forte densité. D’habitude, l’accroissement annuel moyen en volume est de 10–20 m³/ha, mais au Malawi, on a enregistré jusqu’à 36 m³/ha. Des rendements annuels d’oléorésine de 3 kg/arbre ont été relevés au Zimbabwe.

Ressources génétiques

Pinus elliottii a été croisé avec Pinus caribaea, Pinus patula et d’autres Pinus spp. Un hybride de Pinus elliottii et Pinus caribaea var. hondurensis a pris de l’importance dans des plantations au Queensland (Australie) en raison de la supériorité de sa croissance et de sa forme. Des cartes de liaison génétique de Pinus elliottii ont été réalisées à l’aide de marqueurs RAPD, AFLP et microsatellites.

Perspectives

Pinus elliottii est un arbre de plantation utile pour la production de poteaux, de piliers et de produits en bois massif, ainsi que pour la fabrication de papier. Il tolère des climats et des sols de natures très variées, et il est relativement résistant à Sphaeropsis sapinea. Mais sa croissance relativement lente et la faible durabilité du bois sont des inconvénients.

Références principales

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Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Pinus elliottii Engelm. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 12 novembre 2020.


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