Phragmites australis (PROTA)

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Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Phragmites australis (Cav.) Trin. ex Steud.


Protologue: Nomencl. Bot., ed. 2 (Steudel), 1: 143 (1840).
Famille: Poaceae (Gramineae)
Nombre de chromosomes: 2n = 24, 36, 44, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 56, 72, 84, 96, 120. En Afrique tropicale, 2n = 4x = 48 prédomine.

Synonymes

  • Phragmites communis Trin. (1820),
  • Phragmites vulgaris Crép. (1866).

Noms vernaculaires

  • Roseau commun, roseau des marais (Fr).
  • Common reed, ditch reed, giant reed, yellow cane, reed grass, giant reedgrass (En).
  • Caniço, caniço d’agua, caniço dos ribeiros, carriço (Po).
  • Gugumua, matete, mtete (Sw).

Origine et répartition géographique

Phragmites australis est une graminée cosmopolite présente sur tous les continents sauf l’Antarctique et on pense que c’est l’angiosperme la plus répandue. Il est connu à l’état sauvage, mais il est également cultivé et s’est naturalisé à l’état subspontané. En Afrique tropicale, il est présent dans une ceinture qui entoure la zone de forêt dense, du Sénégal jusqu’en Erythrée, et d’Ethiopie et d’Erythrée vers le sud jusqu’en Mozambique, au Zimbabwe, en Namibie, en Afrique du Sud et au Swaziland. Il est également présent à Madagascar.

Usages

Phragmites australis est une graminée polyvalente. Les tiges sont utilisées dans la construction pour la couverture des toits et pour faire des murs, des cloisons et des clôtures, et comme matériau d’isolation. Elles sont utilisées pour tresser des paniers, des nattes, des vêtements (tels que des tabliers grossiers, des chapeaux et des chaussures) et des cordages, pour fabriquer des instruments de musique (flûtes et sifflets), des flèches, des lances légères et du matériel de pêche, ainsi que des boucles d’oreilles et des colliers, des bâtons de prière et des pipes. Les panicules sont assemblées en balais et utilisées pour la décoration. On utilise couramment les tiges creuses pour faire des radeaux. Des calames pour écrire ont été coupés dans les parties fines de la tige et les tiges sont également utilisées comme un instrument de mesure linéaire. On les utilise également pour la fabrication de pâte à papier, de carton, de cellophane et de fibres synthétiques. La pâte peut être transformée en une substance fibreuse fine pour le rembourrage. La fibre est adaptée à la confection de cordages. Les feuilles sont également utilisées pour le tissage des nattes et d’autres objets.

Tôt dans la saison de croissance, les jeunes feuilles et tiges servent de fourrage pour le bétail et les chevaux, mais elles deviennent ensuite résistantes et immangeables. La plante peut être fauchée pour faire du foin et peut fournir un fourrage pour la saison chaude, si elle a été récoltée pendant la saison des pluies. Il faut donner un supplément de protéines aux animaux qui la pâturent. Les jeunes pousses sont parfois utilisées comme légume. En Amérique du Nord, on consomme une gomme s’écoulant de la tige. Les rhizomes et les graines servent également d’aliment en cas de disette. En Russie, les rhizomes sont récoltés et transformés en amidon. Les graines sont utilisées pour faire des grelots et comme perles.

Les tiges sont récoltées comme combustible là où on ne dispose d’aucune meilleure source, et Phragmites australis est une espèce prometteuse comme culture énergétique de deuxième génération. Une forme panachée est cultivée comme plante ornementale dans les jardins publics et privés.

Dans les régions tropicales et subtropicales, Phragmites australis est utilisé en médecine comme remède contre l’arthrose, la bronchite, le cancer, le choléra, la toux, le diabète, la diarrhée, l’hydropisie, la fièvre, la goutte, le hoquet, la jaunisse, la leucémie, les nausées, la pneumonie, les rhumatismes, les plaies, les douleurs d’estomac et la fièvre typhoïde. Les graines en poudre sont utilisées au Cap-Ouest (Afrique du Sud) comme ingrédient dans un onguent contre les brûlures et le rhizome sert de diaphorétique, de diurétique et d’émétique. En médecine chinoise, il est utilisé contre les rhinites et la méningite bactérienne. La graine est un composant d’un aphrodisiaque chez les Vendas.

Récemment, le potentiel de Phragmites australis comme purificateur d’eau a suscité beaucoup d’intérêt, en raison de sa croissance drue, de son développement racinaire et de sa capacité à absorber les polluants, dont les éléments nutritifs des plantes et les métaux lourds. Sa capacité d’adaptation à des conditions alternantes de sécheresse et d’humidité en fait une des meilleures plantes de purification de l’eau pour les tropiques. Phragmites australis est utilisé dans de nombreux projets de réhabilitation et de stabilisation de terres marécageuses. Il est utilisé pour revégétaliser les zones ripicoles perturbées, contrôler l’érosion des côtes, stabiliser les berges de rivières et de canaux, et réduire l’impact des vagues sur les structures des bassins versants. Aux Pays-Bas, par exemple, Phragmites australis a joué un rôle important en matière de réhabilitation des terres. Dans les polders conquis sur la mer, c’est la première plante cultivée qui a été semée pour sa tolérance au sel, tandis que son fort taux de transpiration a permis de sécher et de stabiliser le sol. Ensuite, la terre a été labourée et drainée et Phragmites australis a été éliminé.

Production et commerce international

Bien que Phragmites australis soit couramment utilisé, on dispose de peu de données sur sa production et son commerce. Dans le passé, la récolte de Phragmites australis était principalement une activité de subsistance, mais actuellement un marché international florissant a vu le jour, par exemple dans le delta du Danube. En Roumanie, la production de Phragmites australis est passée d’environ 6500 t en 1955 (récolte entièrement manuelle) à 226 000 t en 1964 (récolte mécanisée à 89%). Après 1964, cependant, la récolte a progressivement diminué pour atteindre environ 30 000 t en 1996. D’autres régions de production importantes sont le sud de la Russie, l’Ukraine et la Pologne. Phragmites australis est transporté sous sa forme brute ou comme produit fini vers d’autres pays européens, tels que l’Italie, l’Allemagne et l’Angleterre, où l’aspect rustique des couvertures de toits et clôtures est apprécié et est devenu un signe de statut social. La commercialisation des récoltes de Phragmites australis par les communautés locales en Afrique a augmenté et le commerce de ses produits est également important. Pour plusieurs communautés vivant aux alentours du delta de l’Okavango au Botswana, la récolte de roseaux (Phragmites australis et Phragmites mauritianus Kunth) est une importante source de revenus. Une demande élevée, un déclin de son milieu et une récolte destructrice ont entraîné de fortes augmentations de prix, du moins en Afrique du Sud.

Propriétés

Même en régions tempérées, les tiges non traitées de Phragmites australis se détériorent en 10 ans, mais avec une récolte correcte et un traitement de conservation, son espérance de vie peut être multipliée par dix. Les tiges matures ont une meilleure résistance à la détérioration que les jeunes. En Europe, les toits correctement conçus et bien entretenus peuvent résister 50 à 70 ans, si le faîte est remplacé tous les 5 à 15 ans. Le production en roseaux de 1,6–2 ha permet de couvrir 140 m² de toit. Au Botswana, on utilise les tiges pour faire des clôtures qui résistent 1,5–2 ans avant de se détériorer.

Les tiges matures servent à produire du papier. Les roseaux récoltés dans le delta du Danube au début de l’hiver et contenant environ 20% d’eau, contiennent par 100 g matière sèche environ 43 g de cellulose, 26 g de lignine, 24 g de pentosanes. Le type de sol a peu d’influence sur la teneur en cellulose ; elle était similaire pour des roseaux poussant sur des berges de rivières sableuses, argileuses, en eau douce ou dans des marécages saumâtres ou sur des îlots flottants. La fibre fait 0,8–3 mm de long, de 5–30,5 μm de diamètre et a des parois épaisses. Les cellules de fibre sont accompagnées de fibres ponctuées à paroi mince de longueurs variables.

Les matières foliaires sont bonnes comme fourrage, en particulier à l’état jeune. Les tiges plus âgées sont moins appréciées. Pendant la saison de croissance, la teneur en glucides passe d’environ 50 g à environ 10 g par 100 g de matière sèche, principalement en faveur de la teneur en cellulose qui augmente de 16 g à 44 g par 100 g de matière sèche. Des analyses de jeunes échantillons feuillés du delta du Danube ont indiqué 31% de matière sèche, contenant par 100 g : 40–45 g d’extrait non-azoté, environ 1,8 g de lipides bruts, 31–35 g de fibres brutes, 14 g de protéines brutes, et 11 g de cendres. Du foin (86% de matière sèche) contenait par 100 g de matière sèche : lipides 0,5 g, sucres/amidon 20 g, cellulose 12 g et protéines assimilables 3 g. La teneur relativement forte en silice réduit l’appétence. Elle est plus faible pour des roseaux qui poussent sur des îlots flottants et pour les roseaux séchés acidifiés.

Falsifications et succédanés

Comme source de matériau de couverture, Phragmites australis est souvent remplacé par d’autres espèces de graminées dont Hyparrhenia hirta (L.) Stapf (chaume commun) et Hyperthelia dissoluta (Nees ex Steud.) Clayton (chaume jaune), ou par des feuilles de palmier.

Description

Graminée vivace vigoureuse, issue d’un rhizome très étendu, trapu, rampant verticalement et horizontalement ; tige (chaume) droite, atteignant 6 m de haut et 15 mm de diamètre, feuillée sur toute sa longueur, nœuds glabres, entrenœuds de 10–25 cm de long, creux, habituellement farineux au-dessous des nœuds ; stolons souvent présents en surface. Feuilles alternes, simples et entières ; gaines imbriquées au départ, puis plus courtes que les entrenœuds, lâches, lisses, ligule constituée d’une rangée de poils de 1–1,5 mm de long ; limbe habituellement pendant, linéaire à très étroitement lancéolé, atteignant 100 cm × 0,5–5 cm, base légèrement auriculée, apex filiforme acuminé, relativement ferme, glabre mais parfois poilu à proximité de la base et parfois scabéruleux sur les bords. Inflorescence : panicule plumeuse fortement ramifiée, à contour oblong à ovale-oblong, atteignant 50 cm × environ 10(–17) cm, érigée, pendante par la suite, argenté-violacé ou brunâtre, à barbes soyeuses sur les rameaux inférieurs ; rachis cylindrique dans la partie inférieure, anguleux dans la partie supérieure, barbu aux nœuds ; ramifications en fascicules, anguleuses, quelques-unes portant des épillets presque jusqu’à leur base, densément hirsutes à l’insertion. Epillet cunéiforme, comprimé latéralement, de 10–18 mm de long, sur un pédicelle glabre ou poilu de 2–4 mm de long, à (3–) 4–8(–10) fleurs à la base ; les 1–2 fleurs inférieures sont mâles ; fleurs suivantes bisexuées ; fleur apicale réduite ; glumes 2, aiguës, à 3 ou 5 nervures, persistantes, glume inférieure de 3–5 mm de long, glume supérieure de 6–9 mm de long ; lemme inférieure linéaire-lancéolée à linéaire-oblongue, de 8–15 mm, aiguë à acuminée, à bords involutés ; lemmes fertiles de 9–12 mm de long, étroitement lancéolées, acuminées, glabres ; lodicules 2, de 1–1,5 mm de long, plumeuses à poils de 6–10 mm de long et aussi longues que la lemme ; paléole de 1,5–4 mm de long ; étamines 1–3 chez les fleurs basales, 3 chez les fleurs apicales, anthères d’environ 4 mm de long ; ovaire à style bifide, poilu. Fruit : caryopse (grain) d’environ 1–5 mm de long, muni de soies.

Autres données botaniques

Phragmites est un genre cosmopolite d’au moins 4 espèces, dont 3 existent en Afrique tropicale. Les espèces de ce genre sont très voisines et difficiles à distinguer. Phragmites mauritianus Kunth diffère de Phragmites australis par ses tiges plus ligneuses, ses feuilles plus rigides et ses plus petites glumes. Phragmites karka (Retz.) Trin. ex Steud. est intermédiaire entre Phragmites australis et Phragmites mauritianus pour de nombreux caractères morphologiques. L’introgression, qui se produit lorsqu’il y a chevauchement des aires de répartition, a encore plus embrouillé les distinctions.

Phragmites australis est extrêmement polymorphe, avec de nombreux écotypes et variants chromosomiques (la polyploïdie et l’aneuploïdie jouant toutes les deux un rôle). On reconnaît deux sous-espèces : Phragmites australis subsp. australis, répandu dans les régions tempérées des deux hémisphères, et Phragmites australis subsp. altissimus (Benth.) Clayton, sur les côtes de la Méditerranée, s’étendant jusqu’en Iran, et vers le sud jusqu’en Arabie, en Ethiopie, au Kenya et sur la bordure méridionale du Sahara. Les 2 sous-espèces sont imparfaitement distinguées par la forme de la glume supérieure.

Croissance et développement

Phragmites australis fleurit et fructifie toute l’année dans les régions épargnées par le gel. La fertilité du pollen et la formation des graines sont moyennes à cause de dysfonctionnements lors de la mitose. Une auto-incompatibilité totale ou au moins partielle est fréquente. Alors qu’une autofécondation a donné 2,8 et 8,9% de formation de graines chez deux peuplements japonais, une fécondation croisée a donné des résultats de 52,4 et 64,4%. En conséquence, l’accroissement par graines des populations est généralement faible, mais peut être important pour la diffusion vers d’autres sites. La germination n’a lieu qu’en eau peu profonde. Si les conditions sont favorables, la germination peut débuter sous 2 jours à 25–27°C, ou après 4–5 jours à 15–16°C. Le taux de germination diminue avec l’accroissement de la salinité ; une concentration de 50 mmol de NaCl a diminué la germination. La germination est une période éminemment vulnérable et les conditions optimales du milieu pour la germination diffèrent de l’environnement typique de la plante adulte.

La multiplication végétative par dissémination de fragments de rhizome dans les courants d’eau, par les animaux et les humains est un important moyen de colonisation de nouvelles zones. Une fois établi, l’expansion d’une population se fait surtout par la croissance végétative des rhizomes.

Environ deux tiers de la biomasse est attribuée au rhizome, qui peut atteindre une profondeur de 2 m. Ce mode de croissance produit des touffes homogènes contenant jusqu’à 200 tiges/m². Dans la quasi-totalité de son aire, Phragmites australis forme généralement des peuplements mono-dominants fermés dans les milieux perturbés et vierges, même si sa propre litière réduit sa croissance. En Europe, l’étendue latérale du rhizome a pu atteindre 1–2 m par an, et pendant les périodes de retrait de l’eau, les colonies peuvent s’étendre de 15 m en une seule saison. Les stolons, qui peuvent pousser jusqu’à 11 cm par jour, sont produits dans les jeunes peuplements ou sur une étendue d’eau ; ils participent à l’expansion rapide d’une population.

Les tiges sont renouvelées à chaque saison de croissance. La croissance peut atteindre 4 cm/jour. Les rhizomes de Phragmites australis ont une durée de vie de 3 à 7 ans, les parties horizontales atteignant 12 ans. Les rhizomes contiennent un système de circulation d’air horizontal et vertical permettant un métabolisme rapide. Chaque année, des bourgeons se développent à la base des rhizomes verticaux à la fin de l’été. Ces bourgeons arrivent à maturité et poussent d’environ 1 mètre (atteignant 10 m dans les zones récemment colonisées, riches en éléments nutritifs) horizontalement avant de se terminer en un apex remontant qui restera en état de quiescence jusqu’au printemps. L’apex pousse ensuite vers le haut comme un rhizome vertical, qui à son tour produit des bourgeons qui donneront plus de rhizomes verticaux. Les rhizomes verticaux produisent également des bourgeons de rhizome horizontaux, complétant ainsi le cycle végétatif. Les pousses aériennes issues des rhizomes sont plus vigoureuses à la périphérie d’un peuplement. Alors que la morphologie n’est pas directement en rapport avec le niveau de ploïdie, on a trouvé que les roseaux géants sont la plupart du temps octoploïdes et que les roseaux fins sont tétraploïdes ou hexaploïdes. En Roumanie, les plantes octoploïdes ont une vigueur végétative accrue et poussent dans une eau plus profonde que les tétraploïdes ; on les trouve parfois en tapis de roseaux flottants, alors qu’on trouve les tétraploïdes plus fréquemment dans une eau peu profonde et des milieux plus salins.

Phragmites australis est une plante en C3, mais possède des caractéristiques anatomiques intermédiaires entre des plantes C3 et C4.

Ecologie

Phragmites australis s’adapte le mieux aux marécages et aux eaux peu profondes des rives de lacs, de plans d’eau, de marécages, de fossés, de cours d’eau, de canaux, de rivières et d’estuaires. Il pousse mieux lorsque le niveau d’eau oscille entre 15 cm au-dessous de la surface du sol et 15 cm au-dessus. Les taux de croissance sont plus élevés en eau peu profonde (5–20 cm) qu’en eau profonde (70–75 cm), mais la profondeur peut atteindre 1 m. Les vagues engendrées par le vent peuvent amplifier les effets négatifs de la profondeur des eaux profondes. Des mouvements d’eau légers favorisent la création de matière flottante ou d’îlots sur lesquels la croissance des roseaux continue sans contact avec le sol.

Bien que Phragmites australis vienne mieux sur l’argile, il est présent sur de nombreux sols différents et tolère une salinité modérée. Les peuplements du delta du Nil tolèrent un pH du sol de 7,0–9,3. Une faible disponibilité en azote ou en phosphore, une salinité élevée et une forte immersion par les marées peuvent limiter sa croissance. Les roseaux morts encore debout totalisent souvent une biomasse deux fois égale à celle des roseaux en croissance, permettant aux peuplements de brûler même pendant la saison de croissance. Phragmites australis tolère le feu s’il y a de l’eau au-dessus de la surface du sol. Il tolère également la sécheresse de fin de saison ; son enracinement profond le rend résistant à la sécheresse. Phragmites australis est une graminée des saisons chaudes qui débute sa croissance après le dernier gel et qui reste verte jusqu’aux gelées automnales. Une importante tolérance au climat est démontrée par cette espèce qui s’étend des tropiques aux zones tempérées froides et du niveau de la mer jusqu’à des altitudes d’au moins 2000 m, jusqu’à 3000 m au Tibet.

Phragmites australis est souvent associé à d’autres plantes de zones humides dont des espèces de Carex, Cyperus, Nymphaea, Typha, Juncus, Myrica, et Phalaris. Les nouvelles pousses de Phragmites australis concurrencent avec succès ces espèces.

Phragmites australis est une adventice importante dans de nombreuses régions et est considéré comme une adventice nuisible aux Etats-Unis. C’est une adventice du riz au Sénégal, du coton, du maïs et du riz en Russie, de la betterave sucrière au Zimbabwe et aux Pays-Bas, et de la canne à sucre en Australie. Une fois établi, il est difficile à éradiquer, et il peut bloquer les canaux, les cours d’eau et les fossés de drainage. Il est commun sur les terres irriguées, où il infeste toutes les cultures. Phragmites australis colonise aggressivement de grandes zones de berges et de marécages peu profonds ; son tapis épais et son regroupement dense de tiges empêchent efficacement l’érosion causée par le courant ou les vagues, mais les peuplements composés d’une seule espèce peuvent totalement éliminer d’autres groupements végétaux autochtones des zones humides et une grande partie de la faune qu’ils hébergent.

Multiplication et plantation

Phragmites australis peut produire de grandes quantités de graines, mais souvent très peu sont viables. Des profondeurs d’eau de plus de 5 cm et des salinités au-dessus de 2% en poids empêchent la germination. La germination n’est pas affectée par des salinités inférieures à 1%. Le pourcentage de germination augmente lorsque la température augmente de 16 à 25°C, alors que le temps nécessaire pour la germination diminue de 25 à 10 jours dans la même fourchette de température. Une fois établi, Phragmites australis se répand par rhizomes et par stolons. De petites parties de rhizomes prennent racine facilement ; c’est ainsi que le travail du sol favorise la reproduction végétative. Les nouveaux peuplements sont parfois établis par plantation de tronçons de rhizomes ; c’est généralement déconseillé à cause de la nature envahissante de l’espèce.

Il est possible de produire de jeunes plants de Phragmites australis par culture in vitro des inflorescences immatures. Un système de micropropagation a été développé en utilisant le 2,4-D pour initier la croissance d’un cal et le myo-inositol pour induire l’embryogenèse somatique.

Gestion

Phragmites australis ne supporte pas un pâturage prolongé. Son port dressé rend l’élimination de toutes les feuilles par le bétail facile. Pour une production maximale, pas plus de 50% de la croissance en poids de l’année en cours ne doivent être pâturés.

Les effets des éléments nutritifs sur la croissance de Phragmites australis sont complexes. On a rapporté que la biomasse, la densité, la longueur des pousses et leur diamètre étaient plus élevés dans les zones humides artificielles inondés par des boues d’épuration que dans les sites naturels. Des relations positives ont également été détectées entre les apports en éléments nutritifs et la croissance des chaumes et des rhizomes, la biomasse au-dessus et au-dessous de la surface du sol, et le rapport entre la biomasse au-dessus et au-dessous de la surface du sol. D’un autre côté, on a trouvé que des quantités d’azote accrues (dues à l’agriculture intensive et l’eutrophisation, par exemple) ont pour effet une réduction de la quantité de sclérenchyme tant dans les pousses que dans les rhizomes et, en conséquence, une réduction de la solidité des plantes. D’autres ont trouvé que les niveaux d’éléments nutritifs n’ont habituellement aucun effet significatif sur la morphologie de la tige.

Bien que l’accumulation de métaux lourds dans Phragmites australis fasse l’objet de recherches poussées, leurs effets sur la croissance et la morphologie des tiges ont été moins étudiés. Certains rapports confirment que le cuivre peut réduire la longueur et le poids sec des racines et des pousses et que les métaux lourds accumulés causent une réduction de la croissance des tiges en particulier en conditions d’immersion.

Débarrasser les peuplements des adventices est difficile. Les meilleurs approches consistent en un pâturage important par le bétail et des pulvérisations répétées avec un herbicide, par ex. le glyphosate. Associer désherbant et pâturage ou fauchage fournit les meilleurs résultats. Le brûlage au printemps tue également une proportion significative de plantes.

Pour le traitement des eaux usées, l’effluent pollué est dirigé vers un endroit séparé fonctionnant comme une fosse septique où on laisse les déchets solides se déposer. L’eau s’infiltre ensuite dans un marécage ou un tapis de Phragmites australis artificiels, où l’action bactérienne sur la surface des racines et la litière de feuilles dégrade les déchets organiques et supprime de très nombreux polluants. L’eau peut alors servir pour l’irrigation ou s’écouler vers les cours d’eau naturels. Un inconvénient de ces systèmes est que la plupart des polluants est maintenue dans la biomasse souterraine, rendant l’évacuation difficile sans une certaine destruction des pousses, rhizomes et structures racinaires.

Maladies et ravageurs

Peu de maladies et de ravageurs de Phragmites australis ont été répertoriés en Afrique tropicale ; Puccinia coronata (rouille couronnée) est répertoriée en Afrique de l’Est, et Saccharicoccus sacchari (cochenille grise de la canne à sucre) et Dimorphopterus (une punaise des graines) dans toute l’Afrique tropicale. De nombreuses maladies et ravageurs de Phragmites australis ont été répertoriés au niveau mondial, sans avoir jamais causé de dégâts majeurs.

Récolte

Les tiges de Phragmites australis de qualité souhaitée sont sélectionnées et récoltées à l’aide de couteaux, de machettes, de faucilles ou de moissonneuses mécanisées. Il vaut mieux récolter lorsque les graines sont mûres et lorsque les feuilles fines ont commencé à sécher. Le taux d’humidité doit également être aussi faible que possible afin de diminuer les attaques des insectes et des champignons. Pour tirer avantage de la partie la plus durable de la tige, il faut couper aussi près du sol que possible. Les tiges dont les extrémités coupées sont alignées, sont attachées lâchement en petits fagots et peignées pour retirer les débris et les feuilles fines. Les tiges droites et creuses sont coupées à la fin de l’automne ou en hiver et séchées. En général, la récolte augmente la densité des roseaux, mais augmente également la quantité de rhizomes morts tout en réduisant la vitesse de croissance et la longueur et le diamètre des pousses. En conséquence de la surexploitation, de très nombreux tapis de Phragmites australis des zones communautaires en Afrique australe se sont dégradés et ne produisent plus de tiges de la qualité désirée. Les personnes qui récoltent Phragmites australis dans le Parc à éléphants de Tembe, en Afrique du Sud, ne sélectionnent pas une épaisseur et une hauteur particulières pour la récolte. Habituellement, un secteur est choisi et tous les Phragmites australis présents dans cette zone sont récoltés. Les roseaux coupés sont triés en fagots contenant des tiges de même épaisseur et longueur. Les tiges grandes et épaisses sont les plus prisées et de meilleure qualité.

Rendement

Aucune donnée sur le rendement en fibres en Afrique n’est disponible, mais 1,6–2 ha sont nécessaires pour couvrir 140 m² de toits.

Traitement après récolte

Les tiges fraîchement coupées, complètes avec leurs feuilles, sont attachées en fagots et laissées debout pendant quelques jours, permettant aux feuilles de transpirer et de réduire la teneur en amidon de la tige. Cette méthode, appelée “séchage en fagots” réduit les attaques dues aux coléoptères foreurs de tiges, mais n’a pas d’effet sur les termites ou les champignons. Une lutte efficace contre les termites, la plupart des champignons et le feu est possible surtout grâce aux traitements chimiques. Un stockage au sec, bien aéré est indispensable.

La technique de fabrication de pâte à papier à partir de roseaux à l’échelle industrielle est connue depuis le début du XXe siècle, et elle a été considérée, abandonnée et reprise en compte plusieurs fois. Le principal souci était la préparation de la matière première (récolte, transport, stockage, élimination des feuilles, des nœuds et des sommités, etc.). Les procédés alcalins de pulpage semblaient les plus favorables. La pâte à papier de Phragmites australis est adaptée aux mélanges avec d’autres pâtes pour le papier à lettres et le papier journal. En Chine, la plus grande partie de la pâte de Phragmites australis est fabriquée selon le procédé au bisulfite. Les cellules du parenchyme et de l’épiderme sont éliminées par tamisage afin d’améliorer l’ouvrabilité et les propriétés du papier.

Ressources génétiques

Comme Phragmites australis est largement réparti dans les régions tropicales et subtropicales, et également parce qu’une grande partie de la diversité génétique est maintenue dans des peuplements gérés, il n’y a pas de risque d’érosion génétique. Lors d’une étude en Italie, on a découvert des peuplements monoclonaux dans des milieux stables, mais également une plus grande variabilité dans des peuplements plus jeunes dans des milieux plus dynamiques. Les différences génétiques entre peuplements du nord de l’Italie et de l’est de la Roumanie étaient faibles, indiquant qu’il y a échange de matériel génétique sur de grandes distances. Une collection de ressources génétiques de Phragmites australis est maintenue par l’Institut des productions végétales (CAAS) et l’Institut Vavilov à St. Petersbourg, Fédération de Russie.

Sélection

On a mené très peu de travaux de sélection ou d’amélioration génétique sur Phragmites australis.

Perspectives

Phragmites australis est d’une grande importance économique à cause de ses nombreux usages et de son adaptabilité à un grand nombre de conditions écologiques, dont les sites dégradés. Une attention particulière devrait être donnée à l’utilisation de Phragmites australis pour la réhabilitation de sols dans des systèmes locaux d’utilisation des terres. Les efforts à venir doivent se concentrer sur l’extension de la recherche et le développement de produits, sur le développement d’équipements de récolte et de transformation, et sur l’identification de stratégies de gestion des cultures plus efficaces. Il serait souhaitable que la recherche s’intéresse à la taxinomie du genre Phragmites et également à la répartition de ses espèces.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • van der Zon, A.P.M., 1992. Graminées du Cameroun. Volume 2, Flore. Wageningen Agricultural University Papers 92–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 557 pp.

Auteur(s)

  • A. Maroyi, Department of Biodiversity, School of Molecular and Life Sciences, University of Limpopo, Private Bag X 1106, Sovenga 0727, South Africa
  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Maroyi, A. & Oyen, L.P.A., 2011. Phragmites australis (Cav.) Trin. ex Steud. [Internet] Fiche de PROTA4U. Brink, M. & Achigan-Dako, E.G. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 11 avril 2019.


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