PROTA, Introduction aux Oléagineux

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PROTA 14, 2007. Ressources végétales de l'Afrique tropicale. vol. 14. Oléagineux. éd. par H.A.M. van der Vossen & G.S. Mkamilo. Wageningen, Fondation PROTA - Backhuys - CTA. 261 p.

Choix des espèces

Le volume PROTA 14 : “Oléagineux” décrit les espèces de plantes cultivées et sauvages d’Afrique tropicale qui donnent des huiles ou des graisses, designées collectivement dans ce volume sous le nom d’oléagineux. Ce sont des substances insolubles dans l’eau, formées de mélanges de triglycérides d’acides gras et contenant en outre de petites quantités d’autres composés, tels que stérols et tocophérols, qui sont des antioxydants et jouent un rôle important dans les processus biologiques. Les huiles sont liquides et les graisses sont solides ou semi-solides à des températures de 18–24°C.

Les huiles végétales sont importantes dans la nutrition humaine, fournissant de l’énergie, des acides gras essentiels et des vitamines lipophiles. Leurs applications traditionnelles non alimentaires sont la fabrication de savon, l’huile lampante et les lubrifiants. Environ 15% de toutes les huiles végétales sont utilisées pour la fabrication de divers produits industriels et techniques. Les huiles végétales constituent environ 80% des approvisionnements mondiaux en huiles et en graisses naturelles, le reste étant d’origine animale.

PROTA affecte un seul usage primaire et, si cela est approprié, un ou plusieurs usages secondaires à toutes les espèces de plantes utilisées en Afrique. Le volume PROTA 14 : “Oléagineux” ne comprend que les articles de synthèse sur les espèces dont l’usage primaire est comme oléagineux. Le cocotier (Cocos nucifera L.) est utilisé principalement comme plante oléagineuse, et à ce titre est traité dans PROTA 14, mais il a de nombreux usages secondaires, par ex. ses feuilles sont utilisées en couverture et en vannerie, la coque de la noix de coco est employée pour faire des ustensiles ou du charbon actif, le “lait de coco” des jeunes fruits et la sève exsudant de la hampe coupée de l’inflorescence fournissent une boisson rafraîchissante. Le cotonnier (Gossypium spp.) est le principal exemple de plante cultivée qui est une importante source d’huile, mais est avant tout une plante à fibres et traitée à ce titre dans PROTA 16 : “Fibres”.

Les espèces utilisées comme oléagineux en Afrique tropicale, mais qui ont un autre usage primaire, sont répertoriées après l'ensemble des articles de synthèse, et intégralement décrites dans d’autres groupes d’usage. Parmi les espèces importantes qui figurent sur cette liste, on peut citer : Anacardium occidentale L. (anacardier), Dacryodes edulis (G.Don) H.J.Lam (safoutier), Persea americana Mill. (avocatier) et Zea mays L. (maïs).

Six espèces sont décrites qui ont deux usages primaires, dont l’usage comme oléagineux, et par conséquent seront incluses dans deux groupes d’usage. Il s’agit d’Arachis hypogaea L. et Glycine max (L.) Merr. (inclus aussi dans PROTA 1 : “Céréales et légumes secs”), Brassica carinata A.Braun et Brassica juncea (L.) Czern. & Coss. (inclus aussi dans PROTA 2 : “Légumes”), Ongokea gore (Hua) Pierre (inclus aussi dans PROTA 7 : “Bois d’œuvre”) et Jatropha curcas L. (inclus aussi dans PROTA 11 : “Plantes médicinales”).

Dans PROTA 14 : “Oléagineux”, des descriptions complètes sont données pour 40 espèces importantes. Ces oléagineux principaux comprennent pour la plupart des espèces cultivées, mais également plusieurs espèces sauvages ou partiellement domestiquées. Les articles de synthèse sont présentés dans un format détaillé et illustrés d’un dessin au trait et d’une carte de répartition. En outre, des articles sur 8 espèces de moindre importance sont fournis. Les informations concernant ces espèces étant souvent peu abondantes, ces articles sont présentés dans un format simplifié. Pour 17 autres espèces, l’information était tellement limitée que des articles séparés n’étaient pas justifiés ; elles sont seulement mentionnées dans les articles sur les espèces apparentées.

Noms des plantes

Famille : à part les noms de famille classiques, le nom correspondant à la classification APG (Angiosperm Phylogeny Group) est également noté lorsqu’il diffère du nom classique.

Synonymes : seuls sont mentionnés les synonymes le plus communément utilisés et ceux qui risquent de prêter à confusion.

Noms vernaculaires : seuls sont inclus les noms utilisés dans les langues officielles d’importance régionale en Afrique, à savoir l’anglais, le français, le portugais et le swahili. Fournir des données approfondies sur les noms d’une espèce dans toutes les langues parlées dans sa zone de répartition dépasserait la portée de PROTA, car la simple vérification des noms demanderait aux spécialistes de longues recherches sur le terrain. Bien que certaines formes régionales d’arabe soient parlées dans plusieurs pays d’Afrique, le nombre d’espèces de plantes africaines possédant un nom en arabe classique écrit est limité. C’est pourquoi les noms arabes ont été omis. Quant aux noms des produits végétaux, ils sont mentionnés dans la section “Usages”.

Origine et répartition géographique

Pour éviter de longues listes de pays dans le texte, une carte de répartition a été ajoutée pour les principales espèces. Cette carte indique les pays dans lesquels une espèce a été répertoriée, soit à l’état sauvage, soit en culture. Toutefois, pour bon nombre d’espèces, ces cartes sont incomplètes parce qu’elles sont réalisées sur la base d’informations publiées dont la quantité et la qualité varient énormément d’une espèce à l’autre. Ceci est tout particulièrement vrai pour les espèces sauvages que ne couvrent pas, ou pas complètement, les flores régionales africaines, et pour les espèces cultivées uniquement à petite échelle (par ex. dans les jardins familiaux). Pour certains pays (comme la Centrafrique, le Tchad, le Soudan et l’Angola), il existe relativement peu d’informations dans la littérature. Parfois, ces pays ne sont pas consignés dans des flores régionales ou nationales récentes, et, même si certaines espèces y sont présentes, il est impossible de le prouver ou de le confirmer.

Propriétés

La teneur en huile du produit est indiquée en même temps que la composition en acides gras de l’huile. Les acides gras sont groupés en acides gras saturés et insaturés, et sont énumérés dans l’ordre de la longueur de la chaîne de carbone. Les acides gras plus complexes sont décrits avec plus de détail. Ils comprennent les acides gras comportant des groupes époxy, hydroxy, phényl ou oxy. Ceux-ci sont toxiques, mais sont d’importants matériaux de base dans l’industrie chimique. D’autres composés chimiques caractéristiques des huiles, tels que les stérols et les tocophérols, sont également mentionnés.

Les acides gras les plus communs sont les suivants :

C6:0 acide caproïque
C8:0 acide caprylique
C10:0 acide caprique
C12:0 acide laurique
C14:0 acide myristique
C16:0 acide palmitique
C18:0 acide stéarique
C20:0 acide arachidique
9-C16:1 acide palmitoléique
9-C18:1 acide oléique
9,12-C18:2 acide linoléique
9,12,15-C18:3 acide linolénique
9,11,13-C18:3 acide bolékique
9,11,13-C18:3 acide éléostéarique (isomère trans)
C20:1 acide eicosénoïque
13-C22:1 acide érucique
C22:0 acide béhénique
C24:0 acide lignocérique
12-OH,9-C18:1 acide ricinoléique


La composition en acides gras d’une huile détermine dans une large mesure ses caractéristiques physiques. Celles-ci ne sont indiquées que lorsque c’est utile.

S’il y a lieu, d’autres aspects de la valeur alimentaire des plantes sont mentionnés. La méthode d'analyse utilisée pour déterminer les divers éléments de la composition nutritionnelle influe considérablement sur les valeurs trouvées. Pour cette raison, quelques sources standards ont été utilisées dans la mesure du possible, et elles sont mentionnées dans le texte. Il s’agit des suivantes : “Nutrient database for standard reference” de l’USDA ; “The composition of foods” de McCance & Widdowson ; “Food composition table for use in Africa” de la FAO.

Description

Une caractérisation morphologique des espèces est donnée. Cette description, rédigée en style télégraphique, fait usage des termes botaniques. Il n’est pas facile de fournir une description destinée au grand public, car les termes de la langue commune manquent souvent de la précision requise pour une description botanique. Un dessin au trait est ajouté pour toutes les espèces principales, pour servir de complément à la description et l’illustrer.

Gestion

La description des méthodes culturales, comprenant l’application d’engrais, l’irrigation et les mesures de lutte contre les ravageurs et les maladies, est donnée dans les sections “Gestion” et “Maladies et ravageurs”. Elles reflètent les pratiques actuelles ou des recommandations généralisées, et optent pour une vue d’ensemble, mais sans recommandations détaillées adaptées aux conditions locales extrêmement diversifiées que rencontrent les agriculteurs. Les recommandations concernant la lutte chimique contre les ravageurs et les maladies sont purement indicatives et les règlements locaux doivent avoir la priorité. PROTA participera à la réalisation de produits dérivés pour la vulgarisation et l’enseignement, basés sur les textes de ce volume, mais auxquels des informations locales spécifiques seront ajoutées.

Ressources génétiques

La diversité génétique de nombreuses espèces de plantes d’Afrique est en train de se réduire, parfois à une vitesse alarmante, à la suite de la destruction des milieux et de la surexploitation. Le remplacement des variétés locales d’espèces cultivées par des cultivars modernes commercialisés représente une autre cause d’érosion génétique. Un bilan est fait de la diversité intraspécifique et des menaces probables au niveau de l’espèce, et lorsqu’il y a lieu il est fait référence à la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Les informations sur les collections ex situ de ressources génétiques sont extraites pour la plupart des publications de Bioversity International (l’ancien Institut international des ressources phytogénétiques - IPGRI).

Références

L’objectif principal de la liste de références donnée est de guider le lecteur vers des informations complémentaires, et elle ne prétend pas être exhaustive. Les auteurs et éditeurs ont sélectionné deux catégories de références. Le nombre de “références principales” est limité à 10 (seulement 5 pour les espèces secondaires), et celui des “autres références” à 20 (seulement 10 pour les espèces secondaires). Les références figurant sur la liste incluent celles qui ont été utilisées lors de la rédaction de l’article de synthèse. Lorsqu’Internet a été utilisé, le site web et la date de consultation sont mentionnés.


Editeurs

  • H.A.M. van der Vossen, Steenuil 18, 1606 CA Venhuizen, Netherlands
  • G.S. Mkamilo, Naliendele Agricultural Research Institute, P.O. Box 509, Mtwara, Tanzania

Editeurs généraux

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Editeurs traduction française

  • M. Chauvet, Bureau national de PROTA pour la France, Agropolis International, Avenue Agropolis, F-34394 Montpellier Cedex 5, France
  • J.S. Siemonsma, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Editeur des photos

  • A. de Ruijter, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Traducteurs

  • Traduction par AGROOH (www.agrooh.fr), France ; Hélène Corbière, 34070 Montpellier, France ; Guy Ferlin, 83110 Sanary, France.