PROTA, Introduction aux Colorants et tanins

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PROTA 3, 2005. Ressources végétales de l'Afrique tropicale. vol. 3. Colorants et tanins. éd. par P.C.M. Jansen & D. Cardon. Wageningen, Fondation PROTA - Backhuys - CTA. 238 p.

Choix des espèces

PROTA : “Colorants et tanins” décrit les espèces de plantes cultivées et sauvages d’Afrique tropicale, qui sont traditionnellement utilisées pour la teinture et le tannage. Certaines d’entre elles ne sont utilisées qu’en tant que colorant ou tanin, mais la plupart ont plusieurs usages. PROTA affecte un usage primaire et, si cela est pertinent, un ou plusieurs usages secondaires à toutes les espèces de plantes utilisées en Afrique. PROTA : “Colorants et tanins” ne comprend que des articles de synthèse des espèces dont l’usage primaire est comme colorant ou tanin. L’usage primaire d’Acacia nilotica (L.) Willd. ex Delile étant celui d’un tanin et colorant, il est donc traité dans PROTA 3, mais il a de nombreux usages secondaires, par exemple les arbres sont soit largement plantés en haies vives, soit pour l’ombrage, ou encore comme plantes ornementales, le tronc et les branches exsudent une gomme précieuse, son bois est utilisé comme bois d’œuvre et comme combustible, ses feuilles et ses fruits servent de fourrage, ses graines sont consommées, des fibres sont extraites de son écorce, et des médicaments traditionnels sont préparés à partir de presque toutes les parties de la plante. Le tamarin (Tamarindus indica L.) est également assez important comme colorant et tanin, mais l’usage primaire est sans doute la consommation de son fruit charnu aigre-doux ; par conséquent, le tamarinier est décrit dans PROTA 6 : “Fruits”.

Les espèces utilisées comme colorant ou tanin, mais qui ont un autre usage primaire, sont répertoriées après l'ensemble des articles de synthèse, et intégralement décrites dans d’autres groupes d’usage. Citons ici quelques-unes des espèces importantes qui figurent sur cette liste : la betterave potagère (Beta vulgaris L.), le piment (Capsicum annuum L.) et le carthame (Carthamus tinctorius L.).

Dans PROTA 3, trois espèces sont décrites qui, à part l’usage primaire comme colorant ou tanin, ont un autre usage primaire et par conséquent seront incluses dans 2 groupes d’usage. Il s’agit de Pterocarpus angolensis DC. (inclus aussi dans PROTA 7 : “Bois d’œuvre”), Pterocarpus soyauxii Taub. (inclus aussi dans PROTA 7 : “Bois d’œuvre”) et Sorghum bicolor (L.) Moench (inclus aussi dans PROTA 1 : “Céréales et légumes secs”).

Colorants et tanins sont étroitement apparentés. Les composés élémentaires de nombreux colorants végétaux sont chimiquement similaires à ceux des tanins, c’est pourquoi les descriptions des colorants et tanins ont été combinées dans ce volume.

Dans PROTA : “Colorants et tanins”, des descriptions complètes sont données pour 30 espèces importantes. Ces colorants et tanins principaux comprennent pour la plupart des espèces sauvages, mais également plusieurs espèces cultivées ou partiellement domestiquées. Les articles de synthèse sont présentés dans un format détaillé et illustrés d’un dessin au trait et d’une carte de répartition. En outre, des articles sur 43 colorants et tanins de moindre importance sont fournis. Les informations concernant ces espèces étant souvent peu abondantes, ces articles sont présentés dans un format simplifié et ne comportent ni dessin ni carte. Pour 43 autres espèces, l’information était tellement limitée que des articles séparés n’étaient pas justifiés ; elles sont seulement mentionnées dans les articles sur les espèces apparentées.

En théorie, un grand nombre d’espèces de plantes peuvent être utilisées comme teinture, parceque la majorité d’entre elles contiennent des substances aptes à teindre des fibres, des aliments ou la peau. Nombre de plantes contiennent également des tanins.

Toutefois, pour PROTA 3 on a choisi les espèces pour lesquelles il existe des preuves, dans la littérature sur les plantes utiles africaines, qu’elles sont actuellement utilisées comme colorant ou tanin, ou l’ont été dans le passé. Telle littérature est toutefois très limitée, souvent ancienne et généralement sans détails sur l’usage. Seulement les espèces pour lesquelles au moins une application pratique est connue, ont fait l’objet d’articles de synthèse. Autrement dit, si la littérature ne donne que des remarques générales (“la plante contient du tanin” ou “la plante donne une teinture noire”), les espèces concernées ne sont pas retenues.

L’apparition des colorants et tanins synthétiques dans la deuxième moitié du XIXe siècle, a mené à la disparition quasi totale des produits naturels dans la teinture et le tannage commerciaux ainsi qu’à une baisse de l’intérêt des scientifiques pour ces produits. En Afrique tropicale, la teinture et le tannage à base de matériel d’origine végétale a persisté à petite échelle et très localement, souvent échappant à l’attention dans les documents ethnobotaniques. En conséquence, PROTA 3 ne prétend pas être complet, et les colorants et tanins de Madagascar en particulier, qui sont mal connus, risquent d’être sous-représentés.

A l’heure actuelle, l’intérêt pour les colorants et tanins naturels s’accroît dans le monde entier, surtout parce qu’ils sont moins polluants et moins ou pas du tout toxiques. Les colorants alimentaires naturels prennent de plus en plus d’importance commerciale. Toutefois, dans PROTA 3 peu d’attention a été accordée aux colorants alimentaires en raison de leur utilisation très limitée en Afrique. Par exemple, on n’a pas inclus le chou pommé rouge (Brassica oleracea L.), le théier (Camellia sinensis (L.) Kuntze), nombre d’espèces de Citrus, le palmier à huile (Elaeis guineensis Jacq.), la tomate (Lycopersicon esculentum Mill.) et le cacaotier (Theobroma cacao L.). Ces espèces sont proéminentes dans d’autres groupes d’usage.

Noms des plantes

Famille : à part les noms de famille classiques, le nom correspondant à la classification APG (Angiosperm Phylogeny Group) est également noté lorsqu’il diffère du nom classique.

Synonymes : seuls sont mentionnés les synonymes le plus communément utilisés et ceux qui risquent de prêter à confusion.

Noms vernaculaires : seuls sont inclus les noms utilisés dans les langues officielles d’importance régionale en Afrique, à savoir l’anglais, le français, le portugais et le swahili. Fournir des données approfondies sur les noms d’une espèce dans toutes les langues parlées dans sa zone de répartition dépasserait la portée de PROTA, car la simple vérification des noms demanderait aux spécialistes de longues recherches sur le terrain. Bien que certaines formes régionales d’arabe soient parlées dans plusieurs pays d’Afrique, le nombre d’espèces de plantes africaines possédant un nom en arabe classique écrit est limité. C’est pourquoi les noms arabes ont été omis. Les noms des produits végétaux sont mentionnés dans la section “Usages”.

Origine et répartition géographique

Pour éviter de longues listes de pays dans le texte, une carte de répartition a été ajoutée pour les principales espèces. Cette carte indique les pays dans lesquels une espèce a été répertoriée, soit à l’état sauvage, soit en culture. Il faut bien comprendre que pour bon nombre d’espèces, ces cartes sont incomplètes parce qu’elles sont réalisées sur la base d’informations publiées dont la quantité et la qualité varient énormément d’une espèce à l’autre. Ceci est tout particulièrement vrai pour les espèces sauvages que ne couvrent pas, ou pas complètement, les flores régionales africaines, et pour les espèces cultivées uniquement à petite échelle (par exemple dans les jardins familiaux). Pour certains pays (comme la République centrafricaine, le Tchad, le Soudan et l’Angola), il existe relativement peu d’informations dans la littérature. Parfois, ces pays ne sont pas consignés dans des flores régionales ou nationales récentes, et, même si certaines espèces y sont présentes, il est impossible de le prouver ou de le confirmer. Pour certaines espèces principales, la carte de répartition a été omise en raison de l’insuffisance d’informations disponibles sur leur répartition.

Propriétés

Bien que souvent mal connue, la chimie des agents tinctoriaux ou tannants est présentée. Les composés à valeur nutritionnelle ou médicinale, probable ou prouvée, les toxines et les autres composés chimiques importants sont aussi mentionnés.

Description

Une caractérisation morphologique des espèces est donnée. Cette description, rédigée en style télégraphique, fait usage des termes botaniques. Il n’est pas facile de fournir une description destinée au grand public, car les termes de la langue commune manquent souvent de la précision requise pour une description botanique. Un dessin au trait est ajouté pour toutes les espèces principales et quelques-unes moins connues, pour servir de complément à la description et l’illustrer.

Gestion

La description des méthodes culturales, comprenant l’application d’engrais, l’irrigation et les mesures de lutte contre les ravageurs et les maladies, est donnée dans les sections “Gestion” et “Maladies et ravageurs”. Elles reflètent les pratiques actuelles ou des recommandations généralisées, et optent pour une vue d’ensemble, mais sans recommandations détaillées adaptées aux conditions locales extrêmement diversifiées que rencontrent les agriculteurs. Les recommandations concernant la lutte chimique contre les ravageurs et les maladies sont purement indicatives et les règlements locaux doivent avoir la priorité. PROTA participera à la réalisation de produits dérivés pour la vulgarisation et l’enseignement, basés sur les textes de ce volume, mais auxquels des informations locales spécifiques seront ajoutées.

Ressources génétiques

La diversité génétique de nombreuses espèces de plantes d’Afrique est en train de se réduire, parfois à une vitesse alarmante, à la suite de la destruction des habitats et de la surexploitation. Le remplacement des variétés locales d’espèces cultivées par des cultivars modernes commercialisés par des firmes semencières représente une autre cause d’érosion génétique. Un bilan est fait de la diversité intraspécifique et des menaces probables au niveau de l'espèce. Les informations sur les collections ex-situ de ressources génétiques sont extraites pour la plupart des publications de l’Institut international des ressources phytogénétiques (IPGRI).

Références

L’objectif principal de la liste de références donnée est de guider le lecteur vers des informations complémentaires, et elle ne prétend pas être exhaustive. Les auteurs et éditeurs ont sélectionné les références principales et les autres. Le nombre de références principales est limité à 10 (seulement 5 pour les espèces secondaires), et celui des autres références à 20 (seulement 10 pour les espèces secondaires). Les références figurant sur la liste incluent celles qui ont été utilisées lors de la rédaction de l’article de synthèse. Lorsque des données disponibles sur Internet ont été utilisées, le site web et la date de consultation sont également mentionnés.

Editeurs

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
  • D. Cardon, CNRS, CIHAM-UMR 5648, 18, quai Claude-Bernard, 69365 Lyon, Cedex 07, France

Editeurs généraux

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Editeurs de la traduction française

  • M. Chauvet, Bureau national de PROTA pour la France, Agropolis International, Avenue Agropolis, F-34394 Montpellier Cedex 5, France
  • J.S. Siemonsma, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Editeur des photos

  • E. Boer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Traducteurs

  • AGROOH (www.agrooh.fr), France
  • Hélène Corbière, 34070 Montpellier, France
  • Guy Ferlin, 83110 Sanary, France.