Oxytenanthera abyssinica (PROTA)

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Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Légume Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Auxiliaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, morceau de tige ; 2, rameaux en fleurs ; 3, épillet. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
port de la plante
port de la plante
jeune plante
branche feuillée
branche en fleurs désséchée
semis
huttes construites avec des tiges d’Oxytenanthera abyssinica, Ethiopie

Oxytenanthera abyssinica (A.Rich.) Munro


Protologue: Trans. Linn. Soc. London 26: 127 (1868).
Famille: Poaceae (Gramineae)
Nombre de chromosomes: 2n = 72

Synonymes

  • Oxytenanthera macrothyrsus K.Schum. (1895),
  • Oxytenanthera braunii Pilg. (1907),
  • Oxytenanthera borzii Mattei (1909).

Noms vernaculaires

  • Savanna bamboo, Bindura bamboo, West African bamboo (En).
  • Bambu africano (Po).
  • Mwanzi (Sw).

Origine et répartition géographique

Oxytenanthera abyssinica est réparti dans toute l’Afrique tropicale en dehors de la zone forestière humide, du Sénégal à l’Erythrée et vers le sud jusqu’à l’Angola, au Mozambique et au nord de l’Afrique du Sud. Il est souvent planté.

Usages

Les tiges sont très utilisées en construction, pour les clôtures, les meubles et les nasses, ainsi que pour les tuteurs, les treillages, les manches d’outils, les ustensiles de cuisine et les flèches. L’emploi de tiges sèches comme combustible est courant et on en fait parfois du charbon de bois. Les tiges pourraient servir à fabriquer de papier. Fendues, elles sont employées en vannerie. La sève de la plante est récoltée pour faire du vin en Tanzanie et au Malawi, les feuilles fraîches ou séchées sont utilisées comme fourrage, tandis que les graines et les jeunes turions servent d’aliment de famine. Oxytenanthera abyssinica est planté dans les rideaux-abris et les brise-vents, comme culture d’appoint dans les plantations de Cordia africana Lam., d’Eucalyptus microtheca F.Muell. et de Khaya senegalensis A.Juss. au Soudan, pour lutter contre l’érosion du sol dans la réhabilitation de terrains au Soudan et en Tanzanie, et enfin comme plante ornementale.

Le rhizome est utilisé dans le traitement de la dysenterie et les feuilles sont vendues pour soigner le diabète, la colique et les rhumatismes. En Ethiopie, les racines servent à soigner les maladies cutanées de la tête. Au Sénégal, des décoctions de feuilles sont administrées en cas de polyurie, d’œdème et d’albuminurie.

Production et commerce international

Seules de rares informations sur la production sont disponibles et la plupart des évaluations concernant les quantités de bambous produites en Afrique ne distinguent pas Oxytenanthera abyssinica des autres espèces. Les peuplements d’Oxytenanthera abyssinica s’étendent sur plus de 850 000 ha dans l’ouest de l’Ethiopie, plus de 44 000 ha en Tanzanie, au moins 10 000 ha au Malawi, et 20 000 ha au Sénégal. Les peuplements éthiopiens d’Oxytenanthera abyssinica représenteraient plus de la moitié de la totalité des bambouseraies en Afrique. Selon les estimations, ces peuplements compteraient environ 5300 tiges vivantes (et 2700 tiges mortes) à l’hectare. On a calculé que la récolte sur pied éthiopienne (poids sec au-dessus du sol pour les tiges vivantes) s’élève à 16,6 millions de t, et que l’on pourrait en exploiter de manière durable 5,5 millions de t par an. Il n’existe pas de commerce d’exportation d’Oxytenanthera abyssinica, qui est utilisé en général à proximité de son aire d’origine. Cependant, on transporta jadis des tiges sur de longues distances, à partir du sud du Soudan pour approvisionner Khartoum, et il exista une commercialisation officielle des récoltes au Sénégal. Aucune information sur les prix des tiges d’Oxytenanthera abyssinica ou de produits dérivés, n’est disponible.

Propriétés

La densité après séchage à l’air de la paroi de la tige est de 0,7–0,9 g/cm³. A 47% d’humidité, le module de rupture est de 82 N/mm², le module d’élasticité de 14 600 N/mm², la compression axiale de 49 N/mm² et le cisaillement (tige fendue) de 11 N/mm². Les tiges séchées et les clôtures faites à partir des tiges sont sensibles aux attaques des termites et des foreurs.

La tige contient environ : holocellulose 53–60%, pentosanes 12–33%, lignine 15–27% et cendres 1–4%. La solubilité est de 6,5% dans l’eau chaude, de 2,7% dans l’alcool-benzène et de 27,6% dans une solution de NaOH à 1%. Les cellules fibreuses de la tige d’Oxytenanthera abyssinica ont une longueur moyenne de 2,0–2,8 mm, un diamètre moyen de 12–17 μm, une largeur du lumen de 3–5 μm et une épaisseur de la paroi des cellules de 5 μm. Lors d’essais avec différentes méthodes de mise en pâte alcaline, on a obtenu des pâtes blanchies sans chlore ayant 82% de brillance selon la norme ISO et convenant aux qualités des papiers d’impression et d’écriture. Les pâtes d’Oxytenanthera abyssinica étaient semblables à la pâte kraft d’un bois de feuillu.

Les feuilles et les rameaux contiennent par 100 g de matière sèche : protéines brutes 12,8–14,2 g, extrait à l’éther 2,8–3,0 g, fibres brutes 28,0 g, extrait sans azote 36,4 –40,0 g, cendres 14,6–18,6 g, P 0,11–0,13 g, K 0, 60–0,66 g, Ca 0,25–0,40 g et Mg 0,32–0,35 g. Les protéines assimilables et les taux énergétiques nets sont estimés à 8,2 g et 3,7 MJ par kg de matière sèche, respectivement. Le fourrage est de mauvaise qualité, en raison de sa faible valeur énergétique et de sa forte teneur en silice.

Description

  • Bambou cespiteux, à rhizome robuste atteignant 10 cm de diamètre ; touffe dense, composée habituellement de 20–100 tiges ; tiges (chaumes) érigées, ascendantes ou inclinées vers l’extérieur, de 5–10(–15) m de haut et de 3–8(–10) cm de diamètre, entrenœuds de 15–30 (–40) cm de long, ceux de la partie basale pleins, ceux de la partie distale à paroi épaisse, glabres à maturité ; turions gris-vert, densément couvertes de poils soyeux.
  • Feuilles alternes, simples ; gaine jusqu’à 15 cm de long, à soies de 2–5 mm de long au sommet ; ligule courte, d’environ 0,5 mm de long ; limbe linéaire-lancéolé à oblong, de 5–20(–26) cm × 1–5 cm, base s’amincissant en un faux pétiole court, apex longuement acuminé et piquant, légèrement glauque, à nombreuses nervures longitudinales.
  • Inflorescence : fascicule dense étoilé de 4–9 cm de diamètre, avec 10–20 épillets.
  • Epillets sessiles, étroitement lancéolés, de 1,5–4,5 cm de long, piquants, à 1–4 fleurs, la fleur supérieure bisexuée et les fleurs inférieures mâles ou stériles ; glume inférieure de 5–8 mm de long, glume supérieure de 8–10 mm de long, lemmes étroitement lancéolées, lemme inférieure de 12–20 mm de long, lemme supérieure presque aussi longue que l’épillet, s’amincissant en une épine rigide jusqu’à 7 mm de long, paléole étroitement lancéolée, légèrement plus courte que la lemme ; fleur à 6 étamines, filets soudés en un tube, et un ovaire glabre s’allongeant en un style creux terminé par 3 stigmates.
  • Fruit : caryopse (grain) fuselé de 10–15 mm de long.
  • Plantule à mésocotyle court et coléoptile lâche, les premières feuilles sans limbe ; la racine primaire est une racine pivotante pâle présentant de courtes racines latérales.

Autres données botaniques

La délimitation du genre Oxytenanthera est mal définie. Parfois on le considère comme monotypique, mais certains auteurs y incluent jusqu’à 15 espèces, dont la plupart proviendrait d’Asie tropicale. Certains affirment également qu’il faudrait transférer Oxytenanthera abyssinica ainsi qu’un autre bambou africain, Oreobambos buchwaldii K.Schum., dans les Dendrocalamus, vaste genre asiatique.

Croissance et développement

Au cours de la première année, le rhizome donne une seule pousse, qui peut atteindre 1 m de haut. A partir de la troisième saison, plusieurs pousses apparaissent chaque année. Les rhizomes poussent de 30 cm en 3 ans. Les tiges font 1,2 cm de diamètre et 1,8–3,0 m de hauteur en l’espace de quelques années, pour atteindre leur hauteur et leur diamètre définitifs en 4–8 ans. Les nouvelles tiges percent la surface du sol pendant la saison des pluies. L’élongation ralentit au bout de 3–4 semaines pour s’arrêter après 2–4 mois. Les rameaux apparaissent sur les nœuds supérieurs à partir environ de la cinquième semaine de croissance active de la tige. Le feuillage tombe généralement en fin de saison sèche. Les tiges atteignent leur taille adulte en 3 ans et peuvent survivre pendant 8 ans, mais elles s’avèrent trop mûres et impropres à la récolte au-delà de 6 ans. Le diamètre des touffes varie entre 1 et 8 m, les touffes pouvant contenir entre 20–100 (exceptionnellement jusqu’à 200) tiges. Les nouvelles pousses apparaissent à la périphérie des touffes. La longévité d’une touffe d’Oxytenanthera abyssinica a été estimée à 30 ans au Soudan, mais elle est inférieure lorsque se produit une floraison en masse et que les rhizomes meurent avec les tiges. La floraison en masse d’Oxytenanthera abyssinica a lieu tous les 7 ans (Ouganda), tous les 14 ans (Zambie) ou tous les 20–21 ans (Malawi), alors que l’on a largement et fréquemment signalé une floraison sporadique. On a constaté à la fois la mort ultérieure de touffes entières (Tchad, R.D. du Congo) et la régénération des pousses issues des rhizomes survivants (Ouganda). Les fruits sont dispersés sous forme de grandes propagules (25–30 mm × 3–4 mm) contenant plusieurs glumes ; ces propagules sont détachées par les animaux et elles adhèrent à leur fourrure.

Ecologie

Oxytenanthera abyssinica est un bambou des basses terres que l’on trouve du niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude, mais principalement entre 300–1500 m. Il est présent en savanne boisée caractérisée par une pluviométrie annuelle moyenne qui dépasse les 800 mm et par 3–7 mois de sécheresse (pluviométrie moyenne inférieure à 50 mm). Il est absent des forêts fermées et se propage peu sur les savanes arborées semi-arides et les fourrés. Les températures annuelles moyennes les plus répandues se situent à 20–27°C, avec une moyenne mensuelle des températures quotidiennes maximales de 30–36°C et des minimales de 7–17°C. Localement, un gel occasionnel peut se produire ; s’il est rigoureux, il peut brûler les feuilles.

Oxytenanthera abyssinica pousse sur des sols dont les roches-mères sont très variées, mais sur la plupart de son aire de répartition les roches-mères appartiennent au vieux socle cristallin. La fertilité du sol n’est pas primordiale. Oxytenanthera abyssinica est associé aux acrisols et ferralsols appauvris, aux luvisols modérément fertiles, et aux cambisols et nitisols plus jeunes et relativement riches en nutriments. L’espèce est essentiellement absente des arénosols qui retiennent mal l’humidité et des gleysols mal drainés. Les facteurs de milieu déterminants sont un bon drainage allié à un accès à un point d’eau sûr. Ses milieux naturels de prédilection sont les bords de rivières et de canaux de drainage, les termitières et les pentes rocailleuses. Les micro-milieux préférés des pentes rocailleuses sont des ravins bien éclairés avec un sol profond accumulé entre de gros galets. Les conditions salines sont défavorables.

Multiplication et plantation

Oxytenanthera abyssinica est habituellement multiplié par graines. Le poids de 1000 grains est de 70–110 g. Ils demeurent viables 6–18 mois s’ils sont conservés à température ambiante dans un endroit sec à l’abri des ravageurs. Il est recommandé de les conserver quelques mois avant de les utiliser. Les pourcentages de germination fluctuent entre 30% et 80% et les périodes de germination entre 11 jours en conditions humides et chaudes, et 4 mois en conditions froides et sèches. Les graines sont semées en pépinières lorsque la température quotidienne moyenne est de 20°C, voire plus. Cette période peut durer 8–24 mois. Le repiquage au champ s’effectue au tout début de la saison des pluies, lorsque les plants bons à repiquer ont deux pousses et que la plus grosse mesure au moins 30 cm de long.

Lorsque la floraison est aléatoire, la division des rhizomes est une façon réaliste de mettre en place de nouvelles touffes ; c’est d’ailleurs à elle que l’on a recours traditionnellement pour implanter les touffes sur les terres agricoles. Elle est également utilisée par les services de l’exploitation forestière en Ouganda. Au début de la saison des pluies, des tronçons de rhizomes longs de 12–30 cm et portant des bourgeons sains ou encore les 45 cm de la partie inférieure d’une tige sont déterrés et repiqués séance tenante. Oxytenanthera abyssinica peut aussi être multiplié par bouturage de tige.

Gestion

La conduite de la culture d’Oxytenanthera abyssinica est rarement systématique, toutefois on préconise un désherbage des touffes fraîchement mises en place, associé à l’élimination de l’ombre. L’espacement pour les plants de pépinière était de 3,8 m × 3,8 m ou de 5 m × 5 m lors d’essais et dans des arboretums. Sur des plantations mélangées avec des feuillus, l’espacement est de 6 m × 6 m. Il faut 6 ans (à partir de rejets de rhizomes) ou 8 ans (à partir de semis) pour que les touffes atteignent le stade où les tiges pourront être récoltées. A partir de la troisième année, un éclaircissage (50% des pousses des années précédentes) a semblé justifié sur un peuplement planté au Kenya, car plus les tiges étaient nombreuses plus elles étaient petites. Les touffes destinées à la production de sève (“vin”) sont généralement implantées dans des zones où sont cultivés le maïs, la pomme de terre, le pyrèthre ou le blé. Ces touffes sont éclaircies dès la deuxième année afin de prévenir la congestion des tiges, tandis qu’un élagage des rameaux jusqu’à environ 2 m les rend plus accessibles ; un ameublissement du sol périphérique stimule tant la croissance des rhizomes que la levée sans entrave des pousses.

Un peuplement pur d’Oxytenanthera abyssinica contient jusqu’à 750 touffes et 30 000 tiges à l’hectare.

Maladies et ravageurs

On a signalé la rouille des feuilles causée par le champignon Kweilingia divina (synonyme : Dasturella divina).

Récolte

La récolte débute lorsque les touffes contiennent des tiges de 4 ans, pour se poursuivre tous les 1–3 ans, et les tiges de 4–6 ans sont alors coupées. Dans le cadre d’une méthode culturale destinée à améliorer la productivité des peuplements naturels aux touffes bien implantées, on pratique la rotation de la récolte durant les 4 premières années. Chaque année, on coupe les pousses de tous âges à l’intérieur d’un quadrant ; ainsi ce traitement progresse-t-il autour de la touffe d’une année sur l’autre. Les tiges de plus de 6 ans servent de combustible, celles de 4–6 ans de matériau de construction, et celles de 2–3 ans peuvent présenter une certaine valeur pour le tissage. Après cette phase initiale, les tiges de 4 ans peuvent être récoltées chaque année ou bien, pour celles de 4 ans ou plus, tous les 2 ou 3 ans. Outre l’élimination des tiges mortes ou déformées, il est courant de laisser les tiges qui ont moins de 3 ans, mais la congestion de la touffe ou la demande de matériau souple peut justifier d’en exploiter certaines.

En Tanzanie, pour récolter du vin, on tranche les extrémités des turions et on meurtrit les tiges deux fois par jour pendant une semaine. L’exsudat qui s’écoule des meurtrissures est récolté et mis à fermenter pendant 2 jours. Le vin obtenu (“ulanzi”) titre 5–5,5% d’alcool.

Rendement

Les estimations de rendement concernant la végétation naturelle où Oxytenanthera abyssinica est abondant sont de 10–33 t de tiges sèches par ha et par an au Sénégal. On a signalé des rendements expérimentaux de tiges sèches qui s’élèveraient à 8–11 t par ha et par an en R.D. du Congo, et à 14–28 t par ha et par an au Kenya. Une fois qu’une touffe a plus de 6 ans, on peut maintenir de tels rendements à condition de pratiquer une exploitation judicieuse.

Ressources génétiques

Une séparation équatoriale et des intervalles à l’est du Lac Tchad et au sud de l’Ethiopie scindent l’aire de répartition d’Oxytenanthera abyssinica. Des études divergentes font état d’une part de cycles de floraison annuels dans certains endroits et d’autre part de touffes monocarpiques fleurissant à de longs intervalles ailleurs, ce qui pourrait refléter des différences génétiques. Cela, ajouté à la fragmentation et à la répartition étendue de l’espèce, semble plaider en faveur d’une variation génétique importante, et suggérer l’éventualité de taxons intraspécifiques. Si rien ne permet d’indiquer qu’Oxytenanthera abyssinica soit actuellement menacé, en revanche des rapports signalent que son abondance décroît, par ex. au Sénégal et en Ouganda. Jusqu’à présent, Oxytenanthera abyssinica n’est pas suivi par le groupe FAO d’experts des ressources génétiques forestières bien qu’il se trouve dans sa base de données REFORGEN, ce qui signifie qu’il est en danger en Guinée. Pour lutter contre la surexploitation, la liste des réserves de forêts de bambous a été publiée au journal officiel en Ouganda. L’espèce est cultivée dans un certain nombre d’arboretums, mais pas dans le cadre d’une initiative explicite de préservation.

Perspectives

Pour les savanes africaines, Oxytenanthera abyssinica présente de nombreux attraits en tant que produit naturel susceptible de gestion durable. Des matériaux de construction légers, résistants et droits peuvent être produits en moins de 3 ans, et tout autant d’articles, en fendant les tiges avec de simples ustensiles de cuisine. Il existe des possibilités de multiplication peu exigeantes. Des peuplements de bambous communautaires mis en place et exploités suivant des protocoles qui améliorent la qualité et la quantité du produit sont bien compatibles avec une réhabilitation des terrains. Cependant, malgré la faveur dont il jouit au niveau rural, Oxytenanthera abyssinica a été négligé par les secteurs forestier et agricole jusqu’à ce que le Réseau international sur le bambou et le rotin (INBAR) l’ait inclus récemment dans la liste des 38 principaux bambous d’importance économique. Grâce à l’INBAR, il existe désormais des évaluations de bambous dans plusieurs pays d’Afrique. Des perspectives pour une collaboration transfrontalière de gestion ont abouti. Certains domaines d’étude essentiels entrent dans le cadre d’initiatives à l’échelle du continent qui cherchent à protéger et à améliorer les ressources en bambou de la savane africaine, en renforçant son poids et sa valeur au niveau rural. Le premier de ces domaines d’étude permettra d’élucider la variation géographique d’aspects présentant un intérêt pratique, en particulier la taille de la tige à maturité ; le deuxième concerne les cycles de floraison et leur interaction avec la survie de la touffe, et le troisième permettra de préciser l’état de sa conservation. Quatrièmement, en utilisant la connaissance que l’on a de la répartition pour décider quelles zones géographiques devraient être représentées, il convient d’entreprendre des essais de provenances de toutes origines, plantés réciproquement, qui permettront de surveiller la croissance et la reproduction afin d’identifier des sources de matériel génétique supérieur adaptées à des conditions écologiques variées.

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Sources de l'illustration

  • Clayton, W.D., 1970. Gramineae (part 1). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 176 pp.

Auteur(s)

  • T. Inada, 3-21-12, Toyotamanaka, Nerimaku, Tokyo, 176-0013, Japan
  • J.B. Hall, School of Agricultural and Forest Sciences, University of Wales, Bangor, Gwynedd LL57 2UW, United Kingdom

Citation correcte de cet article

Inada, T. & Hall, J.B., 2008. Oxytenanthera abyssinica (A.Rich.) Munro. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 13 novembre 2018.


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