Olea capensis (PROTA)

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Olea capensis L.


Protologue: Sp. pl. 1: 8 (1753).
Famille: Oleaceae

Synonymes

  • Olea guineensis Hutch. & C.A.Sm.
  • Olea hochstetteri Baker
  • Olea lancea Lam.
  • Olea welwitschii (Knobl.) Gilg & Schellenb.

Noms vernaculaires

  • Olivier du Cap (Fr).
  • East African olive, ironwood olive, Elgon olive, African ironwood, black ironwood (En).
  • Mushargi, loliondo (Sw).

Origine et répartition géographique

Olea capensis est répandu depuis la Guinée et la Sierra Leone jusqu’en Ethiopie et au Kenya, et vers le sud jusqu’en Afrique du Sud et au Swaziland. Il est également présent aux Comores et à Madagascar, ainsi que dans l’île de Socotra (Yémen).

Usages

Le bois de cœur, souvent vendu sous le nom de “bois de fer”, est particulièrement prisé pour la parqueterie, la menuiserie et les boiseries, très employé pour la construction d’habitations et de ponts, la confection de plans de travail et de dessus de tables, de traverses de chemin de fer, de manches d’outils et de pièces de véhicules. Il donne de très beaux meubles, du bois tourné et des placages tranchés, et les artistes africains l’utilisent souvent. Il convient bien aux boiseries intérieures, aux articles de sports, aux jouets, aux articles de fantaisie et aux instruments agricoles. En Afrique du Sud, on s’en sert traditionnellement pour fabriquer des sagaies. Il sert aussi de bois de feu et pour la production de charbon de bois.

Les fruits oléagineux sont comestibles et sont employés en Afrique australe pour faire de la bière et de la limonade. En Afrique de l’Est, la décoction d’écorce sert d’émétique et d’anthelminthique, soigne le paludisme, les maladies vénériennes et la stérilité féminine ; on applique de la cendre d’écorce comme pansement sur les plaies. Au Swaziland, la décoction d’écorce est prescrite en cas d’ulcère gastrique, et en Afrique du Sud l’écorce sert à éclaircir la peau. En Afrique australe, on applique de la poudre de racine sur les fractures et les œdèmes, et on prescrit l’infusion de feuilles en cas d’infection des voies respiratoires et de douleurs. Le feuillage sert de fourrage, notamment durant la saison sèche. Les fleurs produisent du nectar pour les abeilles. En Afrique du Sud, Olea capensis a servi de porte-greffe pour le greffage des cultivars d’oliviers de Méditerranée. L’arbre a la réputation d’être sacré chez les Massaïs qui l’utilisent souvent lors de cérémonies.

Production et commerce international

Le commerce international de bois d’Olea capensis est très limité. Les volumes vendus aux enchères en Afrique du Sud en 2000–2008 ont fluctué, passant de 50 m³ à 300 m³/an. En 2008, le prix de planches de première qualité mesurant 2,5 cm et 5 cm d’épaisseur était de US$ 1225/m³ et de US$ 1335/m³ respectivement, et en 2009 celui de planches de 2,5 cm et de 10 cm d’épaisseur atteignait US$ 2110/m³ et US$ 2160/m³ respectivement.

Propriétés

Le bois de cœur, brun pâle à brun foncé, présente souvent des maillures irrégulières gris-noir ou jaunâtres. Il se distingue nettement de l’aubier blanc jaunâtre à gris, de 2,5–5 cm d’épaisseur. Le fil est droit à légèrement contrefil, le grain fin et régulier. La surface du bois a une belle figure et est légèrement huileuse au toucher.

C’est un bois lourd, avec une densité de 860–975(–1170) kg/m³ à 12% d’humidité, et il est dur. Il sèche très lentement à l’air tout en étant particulièrement sujet aux gerces superficielles, aux fentes, au gauchissement et aux déformations. Le séchage au four étant délicat, il doit être effectué à basse température. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre ils sont de 4,0–4,7% dans le sens radial et de 6,7–7,9% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois n’est pas stable en service sauf s’il a été séché correctement. A 12% d’humidité, le module de rupture est de (78–)127–174 N/mm², le module d’élasticité de (8600–)16 500–19 500 N/mm², la compression axiale de (41–)73–84 N/mm², la compression transversale de 19 N/mm², le cisaillement de (16–)22,5–26 N/mm², le fendage de 28–94 N/mm, la dureté Janka de flanc de 10 050–13 750 N et la dureté Janka en bout de 9780–14 200 N.

Le bois se scie facilement à l’état vert mais il est difficile à scier et à travailler une fois sec, et il désaffûte très vite les dents de scies et les lames de coupe. En le travaillant, il faut le tenir fermement. Les surfaces sciées sur quartier ont tendance à pelucher au rabotage, et un angle de coupe de 20° est recommandé. On peut obtenir une belle finition du bois qui est bien poli sans avoir recours à un apprêt. Les avant-trous sont nécessaires pour le clouage et le vissage. Avec des colles à bois conventionnelles, le bois ne colle pas toujours bien à cause de sa surface huileuse. Il se tourne assez bien et des placages de bonne qualité ont pu être obtenus par tranchage. Les caractéristiques de cintrage à la vapeur sont satisfaisantes. C’est un bois moyennement durable à durable. Si les scolytes et les termites l’attaquent parfois, en revanche il n’est pas sensible aux Lyctus. Le bois de cœur est quelque peu rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, contrairement à l’aubier qui est perméable.

De la coumarine ainsi que des hétérosides à sécoïridoïdes ont été isolés de l’écorce. Des lignanes, du (–)-olivil et du (+)-cyclo-olivil, ont également été isolées de l’écorce.

Falsifications et succédanés

Le bois de l’olivier africain sauvage (Olea europaea L. subsp. cuspidata (Wall. ex G.Don) Cif.) ressemble énormément à celui d’Olea capensis et sert aux mêmes usages.

Description

Arbuste ou arbre de taille petite à plutôt grande pouvant atteindre 35(–40) m de haut, sempervirent ; fût dépourvu de branches sur une hauteur atteignant 15 m, droit et cylindrique quoique parfois irrégulier ou cannelé, jusqu’à 90(–150) cm de diamètre ; surface de l’écorce des jeunes individus lisse et gris pâle, se fissurant dans le sens de la longueur et virant au gris foncé chez les sujets âgés, écorce interne épaisse, dure, crème à orange-brun ou verdâtre, exsudant une gomme noirâtre ; cime de petite taille et dense à branches brusquement ascendantes, ou bien arrondie à branches étalées ; rameaux arrondis, glabres, à lenticelles blanches clairsemées. Feuilles opposées décussées, simples ; stipules absentes ; pétiole de 0, 5–1(–2) cm de long ; limbe elliptique à oblong-elliptique ou ovale-elliptique, de 3–11(–16) cm × 1,5–5(–6,5) cm, cunéiforme à la base, obtus à aigu ou courtement acuminé à l’apex, entier à légèrement ondulé sur les bords, coriace, glabre, vert brillant au-dessus, vert pâle au-dessous, pennatinervé avec 5–7 paires de nervures latérales discrètes. Inflorescence : panicule terminale de 3–8 cm de long, glabre, à nombreuses fleurs. Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères, parfumées ; pédicelle court ; calice en coupe, d’environ 1 mm de long, à lobes triangulaires ; corolle de 2–3 mm de long, blanche, à tube court et à lobes elliptiques ; étamines 2, insérées sur le tube de la corolle, d’environ 2 mm de long ; ovaire supère, ampulliforme, d’environ 1,5 mm de long, 2-loculaire, style court. Fruit : drupe globuleuse à ellipsoïde de 0,5–2 cm × 0,5–1 cm, violet-noir à maturité ; noyau à paroi épaisse et ligneuse, contenant normalement 1 seule graine. Graines à albumen abondant.

Autres données botaniques

Le genre Olea comprend 33 espèces, dont la plupart se rencontre en Afrique orientale et australe ainsi qu’en Asie tropicale.

On distingue trois sous-espèces d’Olea capensis : subsp. capensis cantonnée à l’Afrique du Sud, subsp. enervis (Harv.) I.Verd. limitée à l’Afrique du Sud et au Swaziland, et subsp. macrocarpa (C.H.Wright) I.Verd. (synonymes : Olea guineensis Hutch. & Dalziel, Olea hochstetteri Baker) qui couvre l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Elles diffèrent par la forme et la taille de leurs feuilles comme par la taille de leurs fruits, subsp. macrocarpa ayant les feuilles et les fruits les plus gros. Cette dernière est souvent de plus grande taille que les deux autres, ce qui en fait une essence à bois d’œuvre plus importante.

Olea welwitschii

Olea welwitschii (Knobl.) Gilg & Schellenb. a également été considérée comme une sous-espèce d’Olea capensis, mais dans les dernières études taxinomiques publiées il est classé à nouveau comme une espèce à part, qui se distingue surtout par ses feuilles habituellement plus étroites munies de pétioles plus longs. Olea welwitschii est répandu depuis le Cameroun jusqu’en Ethiopie et au Kenya et vers le sud jusqu’en Zambie, en Angola et au Mozambique, depuis la forêt pluviale tropicale de basse altitude jusqu’à la forêt de montagne sempervirente. Il s’agit d’un arbre de petite à assez grande taille qui atteint 35 m de haut, dont le fût mesure jusqu’à 100 cm de diamètre, et qui parfois présente des contreforts de grande taille. Son bois ressemble à celui d’Olea capensis et sert aux mêmes usages, par ex. pour la construction, la parqueterie, la menuiserie, le mobilier et les placages tranchés. Cependant, sa densité semble être légèrement inférieure, de 690–820 kg/m³ à 12% d’humidité, et si son bois est moins résistant, il est plus stable en service. En Ethiopie, les contreforts sont transformés en portes. Le bois sert aussi de bois de feu et pour la production de charbon de bois. L’écorce est employée pour les mêmes usages en médecine traditionnelle que celui d’Olea capensis.

Olea lancea

Olea lancea Lam. est également proche d’Olea capensis, mais s’en distingue par ses feuilles habituellement plus étroites à pétiole plus court. C’est un arbuste ou un arbre de petite taille qui atteint 6 m de haut et qui est présent à Madagascar, à la Réunion et à Maurice. Le bois (“bois de cerf”, “bois d’olive blanc”) est employé en construction et en menuiserie. La décoction d’écorce soigne l’infection des voies respiratoires et les affections cutanées, et l’infusion de feuille sert d’emménagogue et d’aphrodisiaque.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 7 : vaisseaux en lignes, ou plages, obliques et/ou radiales ; 10 : vaisseaux accolés radialement par 4 ou plus ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) ( 4μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 49 : 40–100 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; (93 : huit (5–8) cellules par file verticale).
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (98 : rayons couramment 4–10-sériés) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 113 : présence de cellules des rayons avec parois disjointes ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : (150 : cristaux aciculaires (en aiguille)).

(E. Uetimane, P. Baas & H. Beeckman)

Croissance et développement

Olea capensis se caractérise comme une espèce qui tolère l’ombre. La croissance initiale des semis peut aller jusqu’à 1,1 m/an, mais au bout d’environ 4 ans l’arbre a une croissance lente. En Tanzanie, des sujets âgés de 31 ans ont atteint 12–15 m de haut avec un diamètre de fût de 12,5–14,5 cm.

En Afrique australe, les arbres fleurissent périodiquement à intervalles de 2–4(–7) ans. Les fruits mûrissent 0,5–1 an plus tard. Ce sont les oiseaux tels que les calaos et les tourterelles qui les mangent et qui en disséminent probablement les noyaux. Ceux qui ont franchi le système digestif des oiseaux germent au bout de 4–6 mois. L’étude de prélèvements de matières fécales de chimpanzés au Rwanda a montré qu’elles contenaient souvent des noyaux d’Olea capensis. On a également constaté que les singes, les cochons sauvages, les chauves-souris frugivores et les écureuils se nourrissaient de fruits. Des travaux de recherches portant sur les racines ont révélé la présence de mycorhizes vésiculaires.

Ecologie

Olea capensis est caractéristique de la forêt de montagne humide. En Afrique de l’Ouest, il est cantonné aux montagnes de plus de 600 m d’altitude, en Centrafrique il est présent à 1000–2800 m d’altitude, et en Afrique de l’Est on le rencontre surtout à 1500–2700(–3200) m d’altitude. En Afrique du Sud, Olea capensis se comporte par endroits en arbre du couvert forestier dominant, notamment dans les forêts côtières. En Afrique de l’Est, Olea capensis peut dominer la végétation climacique dans les forêts de montagne de basse et de moyenne altitude, de même qu’Olea europaea L. subsp. cuspidata (Wall. ex G.Don) Cif. et que Podocarpus latifolius (Thunb.) R.Br. ex Mirb. En Ethiopie, on le trouve souvent avec Juniperus procera Hochst. ex Endl. et Afrocarpus falcatus (Thunb.) C.N.Page.

En général, Olea capensis préfère les régions dont la pluviométrie annuelle est de 800–1500 mm et dont la température annuelle moyenne est de 14–18°C. Les jeunes individus préfèrent les sols bien drainés, profonds, limoneux et fertiles. Une fois qu’ils ont pris racine, ils résistent assez bien à la sécheresse, allant même jusqu’à pousser sur des sols pauvres.

Multiplication et plantation

On a constaté que la régénération naturelle dans les forêts de montagne du sud-est de l’Ethiopie était médiocre, contrairement à la Tanzanie où elle est abondante. En Afrique du Sud, il n’est pas rare que les semis soient abondants dans la forêt, mais nombre d’entre eux finissent par périr sous l’effet de maladies comme la fonte des semis.

Pour le semis, il est recommandé d’utiliser des noyaux frais. On compte 1500–3300 noyaux par kg. Le taux de germination est d’environ 35% et la germination nécessite 2–9 mois, mais parfois elle peut prendre 2 ans. Les fruits entiers ou les noyaux peuvent être ramassés par terre. Les noyaux peuvent être conservés pendant 3 mois au maximum, mais il faut auparavant les débarrasser de leur pulpe en les frottant sous l’eau courante puis les laisser sécher environ 5 jours. A basse température (3°C), ils peuvent être conservés plus longtemps. Avant le semis, les noyaux secs doivent être mis à tremper dans de l’eau pendant 2 jours. Les sauvageons sont parfois aussi récoltés pour la plantation qui doit avoir lieu pendant la période la plus humide de l’année. Pour le repiquage au champ, on utilise souvent de jeunes plants d’environ 180 cm de haut desquels on a ôté les feuilles inférieures.

Gestion

En Tanzanie, Olea capensis est cultivé en plantations par groupes de 10 arbres selon un espacement très réduit (1 m × 1 m) avec des arbres d’abri tels que Grevillea robusta A.Cunn. Un intervalle de 7–8 m est maintenu entre les groupes. Olea capensis ne gêne pas beaucoup les cultures ce qui lui a permis d’être recommandé pour les plantations agroforestières. Les jeunes sujets peuvent être conduits par ébranchage, étêtage et recépage. En Afrique du Sud, les arbres ont eu une régénération en taillis de 40% des troncs coupés.

Maladies et ravageurs

Olea capensis est souvent brouté par les chèvres comme par les animaux sauvages tels que les éléphants et les antilopes, mais il se rétablit bien.

Récolte

En plantations, les fûts peuvent être abattus pour le bois d’œuvre 75 ans environ après la plantation. Dans les forêts du sud de l’Afrique du Sud, où Olea capensis est un arbre dominant du couvert forestier, le cycle d’abattage est de 10 ans et les individus sont choisis en fonction de critères de maturité visibles de l’extérieur.

Rendement

En Tanzanie, des peuplements bien implantés d’Olea capensis ont atteint un volume sur pied d’environ 20 m³/ha, 25–30 ans après la plantation.

Traitement après récolte

Il est préconisé de débarder les grumes rapidement après l’abattage car l’aubier est sensible aux attaques des champignons et des insectes. Les grumes récemment abattues coulent dans l’eau et ne peuvent donc pas être transportées par flottage fluvial.

Ressources génétiques

Dans de nombreuses régions, Olea capensis se raréfie sous l’effet de la surexploitation, comme c’est le cas dans bien des régions montagneuses d’Ethiopie, du Kenya et de Tanzanie. Localement en Afrique du Sud, dès 1890, la surexploitation des forêts où dominait Olea capensis a rendu indispensables des mesures de conservation. Toutefois, dans les forêts du sud de l’Afrique du Sud, c’est toujours le plus commun des arbres du couvert forestier. Olea capensis jouit d’une protection légale en Afrique du Sud et son abattage fait l’objet d’une réglementation. Des essais de provenances ont été effectués en Tanzanie dans le but de sélectionner les meilleurs individus en raison de leurs performances de croissance pour la plantation à grande échelle.

Perspectives

La lourdeur et la dureté du bois d’Olea capensis sont autant de graves inconvénients à de nombreuses applications. Pourtant, sa belle figure madrée est attrayante pour la confection de mobilier et de placages tranchés. Les plantations pourraient produire du bois dont tout donne à penser qu’il pourrait bien s’exporter, mais les cycles de rotation requis sont assez longs. Olea capensis est une espèce intéressante à planter dans les forêts dégradées sur l’ensemble de son aire naturelle. Il convient de mener à la fois des études permettant de déterminer la variation génétique, une sélection des provenances ayant des caractéristiques supérieures de fût pour la production de bois d’œuvre et enfin des recherches en matière de pratiques sylvicoles optimales. Dans les pays qui connaissent un taux de déforestation élevé, il faut agir immédiatement pour assurer la conservation in situ des peuplements qui subsistent.

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Sources de l'illustration

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Auteur(s)

  • R. Aerts, Division Forest, Nature and Landscape, Katholieke Universiteit Leuven, Celestijnenlaan 200E, Box 2411, BE-3001, Leuven, Belgium

Citation correcte de cet article

Aerts, R., 2011. Olea capensis L. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 16 avril 2019.


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