Myrobolan

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L'usage français a consacré la forme myrobolan, alors que l'anglais dit myrobalan. L'origine du nom est claire : il vient du grec ancien μυροβάλανος - murobalanos, littéralement « gland parfumé », de μύρον - muron, « parfum », et βάλανος - balanos, « gland ». Mais les glissements de sens de ce nom restent obscurs.

Espèces concernées


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Esquisse et questions

Myrobalanos semble bien avoir d'abord désigné le ben ailé, dont on extrait de l'huile des graines. Cette huile pouvait servir à fabriquer des cosmétiques et des parfums. On comprend donc l'élément muron, mais guère l'élément balanos. Il est vrai que les Grecs devaient connaître le produit mais pas les fruits. De plus, Dioscoride en parle dans l'article sur le palmier-dattier, dont certaines dattes sont appelées phoinikobalanos.

En arabe, le nom ben (ou plutôt bān) est très polysémique.

Du sens de ben ailé, le nom a pu passer à des espèces de Prunus dont on extrayait l'huile des graines. Il s'agit surtout de Prunus mahaleb.

Pour une raison à éclaircir, les apothicaires du Moyen-Age ont donné le nom de myrobolan à une série de fruits venant de l'Inde, riches en tanins et considérés comme une panacée médicinale. Il s'agit d'abord des "trois fruits" (त्रिफला - triphalā) de la médecine ayurvédique, plus quelques autres Terminalia. Ces produits sont arrivés via les Arabes, mais il faudrait aussi regarder du côté de la Perse (Avicenne ?). Voir le Livre des simples médecines du XIIIe. Les Arabes les appelaient helileg, mais pas bān.


  • 106. Emblici et belirici. [ ]Mleg .i. bellileg .i. emblici et belirici ... Habix belirici sunt in opatone sua ppinqui mirobolanis kebulis in medicis & qn adunant oens tres spe[cie]s mirobolanos cum emblicis & beliricis & miscetur cum eis modicum olei amigdalarum dulcium & conficiunt cum melle... & iam no[m]inant quidam medici emblicos syremblicos... Sérapion, Liber aggregatus in medicinis simplicibus, 1473.
  • De mirobalanis CVII. Halilig, id est mirobalani. Species mirobalanorum sunt 4. Citrini & nigri, & sunt illi qui nominantur indi, & kebuli, & seni citrini. Aben mesuai... [plus loin] mirobalani de seni,... mirobalani seni. Sérapion, De simplicibus medicinis, 1531, p. 87.
  • 71. Bellileg, myrobalans, bilylij بِلِيلج. — Fruits fournis par des arbres très différents : les Myrobalans emblics, ٱَملج amlaj, par une euphorbiacée, Phyllanthus Embelica L., les M. bellerics par une combrétacée, Terminalia Bellerica Roxc. (ce sont ceux en question) ; quant aux ihlylaj إِهليلج qui se divisaient en chébules [kâbouly), citrins, noirs, indiens, ils étaient fournis par le Terminalia Chebula Retz. Les diffiérences de taille et de couleur provenaient de l'état plus ou moins avancé du développement du fruit. Dans les bazars de Syrie on vend de petits myrobalans noirs sous le nom de هِندي شعير hindy chaʿïra ; on les emploie comme laxatifs. Voir sur Pl@ntUse : Pierre Guigues, 1905. Les noms arabes dans Sérapion.
  • .v. maneires sunt de mirobolanz : citrins et kebles et emblis et indes et belleris. Ms. 3113 de la Bibliothèque Ste Geneviève de Paris. Voir sur Pl@ntUse.
  • Il en cinq especes de mirabolains bons. Cest assauoir Les citrins les kebules Belleriques et Embliques et Indes. (109r). manuscrit de 1501-1600, BNF Français 12322, en ligne sur Gallica
  • Matthiole, 1572, Commentaires de Dioscoride : myrobolans et lilas dans le chapitre Ben.
    • Il y a cinq especes de Myrabolans. les jaunes ou citrins, les chepules, les Indics ou noirs, les empelics, les bellerics. p. 652, chapitre 154
    • Sunt Myrobalanorum genrea quinque : nempe Flava, Chepula, Indica sive nigra, Empelica, Bellerica. (1554. Petri Andreae Matthioli Medici Senensis Commentarii, p. 536, chapitre Glans unguentaria. en latin)
  • article de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.
  • Littré, 1872-1877. Dictionnaire de la Langue Française.
    • 1° Nom de plusieurs fruits desséchés, venant des deux Indes, et ayant la forme d'une prune ; ils n'entrent plus que dans quelques préparations officinales anciennes.
      • Myrobolans citrins, les drupes du terminalia citrina, Roxburgh.
      • Myrobolans chébules, fournis par le terminalia chebula, Roxburgh.
      • Myrobolans indiens ou indiques, chébules cueillis avant maturité.
      • Myrobolans bellerics ou bellirics, les fruits du terminalia bellerica, Roxburgh.
      • Myrobolans emblics originaires de l'Inde, les drupes du phyllanthus emblica, L.
      • Le myrobolan d'Amérique est le fruit du chrysobalanus icaco, L.
      • Le myrobolan monbin ou mombin est produit par le spondias lutea, ou myrobolanus, L.
      • Les myrobolans d'Égypte sont les drupes du balanites aegyptiaca, Delile.
      • On a dit mirabolan. Mirabolans ambliques et citrons confits, le cent pesant estimé 150 livres, Décl. du roi, nov. 1640, Tarif.
    • 2° Le langage populaire en a fait un adjectif signifiant merveilleux, émerveillant. Voilà qui est myrobolan. On en fait même un féminin myrobolante. Une toilette myrobolante.
    • Hauteroche a fait de myrobolan le nom d'un médecin qui guérissait tout par des pilules, et, comme cela semblait miraculeux, on a pris en ce sens le terme myrobolan, LEGOARANT.