Mucuna gigantea (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Céréale / légume sec Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Mucuna gigantea (Willd.) DC.


Protologue: Prodr. 2 : 405 (1825).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)

Synonymes

  • Mucuna quadrialata Baker (1871),
  • Mucuna longipedicellata Hauman (1955).

Noms vernaculaires

  • Liane cadoque, liane caïman, mort aux rats (Fr).
  • Sea bean, burny bean (En).
  • Mtera (Sw).

Origine et répartition géographique

Mucuna gigantea est réparti en Asie tropicale, au Japon, en Australie, dans les îles du Pacifique et en Afrique. En Afrique tropicale, il est présent depuis la R.D. du Congo jusqu’au Kenya, en Tanzanie et au Mozambique, ainsi qu’à Madagascar et sur d’autres îles de l’océan Indien.

Usages

Au Kenya, les graines de Mucuna gigantea sont réputées comestibles. En Inde, les graines cuites à l’eau sont parfois consommées comme légume sec, par ex. dans les îles Andaman. Les aborigènes d’Australie réchauffaient autrefois les graines sur des pierres ou du sable chauds, en enlevaient le tégument et les réduisaient en farine, et celle-ci était ensuite mélangée avec de l’eau, enveloppée dans des feuilles et rôtie.

Des décoctions de racine de Mucuna gigantea sont prises pour traiter la blennorragie et la schistosomose. En Inde, l’écorce est appliquée en externe pour traiter les rhumatismes. Les graines réduites en poudre sont utilisées comme purgatif à Hawaï. Les poils irritants à l’extérieur des gousses seraient utilisés pour les empoisonnements criminels en Malaisie. Au Vietnam, ils sont mélangés avec de la nourriture pour se débarrasser des rats.

Propriétés

Les graines de Mucuna gigantea contiennent 1,7–2% de L-dopa (lévodopa ; L-3,4-dihydroxyphénylalanine), acide aminé qui stimule la formation de dopamine, un neurotransmetteur, dans le cerveau. La dopamine réduit le tremblement observé dans la maladie de Parkinson. Cependant, les opinions sont partagées quant aux effets secondaires et l’efficacité à long terme de la L-dopa. A cause de la présence de composés toxiques dans la plante, il semble recommandé de consommer les graines seulement après trempage et cuisson prolongés.

Description

  • Grande liane atteignant 30(–80) m de long ; tiges initialement couvertes de poils rigides orange-brun, glabrescentes.
  • Feuilles alternes, 3-foliolées ; stipules de 3–5 mm × 1 mm, caduques ; pétiole de 4–15 cm de long, rachis de 1,5–3,5(–8) cm de long ; stipelles en aiguille, de 2–3 mm de long, persistantes ; pétiolules d’environ 5 mm de long ; folioles ovales ou elliptiques, de 4–15 cm × 2–9 cm, les latérales obliques, acuminées et nettement apiculées à l’apex, arrondies à la base, à poils couchés clairsemés lorsque jeunes, rapidement glabrescentes.
  • Inflorescence : fausse ombelle axillaire pendante, de 10–35 cm de long, à fleurs sur de courts rameaux latéraux de 5–10 mm de long ; pédoncule de 4–22(–30) cm de long.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées ; pédicelle de 1–2,5 cm de long ; calice en coupe, de 10–13 mm de long, 2-labié, couvert de fins poils gris et de longs poils rigides caducs orange-brun, tube de 7–11 mm de long, lobes de 2–3 mm de long, lèvre supérieure un peu émarginée ; corolle vert crème pâle, blanche ou lilas pâle, étendard de (2–)2,5–3,5 cm × (1,5–)2–2,5 cm, arrondi, à poils rigides orange-brun épars, ailes et carène de (3–)3,5–4,5 cm de long ; étamines 10, dont 9 réunies et 1 libre ; ovaire supère, 1-loculaire, style long, filiforme, stigmate petit et terminal.
  • Fruit : gousse stipitée, oblongue ou oblongue-elliptique, de 7–15 cm × 3–5,5(–6,5) cm × 1–2 cm, à chaque bord muni de 2 ailes, densément couverte de poils rigides orange-brun au début, devenant glabre à maturité, à 1–4(–6) graines.
  • Graines de 2,5–3 cm × 2–3 cm × 1–1,5 cm, discoïdes, brun foncé ou densément marbrées de brun rouille ou de noir, lisses, hile s’étendant sur environ trois-quarts de la circonférence de la graine.
  • Plantule à germination hypogée ; premières feuilles écailleuses ou simples.

Autres données botaniques

Le genre Mucuna appartient à la tribu des Phaseoleae et comprend environ 100 espèces à répartition pantropicale. En Afrique tropicale, environ 10 espèces sont présentes. Plusieurs sous-espèces ont été distinguées au sein de Mucuna gigantea, dont subsp. quadrialata (Baker) Verdc. en Afrique. Cependant, Mucuna gigantea est très variable sur toute son aire de répartition et il ne semble pas possible de retenir subsp. quadrialata.

La croissance initiale de Mucuna gigantea est rapide : les jeunes plantes peuvent atteindre une hauteur de plus de 1 m en 3 semaines. A Madagascar, il fleurit pendant la saison sèche. Les fleurs sont très visitées par les colibris. Les graines sont disséminées par les courants marins. Toutes les parties vertes de la plante, dont les fleurs, deviennent noires lorsqu’elles sont froissées ou séchées.

Ecologie

Mucuna gigantea est surtout une espèce littorale que l’on trouve autour de l’océan Indien, mais en Afrique tropicale il est également présent à l’intérieur des terres. On le trouve dans le maquis côtier, au bord des cours d’eau, et à proximité de l’eau dans les savanes boisées et en lisière de forêts, jusqu’à 1800 m d’altitude.

Gestion

Mucuna gigantea se récolte dans la nature. La présence de poils rigides très irritants rend la manipulation difficile.

Ressources génétiques

Une entrée provenant du Kenya est conservée au National Genebank of Kenya, Crop Plant Genetic Resources Centre, KARI, à Kikuyu. Etant donné l’étendue de sa répartition, Mucuna gigantea n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Les composés toxiques dans les graines, nécessitant une longue cuisson, et la présence de poils irritants sur les gousses rendent improbable que Mucuna gigantea devienne une culture vivrière plus importante.

Références principales

  • Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
  • Dahal, K.R. & van Valkenburg, J.L.C.H., 2003. Mucuna Adanson. In: Lemmens, R.H.M.J. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(3). Medicinal and poisonous plants 3. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 305–308.
  • Dick, H., 1994. Burny bean - Mucuna gigantea. Australian Plants 17(138): 254, 256.
  • du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
  • Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.

Autres références

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  • Friedmann, F., 1994. Flore des Seychelles: Dicotylédones. Editions de l’ORSTOM, Paris, France. 663 pp.
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  • Wilmot-Dear, C.M., 1991. A revision of Mucuna (Leguminosae - Phaseoleae) in the Philippines. Kew Bulletin 46(2): 213–251.
  • Wilmot-Dear, C.M., 1992. A revision of Mucuna (Leguminosae: Phaseoleae) in Thailand, Indochina and the Malay Peninsula. Kew Bulletin 47(2): 203–245.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2006. Mucuna gigantea (Willd.) DC. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 avril 2019.


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