Melon (Vilmorin-Andrieux, 1904)

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Mélisse
Vilmorin-Andrieux, Les plantes potagères, 1904
Melons brodés

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MELON


Cucumis Melo L.
Fam. des Cucurbitacées.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Melon, Muskmelon. — ALL. Melone. — FLAM. et HOLL. Meloen. — SUÉD. Melon. — ITAL. Popone, Melone. — ESP. Melon. — PORT. Melão. — RUSSE Dynia. — POL. Melon. — JAP. Makuwa-uri.


Annuel. — Originaire des parties chaudes de l'Asie et cultivé depuis une époque très reculée, le Melon n'est pas connu d'une façon certaine à l'état sauvage ; on suppose que le type primitif, s'il existe encore quelque part,doit avoir un fruit oblong dans le genre de celui du M. de Perse.

Le Melon est une plante à tiges herbacées, minces, flexibles, à peu près cylindriques, munies de vrilles au moyen desquelles elles s'attachent aux objets environnants, et grimpent quand elles trouvent un point d'appui convenable; dans le cas contraire, elles rampent sur le sol. Les feuilles, ainsi que leur pétiole, comme les tiges elles-mêmes, sont rudes au toucher, par l'effet de poils courts, épaissis, qui ont presque la consistance de vraies épines. La forme des feuilles est assez variable, ainsi que leurs dimensions; il n'y a pas de relation constante entre la grandeur des feuilles d'une variété et la grosseur de son fruit.

Ordinairement les feuilles sont réniformes, arrondies,souvent plissées et ondulées sur les bords; souvent aussi elles sont assez nette-ment divisées en trois ou cinq lobes; quelquefois même elles sont découpées jusqu'à la moitié du limbe; le pourtour en est lisse et entier dans certaines variétés, denté et épineux dans d'autres.

Le Melon est monoïque, c'est-à-dire qu'il porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles, distinctes les unes des autres, mais réunies sur le même individu. Ces fleurs sont relativement assez petites, munies d'une corolle jaune à cinq divisions et variant de (>02 à (MOI de diamètre; la fleur femelle surmonte l'ovaire, qui, dans presque toutes les variétés, est ovoïde au moment de la floraison et présente déjà au moins la grosseur d'une belle noisette. Les insectes, et principalement les abeilles et les bourdons, visitent en grand nombre les fleurs de melons et suffisent presque toujours à en assurer la fécondation; cependant, dans les cultures forcées sous verre ou lorsqu'on veut être certain de conserver une variété entièrement pure de tout mélange, il peut être plus avantageux d'opérer la fécondation avec un pinceau ou avec une fleur mâle dépouillée de sa corolle. Le fruit présente de telles variations de forme, de grosseur et de couleur,qu'il est vraiment difficile d'en donner une description générale : il s'en rencontre en effet de ronds, de plats et d'allongés, depuis la forme d'un potiron jusqu'à celle d'un concombre. La couleur n'est pas moins sujette à varier,car elle va du blanc au noir en passant par toutes les teintes du vert et du jaune, sans parler des panachures les plus diverses. La surface en est sou-vent marquée de rides devenant, pour ainsi dire, subéreuses et se marquant en relief sur le fruit : on leur donne le nom de broderies. D'autres fois les fruits sont couverts de proéminences plus ou moins grandes et plus ou moins saillantes, que l'on appelle gales ou verrues. Enfin, la surface du fruit lest tantôt unie et tantôt divisée par un certain nombre de sillons allant du pédoncule à l'œil ou cicatrice laissée par la chute de la fleur ; ces sillons laissent entre eux


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un certain nombre de côtes, habituellement de neuf à douze, qui sont plus ou moins marquées et saillantes suivant les variétés.

Les graines, lisses, habituellement blanches ou jaunâtres, plates et oblongues, de grosseur tris variable, sont réunies au centre du fruit, dans une pulpe très aqueuse et pleine de filaments mous, qui sont leurs cordons nourriciers. La chair propre du fruit est toujours aqueuse, sucrée, ordinairement tris parfumée ; la couleur en est verte, blanche ou plus souvent d'un jaune ou rouge orangé. Le litre de graines pèse à peu près 360 grammes, et un gramme en contient 35 en moyenne : un peu plus dans les melons à petits fruits et un peu moins dans ceux dont le fruit est très gros, quoique la relation entre le volume des fruits et la grosseur des graines ne soit pas régulièrement constante. La durée germinative des graines de Melon est au moins de cinq années, elle dépasse souvent dix ans.

CULTURE. - Les Melons, comme la plupart des Cucurbitacées, demandent un terrain très fertile pour prospérer et produire de beaux fruits ; ils ne réussissent en pleine terre que dans les alluvions très riches ou dans les sols abondamment fumés. Dans tout le nord de l'Europe,on ne les cultive que très exceptionnellement en pleine terre, c'est sur couches qu'on les obtient ordinairement ; c'est donc de leur culture sur couches ou forcée qu'on aura principalement à s'occuper.

Le Melon demande pour végéter une température élevée ; elle doit être presque constamment supérieure à 12, degrés centigrades, et la qualité des fruits est d'autant meilleure que,vers l'époque de leur maturité, la température moyenne s'est maintenue plus élevée. Dans les conditions les plus favorables, la végétation complète de la plante demande quatre à cinq mois pour s'accomplir ; on voit par là que, sous le climat de Paris, on n'est jamais absolument sûr d'obtenir des melons mûrs sans l'emploi de la chaleur artificielle : l'usage des couches est, pour ce motif, tout à fait général. Pendant neuf ou dix mois de l'année, les maraîchers des environs de Paris ont des melons en culture, et, pendant six mois pleins, ils ne cessent de récolter des fruits mûrs.

Par le seul fait des réchauds de fumier, tous les melons sont, à proprement parler, forcés,puisqu'on leur fournit une somme de chaleur supérieure à celle que reçoivent les cultures de pleine terre; cependant l'usage a fait adopter la désignation de « culture forcée » plus spécialement pour celle qui commence dès le mois de Janvier et se poursuit par des semis successifs de Mars en Avril. La première saison, dite de primeur, donnera ses fruits en Mai ; la seconde saison produira de Juin en Juillet, et, enfin, la troisième saison produira ses fruits, dits de saison, de la fin de Juillet en Septembre. Les détails de culture ne sont pas tout à fait les mêmes pour ces trois saisons, nous allons les indiquer ci-après, et ce ne sont pas non plus toujours les mêmes variétés qu'on y emploie.

CULTURE FORCLE. -Première saison ou de primeur. -- Elle se pratique ordinairement à Paris avec le Cantaloup Prescott petit hâtif à châssis et le Cantaloup noir des Carmes. Le semis se fait en pépinière sur couche chaude dans le courant de Janvier ; le repiquage s'opère aussitôt après le développement des cotylédons, soit sur la même couche, soit sur une couche proportionnée à l'importance de la culture ; on met environ 120 à 13o melons par châssis. Pendant toute cette première partie de la végétation, les melons réclament des soins constants, qui se résument à donner de l'air toutes les fois que cela est possible, quelques bassinages, et surtout à éviter une condensation excessive d'humidité dans la partie inférieure des châssis. En Mars, on plante en place sur une nouvelle couche.

Avant de transporter le plant, on l'étête, c'est-à-dire que l'on coupe la tige primitive au-dessus de la deuxième feuille. Après la reprise, il se développe immédiatement deux branches latérales, qu'on laisse s'étendre, l'une vers le haut du châssis, l'autre vers le bas, jusqu'à ce qu'elles aient huit ou dix feuilles chacune ; on les coupe alors au-dessus de la sixième feuille; il se produit à ce moment, sur ces deux branches principales, de nouvelles ramifications que l'on dispose en arête de poisson dans le sens horizontal du châssis, et qui seront elles-mêmes taillées au-dessus de la troisième feuille ; ces ramifications portent presque toujours des fleurs fertiles.


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Il a été proposé un nombre considérable de systèmes de taille pour le Melon ; tous peuvent avoir leurs avantages dans quelques circonstances particulières, mais celui qu'on vient de décrire a été reconnu, dans les cultures des environs de Paris, comme le plus simple et en général le plus sûr aussi.

Il y a deux choses qu'il ne faut pas perdre de vue dans la culture des melons. C'est, d'une part, qu'un feuillage vigoureux, sain et bien développé est indispensable pour avoir de beaux et bons fruits : on devra donc s'efforcer d'obtenir et de conserver autant de feuilles qu'il en peut tenir dans la portion de châssis attribuée à la plante, sans que ces feuilles se dérobent l'une à l'autre l'air et la lumière. C'est, d'autre part, qu'il est toujours nécessaire de hâter la ramification des plantes pour obtenir plus tôt des fruits noués, et cela en ne laissant pas se développer au-delà de la troisième ou quatrième feuille les ramifications horizontales;car, si on laissait le Melon suivre sa végétation naturelle, il pourrait ne commencer à donner des fleurs fertiles qu'à un moment où il serait déjà trop tard pour que les fruits pussent arriver à maturité dans de bonnes conditions. Dès qu'il y a quelques fruits noués, on choisit le meilleur, c'est-à-dire celui qui, par sa vigueur et sa position, promet de se développer lemieux, et l'on supprime tous les autres. Dans la culture forcée de première saison ou de primeur, on ne laisse qu'un seul fruit par pied.

Les derniers soins consistent à supprimer les rameaux inutiles qui peuvent se montrer encore, à assurer le bon développement du fruit en l'isolant de la couche au moyen d'une tuile ou d'une petite planchette, et en le tournant de telle façon qu'il repose autant que possible sur le point d'attache.

On obtient quelquefois des melons ainsi forcés dès le mois d'Avril, mais c'est surtout pour le mois de Mai qu'il faut compter sur cette récolte.

Deuxième saison. — Le semis se fait dans le courant et jusqu'à la fin de Février ; les opérations en sont semblables à celles qui viennent d'être décrites, à part qu'elles ont lieu de trois semaines à un mois plus tard respectivement. Le succès est plus assuré que dans le cas des melons semés en Janvier, parce qu'on a moins à craindre des grands froids et du manque de lumière.

Aux variétés habituellement cultivées pour la première saison, on peut ajouter le Cantaloup Prescott fond blanc, ainsi que le C. Prescott fond blanc argenté, le C. parisien et le C. de Bellegarde, qui peuvent, dans cette seconde saison, être consommés de Juin en Juillet.

Troisième saison. — C'est celle qui, incontestablement, est la plus importante aux environs de Paris et où excellent les maraîchers ; elle se fait indifféremment sous châssis ou sous cloches — Le semis se fait sur couche chaude de la façon ordinaire, et la plantation a lieu dans le courant de Mai sur des couches disposées les unes devant les autres et pouvant, suivant les besoins, occuper tout un carré du jardin. On peut utiliser, pour ce semis de troisième saison, les mêmes variétés indiquées pour les deux premières, en y ajoutant la plupart des variétés de Cantaloups.

Après que les plantes ont bien repris, un peu plus tôt ou un peu plus tard, selon l'état de la température, on enlève complètement les châssis, et toute la culture jusqu'à la maturité des fruits se fait à l'air libre. La taille, le choix des fruits, se font comme aux deux saisons précédentes ; cependant on laisse en général les plantes prendre un peu plus de développement, et assez souvent on cueille deux fruits sur le même pied, mais c'est seulement lorsque le premier est à peu près parvenu à tout son volume qu'on en choisit un second pour le laisser se développer à son tour : on utilise ainsi la vigueur qui reste à la plante sans nuire au premier fruit, qui n'a plus à s'accroitre, mais seulement à transformer en sucre la matière dont il est déjà pourvu.

Dans cette troisième saison, et suivant les variétés, la maturité s'effectue de la fin de Juillet en Septembre.

CULTURE EN PLEINE TERRE. — La culture des melons en pleine terre, peu usitée, connue nous l'avons vu, dans le nord de la France, n'est en somme qu'une simplification du mode de culture qu'on vient de décrire.

Les plants sont élevés de même sur couche, et le terrain est préparé de la manière suivante : On creuse soit des trous, soit des tranchées de longueur variable, d'environ om 4o de profondeur, larges de o" 5o à o" 6o, et que l'on remplit de fumier de telle sorte qu'après fermentation, la couche, d'abord surélevée, se trouve ramenée au niveau du sol.


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Cette couche se composera partie de fumier déjà un peu consommé, et partie de fumier neuf qu'on foulera et arrosera copieusement pour que le tassement soit complet. On recouvrira cette couche d'abord avec la terre provenant de la tranchée, de manière à former un ados arrondi ; sur cet ados et aux emplacements destinés aux melons, on pratiquera des trous de 011'35 à o"'4o de diamètre et profonds de o"'25 que l'on remplira d'un compost de terreau et de terre franche par parties égales. C'est au milieu de ces emplacements que l'on plantera deux ou trois plants dont on ne conservera, après reprise, que le plus vigoureux.On ménagera au pied de chaque plant une cuvette bien paillée de fumier consommé, appelée à recevoir les arrosages. Pendant les premiers jours, on les abrite au moyen de cloches, ou, dans quelques localités, de papier ou linges huilés soutenus par de minces baguettes pliées en arceaux. Dès que la température devient tout à fait chaude, ces abris artificiels sont enlevés, et la culture se continue à ciel ouvert.

Si la culture des melons en pleine terre convient aux Melons cantaloups, elle est surtout applicable aux Melons dits brodés, ces derniers étant généralement de nature plus vigoureuse, plus rustique et n'exigeant pas, par conséquent, autant de soins qu'en demandent les Melons cantaloups.

CULTURE MÉRIDIONALE. - Culture forcée ou de primeur. — Les premiers soins à donner aux melons dans cette culture ne diffèrent en rien de la culture forcée décrite précédemment. Il y a lieu cependant de tenir compte de la température plus élevée de la région méridionale, qui permet d'aérer et de débarrasser plus tôt les plantes des coffres et châssis dans lesquelles elles ont été cultivées.

Culture en pleine terre dans la région méridionale. — Les semis en pleine terre s'effectuent d'Avril en Mai en place, en lignes espacées d'environ 1'20. Avant d'y procéder, il faudra défoncer le sol à environ o"'50. On pratiquera sur chaque ligne et à l'intervalle de o"'Do,des trous de o"' co de profondeur que l'on remplira de fumier à demi consommé qui, bien foulé, sera réduit de moitié ; l'autre moitié du trou sera remplie de terreau ou de bonne terre humeuse. Quelques jours après, on sèmera quatre ou cinq graines sur chacun de ces emplacements que l'on couvrira de cloches en verre ou plus simplement de cloches en papier huilé dit « paralout », pour favoriser la germination et préserver les jeunes plants des froids tardifs. Lorsque ces plants ont quelques feuilles, on choisit un ou deux des plus vigoureux et l'on supprime tous les autres, tout en conservant les cloches pendant quelques jours encore par mesure de prudence.

Les soins de culture, pincements, taille, etc., sont à peu près les mémes que pour les semis en pleine terre dans la région parisienne, à cette différence près que ces plantations ne sont plus l'objet de précautions aussi raisonnées et aussi minutieuses.

Pour assurer la qualité des fruits, on fera bien de supprimer les arrosements quelques jours avant leur maturité.

INSECTES NUISIBLES ET MALADIES. - Le Melon est souvent attaqué par le Puceron noir (Aphis papaveris), la «grise» (Acarus cucumeris), reconnaissable à la teinte vert pâle que prennent les feuilles sur lesquelles elle vit, et les Thrips (Thrips cerealium). Des bassinages faits le matin et le soir en dessous des feuilles avec de l'eau légèrement nicotinée ou une émulsion de savon noir et de pétrole suffisent ordinairement pour éloigner ces insectes. Les racines sont aussi parfois attaquées par un petit ver nématoïde qui vit à l'intérieur des tissus et cause leur décomposition. Dans ce cas, il faut arracher la plante entière avec ses racines, brûler le tout et faire servir la terre à une autre culture.

La maladie la plus redoutable pour les cultures du Melon est sans contredit la « nuile , qui est caractérisée par la présence sur les tiges, les feuilles et les fruits, de taches brunes, puis olivâtres, qui s'élargissent, gagnent en profondeur, et finissent par déterminer la décomposition des tissus atteints. Cette affection est due un champignon parasite : le Scolecotrichum nrelophtorum.

Une autre cryptogame, le Colletotrichum oligochaetum, provoque l'apparition de la maladie que les jardiniers appellent le « chancre », et qui diffère peu, en apparence, de la nuile ; elle affecte principalement les fruits et les branches.

On a préconisé contre ces maladies les pulvérisations de bouillies au sulfate de cuivre,mais les résultats obtenus ont été à peu près nuls, de sorte que la suppression et la destruc-


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tion par le feu des parties atteintes paraît jusqu'à présent le seul moyen d'enrayer l'extension du mal. I1 convient toutefois d'ajouter que le traitement au sulfate de cuivre est efficace,employé préventivement dans les cultures qui ont déjà eu à souffrir de ces maladies. On arrête assez facilement, parait-il, le développement du chancre en grattant les parties atteintes et en saupoudrant les plaies avec de la chaux vive en poudre.

Le « blanc ou meunier» attaque trop souvent les feuilles et les inflorescences du Melon. Cette maladie, de nature cryptogamique, est causée soit par le Peronospora cubensis, qui forme sur les feuilles de petites touffes blanches de filaments conidiospores fourchus, soit par le Sphaerotheca castanei, qui se reconnaît à son mycelium étalé en forme de toile d'araignée. Des soufrages répétés, exécutés de bon matin, suffisent ordinairement pour arrêter la maladie.

La maladie connue sous le nom de « grillage des feuilles » est due à l'Alternaria brassicae,et se reconnaît à la présence sur les feuilles de petits points de couleur jaune d'ocre qui s'élargissent rapidement et finissent par former de grosses taches marron qui envahissent souvent complètement le limbe.

L'Alternarium cucurbitae, voisin du précédent, cause la coulure des fleurs et la mort des très jeunes fruits. — Les sulfatages à la bouillie bordelaise paraissent efficaces contre ces deux parasites. Il faut aussi enlever soigneusement pour les brûler toutes les feuilles desséchées.

Le Cercospora melonis, qui cause de grands ravages dans les cultures de Concombres en serre, a été également constaté en Angleterre sur le Melon ; le traitement est le même que celui indiqué pour le Concombre (Voy. page 185).

La plupart des maladies cryptogamiques, ainsi que l'invasion des divers insectes sur les plantes cultivées sous châssis, proviennent presque toujours du milieu défavorable dans lequel vivent ces végétaux. Il est certain que le matériel nécessaire à la culture de ces plantes est souvent le véhicule même des maladies, qui trouvent dans ce milieu un excellent champ d'action pour leur propagation. Comme moyen préventif, le plus simple, à notre avis, est de tenir le matériel dans le plus grand état de propreté. Il est donc nécessaire de repeindre chaque année les châssis, de lessiver les coffres et de les passer ensuite soit au Lysol, au Solutol, ou bien à une préparation à base de nitrate ou de sulfate de cuivre.

Il n'est pas nécessaire, pour cueillir les melons, d'attendre qu'ils soient complètement mûrs; pris quelques jours avant leur complète maturité et conservés dans un endroit sain, ils achèvent de s'y faire plus ou moins vite, selon que la température du local est plus ou moins élevée.

Il n'est pas toujours facile de reconnaître le moment précis de la maturité d'un melon, les caractères qui l'indiquent varient avec les espèces et sont parfois assez peu apparents : dans un grand nombre de variétés, quand la maturité est proche, le pédoncule se cerne, c'est-à-dire qu'il se produit, à l'entour, des crevasses souvent profondes comme si le fruit allait se détacher de la plante. Dans presque tous les melons, la maturité est annoncée aussi par l'amollissement de la partie qui avoisine l'œil ; au lieu de rester dure, elle commence à céder à la pression et à fléchir sous le doigt. Le changement de couleur du fruit, qui tourne plus ou moins franchement au jaune, est également un indice de maturité ; quand cette décoloration commence à être apparente, on dit que le melon est « frappé », et l'on peut alors le cueillir, sauf à le garder encore quelques jours au fruitier. Enfin, le parfum que les melons exhalent presque à partir du moment où ils ont atteint tout leur volume devient plus fort et plus pénétrant à mesure que la maturité s'approche. C'est, suivant les variétés,tantôt l'un ou l'autre de ces caractères qui doit guider dans le choix du moment où les fruits peuvent être cueillis.

USAGE. - Les fruits du Melon se mangent crus; quelques variétés à chair blanche ouverte se confisent, dans le Midi, ou servent à faire des confitures. Les jeunes fruits que l'on supprime verts peuvent également se manger comme les jeunes courges ou les jeunes concombres, ou bien se confire au vinaigre comme les cornichons.

L'extrême mobilité du genre Melon a rendu fort difficile l'établissement d'une classification raisonnée.

On a proposé un grand nombre de systèmes ; nous suivrons le plus simple et le plus usuel : celui qui divise les melons en Melons brodés d'une part, et Melons galeux ou Cantaloups d'autre part.