Markhamia lutea (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Markhamia lutea (Benth.) K.Schum.


Protologue: Engl. & Prantl, Nat. Pflanzenfam. IV, 3b : 242 (1895).
Famille: Bignoniaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 40

Synonymes

Markhamia hildebrandtii (Baker) Sprague (1905), Markhamia platycalyx (Baker) Sprague (1905).

Noms vernaculaires

Markhamia, siala (En). Mgambo, mtalawanda (Sw).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Markhamia lutea s’étend de la Côte d’Ivoire jusqu’au Kenya et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo et en Tanzanie. Il est couramment planté dans certaines régions à l’intérieur de son aire, notamment au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, et parfois ailleurs, comme en Ethiopie et dans le sud des Etats-Unis.

Usages

Le bois est utilisé pour la construction légère, souvent comme bois rond, pour les menuiseries, le mobilier, l’ébénisterie, la confection de poteaux, de piquets, d’ustensiles, de cannes, de ruches, de pagaies, de manches d’outils et de tuteurs de cultures. Il se prête à la parqueterie légère, aux boiseries intérieures, à la construction navale, à la charronnerie, aux articles de sports, aux jouets et aux articles de fantaisie, aux caisses et aux cageots, aux allumettes, au tournage, aux placages, au contreplaqué et à la pâte à papier. Il résiste aux acides dilués et on peut l’utiliser pour les cuves de fermentation, les chariots et les barils. Il sert aussi de bois de feu et à la production de charbon de bois. Il a la réputation d’être excellent pour le séchage du tabac car sa fumée est inodore.

Markhamia lutea est une essence agroforestière importante. Il est utilisé comme arbre d’ombrage dans les plantations de bananiers, de haricots et de maïs, et en brise-vent. Il est précieux pour lutter contre l’érosion et pour conserver le sol, et assure un bon paillis. Il est planté comme arbre d’ornement dans les jardins et les parcs en raison de ses fleurs voyantes, mais également en haies vives et pour délimiter les terres. Les fleurs sont nectarifères pour les abeilles.

Les racines, l’écorce et les feuilles sont utilisées en médecine traditionnelle. Les feuilles et l’écorce soignent les maux de dent, d’estomac et de tête. Les racines sont administrées aux enfants en cas de convulsions, et la décoction de racine et d’écorce est prescrite contre l’asthme, la toux et la gonorrhée. La décoction de racine est appliquée en cas d’otalgie, celle d’écorce sert d’aphrodisiaque. Les feuilles et l’écorce broyées sont appliquées en externe pour soigner les affections cutanées et les lésions. On a recours aux feuilles dans le traitement des morsures de serpent et aux jeunes pousses dans celui des maux de gorge, des lumbagos et de la diarrhée. L’extrait de feuilles se prend en cas de toux et de paludisme. En Ouganda, les racines entrent dans la composition d’une préparation phytothérapeutique complexe destinée à soulager les symptômes du SIDA. On peut faire appel à Markhamia lutea pour lutter contre Striga, l’adventice parasite des céréales, en déclenchant la germination en l’absence d’hôte.

Production et commerce international

Le bois est employé localement et n’est pas vendu sur le marché international des bois d’œuvre.

Propriétés

Le bois de cœur, de couleur paille à brun pâle, fonce légèrement à l’exposition, et ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le fil est droit, le grain moyen et régulier.

C’est un bois moyennement lourd, avec une densité de 560–575 kg/m³ à 12% d’humidité, et modérément dur. Il sèche à l’air rapidement, mais a tendance au gauchissement et aux gerces. Les taux de retrait sont assez élevés. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 90–104 N/mm² et la compression axiale de 51–54 N/mm².

C’est un bois facile à scier et à travailler tant à la main qu’à la machine. Il se rabote et se finit en donnant une surface lisse, même si un peluchage peut apparaître ; l’emploi d’un apprêt est recommandé. Comme il est exposé aux fentes durant le clouage et le vissage, il est conseillé de faire des avant-trous. Il se peint et se vernit bien si l’on emploie un enduit bouche-pores. Il se déroule et se tranche bien et donne des placages de bonne qualité. Il est moyennement durable, car il résiste modérément aux termites, mais est sensible aux Lyctus, aux scolytes et aux térébrants marins. La sciure peut provoquer l’irritation des muqueuses.

Un extrait au pétrole-éther des racines a mis en évidence une activité antibactérienne. Les racines contiennent des alcaloïdes et des saponines. Lors d’essais de dépistage, des extraits de racine et de feuilles de Markhamia lutea ont montré une nette activité antivirale contre le virus de l’herpès et celui de Coxsackie. Des hétérosides phénylpropanoïdes, le verbascoside, l’isoverbascoside et les lutéosides A–C, ont été isolés des racines. Tous ces composés ont démontré une puissante activité in vitro contre le virus respiratoire syncytial. Des extraits bruts de feuille à l’acétate d’éthyle ont mis en évidence une activité antiparasitaire in vitro contre Plasmodium falciparum, Trypanosoma brucei et Leishmania donovani. Des triterpènes du type cycloartane, les musambines A–C et leurs dérivés hétérosides, les musambiosides A–C, sont considérés comme les composés actifs. La musambine B et sa puissante activité antitrypanocide est particulièrement prometteuse pour la mise au point de médicaments.

Description

Arbre de taille petite à moyenne atteignant 25(–30) m de haut, sempervirent ; fût souvent court mais parfois dépourvu de branches sur 20 m, jusqu’à 70 cm de diamètre, les sujets âgés souvent cannelés à la base ; surface de l’écorce finement craquelée, brun pâle à brun rougeâtre ou gris foncé, écorce interne fibreuse, jaunâtre ; cime normalement étroite, irrégulière ; branches à nombreuses lenticelles, rameaux légèrement poilus. Feuilles opposées, composées imparipennées, atteignant 35 cm de long, à (2–)3–6 paires de folioles ; stipules absentes, mais pseudostipules présentes, arrondies, de 2–3 cm de diamètre ; pétiole de 6–12 cm de long ; pétiolules atteignant 0,5(–1) cm de long ; folioles opposées, elliptiques à obovales, de 4,5–21 cm × 4–9 cm, cunéiformes à arrondies à la base, acuminées à l’apex, papyracées, recouvertes de petites écailles, pennatinervées avec 15 paires de nervures latérales. Inflorescence : panicule terminale atteignant 20 cm de long et de large. Fleurs bisexuées, zygomorphes, de grande taille et voyantes, odorantes ; pédicelle d’environ 0,5 cm de long ; calice spathacé, de 2–2,5(–3) cm de long, recouvert de petites écailles ; corolle jaune doré, ponctuée de nervures ou de points violet brunâtre rouge à la gorge, tube de (2–)3–4,5 cm de long et limbe à 2 lèvres et 5-lobé, lobes de (1–)1,5–2,5 cm de long et de large, glanduleux ; étamines 4, de 2–3 cm de long, 2 longues et 2 courtes, insérées sur le tube de la corolle, incluses ; disque 5-lobé ; ovaire supère, oblong, de 0,5–1 cm de long, 2-loculaire, style de 2–2,5 cm de long. Fruit : capsule linéaire, incurvée, de 35–80 cm × 1–2 cm, aplatie, recouverte de petites écailles, déhiscente par 2 valves, contenant de nombreuses graines. Graines irrégulièrement rectangulaires, à 2 ailes latérales, de 0,5–1 cm × 2,5–3,5 cm en comptant les ailes, jaune-blanc. Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Markhamia comprend 6 espèces, dont 4 se trouvent en Afrique et 2 en Asie tropicale.

Markhamia obtusifolia

Markhamia obtusifolia (Baker) Sprague est un arbuste ou arbre de petite taille atteignant 15 m de haut, présent de la R.D. du Congo et la Tanzanie jusqu’en Angola, au Botswana, au Zimbabwe, au Mozambique et en Afrique du Sud. Son bois de couleur pâle, dont on dit qu’il serait assez durable, est utilisé pour la confection de poteaux, de chevrons, de meubles, d’ustensiles et de manches d’outils, et comme bois de feu. L’écorce sert à fabriquer des cordages et les feuilles font office de fourrage pour le bétail. Markhamia obtusifolia est parfois planté comme arbre d’ornement. Les racines et les feuilles sont utilisées en médecine traditionnelle pour traiter la toux, les convulsions, l’adénolymphite, l’ankylostome, les morsures de serpent, la tachycardie, la jaunisse, la conjonctivite et la syphilis, et comme stimulant du système nerveux.

Markhamia tomentosa

Markhamia tomentosa (Benth.) K.Schum. ex Engl. est un arbuste ou arbre de petite taille atteignant 15 m de haut, au fût dépourvu de branches sur 9 m et atteignant 30 cm de diamètre, présent dans la savane et dans la forêt sèche à semi-décidue du Sénégal jusqu’à la R.D. du Congo et vers le sud jusqu’au nord de l’Angola. Son bois, brun jaunâtre pâle à brun rosé pâle, avec une densité d’environ 580 kg/m³ à 12% d’humidité, est assez proche de celui de Markhamia lutea et sert aux mêmes usages. Il est employé également comme bois de feu. Markhamia tomentosa est parfois planté comme arbre d’ornement. L’écorce et les feuilles servent en médecine traditionnelle, notamment en externe contre les affections cutanées, les plaies et les rhumatismes, mais les décoctions soignent également la fièvre, les douleurs et les troubles respiratoires. L’écorce s’utilise en tannerie.

Markhamia zanzibarica

Markhamia zanzibarica (Bojer ex DC.) K.Schum. ex Engl. (synonyme : Markhamia acuminata (Klotzsch) K.Schum.) est un arbuste ou arbre de petite taille atteignant 10 m de haut, présent en zone boisée, en lisière de forêts et dans les fourrés de la Somalie à l’Angola, au Botswana, au Zimbabwe, au Mozambique et au nord de l’Afrique du Sud. Le bois jaunâtre sert en construction pour la confection de murs et de toitures, de manches d’outils, d’arcs et de flèches. L’infusion et la décoction de racine et d’écorce se prennent en cas de toux, de diarrhée et de douleur, et comme anthelminthique.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 1 : limites de cernes distinctes ; 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; (19 : perforations réticulées, foraminées et/ou d’un autre type de perforations multiples) ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) ( 4μm) ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 98 : rayons couramment 4–10-sériés ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm.

(E. Ebanyenle, P.E. Gasson & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

Les arbres plantés ont une croissance rapide qui peut atteindre 2 m par an. Lors d’un essai mené au Burundi, le volume de bois 3,5 ans après la plantation de jeunes plants de Markhamia lutea de 5 mois selon un espacement de 4 m × 8 m a été de 0,8 m³/ha. Sur une plantation de 26 ans en R.D. du Congo, plantée selon un espacement de 2 m × 2 m, la hauteur moyenne des arbres a été de 25 m avec des fûts atteignant 16 m de long et 33 cm de diamètre. Les arbres ont atteint 30 m de haut au bout de 60 ans. Markhamia lutea met en place un système racinaire très important. En conditions favorables, les jeunes sujets peuvent commencer à fleurir lorsqu’ils n’atteignent que 3 m de haut. Dans l’ouest du Kenya, les arbres fleurissent en août–septembre, dans l’est du Kenya en décembre–janvier. Les fruits mûrissent 6 mois environ après la floraison. Les graines ailées sont disséminées par le vent. Les colobes et les chimpanzés se nourrissent habituellement des feuilles.

Ecologie

Markhamia lutea est spontané dans la forêt sempervirente, la ripisylve, les lisières de forêts et la savane arborée, à 600–2400 m d’altitude. La pluviométrie annuelle moyenne dans son aire de répartition est de 700–2000 mm, avec 3–5 mois secs. Si les arbres résistent assez bien à la sécheresse, en revanche ils ne tolèrent pas l’asphyxie racinaire. Markhamia lutea préfère les sols rouges limoneux profonds et bien drainés, mais pousse aussi sur des sols limoneux pierreux, sableux et argileux acides pour autant qu’ils soient bien drainés.

Multiplication et plantation

Markhamia lutea colonise souvent les clairières de la forêt, les lisières et les terres autrefois cultivées. On trouve des semis en plein soleil ou sous un léger ombrage, mais ils ne tolèrent pas de longues périodes de sécheresse.

Les fruits mûrs, grisâtres, sont ramassés sur l’arbre avant qu’ils ne s’ouvrent. On les met à sécher pour pouvoir prélever les graines. On compte environ 75 000 graines par kg. On les plante normalement lorsqu’elles sont fraîches. Les graines fraîches ont un taux de germination de 30–60% en l’espace de 3–4 semaines. Avant d’être stockées, les graines doivent être mises à sécher au soleil jusqu’à 5–10% de teneur en eau, puis battues avec précaution pour en éliminer les ailes, et enfin vannées. Une fois que les graines ont été correctement séchées, on peut les conserver dans des récipients ou des sachets étanches à 3°C pendant plusieurs années sans qu’elles ne perdent trop de leur viabilité. On peut les semer directement au champ ou dans des planches de semis. Aucun traitement préalable n’est nécessaire. Il faut les semer à la volée en les clairsemant régulièrement (selon un espacement d’environ 1,5 cm, qui correspond à environ 60 g de graines par m²) sur une planche de semis bien préparée, recouverte d’une fine couche de sable et de paillis léger afin de maintenir l’humidité de la planche. Il faut arroser matin et soir. On retire le paillis lorsque la germination démarre. Les jeunes plants sont repiqués dans des pots contenant un mélange de terre et de 30–40 g d’engrais NPK pour 20 l de terre. Une racine pivotante se forme qui peut atteindre plus d’1 m de long alors que la tige ne mesure que 50 cm. Il faut élaguer régulièrement le système racinaire, ou bien implanter les semis dans un trou profond. Les jeunes plants sont repiqués au champ lorsqu’ils ont atteint environ 30 cm de haut, au bout de 4–6 mois.

La multiplication par bouturage est parfois pratiquée, à l’aide de petites boutures ou bien de longues boutures de 1–1,5 m et de 3–6 cm de diamètre qui sont issues de rejets. On collecte également des sauvageons en vue de la plantation. Des essais de plantation menés en Ethiopie ont révélé 98% de survie pour Markhamia lutea 4 ans après la plantation.

Gestion

Il est nécessaire de pratiquer des dégagements pendant quelque temps après la plantation. L’apport d’engrais dope les taux de croissance sur les sols peu fertiles.

En R.D. du Congo, on a comptabilisé plus de 100 gaules et arbres par ha. Une étude conduite dans l’ouest du Kenya à la fin des années 1980 a montré que Markhamia lutea était la seconde essence agroforestière la plus souvent plantée. Localement, on la trouve sur 40% des exploitations selon une densité moyenne de 15 arbres par domaine. Le mode de conduite le plus utilisé est le recépage. Bien que Markhamia lutea soit très employé au niveau local en tant que plante auxiliaire, il concurrence les cultures avec ses grandes racines fibreuses et l’ombre assez dense de sa cime. Des essais ont démontré qu’il avait une influence négative sur la croissance du bananier, du haricot et du maïs, mais aucune sur le caféier. On peut réduire son ombre en l’élaguant, et il est recommandé de planter les arbres assez loin les uns des autres. Lorsqu’ils sont plantés en haies, l’espacement doit être de 80–150 cm et la première taille peut se pratiquer au bout de 2 ans. Les arbres sont taillés de façon à donner un fût régulier pour le bois d’œuvre. Ils recèpent bien et forment de vigoureux rejets qui peuvent atteindre 7 cm de diamètre au bout de 2–3 ans sur de bons sols, et des poteaux de 10–12 cm de diamètre quelques années plus tard.

Maladies et ravageurs

Les graines sont la proie des coléoptères foreurs des graines et des rongeurs. Les jeunes arbres sont fréquemment attaqués par les foreurs des pousses qui peuvent être responsables des fûts tortueux. Les dégâts qu’ils causent peuvent être limités par des mesures sylvicoles telles que l’ombrage par le haut des gaules, la plantation mixte et l’élimination des pousses latérales.

Récolte

Les arbres destinés au bois d’œuvre peuvent être abattus lorsqu’ils ont entre 15–20 ans. Les fûts sont souvent cannelés, ce qui donne des taux de récupération bas. Les rejets de souche peuvent être récoltés pour être transformés en poteaux 1,5–4 ans après le recépage. Les fruits doivent être ramassés sur les arbres lorsqu’ils virent du jaune pâle au grisâtre et avant qu’ils ne s’ouvrent et ne libèrent leurs graines. Pour les cueillir, il faut monter aux arbres et couper les fruits à l’aide d’un crochet bien aiguisé. Les parties de la plante qui sont destinées aux usages médicinaux sont récoltées tout au long de l’année si besoin est. Elles sont utilisées immédiatement ou bien séchées et entreposées en prévision d’un usage ultérieur.

Rendement

Souvent, les grumes ont un petit diamètre et sont mal formées. A cause de ces défauts, le sciage peut s’avérer difficile, ne donnant que de faibles rendements, et les scieries génèrent des déchets considérables. Dans la forêt naturelle de la R.D. du Congo, des arbres de belles dimensions ont produit jusqu’à 5 m³ de grumes, mais le volume moyen récolté n’a été que de 1,5 m³ par arbre dont seulement 70% ont produit un bois d’œuvre de bonne qualité.

Traitement après récolte

Une fois les fruits cueillis sur les arbres, on les met à sécher au soleil pour qu’ils s’ouvrent et libèrent leurs graines.

Ressources génétiques

Non seulement Markhamia lutea est largement réparti dans une multitude de milieux, mais il est aussi couramment planté. Il n’est donc pas menacé d’érosion génétique, contrairement, semble-t-il, aux autres Markhamia spp. africains.

Sélection

Des essais de provenance et de descendance ont fait la preuve d’une forte variation génétique en ce qui concerne la hauteur et le diamètre de fût des arbres, mais pas pour ce qui est de la densité et de la solidité du bois. Ce qui pourrait permettre de sélectionner des arbres aux fûts longs et droits pour améliorer la production de bois d’œuvre.

Perspectives

Markhamia lutea est un arbre polyvalent bien connu utilisé dans les plantations agroforestières. Il y a lieu d’approfondir les recherches pour augmenter sa production de bois d’œuvre en sélectionnant les arbres supérieurs et en instaurant des pratiques sylvicoles judicieuses ainsi que des méthodes de multiplication appropriées. Même si Markhamia lutea est déjà une plante auxiliaire importante dans certaines parties de l’Afrique de l’Est, il est conseillé de mener des recherches sur de meilleures méthodes de plantation qui permettraient d’éviter la concurrence avec les cultures. Les activités antibactériennes, antivirales et antiparasitaires de plusieurs parties de la plante pourraient offrir de bonnes chances de mettre au point des médicaments, encore faut-il que l’on mène des recherches pharmacologiques plus poussées. En outre, Markhamia lutea mérite davantage d’attention en tant qu’arbre ornemental. Les autres espèces de Markhamia offrent des perspectives similaires pour un usage accru, bien qu’elles semblent moins intéressantes en tant qu’essences à bois d’œuvre à cause de leur taille souvent limitée.

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Sources de l'illustration

  • Maundu, P. & Tengnäs, B. (Editors), 2005. Useful trees and shrubs for Kenya. World Agroforestry Centre - East and Central Africa Regional Programme (ICRAF-ECA), Technical Handbook 35, Nairobi, Kenya. 484 pp.
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Auteur(s)

  • A. Maroyi, Department of Biodiversity, School of Molecular and Life Sciences, University of Limpopo, Private Bag X 1106, Sovenga 0727, South Africa

Citation correcte de cet article

Maroyi, A., 2012. Markhamia lutea (Benth.) K.Schum. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 3 mars 2020.


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