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Mallotus oppositifolius (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Mallotus oppositifolius (Geiseler) Müll.Arg.


Protologue: Linnaea 34: 194 (1865).
Famille: Euphorbiaceae

Noms vernaculaires

  • Arbre de kisse kisse (Fr).
  • Mchacha, mtundutundu, mgendahamwe (Sw).

Origine et répartition géographique

Mallotus oppositifolius est largement réparti et se rencontre du Sénégal à l’Ethiopie, et vers le sud jusqu’en Angola et au Mozambique, ainsi qu’à Madagascar.

Usages

En Afrique de l’Ouest, la plupart des parties végétales, mais surtout les feuilles, sont couramment employées à des fins médicinales. L’infusion de feuilles ou d’écorce de tige se prend pour expulser le ténia et traiter la diarrhée. Les feuilles fraîches, écrasées ou mastiquées, parfois mélangées à du beurre, se mettent sur les coupures et les écorchures, où elles servent d’agent hémostatique et antibactérien, et sur les éruptions cutanées et les démangeaisons pour hâter la cicatrisation. Elles s’appliquent aussi sur les brûlures pour calmer la douleur. Un bain de vapeur aux feuilles se prend pour traiter les maux de tête, l’épilepsie ou les maladies mentales. Le jus de feuilles s’emploie en gouttes nasales ou en collyre et on masse la tête avec de la pâte de feuilles pour traiter le mal de tête. Les feuilles écrasées ou leur jus s’appliquent sur les dents douloureuses et les yeux enflammés. Les feuilles broyées dans l’eau salée s’emploient sur les morsures de serpent, et l’extrait se boit aussi à cet effet. Les feuilles broyées ou en infusion s’emploient pour traiter les infections urinaires, les maladies vénériennes, le paludisme, la lèpre, la varicelle et la stérilité féminine. L’infusion de feuilles et de fruits se prend pour traiter la dysenterie et la diarrhée, ou bien on ajoute les feuilles à la nourriture. La décoction de feuilles et de racines se boit pour traiter l’anémie et la fatigue générale. On emploie une pâte de racines et de feuilles pour traiter les convulsions, les maux d’estomac et les douleurs à la poitrine. L’infusion de racines associée aux graines d’Aframomum melegueta K.Schum. se prend en lavement pour traiter les lumbagos. En Afrique orientale, la décoction de racine se prend comme aphrodisiaque. La décoction de racine et le jus des feuilles sont des traitements de la pneumonie, des vomissements et des douleurs à la poitrine. Les graines sont réputées toxiques.

Mallotus oppositifolius est généralement brouté par les vaches. Le bois aussi est utilisé, comme bois de feu et pour confectionner des manches d’outil ou des tuteurs à igname. Les tiges minces ou l’écorce servent parfois de matériau pour fabriquer des liens. Les rameaux servent couramment de bâtonnets à mâcher.

Propriétés

Un criblage phytochimique préliminaire a révélé la présence de flavonoïdes, de saponines, de tanins, de cardénolides (hétérosides cardiaques), d’anthocyanines et probablement aussi d’alcaloïdes et d’anthraquinones. Les concentrations sont plus élevées dans les feuilles que dans les racines.

Différents extraits de feuilles, de racine et d’écorce de tige ont manifesté une activité antibactérienne significative contre Staphylococcus aureus, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa et Bacillus subtilis in vitro. L’extrait aqueux de feuilles a montré une activité importante contre la diarrhée induite par Shigella dysenteriae A1 chez les rats. L’extrait n’était pas toxique. Des extraits de feuilles séchées, aqueux ou à l’éthanol, ont fait ressortir une activité antifongique significative in vitro contre Aspergillus flavus, Candida albicans, Microsporum audouinii, Penicillium sp. et Trichoderma sp. Un extrait méthanolique de feuilles a eu des effets antitrypanosomes et vermifuges modérés in vitro, mais une activité antiplasmodique faible. Des extraits méthanoliques bruts de feuilles et de racines ont manifesté une importante activité anti-oxydante et anti-inflammatoire dans des essais sur des rats.

La digestibilité des feuilles de Mallotus oppositifolius par le mouton nain ouest-africain est de 68%, ce qui a valu aux feuilles d’être considérées comme un bon aliment de broutage en remplacement ou en complément des autres.

Description

Arbuste ou petit arbre dioïque atteignant 6(–13) m de haut ; jeunes pousses couvertes de denses poils étoilés, rameaux âgés presque glabres, souvent brun violacé. Feuilles opposées, simples ; chaque paire avec un pétiole long et un pétiole court, de 2,5–11 cm pour le long et 0,5–2 cm pour le court, légèrement épaissi aux deux extrémités ; stipules très petites, tombant rapidement ; limbe largement ovale à oblong-ovale, de 3–18(–21) cm × 2–13 cm, de taille inégale sur chaque paire, base faiblement cordée à arrondie ou tronquée, à 4 glandes en forme de disque, apex acuminé, bords presque entiers à plus ou moins profondément dentés ou lobés, à 3 nervures partant de la base, garni de poils étoilés disséminés à presque glabre, ponctué de glandes ça et là, également à poils simples en dessous. Inflorescence : grappe terminale ou axillaire ; inflorescence mâle atteignant 10(–15) cm de long, inflorescence femelle atteignant 10(–18,5) cm de long ; bractées de 0,5–1,5 mm de long, triangulaires, chacune munie de 1–5 fleurs. Fleurs unisexuées, parfumées, pétales absents ; fleurs mâles à pédicelle articulé de 3–7 mm de long, sépales 3–4, elliptiques, d’environ 2 mm de long, fortement réfléchis, jaune-vert pâle, disque absent, étamines nombreuses, filets d’environ 2 mm de long, libres, blanc verdâtre ; fleurs femelles à pédicelle de 2–3 mm de long, s’allongeant jusqu’à 2(–5) cm chez le fruit, lobes du calice 3–5(–6), ovales à lancéolés, d’environ 2 mm de long, soudés à la base, recourbés, verts, ovaire supère, faiblement 3-lobé, d’environ 1 mm de diamètre, couvert de poils denses et courts et de glandes jaunes, 3-loculaire, styles 3, d’environ 1,5 mm de long, libres, plumeux. Fruit : capsule profondément 3-lobée, de 5–7 mm × 7–9 mm, à poils courts et ponctuée de glandes, contenant 3 graines. Graines presque globuleuses, de 3,5–4 mm × environ 3 mm, lisses, brillantes, brun olive grisâtre.

Autres données botaniques

Le genre Mallotus comprend environ 135 espèces, qui se rencontrent toutes dans les tropiques de l’Ancien Monde, principalement en Asie et Océanie. Il n’y a que peu d’espèces en Afrique tropicale : 2 en Afrique continentale et 4 à Madagascar, dont 3 endémiques.

Mallotus baillonianus

Les graines de Mallotus baillonianus Müll.Arg. (synonyme : Deuteromallotus acuminatus (Baill.) Pax. & K.Hoffm.) de Madagascar provoquent un engourdissement quand on les mastique. Les fruits se mangent pour traiter le paludisme. Jadis, la décoction des parties aériennes se prenait comme poison d’arbitrage. Le bois sert de combustible et pour faire des piquets d’enclos.

Croissance et développement

Mallotus oppositifolius est surtout pollinisé par différentes espèces d’abeilles et de papillons.

Ecologie

Mallotus oppositifolius est présent dans le sous-bois des forêts secondaires sèches, en lisière de forêts et dans la brousses associée ou les fourrés, ainsi que le long des rivières, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1650 m d’altitude. Au Nigeria, c’est une adventice des rizières.

Multiplication et plantation

Mallotus oppositifolius est principalement multiplié par graines, mais la multiplication végétative serait également possible, étant donné sa croissance facile.

Gestion

Mallotus oppositifolius peut se conduire en taillis ou en têtard. Sa croissance est rapide comparée aux autres plantes couramment broutées. Son enracinement est profond et le rapport racines : pousses est de 2:1. Il possède un système étendu de fines racines, qui laisse présager d’un potentiel en agroforesterie et en gestion des sols. En Afrique de l’Ouest, il se cultive dans les champs de manioc ou aux alentours pour diminuer les dégâts causés par les herbivores, car ceux-ci préfèrent les feuilles de Mallotus oppositifolius. Un désherbage régulier est nécessaire.

Maladies et ravageurs

Mallotus oppositifolius est l’un des principaux aliments du criquet puant Zonocerus variegatus, et un hôte d’espèces de papillons, dont Endoclita malabaricus.

Traitement après récolte

Les feuilles récoltées s’utilisent le plus souvent fraîches, tandis que les racines sont normalement séchées, broyées et conservées en pot pour un usage ultérieur. Les tiges ou les rameaux se mastiquent frais, ou se sèchent pour un emploi ultérieur.

Ressources génétiques

Très commun sur sa vaste aire de répartition, Mallotus oppositifolius n’est pas menacé d’érosion génétique. De petites collections de ressources génétiques sont entretenues au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.

Perspectives

Les feuilles et l’écorce de tige de Mallotus oppositifolius ont d’intéressants usages médicinaux locaux, notamment des emplois comme analgésique et agent antibactérien, vermifuge et hémostatique. Bien que l’activité antibactérienne et l’activité anti-inflammatoire aient été démontrées dans des essais in vitro, un approfondissement des recherches s’impose pour évaluer son potentiel de plante médicinale.

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Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • D.M. Mosango, c/o Laboratory of Natural Sciences, Lycée Français Jean Monnet de Bruxelles (LFB), Avenue du Lycée Français 9, 1180 Brussels, Belgium

Citation correcte de cet article

Mosango, D.M., 2007. Mallotus oppositifolius (Geiseler) Müll.Arg. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 5 avril 2025.


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