Macrotyloma uniflorum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Céréale / légume sec Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


1, partie d'un rameau avec inflorescence et jeune fruit ; 2, fruits ; 3, graines. Source: PROSEA

Macrotyloma uniflorum (Lam.) Verdc.


Protologue: Kew Bull. 24 : 322 (1970).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 20, 22, 24

Synonymes

  • Dolichos uniflorus Lam. (1786),
  • Dolichos biflorus auct. non L.

Noms vernaculaires

  • Kulthi, grain de cheval (Fr).
  • Horse gram, horse grain, Madras gram (En).
  • Feijoeiro de lagartixa, favalinha, culita (Po).

Origine et répartition géographique

Le kulthi est originaire des tropiques de l’Ancien Monde. Il a probablement été domestiqué en Inde, où sa culture est connue depuis la préhistoire. De nos jours, il est cultivé comme légume sec de basse qualité en Asie du Sud, essentiellement de l’Inde au Myanmar. Il est également cultivé comme plante fourragère et comme engrais vert dans de nombreux pays tropicaux, notamment en Australie et en Asie du Sud-Est. En Afrique tropicale, on signale que le kulthi se rencontre sauvage ou naturalisé en Afrique centrale, orientale et australe. Il a également été cultivé comme plante alimentaire et engrais vert dans de nombreux pays d’Afrique tropicale, mais on connaît mal l’étendue de sa culture actuellement.

Usages

Les graines mûres, entières ou écrasées, sont consommées pochées, bouillies ou frites. Les graines germées sont largement consommées en Inde. Au Myanmar, elles sont bouillies, pilées avec du sel et mises à fermenter, ce qui permet d’obtenir un produit semblable à la sauce de soja.

Les graines servent également à nourrir les chevaux et le bétail, généralement après été bouillies. Les tiges, les feuilles et les cosses sont utilisées comme fourrage. Le kulthi est semé comme engrais vert ou comme plante de couverture. En médecine traditionnelle indienne, les graines sont employées comme diurétique, astringent et tonique.

Propriétés

La composition de graines entières par 100 g de partie comestible est la suivante : eau 9,7 g, énergie 1394 kJ (333 kcal), protéines 22,5 g, lipides 1,0 g, glucides 60,5 g et fibres 4,7 g (Leung, Busson & Jardin, 1968). Elles contiennent des composés antinutritionnels tels que des lectines, des inhibiteurs de trypsine, des phytates, des tanins et de l’acide oxalique.

Les graines ont montré une activité anti-hépatotoxique in vivo chez les rats. Les lipides des graines ont montré une activité protectrice et cicatrisante in vivo en cas d’ulcère gastroduodénal lors d’essais sur les rats. Des extraits de graines ont révélé une activité antilithiasique in vitro.

Description

  • Plante herbacée grimpante à tiges atteignant 60 cm de haut, et à rhizome fibreux vivace ; tige annuelle, légèrement à densément recouverte de poils étalés ou couchés de couleur blanchâtre.
  • Feuilles alternes, 3-foliolées ; stipules lancéolées, de 4–10 mm de long, striées ; pétiole de 1–7 cm de long, rachis de 2,5–10 mm de long ; pétiolules de 1–2 mm de long ; folioles ovales-rhombiques, obovales ou elliptiques, de 1–7(–8) cm × 1–4(–8) cm, apex arrondi à aigu, base arrondie, folioles latérales asymétriques, poilues à glabrescentes sur les deux faces.
  • Inflorescence : fascicule axillaire à (1–)2–3(–5) fleurs ; bractées jusqu’à 3 mm de long.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées ; pédicelle de 1–7 mm de long ; calice pubescent, tube de 2 mm de long, lobes triangulaires-lancéolés, de 3–8 mm de long, longuement acuminés, la paire supérieure entièrement soudée ; corolle à étendard crème, jaune ou jaune verdâtre, souvent avec une petite tache violette à l’intérieur, obovale-oblongue, de 6–12 mm × 4–7 mm, ailes et carène jaune verdâtre, de 5–10 mm de long ; étamines 10, dont 9 soudées et 1 libre ; ovaire supère, stipité, 1-loculaire.
  • Fruit : gousse linéaire-oblongue de 3–8 cm × 4–8 mm, recourbée vers l’apex, acuminée, densément poilue lorsque jeune, beaucoup moins plus tard, bords glabres, lisse ou verruqueuse, déhiscente, renfermant 5–10 graines.
  • Graines trapézoïdales, oblongues ou arrondies-réniformes, de 3–8 mm × 3–5 mm, brun rougeâtre clair à foncé, tachetées ou mouchetées de noir et d’orange-brun ou entièrement noires.

Autres données botaniques

Le genre Macrotyloma comprend environ 25 espèces, la plupart ayant une aire limitée à l’Afrique.

A l’intérieur de Macrotyloma uniflorum, on distingue 4 variétés :

  • var. uniflorum : gousses de 6–8 mm de large ; sauvage en Asie du Sud et en Namibie, largement cultivée sous les tropiques comme plante de couverture et fourragère ;
  • var. stenocarpum (Brenan) Verdc. : gousses de 4–5,5 mm de large, brièvement stipitées et à bords plus ou moins lisses, folioles pubescentes ; présente en Afrique centrale, orientale et australe ainsi qu’en Inde, jusqu’à 1700 m d’altitude dans les savanes herbeuses, la brousse et les fourrés, souvent sur sols sableux et en milieux perturbés ; cultivée en Australie et en Californie (Etats-Unis) ;
  • var. verrucosum Verdc. : gousses de 4–5,5 mm de large, nettement stipitées et à bords vaguement à nettement verruqueux, folioles pubescentes ; présente en Afrique orientale et australe jusqu’à 550 m d’altitude dans les savanes herbeuses et les fourrés ;
  • var. benadirianum (Chiov.) Verdc. : gousses de 4–5,5 mm de large, brièvement stipitées et à bords légèrement verruqueux, folioles densément veloutées ; présente en Afrique de l’Est (Somalie, Kenya) au niveau de la mer, sur les dunes et les sols superficiels de calcaire corallien.

Le kulthi est autogame. Son cycle total de culture est généralement de 4–6 mois. Il nodule efficacement avec des bactéries fixatrices d’azote du groupe Bradyrhizobium.

Ecologie

Le kulthi nécessite une température moyenne de 20–30°C et ne tolère pas le gel. Il est résistant à la sécheresse et peut être cultivé même si les précipitations n’excèdent pas 380 mm. Il est généralement cultivé dans des zones où les précipitations annuelles n’atteignent pas 900 mm. Dans les zones où les précipitations sont supérieures, il est cultivé sur l’humidité résiduelle en saison sèche, par ex. après une culture de riz. La plupart des cultivars de kulthi sont des plantes de jours courts.

Il pousse sur une large gamme de sols à pH de 5–7,5, y compris des sols pauvres. Il ne tolère pas l’asphyxie racinaire.

Gestion

Le kulthi se multiplie par graines. Le poids de 1000 graines est de 15–50 g. Il est semé à la volée ou en lignes à un espacement de 20–90 cm, selon une densité de semis de 20–45 kg/ha. La profondeur de semis est de 1–2,5 cm. En Inde, le kulthi est généralement cultivé en culture pure, mais il est parfois associé, par ex. à de l’éleusine, du maïs, du pois chiche, de l’arachide ou du ricin. Les principales maladies qui affectent le kulthi en Inde sont le virus de la mosaïque jaune du kulthi (HgYMV), l’anthracnose (Colletotrichum lindemuthianum), les taches foliaires (Cercospora dolichi, synonyme : Mycosphaerella cruenta), la rouille (Uromyces appendiculatum), la pourriture des racines (Pellicularia filamentosa, synonyme : Thanatephorus cucumeris) et la pourriture charbonneuse (Macrophomina phaseolina). Parmi les ravageurs signalés, on trouve la chenille d’une noctuelle (Azazia rubricans, synonyme : Anticarsia irrorata) et celle de la pyrale du haricot (Etiella zinckenella). Lorsqu’il est cultivé pour ses graines, le kulthi est récolté quand ses gousses commencent à se dessécher et ses feuilles à sécher puis à tomber. Les plantes sont coupées ou arrachées, mises en meules, et séchées au soleil pendant une semaine, après quoi elles sont battues au bâton, à l’aide de cylindres de pierre ou de bœufs. Les rendements en graines sont habituellement bas (150–350 kg/ha en Inde) mais des rendements bien meilleurs ont été obtenus avec des cultivars améliorés (900 kg/ha en Inde, 1100–2200 kg/ha en Australie). Lors d’essais au Nigeria au début des années 1990, des rendements de 700–1000 kg/ha avaient été obtenus. Lorsqu’il est cultivé pour le fourrage, le kulthi peut être récolté 6 semaines environ après le semis. Les rendements en fourrage s’élèvent à 4–15 t de matière sèche par ha.

Ressources génétiques

Des collections de ressources génétiques de kulthi sont détenues en Australie (Australian Tropical Crops & Forages Genetic Resources Centre, Biloela, Queensland, 38 entrées) et au Kenya (National Genebank of Kenya, Crop Plant Genetic Resources Centre, KARI, Kikuyu, 21 entrées). Le kulthi cultivé est généralement un mélange de plusieurs variétés locales ayant des couleurs de graines ainsi que des cycles de culture différents.

Les activités de sélection sont axées sur le potentiel de rendement, la résistance aux maladies et l’insensibilité à la longueur du jour. Des cultivars améliorés ont été obtenus et sont commercialisés en Inde ; en Australie, un cultivar à gousses indéhiscentes, apprécié comme fourrage et aliment du bétail, s’appelle ‘Leichhardt’. La régénération in vitro a été effectuée par organogenèse directe à partir de méristèmes apicaux et d’explants de nœuds cotylédonaires, et aussi par embryogenèse somatique au moyen de suspensions cellulaires de cals induits sur des explants de feuilles.

Perspectives

On ne sait pas exactement dans quelle mesure le kulthi est actuellement cultivé en Afrique tropicale, ni avec quelle fréquence il est consommé en tant que légume sec ou bien utilisé à d’autres fins. Il semble que ce soit une culture intéressante pour les régions sèches d’Afrique tropicale, mais il faut disposer de plus d’informations sur les caractéristiques nutritionnelles de la graine et savoir si son goût serait acceptable pour le consommateur africain.

Références principales

  • Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.
  • Jansen, P.C.M., 1989. Macrotyloma uniflorum (Lam.) Verdc. In: van der Maesen, L.J.G. & Somaatmadja, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 1. Pulses. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 53–54.
  • Kay, D.E., 1979. Food legumes. Crops and Product Digest No 3. Tropical Products Institute, London, United Kingdom. 435 pp.
  • Varisai Mohamed, S., Wang, C.S., Thiruvengadam, M. & Jayabalan, N., 2004. In vitro plant regeneration via somatic embryogenesis through cell suspension cultures of horsegram (Macrotyloma uniflorum (Lam.) Verdc.). In Vitro Cellular and Developmental Biology - Plant 40(3): 284–289.
  • Verdcourt, B., 1982. A revision of Macrotyloma (Leguminosae). Hooker’s Icones Plantarum 38(4): 1–138.

Autres références

  • Garimella, T.S., Jolly, C.I. & Narayanan, S., 2001. In vitro studies on antilithiatic activity of seeds of Dolichos biflorus Linn. and rhizomes of Bergenia ligulata Wall. Phytotherapy Research 15(4): 351–355.
  • Hanelt, P. & Institute of Plant Genetics and Crop Plant Research (Editors), 2001. Mansfeld’s encyclopedia of agricultural and horticultural crops (except ornamentals). 1st English edition. Springer Verlag, Berlin, Germany. 3645 pp.
  • Jayaraj, A.P., Tovey, F.I., Lewin, M.R. & Clark, C.G., 2000. Duodenal ulcer prevalence: experimental evidence for the possible role of dietary lipids. Journal of Gastroenterology and Hepatology 15(6): 610–616.
  • Laskar, S., Bhattacharyya, U.K., Sinhababu, A. & Basak, B.K., 1998. Antihepatotoxic activity of kulthi (Dolichos biflorus) seed in rats. Fitoterapia 69(5): 401–402.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Mackinder, B., Pasquet, R., Polhill, R. & Verdcourt, B., 2001. Leguminosae (Papilionoideae: Phaseoleae). In: Pope, G.V. & Polhill, R.M. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 3, part 5. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 261 pp.
  • Omokanye, A.T., 1996. Performance of horsegram (Macrotyloma uniflorum (Lam.) Verdc.) in the sub-humid zone of Nigeria. Legume Research 19(1): 52–54.
  • Purseglove, J.W., 1968. Tropical Crops. Dicotyledons. Longman, London, United Kingdom. 719 pp.
  • Sudha, N., Mushtari Begum, J., Shambulingappa, K.G. & Babu, C.K., 1995. Nutrients and some anti-nutrients in horsegram (Macrotyloma uniflorum (Lam.) Verdc.). Food and Nutrition Bulletin 16(1): 81–83.

Sources de l'illustration

  • Jansen, P.C.M., 1989. Macrotyloma uniflorum (Lam.) Verdc. In: van der Maesen, L.J.G. & Somaatmadja, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 1. Pulses. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 53–54.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2006. Macrotyloma uniflorum (Lam.) Verdc. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 13 avril 2019.


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