Maïs (Maison rustique 1, 1842)

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Sarrasin
Maison rustique du XIXe siècle (1836-42)
Millet et sorgho

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Section VI. — Du Maïs.


Le Maïs {Zea Maïs, Linn.); en anglais, Maïze ; en allemand, Mays; en italien, Gran turco ; en espagnol, Maiz, vulgairement connu en diflerens lieux !^ous les noms de blé d Inde, blé de Turquie, blé d'Espagne, blé de Barbarie ou de Ùuinée. etc., paraît originaire des Deux-Mondes, ainsi qu'il ressort des pi-euves historiques que j'ai développées ailleurs.

§ Ier. — Usages.

Il n'est aucune plante d'un intérêt plus grand et d'une utilité plus générale que le Maïs. Il croit sous les tropiques, à côté du manioc et de l'ij^name, et ses épis féconds se retrouvent dans une grande partie des régions tempérées rivaux de ceux du blé. Il sert, sous un grand nombre de formes différentes, à la noui'riture des homn;es, à celle des animaux domestiques : — aux besoins de l'écouomie industrielle; — et il offre des ressources à la médecine hygiénique.

Stnis le premier point de vue, on utilise ses grains, \.àn\ài simplement grillés ou bouillis quelque temps avant leur complète maturité; tantôt réduits en farine et sons forme de pàte,d"une digestion facile, à laciuelle on a donné, selon sa consistance, le cnoix des assaisonnemens et le mode de préparatior), les nom^ de polenta, de gaude ou de midias; — d'autivs fois, sous forme de pain ou de gâteaux, avec ou sans mélange de farine de froment, de seigle, de sarrasin, de fécnle ou de pulpe de pommes-de- terre. — Siumis ;• la lèrnientation alcoolique, le mais peut remplacer l'orge ou le blé dans la

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préparation de la bière.— On en extrait, par infusion, après l'avoir torréfié, un breuvage qui a l'apparence du café, et donl les Chiliens sont fort avides. — Sous les Irupiques, la li^e de celte plante est tellement sucrée (pie les Indiens la sucent, connue dans d'autres lieux on suce la canne à sucre. — Le suc qu'on peut en extraire, après avoir fermenté, sert, en divers lieux, à la préparation de liqueurs spiritueuses ; el, si des ex|)ériences diverses n'ont pas encore suffisamment démontré (ju'il contienne une assez grande quantité de sucre poiM- pei-meltre de l'utiliser profitablement à l'extraction de ce précieux pioduit, on peut en retirer, en propoitioii notable, du vinaigre par la fermentation acide, ou de l'alcool par la distillation. Ajoutons que ce même suc concentré par une chaleur modérée, et étendu de beaucoup d'eau, fournit une boisson douce et rafraîchissante : midé avec du jus de groseilles, et sans addition de sucre ou de sirop, il donne un breuvage aussi sain qu'agréable.

Nous n'avons pas à nous occuper ici de l'emploi du maïs comme Jburraife ; sas ^vinns sont une excellente nouriilure pour presque tous les animaux ; — les chevaux s'en accommodent ft)it bien; — les porcs ne s'en dégoûtent jamais, et l'on sait combien les oiseaux d'étang et de basse-cour en sont avides.

On peut employer lesjeuilles dix mais pour la fabiicalion du papier.— En Amérique, on extraitdesesgraiiisune sorted'huile grassedans la proportion d'un litre environ par boisseau. — Dans le même pays, on lait de ses spalhes des chapeaux assez solides. — Ailleurs on en fait des nattes, ou en tresse des liens; — on en remplit les paillasses, matelas, coussins, etc., et ce dernier emploi ist d'un très-bon usage.

§ II — Espèces et variétés.

Nous cultivons depuis plusieurs années, dans le Jardin dont la direction nous l'st

Fig. 563.

confiée, quatre espèces de m^fs, dont la première seule a jusqu'ici fixé l'attenlioit d<'s cullivateurs européens. C.a sont : le Zen maïs, \.\n., foLits inlegerrimis{a^ feuilles entières) {fig. 563 et 564, ; — le Zea Curagua, Mol.,

Fig. 564.


foliis suhserratis (à feuilles denliculées); — le Zea hirta^ '^oh., /oli/s hirtis {a feuilles velues);— et \eZea erithrolepis, fioh., semifiibus compressis, glumis rttbris (à grains comprimés, à rafle rouge^.

Ces espèces, dont les caractères ne s'altèrent jamais au point de devenir méconnaissables, ont donné naissance, la première surtout, h \\n grand nombre de variétés Iransmissibles de semis, ou plutôt à une multitude de races qui diffèrent entre elles par la couleur, la (orme, le volume des grains, leur consistance, l'époque de leur maturité,ou par d'autres modifications plus légères, mais assez solides néanmoins pour se reproduire.— Les unes sont préférables à raison de la grosseur ou de la qualité des grains, les autres à cause de leur plus grand produit, de leur précocité ou de leur aptitude à résister au froid, à la sécheresse, etc.

Dans notre ouvrage, où sont figurées de grandeur naturelle et représentées en couleur les principales variétés de maïs, nous avons rangé ces variétés en trois sections basées sur la couleur des grains, caractère assez fixe lorsqu'on a so n d'éviter les effets de rh,>bridité si fréquente chez les végétaux monoïques.

A. variétés à grains roux,

1. Maïs d'août ou d'été, connu en Piémont sous le nom de melia ostenga ou agostana, dérivé de ce que cette variété, la plus généralement cultivée en Italie, y vient à maturité dans le mois d'aofit. Cent "épis produisent 20 à 24 livres de grains ; le poids moyen de réniine (23 litres) n'excède pas 49 livres. — La diiiée ordinaire de la végétation de ce maïs est de quati-e mois.

2. AJaïs d'automne ou maïs tardif, connu

(1) Histoire naturelle, agricole et économique du maïs, par M. Matthieu Bonafous, directeur du Jardin royal d ai.rrjcullure dcTunu, etc. Chez M'-'Hu/ard, à l'aris, 183j. Un volume ia-foiio oruc de 20 plancher. ",

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des cultivateurs piémontais sous le nom de mt'lia invernenga, parce qu'on le ré«olle dans l'arrière-saison. Cependant, seuié en niènie temps que la variété précédente, il ne nui rit

aue deux semaines plus tard. — L'éjçrenage e cent épis donne 34 livres de grains, et le poids moyen des 23 litres est de 47 livres.

3. Mats qunniniain. il mùi it en quarante jours dans les conditions les plus favorables à sa culiure. — Ceul épis rendent

14 à 17 livres, et le poids tie 23 litres est de 47 à 48.— La durée ordinaire de sa végétation est d'environ trois mois.

4. Maïs de PensyUanie. Cette variété intéressante, mais un peu tardive, cultivée priniitiveuienl au Jardin des plantes de Paris, fut envovée, il y a une douzaine d'années, par A. ÏHOUiiv, dans les diverses parties de la Fiance et de l'Europe méridiijuale. — On a compté jusqu'à 14 épis sur un pied isolé de ce mais, l'un des plus féconds connus. Le produit moyen de 100 épis est de 40 à 50 liv, et le poids de 23 litres, de 47. Beaucoup plus tardive que les variétés précédentes, à l'époque de son introduction, elle n'offre plus qu'un retard de 12 à 15 jours sur la variété 11° 1.

a. Mais des (les Canaries. — Cent épis donnent 25 à 30 livres de grains ; — les 23 litres pèsent 46 livres. — La durée de la végétation est de 4 mois 1/2.

6. Maïs des Landes. — Cent épis rendent 30 livres, et le poids des 23 litres est supérieur à celui de la variété précédente. Il arrive à maturité dans l'intervalle de 4 mois.

7. Maïs de Grèce.— Introduit en Piémont par GiQBERT. — Le produit de 100 épis est à peu près de 23 livres. — Le grain pèse un peu plus que celui de la variété n" 1.

8. Maïs à épi renflé. — Cent épis ne rendent que 18 livres de grains, et 23 litres pèsent 44 livres. — Durée de la végétation, 4 mois.

9. Maïs d Espagne. — Cent épis n'ont donné ^ue 12 livres de grains, d'un poids inférieur à celui du maïs n° I. — Sa végétation est de

15 à 20 jours plus tardive que celle de cette même variété.

10. Maïs cinquantain. — Cent épis rendent 23 livres de grains un peu pins pesans que ceux du 11" 1. — Sa maturité devance d'une quinzaine de jours celle du maïs d'août.

11. Maïs nain ou à poulet. — Remarquable par la peiitesse de ses dimensions. — Cent épis ne rendent que 9 à 10 livres. — La pesanteur des 23 litres de grains est de 48 à 49 lixres. Il croit et mûrit t n moins de 3 mois, ce qui le fait rechercher éjalen'ent dans les contrées, à éiés courts, et dans les pays sujets aux sécheresses précoces.

B. Variétés à grains blancs.

12. Maïs d'automne à grain blanc. — Il mù rit quelques jours après la variété n" 2; ainsi que les antres maïs blancs, il paraîtêtreplus approprié aux terres humides, que les variétés a grains colorés — C^enl épis donnent 25 iivres de grains, qui ne pèsei.t pas moins que dans la variété précitée.

13. Maïs de Guasco, de la province de ce nom an Chili.— Un peu plus productif que la variété u' 2, mais plus tardif que la variété n» 1.

14. Maïs de Virginie. — Introduite assez récemment en Europe, cette variété se rapproche surtout du maïs jaune de Pensylvanie. Il paraît être un des plus productifs. — Sa végétation s'ojière en 4 mois.

15. Maïs de Quillota, de l;t province de ce nom, au Chili, où on le cultive.— Cent épis rendent 25 livres de grains, qui pèsent 44 livres. — La durée de sa végétation est de 5 mois et (juelqufs jours.

16. Mai.', à rafle rouge {Zea erythrolepis\ que j'ai signalécoinine une espèce distincte. — Donne un grain très-tendre qui produit une farine éf^ale, en blancheur, à celle du plus beau froment. — Le cours de sa végétation est d'environ 4 mois.

17. Maïs à bouquet ou à faisceau. — Les nœuds supérieurs des tiges se trouvent assez rapprochés pour que les épis qui naissent à l'aisselle des feuilles offrent, par leur ass'-mblage, l'aspect d'un bouquet; mais, ordinairement, un seul épi arrive à maturité. — Sa végétation est de 5 mois.

18. Maïs ridé. — Cent épis donnent 25 livres de grains; les 23 litres pèsent 37 livres.

— La végétation s'ojière en 5 mois. \9.Maïs hérissé {Zea hirta,^oh.). — C'est encore, ainsi que la suivante, une des 4 espèces botaniques précitées. — Cent épis rendent 26 livres environ; les 23 litres en pèsent 45.

— Sa végétation dure 5 mois.

^0. Maïs curagua {Zea curagua). — Cent épis donnent 24 livres de grains, du poids de 45 livre-) à l'émine de 23 litres. — La durée de sa végétation est de près de 5 mois.

C. Variétés à grains rouges.

21. Maïs rouge. — L'égrenage de 100 épis donne 30 livres de grains, et les 23 litres pèsent de 45 à 46 livres. Celle variété, aitihi qu'une sous-variété (|ui, à la couleur près, se confond avec le maïs à poulet, sont, l'une et l'autre, très-robustes, et mûrissent facilement dans les pa\s tempérés.

22. Maïs jaspé. — Le picduit de 100 épis est de 17 livres, les 23 litres pesant 46 à 47 livres. La maturité de son grain devanced'uuc semaine celle du maïs précédent.

§ III. — Choix du terrain et du climat.

A ne considérer le maïs que dans ses rapports avec la culture française, le choix du icrrainneal puisqu'une question secondaire, tandis que celui de la latitude en devient une de première importance. — En effet, celte céréale, (|ui aime de préférence un sol ai gilo-sableux et fraisdans le midi, sablo-argileux et lacile à é. hauffer vers le centre, s'accommode cependant des terres de toute nature, pourvu qu'elles soient suffisamment ameublies et convenablement fumées. On voit mûrir le maïs dans les p\a\nes quartzeuses de la Nouvelle-Jerse\ ; dans leterriloire de CarIhagène, en Colombie, trop humide pour que l'orge et le froment y viennent bien; dans les terres arides de la Carintliie. situées entre Trevise ei Bass^no. Jai vu celle plante prospérerau milieu des plaints sablonneuses qui longent l'.'^dour. Au pied des Pyrénées, les Basques l'ont acclimatée dans le sol /'/e/reM; qu'ils

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habitent. Au-delà de ces monts, sa culture s'accommode des débris de granit et de schiste qui encombrent le terrain.On i'observesur les montagnes du Béarn, à une hauleur apprdxiinative de 3,000 pieds. Je 1 ai vue réussir aussi dans des terres ^/rii'e/eM.vev de l'Alsace, dans les terrains siliceux du pa^s dt- Baden el d;ins \ardoi.sc décomposée de quelques vallées de Maurit'une. Kn France, il serait facile d'ajouter à la masse de semblables laits, en prenant pour point de départ, au sud, les houlbènes et le> terres Jorts du l.angutdoc ou de la vallée de la Charente, et, au nord, les subies blanchâtres d'une partie de la >arlhe, où le maïs et le sarrasin semblent seuls, à coié des pins, pouvoir donner des produits quelque peu avantageux.

Quant au climat propre à laculture du maïs, on avait cru autrefois pouvoir tr.icer ses limites approximatives, par une ligne tirée obliquement à 1 équaleur, de la Garonne au Khin, de sorte qu'à l'est du royaume, cette céréale se sérail approchée du '19 degré de latitude nord, tandis qu'à l'ouest, elle n'aurait guère dépassé le 45". — Mais on s'est aperçu depuis qu'on avait gratuitement refusé à celte dernière partie de la France un avantage dont elle peut jouir tout aussi bien que l'autre, et dont elle jouit en effet, puisqu'on cultive le maïs assez en grand pour l'engraissement des porcs el des volailles, jusqu'au nord des départemens de la Sarihe el de la Mayenne. — 11 yaqueiques années, la Société d'horticulture de Paris chercha à étendre la culture du maïs aux environs de cette ville, el son zèle ne lui pas sans récompense.ll est désormais hors de iloule que, dans les années fa^orabL .v, et en faisant choix des variétés, sinon les plus productives, au moins les plus précoces, on doit en espérer des récoltes avanla;<euses dans le département de la Seine.Malheureusement, ainsi posée, la question agricole ne peut être considérée comme résolue. Car, d'une part, il ne suffit pas au cultivateur d'obtenir «tc«/t'«^<»/Icment de bons produits; et, de l'autre, lors même que ces produits ne seraient pas aussi casuels qu'ils le sont, il faudrait examiner encore si leur abondance et leur valeur les mettraient au-dessusdetous ceux qu'on pourrait demander dans les n)êmes circonstances, en même terrain. — Eu définitive, quoique nous voyons qu'il soit suscepiiblede mûrir ses épis, presque sur les cinq huitièmes de la France, nous ne pensons pas que le maïs devienne jamais, sous le 49 degré, l'objet d'une culture éminemment productive.

§ IV. — De la préparation du terrain.

On conçoit, d'après ce qui précède, que cette préparation doit être infiniment variable, puisque l'uue des premières conditions de succès étant que la terre soit suflisammenl ameublie, le nombre des labours change selon sa nature, et il uevient impossible cle le préciser. — Il est telle localité où, comme en Lorraine, on en donne 3 : le 1"^ a\anl l'hiver, le 2' au printemps el le 3* directement avant la semaille. — Dans d'autres, comme la Bourgogne, la Bresse, etc., on eu donne 2 : le 1*' en décembre, le 2* à l'époque des semis; — enfin, il n'est pasrareqn'un seul labour suffise, mais alors ce ne peut être que dans un sol natiir*^llement b'ger; car ce labour,servanl à la fois à enterr er le fumier, à préparer la couche labourable, et à recevoir la semence, doit être peu profond, afin que les racines coronales puissent al teindre les engrais à mesure qu elles se développent.

Si l'épaisseur de la terre végétale é\n\[ habituellenientde 10 à M p()uces(27 à 30 cent.), on obtiendrait ainsi des produits infiniment plus abondansque lorsqu'elle n'est que de 7 on 8 po. (19 à 22 cent.). Mais il est bon de se rappelerce qui a été dit ailleurs, que la profondeur des labours doit toujours être propor ionnée à la quanlilé d'ent^rais. — Le maïs se trouve toujours assez bien de leur abondance, et s'aicommode parlaileiuent de leurs diverses sortes.— Il vient fort bien sur défriches. A mesure que les Européens ont pénétré dans les deux Amériques, sur les débris encore lumans des vieilles forêts, ils ont commencé leurs cultures par des semis de celle plante. — Les Brésiliens, sans aucun labour préparai© re, jettent les graines, pour ainsi dire, au milieu descendres. — Aucuneautre plante, si ce n'est la pomme-de-terre, ne réussit aussi bien aprè un écobuage. — Enfin, de toutes les céréales, c'est, ainsi que le démontre la pratique du Midi, celle qui peut succéder, peut-être avec le moins d'inconvénient et le plus de succès, au froment.

§ V.— Du choix et de la préparation des semences.

Le maïs, ainsi que le froment, conserve sa propriété germinatiue p\i\s longtemps qu'on ne le croit généralement. Des expériences que j'ai répétées sur plusieurs points, démontrent qu'en certaines circonstances, il peut germer après 10 et même 12 ans; néanmoins, je regarde commeprofilable de préférer les erains de l'année précédente à ceux de 2, et, a plus forte raison, de 3 ans.— Une dUtre précaution recommandée, et généralement suivie chez les bons eu Iti valeurs, c'est déviler de prendre ceux qui avoisinent la base et la sommité de l'épi, parce qu'ils sont toujours moins bien formés et moins gonflés de la substance farineuse qui doit lnurnir à la première nourriture de la jeune plante.

Le maïs étant sujet au charbon, Bosc avait proposé de chauler les semences avant de les mellre en terre. Depuis que cet agronome concevait l'espérance de voir ainsi diminuer la cause première du mal, quelques faits ont paru justifier isolement ses pré\isi(iiis. De nouvelles expériences auraieutdouc chances de succès.

La submersion des semences dans un liquide (pii puisse les /amollir et les disposer à une /dus prompte germination, esl surtout favorable au maïs lorsque la terre est sèche ou lorsqu'on emploie des grainssuranues, parée que ces derniers, toujours plus longs à germer que d'autres, couriaienl les risques de pourrir, sans une semblable précaution, qui aclive de plusieurs jours la sortie de leurgerme. Cependant elle n'est utile qu'autant que la terre estsulfisamment réchaullée po.r que la germination ait heu immédiatement; autrement, elle serait plut miiiùble qu'avanta-

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geuse. — L'eau pure, élevée un peu au-dessus de la température atniosphériiiiie. à l'aide du soleil, nous a toujours paru suflire à celle opéra tiou.

§ VI. - De l'époque des semis, et de la quantité de graines employées.

Dans les déparlemens méridionaux, comme en Piémont, on .tr-mr le nuiis à deux époquex différentes : au printein[)s, depuis la mi-avril jusquau milieu de mai; —au conunencemeut de leté. depuis le mois de juin, pour succéder à une récolte de printemps ou remplacer une culture détruite par la grêle, jusqn'a|)rès la récolte du seigle et mêuje du Ironient. Dans ce dernier cas, je préfère à tout autre le niais quarantain ou à poulet.

Pour les départemeus du centre, il faut attendre qu'on nait plus rien à ciaindre du Yftoiir de^ gflées et que la terre soit échauffée plus quelle ne l'est d'ordinaire dans Je coûtant d'avril. — Les semailles tardives entraînent, à la vérité, des récoltes tardives ; mais de> semis faits à contre-temps, lorsqu'ils ne com[)rometteut pas le succès de la culture, contribuent bien peu a avancer ses produits, puisque les giames nt; lèvent que lorsqu'elles trouvent dans le sol une température convenable.

Pour indiquer la quantité de foraine que comporte une étendue de terrain déterminée, il faudrait, non seulemenl être fixé sur le mode de semis et la qualité du terrain, niais sur la dimension que doit prendre individut-liemenl chaque touffe, selon la variété à laquelle elle appartient.— Dans le Piémont, où la culture du maïs esi très-perfectionnée, lorsqu'on semé à la vi.lée la vai'iété n"l, on répand la moitié d'une émiiie (Il à 12 litres) par arpent. — Il y a peu d'inconvéïiieul à semer plus épais, parce que les plantes surabondantes servent à nourrir le bétail et donnent ainsi un produit souvent bien supérieur à la légère augmentation des dépenses et de maind'œuvre, occasionée par l'excédant de semences et par l'arrachement.

§ VII. — Des diverses manières de semer.

On en connaît deux principales : 1" celle dont nous vemms de parler, qui consiste a répandre les giauis à la volée et à les recouvrir à la herse, méth(jde regardée comme décidément vicieuse, parce quelle donne des résultats irréguliers, et parce qu'elle s'oppose ultérieurement à Temphi, pour le binage et les bulnges, des in>trumens nouveaux qui simplifient à un si haut point ces importantes opérations; — '2° d'Ile qui a pour résultat l'espacement régulier des plantes en lignes parallèles.

Ce dernier mode de semailles comprend les semis sous raies, les semis en sillons, ceux au plantoir ou à la houe, et ceux au semoir.

Pour semer en rayons, sous raies, un homme précède ia charrue lors dn dernier labour; il dej^ose, à des disla:iCL-s à peu nrès régulières déterminées pir le choix de la variéié du mais, deux on trois graines à chacj^ue fois, sur l'arête du dernier sillon, de manière que la charrue qui le suit les recouvre à une fai ble profondeur. — Quelquefois on laisse un iin deux sillons vicies cnlre chaque rang, pour obtenir tout de suite respacenient convenable; — d'autres fois, afin de se ménager du fourrage, on sème sur tous les sillons.

Pour semer en sillons, le semeur suit la charrue, et, au lieu de laisser tombei' les semences sur l'arête du d' rni-r sillon il la dépose avec la même régularité au fond de la petite raie formée |)ar la jonctioi; de ce même sillon cl de celui qui l'a jirécédé. — Dans ce cas, on recouvre avec le dos de la ht rse.

Pour semer à la houe, on fait de peliles fosses en quinconce avec cet oulil: et si le terrain n'a pas été préalablement fumé, on jette au fond, avant de placer les deux ou trois grains, une pelletée d'engrais ou de composl. — Dans plusieurs cantons de l'Amérique méridionale, et, à leur exe.nple, dans plusieiiis endroils voinins des Pyrénées, on ne laboure pas la totalité des champs destinésau maïs, on fait seulement 2traits de charrue par chuque .'i pieds, et on les ccuipe à angles droits pnr deux iiulres traits semblables; c'est dans les points de jonclioii de ces traits qu'on cieuse a !a bêche ou à la houe un irou d'un I 2 pied ( arré, dans lecpiel on met une poignée de fumier et des grains de maïs.

Pour semer au plantoir, comme on le pratique aussi en Amérique, et fréquemment en Piémont dans la j)elite culture, on a recours à un plantoir à une ou plusieurs pointes [voj. pa^e 222), pour faire les trous à des dislances égales, dans le sens des sillons ou le long d'un cordeau;on introduit dans ciiaque trou deux ou tr^is graines, et on les recouvre aussitôt avec le pied.

Enfin, quand on fait usage du semoir, comme il y a un incontestable avantage à le faire partout où l'on possède une de ces machines, qui peut à la lois ra\oiiner, ouvrir le sol, répandre l'engrais, semer et recouvrir, on met 2 ou 3 grains, par pied de longueur, dans la ligne. — Plus tard on éclaircira. de inanièreque t:haqiie toiifle des grandes variétés se trouve à environ 3 pieds en tous sens de la voisine ; — les varit-tes moins élevées doivent être beaucoup moins espacées. Du reste, nous répétonsqne la disiance doit varier, non seulement eu raison de l'espèce qui fait 1 Objet (.h\ semis, mais aussi par suite de la qnanliié et de la fécondité plus ou moins grande du terrain. — En arrachant progi essi\ement les pieds qui se trouveraient de trop, il faut avoir soin qu'à toutes les époques de leur croissance, les autres puissent jouir c<.mplètemenl de l'influence de l'air et de la lumière.

\j un précaution générale, que nous n'avons |)as encore trouvé l'occa-ion de recommaniler, relalivennMit aux semis de maïs, c'est de ne pas les faire tJ'op profondément, dans la crainte d'occasioner la pourriture d'une partie des graines, surtout dans les teri'es compactes et un peu humides, ou lorsqu'on seine 'e bonne heure. — Une couveiture trop épaisse conipromel la réussite de beaucoup de semences; elle retarde sensiblennnt la levt'-e de toutes. — On regarde qu'un pouce au plus dans les terres fortes, un pouce et demi

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dans les terres légères, sont la profondeur convenable.

§ VIII. — Des cultures d'entretien du maïs.

Lorsqueles jeunes pieds de maïs ont atteint quelques pouces de hauteur, qu'ils montrent leur y ou 4' feuille, ordinairement vers le commencement de juin, on procède à un premier binage, soit à la main {yoy. pog. 226 et suiv.), ce qui peut paraître préférable à cette époque de la végétation, soit à la houe à cheval (voy. pag. 228 et suiv.). Pendant l'opération, il faut avoir soin d'éviter de recouvrir la tige, ce qui pourrait la faire pourrir, surtout s'il entrait de la terre dans le cornet. — On commence à éclaircir les pieds ti'op rapprochés; — on en repique, ou on sème de nouveau dans les places vides. Si on préfère le premier moyen,quoiquele plus long, pour en obtenii- les meilleurs résultats possibles, on fera bien, à l'aide d'une houlette, d'arracher les jeunes plants de repiquage en mottes. Encore, malgré cette précaution, éprouveront-elles sur les autres un retard marqué. — Si l'on choisit l'autre moyen, que nous avons trouvé généralement préférable, on doit semer le mais quarantain ou toute autie variété assez précoce pour atteindre la maturité du premier.

La seconde Jacon se donne 15 ou 20 jours apiès la première, à la charrue à deux versoirs, dite cuilivaleui'. Elle procure à la fois un binage, un sarclage et un butage parfaits, qui a pour but, moins encore d'affermir la plante (jue d'ajouter à sa vigueur par suite de la sortie des nouvelles racines. — A cette époque, on supprime les tiges latérales qui poussent du collet, et qui affameraient la tige principale sans donner en compensation des produits suffisans. — C'est aussi le moment d'achever d'éclaircir. Les pieds de maïs ayant acquis 15 ou 18 pouces peuvent être utilisés à rétable.

Dans quelques localités, avant de buter, on est dans l'usage de déposer au pied de chaque toujfe un supplément d'engrais pulvérulens ou liquides. Sur les sols de consistance moyenne et un peu frais, le noir animalisé et la poudretle produisent, de cette sorte, de puissans effets.— Les Lucquois emploient les matières fécales délayées dans l'eau. C'est à cet arrosement distribué avec parcimonie au pied de chaque plante, qu'ils doivent ces abondantes récoltes de maïs quarantain qu'ils retirent des terres où ils ont semé ce grain aussitôt que le blé en a été enlevé.

Presque partout on néglige un troisième binage, parce que, une fois que îe maïs couvre suffisaufment le terrain, il y a beaucoup moins à redouter la croissance des mauvaises herbes, et parce que les bulages perdent de leur importance i mesure que la végétation approche de sa (in. Cependant, vers l'époque de la floraison, une dernière façon, moins profonde (pie la |jrécédenle, est assez souvent profitable lorsqu'elle peut s'exécuter à peu de frais.

Peu de temps après la fécondation, on casse, dans beaucoup de lieux, la sommité des tiges de mais pour les donner aux bestiaux. Sans doute il > a quelques inconvéniens à faire cette suppression, qui occasione une perturbation asst-/ grande dans les mouvemens de la sève. Quelques cultivateurs croient avoir remarqué qu'elle nuit à la grosseur et qu'elle retarde la maturité des épis; mais cette différence est bien peu sensible, puisque d'autres prétendent avoir observé le contraire. Quoique nous nous rangions du premier avis, nous ne voudrions pas proscrire une pratique qui, lorsqu'elle n'est pas faite trop tôt, car alors nous savons par expérience qu'elle peut occasioner la coulure des fleurs ou la naissance de sousbourgeons latéraux, ne nous paraît pas présenter autant d'inconvéniens que d'avantages.

Lorsqu'on veut utiliser l'intervalle qui sépare les lignes de maïs par d'autres cultures, il faut renoncer aux binages et aux butages à la houe à cheval ou au cultivateur. Les binages à la main deviennent même difficiles, et le sol, qui produit davantage, se trouve aussi plus fatigué, de sorte que les avantages, en dernière analyse, ne sont pas aussi clairs qu'on pourrait le croire au premier aperçu.

La culture du mais, même semé comme fourrai^e dans les interlignes, donne cependant, sans ces derniers inconvéniens. de bons produits. Détruit avant le moment de la fructification, il épuise peu le sol et il peut faire place à un semis de navets, de raves, à une plantation de choux ou autres plantes destinées à être consommées pendant l'hiver. — Entre les rangs plus rapprochés du maïs quarantain, on pourrait aussi, à une récolte fourragère, faire succéder une plantation de colza. — Enfin, on peut encore faire, simultanément avec le maïs, d'autres semis de printemps qui exigent eux-mêmes des binages, tels que ceux de haricots, de pavots, de pommes-de-terre, etc., etc. Ce dernier moyen est souvent employé dans les pays de petite culture.

§ IX. — Récolte et conservation.

Il y a plusieurs manières de récolter le maïs. Les uns, c'est le plus petit norahre^ arrachent les tiges ; — \esaLUivo^ les coupent à fleur de terre avec la serpe ou la houe tranchante; — d'aulres, enfin, détachent Cépi et laissent la lige sur place.— Après la cueillette, on étend les épis sur l'aire ou sous un abri aéré, et on y for.j.e des couches de 7 à 8 pouces d'épaisseur, que l'on remue fréquemment pour (pie leur humidité se dissipe. Quelques cultivateurs ont soin de ne ivcoller que la quantité d'épisqu'ils peuvent dépouiller le même jour ou le lendemain. Cette précaution est utile pour en prévenir la fermentation.

Le dépouillement ou effeuillement des épis est presque toujours confié aux femmes et aux enfans. Assis autour des tas de mais qu'ils ont formés, chacun nreud un épi d'une main, en détache de l'autre les spathes qui l'enveloppent, et le frottent entre les doigts pour en enlever les barbes encore adhérentes aux grains. Dans quelques pays, au lieu de dépouiller l'épi complètement, on lui laisse 2 ou 3 feuilles propres à servir d'attache à plusieurs épis qu'on lie ensemble pour les tenir suspendus.

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Pour compléter la dessiccation du maïs, on counait plusieurs procédés différens. — Dans les climals méridionaux, dès que les épis sont etfeuillés, ou se contente de les déposer sur le sol ou sur des toiles, en couches peu épaisses, et de les remuer assez souvent pour que l'air et le soleil les dessèchent. — Dans les pays où cette céréale mûrit plus difficilemeut, on fait sécher les épis dans des éiures garnies de claies, et, le plus souvent, dans des l'ours de boulangers, dont on porte d'abord la température au-dessus de celle qu'exige la cuite du pain. On y introduit ensuite les épis effeuillés, dont l'évaporalion adoucit la chaleur ambiante, et, pour obtenir une dessiccation plus prompte et uniforme, on les remue dans tous les sens 5 ou 6 fois dans la Journée, à demi-heure d'inter\aUe. L'opération se termine ordinairement dans les 24 heures. — Si les rafles, à leur sortie du four, n'étaient pas desséchées jusqu'à leur centre; si elles ne se rompaient pas avec facilité lorsqu'on essaie de les ployer entre les maias; et si, enfin, les grains, sans avoir changé de couleur, n'étaient pas légèrement fendillés à leur surface, on recommencerait la même opération à une température plus douce. Il est à peine besoin de faire observer qu'une telle dessiccation porte atteinte à la vitalité du germe ; les épis destinés à la semence ne doivent donc pas être desséchés de cette manière.

Dans la plupart des régions d'une température moyenne, on renverse les feuilles conservées au nombre de 2 ou 3 à chaque épi, on les enlace et on les lie avec un nœud ou un brin d'osier, en en formant des faisceaux de 8 ou 10 épis, qu'on dépose côte-à-côte sur des cordes ou des perches, dans l'intérieur et au dehors des maisons, sous les saillies des toits, etc. Mais ce mode de conservation peut rarement s'appliquer à la totalité des récoltes un peu abondantes. — Pour suppléera l'insuffisance des habitations, en Amérique, en Yalachie, en Hongrie, on construit, pour renfermer les épis de la céréale qui nous occupe, des séchoirs couverts de chaume {fig. 565)j

Fig. 565.

dont le pourtour et le fond sont formés de lattes en claire-voie, assez rapprochées pour retenir les épis. On donne à ces sortes de cages une longueur et une élévation calculées sur la quantité de mais qu'on doit y renfermer, mais seulement une largeur de 2 ou 3 pieds pour que l'air puisse circuler à travers. Le séchoir est élevé sur des poteaux de bois; la saillie du toit empêche la pluie de tomber à l'iulérieur, et une porte à claire-voie, placée à luue des extrémités, sert à s'y introduire à l'aide d'une échelle mobile. — Ce système de conservation, adopté depuis quelques années dans la ferme-modèle de Roville, est excellent; étonne peut douter que toutes lesfoisque les épis sont passablement mûrs, ils ne se conservent irès-bien, et que, retirés de la cas;e quelques mois après, ils ne soient complètement desséchés.

Quoi qu'il en soit, dès que les grains de maïs sont assez secs pour se séparer de leur alvéole par le frottement réciproque de 2 épis, on \ie\x\. procéder à Vëgrenage par l'un des moyens suivans : — Tantôt, et c'est le procédé le plus simple, on égrène le meïs de la manière qui vient d'être indiquée; mais ce procédé, à cause de sa lenteur, ne convient que pour de. petites récoltes ou pour le maïs destiné à la semaille. — Tantôt on se sert d'une lame de fer fixée à un banc sur lequel l'ouvrier s'assied pour racler les épis l'un après l'autre. — Dans les p^ys de grande culture, les cultivateurs abrègent de moitié l'opération par V emploi du fléau. Ils battent les épis sur l'aire à coups répétés, enlèvent les ratles avec la fourche ou le ràleau, les mettent dans un coin, et amoncèlent le grain dans un autre. — Parfois le battage a lieu sur des claies entrelacées de manière à laisser entre les branchages un vide suffisant pour que le grain puisse passer. On peut ainsi opérer à volonté en plein air ou sous le toit de la ferme. — Il est des cantons où, pour égrener le maïs, les cultivateurs se servent d'un sac grossier ^\}^\\% remplissent à moitié, et frappent ensuite à coups redoublés. Le peu de durée des sacs rend ce moyen dispendieux. — Dans divers endroits de la Sicile, les garçons et les jeunes paysannes se rassemblent au son d'une cornemuse et, en dansant ou trépignant sur les épis avec leurs sabots de hélre, ils dépiquent le maïs par cette joyeuse opération.

La longueur de ces diverses opérations et les dépenses qu'elles exigent ayanl/^z/i lecourir aux machines, y ai construit un égrsnoir qui a étédistinguéà l exposition des produits de l'industrie (1834), et dont l'usage commence à s'introduire parmi les cultivateurs. Cette machine, dont la /%'. 566 représente l'élévation, vue du côté du mouvement, et la fig. 567 la coupe longitudinale et verticale, par l'axe du tambour, est mue par une manivelle AA {fig. 5(56 et 567 ), montée sur un axe en fer qui porte aussi une grande poulie G pour servir à transmettre au batteur le mouvement que la manivelle lui imprime à l'aide d'une corde B sans fin. — L'économie de temps et de force que procure celte machine, la netteté qu'elle donne au grain, sans briser la rafle, et son prix, accessible à la plupart des fortunes, sont les avantages quelle présente; avantages constatés par lexpérience.

Après l'égrenage, de quelque manière qu'il ait été opéré, il est essentiel de -vanner le mais, comme on vanne le grain de toutes les céréales, afin d'en séparer la poussière, les

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Fig. 667.

Fig. &66.

parcelles de l'épi, el les corps étrangers qui s"y trouvent mêlés.

Le moyen le plus naturel de conserver le nxiïs est de le laisser en épis, mais il peut dinicilement convenir aux pays de grande culture. — Lors donc qu'on a dégagé l«s grains delà rafle, les uns les serrent dans des greniers où ils les remuent de temps en temps; — d'autres les mettent dans des sacs, des coffres, des tonneaux. — En Toscane, en Sicile, à Malte et sur les côtes d'Afrique, on les enfouit, comme les grains de toute autre nature, dans des fosses souterraines, revêtues à i'intérieur de pailles ou de naltes de jonc, d'écorce, etc. — Chacun sait qu'un moyen trèspropre à prolonger la durée du mais consiste a le soumettre à uu degré de chaleur dont l'intensité, assez forte, à la Térité, pour détruire la vitalité du grain, paralyse en même temps les élémens de fermentation, et durcit assez la partie du grain enchâssée dans l'axe de l'épi, pour qu'il résiste à l'attaque des insectes. Malheureusement, la farine qui proTient du maïs étuvé n'est pas d'une conservation plus longue que l'autre. On ne doit donc moudre ce grain que pour la consommation de quelques semaines. Plus la farine acquiert de finesse sous la meule, plus elle est susceptible de s'altérer.

§ X. — Des produits du maïs.

Si nous faisions, avec les voyageurs, des recherches sur les produits de la culture du ma/s dans les contrées méridionales, nous verrions qu'à l'aide des irrigations, on eu obtient sur le même sol au moins deux récoltes par an. C'est ce (jui a lieu dans quelques parties de l'E^cypte, et d'une manière bien plus marquée dans l'île de Cuba, où, au dire de M. Ramon de la Sagra, on voit se succéder jusqu'à4 cueilleltesde mais : la l'^en février,

la 2* en mai, la 3" en août, el la dernière en octobre.— Au sud del'Europe, il n'est pas impossible non plus, comme on peut le prévoir d'après ce qui précède, d'obfenir 2 récoltes, soi en faisant sur le même champ 2 cultures consécutives de mais précoce, soit en semant, en juillet, dans îes> intervalles des lignts de maïs ensemencées en avril; mais, d'une part, il faut beaucoup d'engrais pour réparer l'épuisement occasioné par cette production forcée, et, de l'autre, on chercherait vainement à l'obtenir hors de certains climats et de certaines positions favorisées par la proximité des eaux. — La multiplicité des recolles de maïs n'est pas le seul avantage des pays aussi heureusement situés : leur abondance en est un non moins grand. — Dans quelques parties de l'Amérique du sud, il est des lieu?:, dit M. de Humboldt, où l'on regarde comme médiocre une culture de cette grnminée, qui ne rend que cent trente à cent cinquante fois la semence.

D'après nos calculs, le produit ordinaire étant de deux épis dans les bons terrains, et d'un seul dans les médiocres, chaque épi contenant approximativement 10 à 12 rangées, et chaque rangée 30 à 40 grains, on obtient quelquefois en Piémont jusqu'à 180 pour un. — Toutefois, la récolte moyenne du maïs, dans ce même pays, nest que de GO p. 1. En réduisant encore ce total, on trouvera toujours que, partout où le maïs prospère, il est de toutes les céréales celle uni donne les plus aboudaus produits. 3Iatlli. Bomafous.