Lannea barteri (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Glucides / amidon Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Lannea barteri (Oliv.) Engl.


Protologue: Nat. Pflanzenfam., II–IV Nachtr. 1 : 213 (1897).
Famille: Anacardiaceae

Synonymes

  • Lannea kerstingii Engl. & K.Krause (1911).

Origine et répartition géographique

Lannea barteri se rencontre de la Guinée jusqu’à l’Ethiopie et à l’Ouganda vers l’est, et jusqu'à la R.D. du Congo et au Burundi vers le sud.

Usages

L’écorce de Lannea barteri fournit une teinture qui est utilisée en Côte d’Ivoire, au Mali, au Burkina Faso et au Ghana. Sa couleur brun-rouge-orangé est associée au sang et à la guerre ainsi qu’au deuil. Au Ghana, la teinture appelée en akan “kuntunkuni” ou “kobewu” fournit la couleur symbolique rouge foncé à brun-rouge des vêtements “adinkra” qui sont portés aux funérailles des chefs et ensuite comme vêtements de deuil par leurs parents. Le nom “adinkra” est probablement dérivé de “nkradie” ou “dinkra” qui signifie “adieu”. C’est aussi le nom de la technique utilisée pour décorer ces vêtements de deuil rouges et autres types de tissus avec des dessins noirs imprimés à la main.

La pulpe résineuse du fruit est parfois consommée, l’écorce fibreuse sert à faire des cordes, et les fleurs sont mellifères et peuvent être utiles à la production de miel. Le bois est utilisé en Ouganda comme bois de feu et charbon de bois, et pour fabriquer de petits ustensiles tels que des mortiers, et l’espèce est parfois cultivée comme haie vive, du fait qu’elle rejette bien. L’écorce est utilisée en externe pour traiter les ulcères, les plaies et la lèpre. Une décoction est absorbée contre les maux d’estomac, la diarrhée, les œdèmes, la paralysie, l’épilepsie et la folie. Au Nigeria chez les Igbos et en République centrafricaine, on boit une décoction d’écorce comme stomachique, et c’est un ingrédient d’un médicament vermifuge. On emploie les racines macérées comme cataplasme pour traiter les blessures. Au Burkina Faso, on prend une décoction de racines pour soigner les hernies, et une décoction de feuilles pour soigner les hémorroïdes.

Propriétés

L’écorce de Lannea barteri n’a pas été étudiée en ce qui concerne ses composants tinctoriaux et tanniques, mais l’emploi populaire de diverses espèces de Lannea dans de nombreux pays africains mérite de toute évidence une étude systématique. L’écorce contient d’autre part une sécrétion gommeuse qui devient blanche et friable au contact de l’air. Le bois est tendre, blanc sale, à fil grossier, et n’a guère d’intérêt.

Description

  • Arbre dioïque atteignant 18 m de hauteur ; fût généralement droit, jusqu’à 40 cm de diamètre, écorce épaisse, cannelée en spirale, plutôt lisse, grise.
  • Feuilles alternes, composées pennées avec (1–)2–6 paires de folioles opposées et une foliole terminale ; rachis de 10–25 cm de long ; folioles à pétiolule court, mais foliole terminale à long pétiolule, ovales à elliptiques, de 7–17 cm × 4–11 cm, obtuses à légèrement cordées à la base, apex mucroné, bord entier, à pubescence veloutée brun-jaune, avec 11–15 paires de nervures secondaires.
  • Inflorescence : grappes terminales spiciformes jusqu’à 25 cm de long, disposées en bouquets apicaux et apparaissant avant les feuilles.
  • Fleurs unisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle jusqu’à 3 mm de long ; calice en coupe à lobes d’environ 1 mm de long, cilié ; pétales oblongs, de 2–3,5 mm × 1,5 mm, jaunâtres, à veines plus foncées ; fleurs mâles à 8 étamines ; fleurs femelles à ovaire supère à 4 loges, styles 4, stigmates capités, avec souvent 8 staminodes.
  • Fruit : drupe cylindrique comprimée de 10–13 mm × 7–8 mm, glabre, rouge pourpré.

Autres données botaniques

Le genre Lannea comprend une quarantaine d’espèces, dont la plupart sont restreintes à l’Afrique.

Lannea egregia

En Guinée, en Côte d’Ivoire et au Bénin, Lannea egregia Engl. & K.Krause a les mêmes noms vernaculaires que Lannea barteri et a certainement les mêmes usages, notamment pour la teinture. Lannea egregia se rencontre de la Guinée au Nigeria dans la végétation de savane. C’est un arbre atteignant 15 m de hauteur, avec une écorce grise cannelée en spirale, et des feuilles composées pennées avec 3–5 paires de folioles plus une foliole terminale. Pour les autres espèces de Lannea dont l’écorce est également utilisée en Afrique comme source de teinture brun-rouge, voir Lannea microcarpa Engl. & K.Krause.

Les arbres de l’espèce Lannea barteri fleurissent lorsqu’ils sont défeuillés, au Ghana entre décembre et avril.

Ecologie

Lannea barteri se rencontre dans la savane boisée et en lisière de forêt, ainsi qu’en bordure de cours d’eau, en général à 500–1600 m d’altitude.

Gestion

L’espèce peut se multiplier par graines ou par boutures. Les graines peuvent être récoltées sur les fruits tombés, séchées et semées dans un délai de 2 mois. Les boutures reprennent facilement, même lorsqu’elles sont prélevées sur de grosses branches.

Pour teindre un tissu de coton, on pile l’écorce de Lannea barteri ou on la débite en petits morceaux, et on la fait bouillir longuement dans l’eau. La décoction refroidie est filtrée, et le tissu à teindre est mis à tremper dans le bain de teinture pendant au moins 24 heures. On obtient sans mordant des couleurs rouges, brun-rouge ou rouge orangé. Au Ghana, pour décorer les tissus “adinkra”, on coud ensemble plusieurs morceaux de tissu teint ornés de broderies. Ensuite on prend des tampons taillés dans une calebasse, que l’on trempe dans l’encre noire épaisse obtenue par décoction prolongée de l’écorce d'un arbre, le “badie” (Bridelia ferruginea Benth.), avec des morceaux de mâchefer. Cette encre est appelée “adinkra aduru” (“remède adinkra”). On applique sur le tissu différents tampons avec de nombreux motifs différents, que l’on juxtapose en blocs rectangulaires sur toute la surface de la pièce.

Ressources génétiques

Lannea barteri est assez répandu, et bien qu'il ne soit commun nulle part, il ne paraît pas être menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Lannea barteri est une importante source de teinture brun-rouge utilisée traditionnellement en Afrique. Etant donnés l’intérêt et la demande croissants de textile d’art africain, on peut s’attendre à voir croître l’importance économique de cette espèce. Sa teneur en teinture et en tanin, ses propriétés médicinales et les possibilités de sa culture demandent à être davantage étudiées.

Références principales

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  • Cardon, D., 2003. Le monde des teintures naturelles. Belin, Paris, France. 586 pp.
  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.
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Autres références

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  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
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Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Jansen, P.C.M., 2005. Lannea barteri (Oliv.) Engl. In: Jansen, P.C.M. & Cardon, D. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 9 décembre 2018.


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