Introduction à l'étymologie

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Introduction à l'introduction

La fascination qu'exerce l'étymologie en général tient à plusieurs motivations conscientes ou non : la recherche d'une langue parfaite dont les langues parlées ne seraient que des avatars corrompus, et la croyance que les mots recéleraient en eux-mêmes leur sens profond.

Pour ce qui est des noms de plantes (qui nous occupent exclusivement ici), cela se traduit par le quête impossible du "vrai nom" des plantes, qui mettrait un terme au foisonnement et à la "confusion" des noms populaires, qui ne cessent de se déformer et et de passer d'une plante à l'autre au grand dam des puristes. S'y ajoute l'intérêt plus pragmatique de disposer de béquilles mnémotechniques qui nous aideraient à mémoriser la grande quantité de noms plus ou moins bizarres créés par les botanistes.

Les botanistes ont toujours été intéressés par l'étymologie, à commencer par Pline l'Ancien et bien entendu Isidore de Séville. Toute flore digne de ce nom se doit de donner l'étymologie des noms savants. Il s'est ainsi constitué une tradition d'étymologie botanique dont on peut suivre l'histoire de l'Antiquité au Moyen-Age, à la Renaissance et jusqu'à l'époque contemporaine.

L'attrait qu'exerce l'Origine des plantes cultivées d'Alphonse de Candolle (1882) tient entre autres au fait que l'auteur cite de nombreux noms étrangers, en particulier des noms sanscrits qu'il obtenait de ses contacts avec Adolphe Pictet, le fondateur de l'étude des langues indo-européennes.

Or la linguistique en tant que discipline scientifique ne s'est élaborée qu'à partir de la fin du XIXe siècle. La plupart des dictionnaires étymologiques ont vu le jour dans la première moitié du XXe siècle. Si les botanistes du XIXe siècle étaient pétris de langues anciennes, il n'en est plus de même aujourd'hui, et il est rare que l'on voit associées des compétences approfondies en botanique et en linguistique. Il en résulte que la plupart des dictionnaires étymologiques de noms de plantes se contentent de recopier ce que leurs prédécesseurs ont écrit. Une exception notable est l'ouvrage de Genaust, qui devrait constituer le point de départ de toute recherche pour les noms en latin botanique (mais pas pour les noms populaires). Comme souvent en linguistique, il faut lire l'allemand pour l'utiliser. Mais il faut utiliser le Genaust de façon critique, car il lui arrive d'avancer des conjectures gratuites (voir azadirachta) ou de digresser (voir max). Sa documentation est copieuse, mais reste partielle, en particulier pour les langues asiatiques.

  • Genaust Helmut, 1996. Etymologisches Wörterbuch der botanischen Pflanzennamen. Dritte, vollständig überarbeitete und erweiterte Auflage. Basel, Birkhäuser. 701 p. Une édition numérique a paru chez Springer-Verlag, 13 mars 2013 .

Méthode étymologique

L'étymologie est l'étude de l'histoire des mots, du point de vue de la forme, la phonétique historique, et du point de vue sémantique, l'évolution du sens. La découverte de la régularité des changements de formes, les "lois phonétiques", à la fin du XIXe siècle a eu une grande importance pour l'étymologie comme science. Les étymologistes s'appuient sur des textes datés et situés dans l'espace géographique.

Phonologie

Quand un mot passe d'une langue à une autre par voie orale, il passe par le filtre du système phonologique de la langue d'arrivée. Ce fait permet souvent de s'assurer du sens de l'emprunt, et de sa date.

  • L'arabe ignore le son p. Quand un p est aspiré, l'arabe l'interprète comme un f. C'est le cas des mots empruntés au persan ou à l'anglais. Par contre, quand le p n'est pas aspiré, il est interprété comme un b. C'est le cas des mots empruntés au français.
  • Les langues germaniques ont connu une "première mutation phonétique", appelée la loi de Grimm, qui concerne entre autres la consonne d , et qui a eu lieu au premier siècle avant J.C.. Les mots empruntés avant cette mutation l'ont donc suivie, alors que les mots empruntés après l'ont ignorée. Par exemple le latin radicem est emprunté très tôt, est devenu Rettich, alors que le mot emprunté au français radis au XVIe siècle est devenu Radies ou Radieschen.

Datation

C'est un outil essentiel, mais qui n'est opérant que pour les langues dont on a des textes depuis de nombreux siècles, ce qui est le cas des langues européennes. La présence d'un mot plus anciennement dans une langue que dans une autre est un indice de la probabilité du sens de l'emprunt.

Le problème pour les langues de nombreux pays est qu'elles ne sont connues que depuis l'arrivée des Européens. De plus, les marchands ont fait voyager les plantes et leurs noms bien avant que des voyageurs ou des botanistes les aient rapportés. Il est donc difficile de savoir dans quel sens se sont faits les emprunts. Dans ces cas, il faut privilégier la précision des citations plutôt que leur interprétation.

Le sanscrit pose problème, car il passe pour être une langue ancienne, voire la plus ancienne, ce qui est faux. Il faut savoir que le sanscrit a toujours été une langue savante, comme le latin. Des mots ont été introduits en sanscrit tout au long de son histoire. On sait reconnaître les mots du latin classique de ceux du latin médiéval ou de la Renaissance parce qu'on a de bonnes datations. Par contre, les dictionnaires sanscrits ne donnent pas de dates, et l'existence d'un nom sanscrit ne permet donc pas d'affirmer l'antériorité de ce nom en sanscrit.

Les datations sont très opérantes dans le cas de mots savants transmis de livre en livre. C'est le cas des ouvrages de botanique de la Renaissance, qui citent habituellement leurs prédécesseurs. Mais même dans ce cas, on se heurte à la multiplicité des sources. De nombreux auteurs ont pu publier dans de nombreuses langues, chacun utilisant plusieurs sources. On a donc une histoire réticulée, difficile à simplifier. Arveiller (1963) a montré que le nom français d'une plante américaine, s'il pouvait venir de l'espagnol, a pu arriver au français au travers d'une traduction latine de l'espagnol, suivie d'une traduction française du latin.

Par ailleurs, les datations rendent mal compte de l'évolution de la langue parlée. Avant l'imprimerie, l'accès aux manuscrits était difficile et la transmission du savoir était largement orale. Il devait ainsi exister une langue ou un jargon des apothicaires. On la devine au travers de mots qui ont été très transformés, comme Glycyrrhiza, au contraire des mots transmis par la voie savante, qui le sont peu.

Motivation

Quand un nom est motivé dans une langue et immotivé dans une autre, on peut souvent en déduire qu'il est plus ancien dans la première langue. Mais il arrive aussi souvent que, par un processus d'étymologie populaire, un nom soit remotivé lors de l'emprunt. La prudence s'impose.

Principaux dictionnaires étymologiques

  • Bloch, Oscar & Wartburg, Walther von, 1975. Dictionnaire étymologique de la langue française. Paris, Presses Univ. de France. 682 p. peu de noms de plantes.
  • Troisième et dernière édition en 2008, ISBN : 978-2-13-056621-2.
  • Brückner, Aleksander, 1996. Słownik etymologiczny języka polskiego. [Dictionnaire étymologique de la langue polonaise]. Warszawa, Wiedza Powszechna. 806 p. (réédition de la 1e éd. Kraków, 1927).
  • Burkhardt, Lotte, 2016. Verzeichnis eponymischer Pflanzennamen. Index of Eponymic Plant Names. Index de Noms Eponymes des Genres Botaniques. Berlin, Botanic Garden and Botanical Museum Berlin, Freie Universität Berlin. 1119 p. – ISBN 978-3-946292-10-4 doi:10.3372/epolist2016.
  • Burrow T. & Emeneau M.B., 1984. A Dravidian etymological dictionary. 2nd ed. Oxford, Clarendon Press. Reprint 1986. XLI-853 p.
  • Chantraine, Pierre, 1968-1980. Dictionnaire étymologique de la langue grecque. Histoire des mots. Paris, Klincksieck. 2 vol, 28 cm, XVIII-1368 p.
  • Clifford Harold T. & Bostock Peter D., 2007. Etymological Dictionary of Grasses. Springer, 331 p. lire en ligne
  • Coromines Joan, 1981-2001. Diccionari etimològic i complementari de la llengua catalana. Amb la col·laboració de Joseph Gulsoy i Max Cahner. Barcelona, Curial Ediciones catalanas. 10 vol.
  • Corominas Joan & Pascual José, 1980-83. Diccionario crítico etimológico castellano e hispánico. Madrid, Gredos. 6 vol. vol. 1, 1980, 938 p. vol. 2, CE-F, 1980, 985 p. vol. 3, G-MA, 1980, 903 p. vol. 4, ME-RE, 1981, 907 p. vol. 5, RI-X, 1983, 850 p. vol. 6, Y-Z, Indices, 1991, 1047 p.
  • Cortelazzo Manlio & Zolli Paolo, 1979-88. Dizionario etimologico della lingua italiana. Bologna, Zanichelli. 5 vol., 1470 p. Introduction et abréviations : pp. I-XXVIII in vol. 1 ; Bibliographie : pp. I-XX in vol. 5.
  • Dalgado, Sebastião Rodolfo, 1919-21. Glossário luso-asiático. Reprint 1988, New-Delhi, Asian Educational Services. vol. 1 : A-L, LXX-535 p. vol. 2 : X-580 p. dictionnaire de l'indo-portugais, nombreuses citations.
  • Delamarre X., 1984. Le vocabulaire indo-européen. Lexique étymologique thématique. Paris, Librairie d'Amérique et d'Orient - Adrien Maisonneuve. 331 p.
  • Devic, L. Marcel, 1876. Dictionnaire étymologique des mots français d'origine orientale (arabe, persan, turc, hébreu, malais). Paris. Reprint Amsterdam, Oriental Press, 1965. 279 p.
  • Ernoult A. & Meillet Antoine, 1979. Dictionnaire étymologique de la langue latine. Histoire des mots. 4e éd., 3e tirage augmenté de corrections nouvelles par Jacques André. Paris, Klincksieck. 28 cm, XVIII-828 p.
  • Isidore de Séville, 1981. Étymologies. Livre XVII. Agriculture. Texte établi, traduit et commenté par Jacques André. Paris, Les Belles Lettres. 260 p. (Auteurs latins du Moyen-Age). référence historique.
  • Kluge Friedrich, 1967. Etymologisches Wörterbuch der deutschen Sprache. 20e ed. Berlin, de Gruyter. XVI-915 p. Dernière et 25e ed. Berlin : De Gruyter, 2011.
  • Kunkel, Günther, 1990. Geography through botany. A dictionary of plant names with a geographical meaning. The Hague, SPB Academic Publishing. 334 p. Excellent pour les toponymes.
  • Liddell Henry Georges & Scott Robert, 1983. A Greek-English Lexicon. Revised and augmented throughout by Henry Stuart Jones. With a supplement 1968, edited by E.A. Barber. Oxford, Clarendon Press. XLVI-2042 p. Suppl. : XI-153 p. ed. 1: 1843. ed. 9 revue par Henry Stuart Jones : 1940.
    • Les modifications ultérieures font l'objet du supplément de 1968. Noms botaniques fournis ou révisés par William Thiselton-Dyer et Arthur Hort. Ce dictionnaire est la référence des spécialistes ; il est plus complet et plus précis que le Bailly, et il donne les noms scientifiques des plantes et des animaux, ce que ne fait pas Bailly. Mais les noms de Hort s'appuient sur les identifications proposées par Sprengel et Fraas au XIXe siècle, et sont souvent hasardeuses.
  • Loránd, Benkő, 1967-1976. A magyar nyelv történeti-etimológiai szótára. Budapest, Akadémiai Kiadó. (Dictionnaire étymologique du hongrois). 3 vol., 1142 + 1108-VIII + 1230 p.
  • Machado, José Pedro, 1952. Dicionário etimológico da língua portuguesa. Lisboa, Horizonte.
  • Meyer-Lübke W., 1972. Romanisches Etymologisches Wörterbuch. 5th ed. Heidelberg, C. Winter. in 8°, XXXIV-1204 p.
  • Monier-Williams Monier, 1988. A Sanskrit-English Dictionary. Etymologically and philologically arranged with special reference to cognate indo-european languages. New ed., greatly enlarged and improved with the collaboration of E. Leumann, C. Cappeller and others. Oxford, Clarendon Press. XXXVI-1333 p. ed. 1 1872. ed. rev. 1899. Reprints de 1951 à 1988. Compile les mots de 500 sources, dont certaines tardives. Les dates ne sont pas données.
  • Oxford English Dictionary, The, 1961. Oxford, Clarendon Press. 13 vol. in 4°. excellent. en ligne
  • Pfeifer, Wolfgang (Leitung): Etymologisches Wörterbuch des Deutschen. dtv, München 1995. ISBN 3-05-000626-9; 7. Auflage 2004, ISBN 3-423-32511-9 . Eine digitale Fassung dieses Wörterbuchs ist abrufbar im lexikalischen Informationssystem: DWDS
  • Philippa, M., Debrabandere, F., Quak, A., Schoonheim, T. & van der Sijs, N. (2003-2009), Etymologisch woordenboek van het Nederlands, AUP: Amsterdam. En ligne avec les anciens dictionnaires étymologiques etymologiebank
  • Rey Alain (dir.), 1998. Le Robert historique de la langue française. Paris, Le Robert, 3 vol. 4304 p.
  • Quatrième et dernière édition en 2012, ISBN : 978-2-321-00067-9.
  • Strömberg, R., 1940. Griechische Pflanzennamen. Goeteborg. Fréquemment cité.
  • Vries, Jan de, 1987. Nederlands Etymologisch Woordenboek. Met aanvullingen, verbeteringen en woordregisters door F. de Tollenaere. Leiden, E.J. Brill. XXIII-977 p.
  • Wartburg Walther von, 1946- en cours. Französisches Etymologisches Wörterbuch. Tübingen, J.B.C. Mohr. 25 vol. (en allemand; refonte des lettres A et B en français).
    • Voir une présentation en ligne à l'ATILF. Index A-G, Paris, 2003 ; pp. X-1-1180; Index H-Z, Paris, 2003 ; pp. X-1181-2370. Chaque page contient 3 colonnes de mots avec renvois vers les pages et les articles. Le Complément, 3e éd. publiée par Jean-Paul Chauveau, Yan Greub et Chrisian Seidl ; Bibliothèque de Linguistique Romane. Hors série 1. Strasbourg, 2010. XXII-424 p. contient la bibliographie du FEW (dont le Gesnault de 1976). La refonte de la lettre A (3 vol.) a été rédigée en français ainsi que la refonte d'une quinzaine d'articles de la lettre B, en ligne à l'ATILF. Un monument à consulter absolument, mais les mots sont classés par étymon, et les étymons par famille des langues d'origine (latin/grec, germanique, arabe, autres), sauf les noms d'origine inconnue du vol. XXI, pp.44-211. C'est la source du Bloch & Wartburg, du Rey et du TLF (voir CNRTL).
    • Le FEW est maintenant en ligne à l'ATILF, en mode image.
  • Wittstein, G.C., 1856. Etymologisch-botanisches Handwörterbuch. 952 p. Reprint Sândig, Vaduz, 1995. Vieilli, mais à consulter.

Etymologie des noms du latin botanique

La plupart des ouvrages de botanique donnent des étymologies. Celles-ci sont habituellement très courtes et recopiées de livre en livre. Les erreurs et approximations sont ainsi reproduites, parfois depuis des siècles.

Le point de départ incontournable est la consultation du Genaust. Plusieurs cas se présentent :

  1. Le nom retenu par les botanistes était déjà un nom de plante en latin classique. On peut le vérifier dans André, qui donne les identifications possibles et les sources. L'étymon à retenir est donc ce nom du latin classique. Dans une deuxième étape, on pourra chercher d'où vient ce nom latin, en consultant un dictionnaire étymologique (Ernoult & Meillet, 1979). Le nom peut dériver d'un mot latin, provenir de l'indo-européen ou être emprunté au grec.
  2. Si le nom latin (classique ou botanique) est emprunté au grec classique, il faut recourir aux dictionnaires grecs. Le Bailly est dépassé, de même que le Liddell-Scott, 1983. Les noms de Dioscoride peuvent se trouver sur la page Dioscoride: index. Pour l'instant, nous n'avons indexé que les noms mis en vedette. Nous mettrons ultérieurement les synonymes de Dioscoride. Ces noms ont été abondamment repris par les auteurs du Moyen-Age et de la Renaissance, et diversement interprétés. Nous en retracerons l'histoire (travail long et en cours). Les noms de Théophraste doivent être vérifiés en s'appuyant sur la traduction de Suzanne Amigues. Voir la liste complète des Noms grecs de Théophraste réidentifiés par elle. Le nom grec constitue alors un étymon de deuxième rang. Dans une deuxième étape, on pourra chercher d'où vient ce nom grec, en consultant un dictionnaire étymologique du grec ancien (Chantraine, 1968-1980). Le nom peut dériver d'un mot grec, provenir de l'indo-européen ou être emprunté à diverses langues. Ces langues méditerranéennes étant rarement documentées, on dira simplement "emprunté à une langue inconnue". C'est le cas de nombreux noms de plantes méditerranéennes, qui étaient inconnues des Indo-Européens avant leur migration vers le sud.
  3. Le nom des botanistes vient du latin du Moyen-Age ou de la Renaissance. Il faut alors en suivre la trace au travers de sources bien précisées. Il n'existe en effet pas de compilation globale des noms du latin médiéval, les manuscrits sont très nombreux et les publications s'appuient souvent sur des manuscrits différents. Le latin botanique médiéval a emprunté de nombreux noms aux langues européennes ou à l'arabe.
  4. Le nom a été forgé ou retenu par Linné, l'un de ses prédécesseurs ou successeurs. Il faut alors trouver quel en est l'auteur et quelles ont été ses motivations et ses sources. Pour cela, il faut commencer par noter quels auteurs Linné cite dans son Species Plantarum. C'est souvent Bauhin, Dodoens... Linné a souvent utilisé un nom latin de façon assez libre, simplement parce qu'il était disponible, n'étant pas déjà retenu pour désigner un autre genre. Il est donc sans objet de gloser sur le sens ancien de ces noms linnéens. Par ailleurs, Linné préférait donner des noms de genres issus des langues classiques (latin et grec) de préférence aux langues "barbares". Il donne clairement les raisons de ses choix dans Hortus cliffortianus (1738) (en ligne sur BHL). C'est pourquoi nous avons entrepris de dépouiller toutes ces notices à la page Hortus cliffortianus, index, et nous reproduisons ces textes dans notre Dictionnaire étymologique.
  5. Le nom dérive d'un nom pré-existant. Il faut alors consulter la liste des noms du même genre ou de la même famille pour repérer le plus ancien. Les botanistes ont un effet besoin de créer de nombreux noms. Souvent, ils ajoutent un préfixe (pseudo-, para-...) ou un suffixe (-oides, -opsis...). Parfois, ils intervertissent les lettres ou les syllabes (Filago, Ifloga). Ils créent aussi des noms-valises (Phelipanche dérivant de Phelipaea et Orobanche).

Organisation des notices

Les dictionnaires étymologiques sont structurés soit par mot de la langue qui fait l'objet du dictionnaire, soit par étymon. Ce dernier choix présente l'inconvénient d'avoir à rechercher d'abord l'étymon dans un index. Cet inconvénient disparaît avec les hyperliens. Cliquer sur fève renvoit ainsi à l'étymon faba.

La notion d'étymon est en fait toute relative, et comporte une part d'idéologie. Conventionnellement, on fait ainsi venir la plupart des mots français du latin, alors qu'on pourrait tout aussi bien les faire venir de l'ancien français ou de l'indo-européen. Le choix du latin est une tradition bien ancrée, et s'appuie sur le fait que c'est une langue bien connue et qui était largement enseignée jusqu'à une période récente, contrairement à l'indo-européen qui est reconstruit.

Dans notre cas, de nombreuses langues sont concernées. Comme nous traitons des noms des plantes, le plus facile est de retenir comme vedettes les noms entrés dans le latin botanique. Quand il n'y en a pas, nous retenons le nom anglais ou le nom le plus répandu.

Les étymologistes s'efforcent de noter les attestations les plus anciennes des mots dans une langue. Nous nous efforçons de faire de même. Ce sont surtout les mots de la langue courante qui sont à la base des corpus. Pour les noms botaniques, il faut aussi dépouiller les livres des botanistes, ce qui n'a été fait que très partiellement. Le latin savant du Moyen-Age et de la Renaissance a fait l'objet de glossaires spécialisés (pour une œuvre), mais pas de dictionnaire de synthèse.

Chaque fois qu'un auteur cite un autre auteur plus ancien, nous nous efforçons de vérifier la source. Mais ce travail est long et minutieux, et n'est fait que progressivement, au fur et à mesure que les éditions sont identifiées et que des versions numérisées sont accessibles et localisées. Pour avoir une idée de l'ampleur de la tâche, voyez la Catégorie:Auteur.

Aller au Dictionnaire étymologique.

Aspects techniques

  • Les noms sont en principe mis au nominatif singulier, et pour les adjectifs, au masculin.
  • A < B signifie que le nom A vient de B, qu'il soit hérité, dérivé ou emprunté.
  • A > B signifie que A a donné B.
  • Un astérisque placé devant un nom signifie que celui-ci n'est pas attesté dans des textes, mais reconstitué par les linguistes.
  • Les mots entre crochets indiquent la [prononciation] dans un alphabet phonétique international simplifié.
  • Les phrases entre crochets correspondent à la traduction des phrases originales en langue étrangère.
  • Les transcriptions ou translittérations, pour les langues qui ne s'écrivent pas en caractères romains, suivent les mots écrits dans la langue d'origine après un tiret.

Vocabulaire technique

  • Agglutination : Procédé consistant à former des mots nouveaux ou des formes de mots nouvelles en leur adjoignant des éléments qui avaient d’abord une existence indépendante. Exemple : Lierre.
  • Aphérèse : Retranchement d’une syllabe ou d’une lettre au commencement d’un mot.
  • Apocope : Chute, à la finale d'un mot, d'un ou plusieurs phonèmes. Exemple : auto < automobile.
  • Dittologie ou dittographie : Faute d'écriture qui consiste à écrire deux fois un caractère ou un groupe de caractères qui devrait l'être une seule fois. Antonyme : haplologie ou haplographie.
  • Hapax : Mot attesté une seule fois. Ce statut le rend douteux, car il peut s'agir d'une erreur de transcription, et on ne peut cerner son sens au travers d'un corpus.
  • Haplologie ou haplographie : Faute d'écriture qui consiste à n'écrire qu'une fois un caractère ou un groupe de caractères qui devrait être double. Cette faute peut être intentionnelle, le copiste ou le typographe croyant bien faire. Antonyme : dittologie ou dittographie.
  • Mécoupure : Segmentation, non conforme à l'étymologie, du groupe formé par un substantif et son déterminant. Exemple : prêle.
  • Métathèse : Inversion de deux sons à l'intérieur d'un mot.
  • Nasalisation : Ajout de certaines consonnes qui, placées après une voyelle, donnent au mot un son nasal. Exemple : ancolie.
  • Réfection : Reformation d'un mot à partir d’un modèle préexistant.