Ibrîcem (Ibn al-Baytar)

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Abhel
Ibn al-Bayṭār, Traité des simples
Abnoûs


8 Ibrîcem, Cocon de soie (1).

Nom accepté : [[]]

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AVICENNE, dans son Traité des médicaments cordiaux. C’est un des médicaments j qui réjouissent et fortifient. Il vaut mieux à l’état de crudité qu’autrement. On l’emploie à l’état de décoction avant qu’il ait subi la teinture. Il est chaud et sec au premier degré. Il est incisif, absorbant et dessiccatif. Il a la propriété de dilater le cœur et de le fortifier, aidé en cela par son action atténuante. Il dilate les esprits et, par sa propriété dessiccative, il les condense. Toutefois son action ne s’exerce pas sur une catégorie d’esprits, mais il convient à la substance de tous, même aux esprits cérébraux : cette action fortifiante est bien constatée, puisque, étant employé en collyre, il fortifie la vue. Il est avantageux aussi pour la conservation de l’esprit qui réside dans le foie, parce qu’il engraisse, non pas à la manière des aliments, mais en secondant et dirigeant l’action des esprits animaux. C’est un des médicaments qui n’ont pas besoin de correctif. — LE LIVRE DIT El-Minhadj. Les meilleurs sont ceux qui sont mous et purs. On les emploie après les avoir brûlés, et voici la manière d’y procéder: on les met dans un pot neuf, dont on lute la partie supérieure avec de l’argile que l’on perce de trous, puis on le met sur le feu. Si on le peut, on les emploie divisés au moyen de ciseaux, et ils deviennent plus actifs. Les cendres lavées sont utiles contre les ulcères des yeux, dont elles comblent les dépressions et qu’elles dessèchent sans irriter. La soie portée comme vêtement n’échauffe pas comme le coton, attendu qu’elle est tempérée. — AVICENNE, dans le second livre du Canon, On dit que le port des habits de soie engendre des poux. — IBN SEMDJOUN. Le premier qui a introduit l’usage de ce médicament brûlé dans la confection des remèdes musqués est Massîh ibn el-Hakam. Quant à Mohammed ibn Zakeriya er-Razy, il ne prescrit de le brûler dans aucun de ses livres que nous avons lus. Il engage ceux qui n’ont pas un médecin à leur disposition d’enlever aux cocons de soie une partie de leur activité trop intense en les soumettant à une légère ébullition dans l’eau. On décante cette eau, que l’on ajoute ensuite à la préparation : on triture dans un mortier ou bien sur une pierre destinée à cet usage, au soleil, jusqu’à ce que le liquide ait absorbé la poudre et s’en soit assimilé les propriétés; on fait dessécher, puis on emploie dans l’occasion. La plupart des médecins les réduisent artificiellement à un état de division qu’ils ne pourraient atteindre autrement: ils les triturent avec des perles, du succin et du corail : de cette façon on obtient une poudre aussi fine que l’on veut.

(1) L’ibricem, dit le cheikh Dawoud, est le cocon de soie avant que le ver le perce. L’article attribué à Avicenne varie beaucoup dans les manuscrits.