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Hylodendron gabunense (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Hylodendron gabunense Taub.


Protologue: Engl. & Prantl, Nat. Pflanzenfam. III, 3: 386 (1894).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Origine et répartition géographique

Hylodendron gabunense est présent depuis le sud du Nigeria jusqu’au sud-ouest de la R.D. du Congo.

Usages

Le bois, connu sous le nom de “mvanda” au Cameroun et de “mvana” au Gabon, est utilisé en menuiserie et dans la fabrication de manches d’outils. Il convient pour la construction lourde, la parqueterie lourde, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, les étais de mine, le mobilier, les articles de sport, les jouets et les articles de fantaisie, les ustensiles agricoles, les traverses de chemin de fer, la sculpture et le tournage.

En médecine traditionnelle, on utilise l’écorce comme antidote en cas d’empoisonnement et en bain de bouche contre les douleurs dentaires. La décoction d’écorce est prescrite contre la stérilité des femmes et pour déclencher l’accouchement, comme aphrodisiaque, et également contre les infections des voies respiratoires et les maladies vénériennes.

Propriétés

Le bois de cœur, blanc jaunâtre à brun pâle, parfois teinté de rose, ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le fil est droit, le grain moyennement fin.

C’est un bois lourd, avec une densité d’environ 900 kg/m³ à 12% d’humidité. Les taux de retrait au séchage à l’air sont élevés ; de l’état vert à anhydre ils sont de 5,9% dans le sens radial et de 10,3% dans le sens tangentiel. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 244 N/mm², le module d’élasticité de 17 440 N/mm², la compression axiale de 91 N/mm², le cisaillement de 10,5 N/mm², le fendage de 17 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 8,4.

Avec un équipement adapté, le bois se scie relativement bien en dépit de sa dureté. On recommande de débiter le bois sur quartier avant tout autre traitement. Le travail à la machine et le rabotage donnent de bons résultats avec un joli fini. Il a de bonnes caractéristiques de clouage, mais il est nécessaire de faire des avant-trous. Il est moyennement durable, car il résiste moyennement aux attaques de termites et de scolytes, mais est sensible aux Lyctus et aux térébrants marins. Il est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation.

La présence de tanins a été signalée dans l’écorce et les racines. On a isolé du 1,3,4,5-tétragalloylapiitol à partir d’un extrait aqueux de feuille. On a trouvé que ce composé était un puissant inhibiteur de l’activité enzymatique in vitro de la RNase H du VIH.

Description

Arbre de taille moyenne à plutôt grande atteignant 40(–55) m de haut ; fût dépourvu de branches sur 25 m, droit et cylindrique, jusqu’à 100(–150) cm de diamètre, à nombreux contreforts minces et souvent ramifiés, fût pourvu d’épines chez les individus jeunes ; surface de l’écorce lisse, gris pâle à jaune verdâtre, sur les contreforts souvent à sillons horizontaux, écorce interne mince, fibreuse, rosée à brune, sécrétant un peu d’exsudat rougeâtre ; rameaux à pubescence courte. Feuilles alternes, composées imparipennées à 8–15 folioles ; stipules de grande taille et semblables à des gaines, de 2–6 cm × environ 0,5 cm, caduques, laissant de nettes cicatrices circulaires ; pétiole et rachis atteignant ensemble 5–18 cm de long ; pétiolules de 3–4 mm de long ; folioles alternes, oblongues-lancéolées à oblongues-elliptiques, de 4–15 cm × 1,5–5,5 cm, acuminées à l’apex, glabres, portant quelques points translucides, pennatinervées avec jusqu’à 20 paires de nervures latérales reliées à une nervure marginale. Inflorescence : panicule axillaire ou terminale de 4–8 cm de long, à poils courts ; bractées largement ovales, jusqu’à 1 cm de diamètre. Fleurs bisexuées, légèrement zygomorphes ; pédicelle de 3–5 mm de long ; sépales 4, libres, légèrement inégaux, ovales à lancéolés, de 4–5 mm de long, blanchâtres à rosés ; pétales absents ; étamines 10, libres, de 5–8 mm de long ; ovaire supère, sessile, d’environ 3 mm de long, glabre, 1-loculaire, style d’environ 3 mm de long. Fruit : gousse oblongue à étroitement obovale, de 6–12 cm × 1,5–3,5 cm, papyracée, à veines réticulées, indéhiscente, contenant 1(–4) graines dans la partie apicale du fruit. Graines lisses, brunes, à tégument dur. Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 3,5–5 cm de long, épicotyle de 4–5,5 cm de long ; premières feuilles alternes, à 1–2 paires de folioles.

Autres données botaniques

L’accroissement annuel moyen en diamètre de fût d’arbres d’Hylodendron gabunense en forêt naturelle a été estimé à 3–4 mm. Lorsqu’il est jeune, le feuillage est rosé. Au Gabon, les arbres produisent des fruits entre décembre et février. Ils sont disséminés par le vent sur des distances pouvant aller parfois jusqu’à plus de 200 m. Ils sont mangés par les rongeurs et, notamment en période de disette de fruits, par les gorilles. Les semis sont souvent très abondants en forêt.

Le genre Hylodendron est monospécifique. Il est classé dans la tribu Detarieae, où sa position reste encore à éclaircir.

Ecologie

Hylodendron gabunense se rencontre dans la forêt pluviale de basse altitude, où il est habituellement disséminé, mais il peut apparaître en petits groupes dans la forêt secondaire et sur des terres précédemment cultivées.

Gestion

Au Cameroun, le nombre moyen d’arbres dont le diamètre de fût est supérieur à 15 cm a été estimé à 0,6 par ha, avec un volume de bois moyen de 1,1 m³/ha. On estime le volume de bois moyen au Gabon à 0,3 m³/ha. Le volume de bois d’un fût de 23 m de long et de 76 cm de diamètre était de 6,7 m³.

Ressources génétiques

Hylodendron gabunense n’est pas menacé d’érosion génétique car il est relativement répandu et généralement présent dans la forêt secondaire.

Perspectives

Desservi par des taux de croissance relativement bas qui en font un bois dur et lourd, Hylodendron gabunense a vraisemblablement des perspectives limitées en tant qu’essence à bois d’œuvre susceptible d’avoir une importance commerciale. Il n’est pas exclu qu’il conserve sur place une certaine importance, notamment pour la construction lourde.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Fouarge, J. & Gérard, G., 1964. Bois du Mayumbe. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo (INEAC), Brussels, Belgium. 579 pp.
  • Takada, K., Bermingham, A., O’Keefe, B.R., Wamiru, A., Beutler, J.A., le Grice, S.F.J., Lloyd, J., Gustafson, K.R. & McMahon, J.B., 2007. An HIV RNase H inhibitory 1,3,4,5-tetragalloyllapiitol from the African plant Hylodendron gabunensis. Journal of Natural Products 70(10): 1647–1649.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.

Autres références

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  • Aubréville, A., 1970. Légumineuses - Césalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Cameroun. Volume 9. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 339 pp.
  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
  • Gassita, J.N., Nze Ekekang, L., De Vecchy, H., Louis, A.M., Koudogbo, B. & Ekomié, R. (Editors), 1982. Les plantes médicinales du Gabon. CENAREST, IPHAMETRA, mission ethnobotanique de l’ACCT au Gabon, 10–31 juillet 1982. 26 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.
  • Wilczek, R., Léonard, J., Hauman, L., Hoyle, A.C., Steyaert, R., Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Caesalpiniaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 234–554.
  • Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 5 avril 2025.


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