Hibiscus vitifolius (PROTA)

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Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Hibiscus vitifolius L.


Protologue: Sp. pl. 2: 696 (1753).
Famille: Malvaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 32, 34

Synonymes

  • Hibiscus jatrophifolius A.Rich. (1847).

Origine et répartition géographique

Hibiscus vitifolius est répandu en Afrique continentale tropicale de la Côte d’Ivoire et du Mali jusqu’en Erythrée et en Somalie et vers le sud jusqu’en Afrique du Sud. On le trouve également à Madagascar et aux Comores. L’espèce est aussi signalée en Egypte, en Asie et en Australie. Elle a été introduite et s’est naturalisée en Amérique tropicale.

Usages

L’écorce produit une fibre utilisée en Afrique de l’Ouest, en R.D. du Congo et au Kenya pour confectionner des cordages. A Madagascar, les femmes utilisent la fibre dans l’artisanat. La plante est pâturée par le bétail au Kenya et en Tanzanie. Au Ghana, on applique le mucilage des racines sur les cheveux et sur la peau pour tuer les parasites. Au Kenya, la racine sert à tuer les poux. En Afrique du Sud, les Vendas ingèrent la décoction de racine pour soigner les pertes vaginales. En Asie, les extraits aqueux de l’écorce de racine traitent traditionnellement la jaunisse, l’inflammation et le diabète. Hibiscus vitifolius a une valeur ornementale.

Propriétés

En Inde, la fibre d’Hibiscus vitifolius passe pour l’une des meilleures fibres de la famille des Malvaceae. Elle est blanc crème, souple et lustrée, a une bonne élasticité et solidité, et se colore très bien. Les fibres ultimes font (0,6–)2,5(–6,7) mm de long, avec un diamètre de (6–)13,5(–21) μm.

La graine contient 13,3% d’huile sur base du poids sec. Parmi les acides gras présents dans l’huile des graines, on compte : l’acide palmitique 30,1%, l’acide stéarique 4,3%, l’acide oléique 15,2% et l’acide linoléique 44,8%. L’huile contient également de l’acide malvalique (3,0%) et de l’acide sterculique (0,6%), qui sont des acides gras cyclopropéniques connus pour provoquer des troubles physiologiques chez les animaux.

Une flavone, la gossypine, et un bioside de flavonol ont été isolés des fleurs. Parmi les autres composés à avoir été isolés des fleurs, on trouve de la quercétine, de l’hibiscétine et de l’hibifoline. On prête à la gossypine des vertus anti-oxydantes et anti-inflammatoires très puissantes. Les études ont révélé qu’elle bloquait la prolifération des cellules sur des lignées de cellules tumorales in vitro. Elle a également montré des activités anti-carcinogènes contre le papillome cutané induit par l’huile de croton chez la souris. On attribue au bioside une activité hypoglycémique significative. Les graines ont fait ressortir une puissante activité de l’uréase. Des extraits aqueux et à l’éthanol de racine ont mis en lumière des effets anti-inflammatoires et diurétiques in vivo chez le rat.

Botanique

Plante herbacée annuelle ou vivace ou arbuste atteignant 3 m de haut, parfois grimpant, dont toutes les parties sont pubescentes à poilues ; tige glanduleuse et légèrement recouverte d’aiguillons, parfois teintée de rouge. Feuilles alternes, simples ; stipules linéaires ou filiformes, de 3–8 mm de long ; pétiole de 1–13(–18) cm de long ; limbe largement ovale à cordiforme ou au contour suborbiculaire, de 3–15(–19) cm × 2–15,5(–21) cm, non lobé ou 3–5(–7)-lobé, base cordée à tronquée, lobes triangulaires, apex aigu ou acuminé, bord crénelé, denté en scie ou ondulé, les deux faces glabres à pubescentes, souvent recouvertes de poils étoilés. Fleurs solitaires à l’aisselle des feuilles ou en cymes terminales, régulières, bisexuées, 5-mères, de 5–9 cm de diamètre ; pédicelle de 0,5–9 cm de long, articulé, pubescent-poilu, rarement tuberculé ; bractées de l’épicalice 8–12, filiformes à étroitement triangulaires, de 5–15 mm de long, poilues ; calice de 10–25 mm de long ; lobes ovales à triangulaires, de 10–18 mm × 4–10 mm, soudés dans la moitié inférieure, pubescents-hispides, 3–5-nervés ; pétales de 2–6 cm de long, jaunes ou lilas avec une tache rouge foncé ou marron pourpré à la base, glabres ; étamines nombreuses, unies sur la plus grande partie de leur longueur en une colonne staminale atteignant 16 mm de long, parties libres des filets atteignant 5 mm de long ; ovaire supère, partie exserte du style de 1,5–5 mm de long, glabre. Fruit : capsule globuleuse à ovoïde de 7–17 mm × 8–15 mm, sur un pédoncule d’environ 2,5 cm de long, de couleur paille, hispide ou pubescente, pourvue de 5 ailes de 2–3 mm de large. Graines cunéiformes, d’environ 3 mm × 2 mm, glabres, noires ou brun foncé, ornées de rangées longitudinales de tubercules régulièrement espacées.

En culture expérimentale en Inde, Hibiscus vitifolius a été classé comme espèce à fibres à cycle végétatif court, car seulement 102 jours sont nécessaires à la récolte. La floraison a eu lieu environ 75 jours après le semis. A maturité, la hauteur moyenne de la plante était de 73 cm avec un diamètre à la base de 1,25 cm.

Au sein d’Hibiscus vitifolius, on distingue parfois trois sous-espèces :

– subsp. vitifolius : tiges et feuilles presque glabres à légèrement poilues, feuilles non lobées à profondément 3–5(–7)-lobées, devenant vert foncé en séchant, pédicelle articulé au milieu, corolle jaune avec une tache foncée à la base, capsule de 10–17 mm × 9–15 mm ; présente au Cameroun, en R.D. du Congo, en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Malawi, en Angola, au Zimbabwe et au Mozambique, ainsi qu’en Afrique du Sud et au Sri Lanka ;

– subsp. vulgaris Brenan & Exell : tiges et côté abaxial des feuilles tomenteux, tomentelleux, densément poilus, densément pubescents ou abaxialement hispides, feuilles non lobées ou normalement superficiellement 3–5(–7)-lobées, devenant vert brunâtre en séchant ; son aire de répartition s’étend en Afrique tropicale, en Afrique du Sud et en Asie ;

– subsp. lukei Mwachala & Cheek : tiges et feuilles presque glabres à légèrement poilues, feuilles non lobées à profondément 3–5(–7)-lobées, devenant vert foncé en séchant, pédicelle articulé au-dessus du milieu, corolle lilas avec une tache marron pourpre foncé à la base, capsule d’environ 8 mm × 8 mm ; connue uniquement grâce au type collecté au Kenya.

Bien que de nombreuses variétés et formes d’Hibiscus vitifolius aient été publiées dans le passsé, bon nombre d’auteurs à l’heure actuelle estiment qu’une subdivision des sous-espèces qui s’appuierait sur la présence ou l’absence de poils glandulaires ou hispides, d’aiguillons, etc. est dénuée d’intérêt.

Le genre Hibiscus comprend quelque 200 espèces, principalement dans les régions tropicales et subtropicales ; un grand nombre est cultivé comme plantes ornementales. Plusieurs espèces à fibres sont proches d’Hibiscus vitifolius. Hibiscus lunariifolius Willd., originaire d’Inde, a été introduite en Afrique et on la trouve actuellement comme plante rudérale en Sierra Leone, au Liberia, au Ghana, au Nigeria, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, en Angola, au Botswana, au Zimbabwe ainsi probablement qu’ailleurs en Afrique tropicale. Il s’agit d’un arbuste ou d’une plante herbacée arbustive atteignant 1,5 m de haut, à tiges densément poilues et à poils irritants se détachant facilement. La fibre est connue sous le nom de fibre “ramma” ou “rama”. Vers 1910, elle a fait l’objet d’une production commerciale au Nigeria pendant une courte période, mais depuis n’a été utilisée que localement, par exemple pour le calfatage des pirogues et la confection de cordages et de lignes de pêche. Les feuilles sont consommées au Ghana et en Ouganda, les fleurs au Ghana et en Tanzanie. Les tiges font office de tisonniers en Ethiopie. L’écorce de la tige est employée dans des médicaments qui traitent l’anémie, la fatigue et l’apragmatisme. Les feuilles réduites en poudre s’appliquent sur les lésions dues au ver de Guinée. Hibiscus dongolensis Delile a été confondu avec Hibiscus lunariifolius mais il est beaucoup moins poilu. Il s’agit d’un arbuste atteignant 2 m de haut, dont l’aire s’étend du Soudan et de l’Erythrée jusqu’en Afrique australe. Il a fait l’objet d’essais en vue d’une éventuelle production commerciale de fibre mais tant la qualité que le rendement en fibres n’ont pas été à la hauteur des espérances.

Anatomie

La coupe transversale de tiges d’Hibiscus vitifolius récoltées au premier stade de développement de la capsule en Inde a révélé que les fibres libériennes se présentaient en cercle de coins rectangulaires. Le nombre de faisceaux de fibres par coin était d’environ 21, avec près de 4–40 cellules par faisceau.

Ecologie

En Afrique tropicale, Hibiscus vitifolius est présent du niveau de la mer jusqu’à 2400 m d’altitude dans les clairières de la forêt pluviale, en lisière de forêt et de chemin, dans la forêt secondaire, la savane boisée, arbustive, herbeuse, en bordure de route, sur les terres cultivées et en friche. Au Nigeria, c’est une adventice des rizières.

Gestion

Le poids de 1000 graines est d’environ 6 g. La multiplication végétative est possible car les boutures forment facilement des racines. L’absence de ramification tertiaire facilite la conduite de la culture. En Inde, les plantes sont récoltées lorsqu’elles sont en fleurs ou qu’elles ont de petits fruits. Après avoir été effeuillées, les tiges et les branches sont rouies dans l’eau pendant 4–7 jours. Hibiscus vitifolius sert d’hôte à Dysdercus superstitiosus, la punaise rouge du cotonnier, et à Xanthomonas campestris pv. malvacearum, responsable du feu bactérien du cotonnier.

Ressources génétiques

Etant donné sa vaste répartition en Afrique tropicale et ailleurs, Hibiscus vitifolius n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Hibiscus vitifolius a autrefois été présenté comme une plante à fibres pleine d’avenir dont la qualité et les propriétés physiques et chimiques de la fibre ressemblaient à celles du jute (Corchorus olitorius L.). Cependant, sa culture n’a jamais été sérieusement encouragée. Des études agronomiques plus approfondies méritent probablement d’être entreprises afin que l’on puisse évaluer pleinement les possibilités qu’elle pourrait offrir en tant que culture commerciale. On pourrait également envisager sa culture comme plante ornementale. Hibiscus vitifolius se révèle prometteuse dans le cadre d’une utilisation médicale, notamment en ce qui concerne la gossypine, une flavone aux propriétés anti-oxydantes, anti-inflammatoires et anti-carcinogènes. De plus amples études pharmacologiques se justifient.

Références principales

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Auteur(s)

  • E.G. Achigan Dako, PROTA Network Office Africa, World Agroforestry Centre (ICRAF), P.O. Box 30677-00100, Nairobi, Kenya

Citation correcte de cet article

Achigan-Dako, E.G., 2011. Hibiscus vitifolius L. [Internet] Fiche de PROTA4U. Brink, M. & Achigan-Dako, E.G. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 20 novembre 2020.


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