Hibiscus lasiococcus (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage et cultivé)
1, rameau en fleurs ; 2, fruit ; 3, graine. Redessiné et adapté par R.H.M.J. Lemmens
fût
bois
bois

Hibiscus lasiococcus Baill.


Protologue: Bull. Mens. Soc. Linn. Paris 1: 511 (1885).
Famille: Malvaceae

Synonymes

  • Hibiscus domatiocarpus Hochr. (1925).

Origine et répartition géographique

Hibiscus lasiococcus est endémique de l’est de Madagascar.

Usages

Le bois, connu comme “alampona”, est localement utilisé pour les meubles, et les grumes sont transformées en pirogues monoxyles. Il se prête à la construction légère, la charpente légère, les boiseries intérieures, la construction navale, les meubles, l’ébénisterie, les volets, les boîtes, les caisses, les sculptures, les jouets, les bibelots, les maquettes, les récipients alimentaires, les placages, le contreplaqué, l’âme de panneaux lattés et les panneaux de particules. La fibre libérienne, durable, se tisse pour produire une étoffe que l’on appelle “lamba”, ainsi que des cordages. Elle convient aux filets de pêche.

Propriétés

Le bois de cœur est beige à brun pâle, parfois jaune ; il se démarque très nettement de l’aubier, blanchâtre, large de 5 cm. Le fil est souvent droit, le grain moyen. Le bois est parfois strié ou veiné, et il a une odeur de poivre à la coupe.

C’est un bois léger, d’une densité de (240–)380–450 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air rapidement sans déformation ni gerces. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont moyens : de (2,2–)3, 2–3,9% radialement et de (4,1–)6,0–6,9% tangentiellement. Le bois est moyennement stable en service.

Il est flexible, résistant et tendre. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 85–97 N/mm², le module d’élasticité de 6600–9400 N/mm², la compression axiale de 32–40 N/mm², le cisaillement de 6–7 N/mm², le fendage de 8–15 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 1, 2–1,6.

Les propriétés de travail sont bonnes avec tous les outils et le bois se scie facilement. Le rabotage donne une surface d’une belle brillance. Il se déroule bien, mais le tranchage est plutôt conseillé en raison d’un cœur friable ou creux. Le bois se colle, se cloue et se visse bien et possède un bon pouvoir de rétention.

Sa durabilité est faible. Un seul essai a indiqué qu’il était résistant aux termites, mais une confirmation est nécessaire. Sa résistance aux attaques d’autres insectes et de champignons est très faible. L’aubier est sensible aux foreurs Lyctus. Le bois de cœur et l’aubier sont tous deux perméables aux produits de conservation.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–25) m de haut ; fût atteignant 60(–120) cm de diamètre ; rameaux à poils bruns.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules petites, caduques ; pétiole plus court que le limbe, à poils bruns ; limbe largement ovale-circulaire, plus ou moins triangulaire, de 7–12,5 cm × 7–13,5 cm, arrondi à légèrement cordé à la base, coriace, presque glabre au-dessus, poilu au-dessous, à 7 nervures palmées.
  • Fleurs solitaires à l’aisselle des feuilles, bisexuées, régulières, 5-mères, grandes ; involucre de 9 bractées d’environ 1,5 cm de long, relié au calice sur environ 1 cm, à poils rougeâtres ; calice à lobes courts, d’environ 2 cm × 2,5 cm, à poils rougeâtres à l’extérieur, densément soyeux à l’intérieur, persistant ; pétales obovales, atteignant 6 cm de long, densément poilus à l’extérieur, jaunâtres ; étamines nombreuses, réunies en une colonne atteignant 7 cm de long et soudée à la base des pétales, anthères d’environ 2,5 mm de long ; ovaire supère, 5-loculaire, style à 5 branches, stigmates capités, grands.
  • Fruit : capsule globuleuse à obovoïde d’environ 3 cm de diamètre, poilue, 5-loculaire, à nombreuses graines.
  • Graines à nombreux poils longs.

Autres données botaniques

Le genre Hibiscus comprend 200–300 espèces, principalement dans les régions tropicales et subtropicales ; la plupart d’entre elles sont cultivées comme plantes ornementales. Les estimations du nombre d’espèces varient car les opinions divergent quant à l’inclusion au sein du genre de plusieurs groupes d’espèces apparentées. A Madagascar, on peut trouver environ 45 espèces.

Hibiscus boryanus

Le bois d’Hibiscus boryanus DC. (“foulsapate marron”, “mahot bâtard”), arbuste ou petit arbre rare atteignant 8 m de haut au fût atteignant 20 cm de diamètre, endémique de l’île de la Réunion et l’île Maurice, était autrefois utilisé en construction. Une tisane de feuilles se prenait jadis contre la toux et les feuilles étaient utilisées en bain contre les douleurs rénales.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : (4 : bois à zones semi-poreuses) ; 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 68 : fibres à parois très fines ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 76 : parenchyme axial en cellules isolées ; 77 : parenchyme axial en chaînettes ; 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; 90 : cellules de parenchyme fusiformes ; 91 : deux cellules par file verticale ; (92 : quatre (3–4) cellules par file verticale).
  • Rayons : (97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules)) ; (98 : rayons couramment 4–10-sériés) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 110 : présence de cellules bordantes ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Structure étagée : 118 : tous les rayons étagés ; 120 : parenchyme axial et/ou éléments de vaisseaux étagés.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons.
(P. Mugabi, A.A. Oteng-Amoako, P. Baas & P. Détienne)

Croissance et développement

Une croissance rapide a été observée dans des plantations, où des plants de 2 ans avaient atteint une hauteur de 4–5 m, des plants de 10 ans une hauteur de 10–12 m et un diamètre de fût de 12–15 cm, et des arbres de 14 ans une hauteur de 16–18 m et un diamètre de fût de 18–25 cm. La floraison a lieu en août–octobre, la fructification en novembre.

Ecologie

Hibiscus lasiococcus est présent à l’état disséminé dans la forêt de l’est de Madagascar, jusqu’à 1000 m d’altitude.

Gestion

On dispose de peu d’informations sur des techniques appropriées de plantation et de gestion. A Madagascar, au moins 13 ha ont été plantés au début des années 1960 à un espacement de 3 m × 3 m, après une coupe rase de la végétation naturelle. La croissance initiale était homogène et rapide, la forme des fûts était bonne et l’élagage naturel très satisfaisant. En 1951–1955, certaines plantations d’enrichissement ont été établies avec succès dans les sentiers forestiers. Le centre des gros troncs est souvent creux ou produit du bois de mauvaise qualité.

Ressources génétiques

Hibiscus lasiococcus est confiné à l’est de Madagascar, où il n’est présent que de façon disséminée, et il peut donc exister un risque d’érosion génétique.

Perspectives

Le bois d’Hibiscus lasiococcus n’est pas très utilisé, en raison de sa tendreté et de la faible densité des arbres. L’espèce mérite un approfondissement des recherches sur les techniques de plantation, car il pousse rapidement et le bois a de bonnes propriétés physiques.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Guéneau, P. & Guéneau, D., 1969. Propriétés physiques et mécaniques des bois malgaches. Cahiers scientifiques No 2, Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 51 pp.
  • Sallenave, P., 1964. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Premier supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 79 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.

Autres références

  • Aubert, S., Rafidinarivo, H. & Razafiarison, S., 1996. La dynamique du tavy face à la gestion viable des ressources renouvelables : l’utilisation de la gestion de l’espace. Office National pour l’Environnement (ONE), Ministère de l’Environnement, Antananarivo, Madagascar. 103 pp.
  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • Cailliez, F. & Guéneau, P., 1972. Analyse en composantes principales des propriétés technologiques des bois Malgaches. Annales des Sciences Forestières 30: 215–266.
  • Gachet, C., 1965. Note sur les essais de plantation d’essences autochtones à Andrambovato. Centre Technique Forestier Tropical, Antananarivo, Madagascar. 17 pp.
  • Guéneau, P., 1963. Note technique sur quelques propriétés physiques des bois. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 23 pp.
  • Guéneau, P., 1971. Bois de Madagascar. Possibilités d’emploi. Centre Technique Forestier Tropical, Antananarivo, Madagascar. 75 pp.
  • Hochreutiner, B.P.G., 1955. Malvacées (Malvaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), familles 129–130. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 170 pp.
  • Marais, W. & Friedmann, F., 1987. Malvacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 51–62. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 57 pp.
  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.
  • Vololomboahangy, T.E.S., 2004. Attractions culturelles. In: Proposition d’un plan d’aménagement pour le développement de l’écotourisme dans les deux communes rurales d’Ambohimitombo et d’Antoetra dans la sous préfecture d’Ambositra Province autonome de Fianarantsoa. Mémoire de fin d’étude pour l’obtention du diplôme de maîtrise spécialisée en GRENE, Université de Toamasina, Madagascar. pp. 16–22.

Sources de l'illustration

  • Hochreutiner, B.P.G., 1955. Malvacées (Malvaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), familles 129–130. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 170 pp.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Hibiscus lasiococcus Baill. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 18 avril 2019.


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