Heritiera littoralis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


1, rameau en fleurs ; 2, fleur mâle ; 3, fleur femelle ; 4, fruit. Source: PROSEA

Heritiera littoralis Aiton


Protologue: Hort. kew. 3 : 546 (1789).
Famille: Sterculiaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 38

Synonymes

  • Heritiera minor (Gaertn.) Lam. (1797).

Noms vernaculaires

  • Bois de table (Fr).
  • Looking-glass tree (En).
  • Luabo (Po).
  • Msikundazi, mkokoshi, mgongongo (Sw).

Origine et répartition géographique

Heritiera littoralis se rencontre le long de la côte d’Afrique orientale depuis le Kenya et la Tanzanie jusqu’au Mozambique, sur les îles de l’océan Indien, ainsi qu’en Asie tropicale, en Australie tropicale, à Hawaï et en Nouvelle Calédonie. Il ne pousse pas à l’état spontané à la Réunion et à Maurice, mais il y a été introduit.

Usages

En Afrique orientale, on emploie le fût des arbres pour faire des mâts de bateaux, ainsi que pour la construction navale et les meubles. En Asie tropicale, le bois est plus couramment utilisé, en particulier pour faire des pilons à riz et autres ustensiles domestiques, mais parfois aussi pour les pilotis, la construction de ponts et la construction navale. Il est recommandé pour faire des bois cintrés à la vapeur, et lorsqu’on recherche la résistance et la durabilité. Le bois est un excellent combustible, ayant un grand pouvoir énergétique. Il convient pour la fabrication de papier d’emballage, d’écriture et d’impression. L’écorce a été utilisée pour le tannage, et on l’emploie encore parfois pour renforcer les filets de pêche. Au Kenya, on utilise une décoction de racines pour traiter les infections buccales et les maux de dents. En Asie tropicale, un extrait des graines est utilisé pour traiter la diarrhée et la dysenterie. La graine est parfois consommée, et on l’a employée comme substitut de la noix de cola. Aux Philippines, les racines sont utilisées comme poison de pêche.

Production et commerce international

Le bois d’Heritiera littoralis est de faible intérêt commercial, mais il a une certaine importance aux Philippines.

Propriétés

Le bois d’Heritiera littoralis est lourd, dur et résistant. Le bois de cœur est brun rougeâtre ou brun foncé, avec souvent une teinte chocolat ou pourpre. La densité est de 830–1040 kg/m³ à 15% de taux d’humidité. Contrefil, grain fin et régulier. Le bois a souvent une odeur de cuir.

A 12% de teneur en humidité, du bois originaire de Nouvelle-Guinée avait un module de rupture de 132 N/mm², un module d’élasticité de 18 000 N/mm², une compression axiale de 72 N/mm², un cisaillement de 14 N/mm², un fendage radial de 62 N/mm, et une dureté Janka de flanc de 7600 N.

Les taux de retrait sont assez élevés, de l’état vert à 15% d’humidité, environ 2% radialement et 4,5% tangentiellement. Le bois est difficile à sécher, étant fortement sujet aux fentes en bout et aux gerçures de surface. Il émousse rapidement les outils tranchants, en raison de la présence de silice, mais il se tourne assez bien et prend un beau fini. Le bois est moyennement durable lorsqu’il est exposé aux intempéries ou en contact avec le sol ; une durée de vie de 3 ans en contact avec le sol en conditions tropicales est probablement le mieux que l’on puisse en attendre. Dans des essais de durabilité en Tanzanie, les champignons ont montré une affinité particulièrement élevée pour le bois d’Heritiera littoralis. Le bois n’est pas sujet aux attaques de bostryches, et on indique qu’il est résistant aux tarets marins, mais pas toujours aux termites. Il est probablement difficile à imprégner du fait de la présence de dépôts de gomme.

L’écorce contient 12–15% de tanin rapporté au poids sec. L’action toxique des racines pour les poissons est due à la présence de sesquiterpénoïdes tels qu’héritonine et vallapine. Ce dernier composé a montré également une action contre les anthonomes du cotonnier. Dans des essais au Japon, un extrait à l’éthanol de rameaux d’Heritiera littoralis a montré une forte action d’élimination du radical DPPH (2,2-diphényl-1-picrylhydrazyle). L’huile extraite des graines se caractérise par des teneurs élevées en acides cyclopropénoïques, l’acide malvalique (54%) et l’acide sterculique (12,5%).

Description

  • Arbre sempervirent, monoïque, de taille petite à moyenne atteignant 25 m de hauteur, mais généralement plus petit ; fût jusqu’à 60 cm de diamètre, souvent tordu et rabougri, avec des contreforts minces, ondulés et rubanés, s’étendant souvent loin du tronc ; écorce fissurée, grisâtre.
  • Feuilles disposées en spirale, simples ; stipules subulées, jusqu’à 1 cm de long, caduques ; pétiole de 1–2 cm de long, renflé aux deux extrémités ; limbe oblong-elliptique à ovale-elliptique, de 9–30 cm × 4–15 cm, arrondi ou légèrement cordé à la base, aigu ou obtus à l’apex, bord entier ou légèrement ondulé, coriace, couvert d’écailles argentées en dessous, pennatinervé.
  • Inflorescence : panicule axillaire jusqu’à 18 cm de long, très ramifiée, à poils écailleux.
  • Fleurs unisexuées, régulières, (4–)5-mères, petites ; pédicelle jusqu’à 5 mm de long ; calice en coupe, d’environ 5 mm de long, à lobes courts, poilu ; pétales absents ; fleurs mâles avec des étamines fusionnées en une colonne ; fleurs femelles avec (4–)5 carpelles réunis de manière lâche, généralement un seul carpelle se développant pour former un fruit.
  • Fruit : nucule ellipsoïde à oblongue-ovoïde de 6–8 cm × 3–6 cm, avec une crête dressée distincte sur un des côtés, ligneuse, brun luisant, renfermant 1 graine.
  • Graine oblongue-ellipsoïde, aplatie, d’environ 3 cm de long, brune.
  • Plantule à germination hypogée ; les premiers nœuds ne portant que des paires de stipules ; premières feuilles relativement étroites.

Autres données botaniques

Le genre Heritiera comprend environ 35 espèces, dont la majorité se trouvent en Asie tropicale, Heritiera littoralis étant l’espèce la plus répandue. En Afrique, on trouve deux autres espèces, bien que celles-ci soient souvent considérées comme appartenant à un genre distinct, Tarrietia. Une sous-espèce distincte d’Heritiera littoralis a été décrite à Madagascar : subsp. ralima Arènes, se distinguant par ses fruits presque sphériques sur des pédoncules plus épais.

Les fruits flottent sur l’eau, avec la crête au-dessus, et les graines germent rapidement dans un substrat vaseux. Lorsqu’elles sont rejetées sur une plage, la base aplatie du fruit se ramollit, permettant à l’humidité de pénétrer. Le fruit se fend sous l’action de la radicule épaisse et dure qui en sort et forme une racine primaire qui pénètre profondément dans le sol. La racine primaire se ramifie ensuite rapidement, et finalement la plumule apparaît. La croissance des rameaux est rythmique, et les pousses sont distinctement articulées.

Anatomie

Description anatomique du bois :

– Caractères macroscopiques :

Bois de cœur brun rougeâtre ou brun foncé, avec souvent une teinte chocolat ou pourpre. Contrefil. Grain fin et régulier. Cernes d’accroissement indistincts ; vaisseaux visibles à l’œil nu, avec des dépôts blancs ou jaunes ; parenchyme et rayons indistincts à l’œil nu ; présence de lignes d’étagement peu apparentes à bien visibles.

Ecologie

Heritiera littoralis pousse sur la marge intérieure des mangroves, là où l’eau douce se mélange à l’eau de mer ou prédomine. Il semble être intolérant à une salinité élevée. On le trouve parfois aussi sur des rivages rocheux, et plus souvent sur les berges de cours d’eau soumis à la marée.

Gestion

Des chenilles de lépidoptères et des coléoptères (Curculionidae et Scolytidae) peuvent s’attaquer aux graines d’Heritiera littoralis. Des pourcentages élevés de graines peuvent présenter des foreurs, et des recherches menées en Australie ont montré que très peu de graines renferment un embryon intact. Les graines sont mangées par des grands crabes, des singes et des porcs sauvages. En outre, les crabes peuvent endommager les semis.

Ressources génétiques

Heritiera littoralis est extrêmement répandu et n’est de ce fait pas menacé. Cependant, il est tributaire d’un type d’habitat, la mangrove, qui est soumis à de fortes pressions, et dans de nombreuses régions, comme en Inde, il est en danger d’extinction. Le long de la côte d’Afrique orientale et dans les îles de l’océan Indien, on ne le trouve que localement en abondance (par ex. le delta du fleuve Tana a le seul peuplement important au Kenya, et à Madagascar Heritiera littoralis ne se rencontre qu’à l’état dispersé et n’a été signalé en abondance que dans le delta du fleuve Betsiboka).

Perspectives

Il est peu probable que l’intérêt d’Heritiera littoralis s’accroisse en tant qu’essence à bois d’œuvre, du fait que son fût est souvent de taille insuffisante et de forme médiocre. En outre, on le trouve en trop petites quantités pour permettre une exploitation à grande échelle.

Références principales

  • Arènes, J., 1959. Sterculiacées (Sterculiaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 131. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 537 pp.
  • Lemmens, R.H.M.J., Soerianegara, I., Wiselius, S.I. & Baas, P., 1993. Heritiera Aiton. In: Soerianegara, I. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(1). Timber trees: Major commercial timbers. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 230–238.
  • Tomlinson, P.B., 1986. The botany of mangroves. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom. 413 pp.
  • Wild, H., 1961. Sterculiaceae. In: Exell, A.W. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 1, part 2. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 517–564.

Autres références

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  • Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
  • Das, A.B., Mukherjee, A.K. & Das, P., 2001. Molecular phylogeny of Heritiera Aiton (Sterculiaceae), a tree mangrove: variations in RAPD markers and nuclear DNA content. Botanical Journal of the Linnean Society 136: 221–229.
  • Dharani, N., 2002. Field guide to common trees and shrubs of East Africa. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 320 pp.
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Sources de l'illustration

  • Lemmens, R.H.M.J., Soerianegara, I., Wiselius, S.I. & Baas, P., 1993. Heritiera Aiton. In: Soerianegara, I. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(1). Timber trees: Major commercial timbers. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 230–238.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2005. Heritiera littoralis Aiton. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 25 novembre 2020.


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